LES MANUSCRITS ILLUSTRES
Le Chah Nameh, ou Livre des Rois, est un poème de 120.000 vers, dédié, par son auteur Aboul Khacem Firdousi, à la gloire des rois de Perse dont il raconte les exploits légendaires.
Firdousi naquit en l’année 042 de notre ère. C’est à la Cour de Mahmoud le Ghasnévide qu'il termina cet ouvrage; 1l y travailla pendant 34 ans, se servant des écrits antérieurs qu'avaient pu rassembler les précédents rois de Perse, et utilisant en grande partie Îles récits et les souvenirs qu'il recueillait autour de lui.
L'un des héros de cette épopée, Rustem, fils de Zal, descendait de Djemschid. La légende le fait vivre plusieurs siècles. Il rappelle les Héros de l'Antiquité et aussi notre Roland, puisque, comme lui, après des exploits sans nombre, il meurt par trahison. Les illustrateurs le représentent vêtu de la peau d’un tigre
dont le mufle lui recouvre la tête, ce qui le rapproche de l’Hercule grec’. | Firdousi ayant encouru la disgrâce de Mahmoud dut quitter la cour et se retirer à Bagdad, où 1l mourut à l’âge de 80 ans.
Le Khamseh Nezami ou le quintuple Nezami, ainsi appelé parce que le poète Nezami a divisé en cinq livres son ouvrage qui compte 28.000 vers. |
Le premier de ces livres, Makhzen el Azrar (Trésor des Mystères), est un traité de philosophie et de morale anecdotique où se trouve l’apologue bien connu du Sultan et du Vizir dans lequel celui-ci, utilisant sa prétendue connaissance du langage des oiseaux, fit connaître à son souverain les ruines causées par son règne en lui traduisant les félicitations qu'échangeaient entre eux deux hiboux sur le point de marier leurs enfants. ji
Le deuxième livre, Xhosrow-Chirin, rapporte les amours de Khosrow Parviz (Chosroës II) avec la belle Chirin. C'est dans ce livre qu'est rapportée la touchante histoire du grand statuaire Fahrad, qui, épris de la Sultane, se tue parce que, trompé par un mensonge, 1l la croit morte.
Le troisième livre, Leïli et Medjnoum, est consacré au récit des amours de Leïli et du fou (du passionné d'amour). |
Dans le quatrième livre, Haft Peyker, ou les sept dômes (d’autres disent les sept Paradis), sont décrites les amours de Behram Gour, roi Sassanide, avec les filles des rois des sept climats pour lesquelles 1l avait fait construire sept pavillons de couleurs différentes.
fait ce Div tout seul, et le crocodile au fond de la mer se sent mourir de frayeur quand Guiv s’élance au jour du combat. Il s’est avancé avec sa lourde massue, il a frappé comme avec un marteau de forgeron. Jamais nuage n’a laissé tomber autant de gouttes de pluie que nous avons fait tomber sur sa tête de coups de massue; mais ilest resté tranquille sur sa selle, comme s’il avait été dans un bosquet de roses : tu aurais dit que sa massue faisait partie de lui-même! A la fin toute l’armée s’est enfuie, et je suis resté seul à le combattre... ». |
1. Voir aussi dans l'histoire de Keïkobad, les sept travaux de Rustem.
Enfin, le cinquième livre, Sgander Nameh, tApporse l’histoire d'Alexandre le Grand; il est divisé en deux parties :
Cheraf Nameh, ou Livre de l’Honneur, consacré au récit des campagnes d'Alexandre ;
Eghbal Nameh, ou Livre du Bonheur, qui raconte ses relations avec les philosophes. On sait que les Persans revendiquent Alexandre pour un des leurs, car ils attribuent sans hésitation leur nationalité à Olympias, femme de Philippe de Macédoine.
Une des miniatures de l'Eghbal Nameh nous fait assister aux funérailles d'Alexandre. Du cercueil que portent quatre grands seigneurs accompagnés d'un imposant cortège sort une des mains du cadavre, dans laquelle se trouve un peu de terre. C’est qu’en effet, Alexandre lui-même avait ainsi réglé ses funérailles : son corps devait être transporté jusqu'au moment où sa main, après avoir laissé tomber la terre, rentrerait dans la bière. L'endroit même où ce prodige se produirait devait être celui de sa sépulture.
Nezami, né en 13, mourut en $76 H. (1120-1178 A. D.) Après avoir vécu à la cour des Seldjoucides, il s'était retiré à Ghendjé.
Nous nous sommes étendus sur ces deux ouvrages parce qu ils sont los plus réputés de la littérature Persane et, par conséquent, aussi, ceux qui incontestablement sont les plus répandus et qu'on a copiés le plus souvent.
Aux ouvrages que nous avons mentionnés plus haut comme très fréquemment reproduits, nous ajouterons les suivants :
Les Maghamat (ou Séances) de Hariri,
Le Bostan (ou verger) de Saadi, 1193-1291,
Le Golstan (ou jardin des roses) de Saadi,
Le Pend Nameh (ou Livre de Conseils) de Saadi,
Le Khamseh de Emir Khosrow Dehlavi (Poème inspiré du Khamseh de Nezami),
Le Divan (ou Recueil) de Hañz (lAnacréon de la Perse), 1320-1391,
Le Divan de Ali Chir Nevaï (texte turc),
Le Divan de Djami, 1414-1492,
Le Yusuf-Zuleïka (Histoire biblique de Joseph à la Cour de Pharaon) de Djami,
Le Divan de Chahi,
Le Tohfat el Moluk (Conseils aux Rois) de Abuzardjomehr fle a an du Livre des Rois, qu'a traduit Jules Mohl).
L'Histoire de Tching17 Khan (Gengis-Khan), avec miniatures noi
Les Mémoires de Baber,... etc.
Cette liste est évidemment bien incomplète, car elle comprend seulement les livres que nous avons pu voir personnellement. La dernière Exposition permettra d'y faire quelques additions, ainsi que nous le verrons plus loin.
Dans un manuscrit illustré, on distingue plusieurs éléments qui peuvent faire chacun l’objet d’un examen particulier, comme :
1° Le Papier, |
2° La Calligraphie,
Enluminure,
3° La Décoration 4 Dorure.
Encadrements,
4° Les Miniatures,
‘° La Reliure, que nous allons passer en revue successivement.