‹ Minnie BrandonChapitre 10 sur 68 · Ce n’est plus de saison · texte numérisé non relu

Ce n’est plus de saison

sa robe de neige, la courbe de ses hanches, le geste dont elle s’arrête, volte, recommence de marcher.

— Oui, djentill! djenlill! — Mary parle; mais le Zoo de Londres, il est plous complété, plous royal.

« Ce que je m’en moque! »

Buffles, bisons, lamas, yacks, dorment abrutis; oies et canards reposent au soleil; les cygnes ont cargué leurs ailes ; les ibis rêvent pyramides; et l’eau, graisseuse, miroitante,n’est qu’un désert de plumes tombées.

J’écoute le frou-frou des chères jupes qui me précèdent.

Ici, une autruche, à croupe, à moignons vêtus seuls ; là, un casoar, le bec en bec de seringue, d’une laideur classique de pharmacien.

Minnie, sous son ombrelle, a les épaules, la face teintées d’or bleuâtre.

— Le Zoo de Londres est très davantage complété , répète Mme John.

MJNNIE BRANDON

« Bone Deus! »

Un crâne glabre, des moustaches de tigre, au milieu d’une piscine : un phoque. Trois gendarmes le considèrent, hypnotisés.

Elle, mon cœur, se hâte vers les paons, dont, parmi les bouquets de feuilles, à distance, moirent les vestes de saphir.

— Les fiers, les beaux, les superbes!

chanlonne-t-elle, en sa langue natale, — les merveilleux oiseaux de soie, de lumière!

Puis s’égrènent des mots jolis, des caresses dites : love , duckie-clarlïng , siveet , ' ange P.

Les mâles accourent, dressent leur diadème, examinent la charmeuse, lancent un appel rauque, et, brusquement, plusieurs déploient leurs éventails de pierreries.

— Dommage qu’ils fassent dé la miousique! bougonne notre surveillante.

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