‹ Minnie BrandonChapitre 30 sur 68 · Méchant garçon · texte numérisé non relu

Méchant garçon

lacs, de fines arabesques bleues, noires; je louche à les regarder. Puis, l’orgue m’agace.

— Eh bien, Edmund?

Elle s’inquiète, me le prouve : son cœur ne bat plus de même.

— Eh bien?

— Eh bien... chérie... la première fois que nous nous aimâmes...

Je la caresse pour l’adoucir, pour lui montrer un vouloir tendre.

— Vous m’avez prévenu, loyalement...

Je baisse le ton.

— Vous m’avez prévenu que vous n’étiez pas vierge.

Dieu! quel tumulte en sa poitrine!...

Dépêchons le reste :

— Alors... comme il vous a été impossible de m’en confier plus...

Une haleine me frôle, au rappel de cet impossible, de son motif gaillard.

— Et comme je vous idolâtre, suis

jaloux, me torture, n’ai pas le courage du silence... j’ose, my Utile flower \ j’ose vous supplier de me plaindre, de me consoler, de me guérir, de m’assurer, du moins, que votre affection, le mieux de vos affections, vous ne l’avez jamais, jamais émietté à d’autres.

— À d’autres!... à d’autres!... Grecit Gocl , ce qu’il pense ! ce qu’il se permet de croire!... L’injure, l’horrible injure qu’il me fait! — ne cesse de balbutier Minn, douloureuse.

Moi, au rythme de l’orgue, je récapitule mon speech. Ai-je exagéré son timbre, ses dessous?... D’aucune manière! parce que je tiens ma maîtresse à bras-le-corps... parce que je la respire... Il me semble, d’ailleurs, qu’en amour, nul ne peut préciser où le mensonge débute, où s’achève le véritable, tant nos lèvres sont incons-

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