‹ Miquette et sa mere, comédie en trois actesChapitre 126 sur 138 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

LE MARQUIS, LAHIREI

LAHIREL, l'air très pincé.

J'ai trouvé ta carte, j'arrive de chez toi.

LE MARQUIS

Mon vieux, ne sois pas pointu. Tu ne peux pas être pointu, tu ne seras jamais pointu. Et d'ailleurs, je te fais toutes mes excuses.

LAHIREL

Ah ! ce n'est pas malheureux.

Oui, ,;e me suis emballé. J'ai été stupiJe. Je regrette beaucoup toutes les injures que je l'ai dite?, je n'en pense pas un mot. Tu ne m'en veux plus?

LAHIREL.

Certainement non.

LE MARQUIS

On est de vieux camarades. Nous avons fait ensemble notre première communion, nous avons été refusés ensemble au baccalauréat. Tout ça no s'oublie pas. Je t'aime bien, mon vieux.

LAHIREL.

Moi aussi.

LE MARQUIS

D'ailleurs, si on ne fichait pas des sottises auxgeni qu'on aime, à qui en ûcherait-on?

1G0 MIQUETTE El SA MÈIiE

LAHIREL.

C'est vrai.

LK MARQUIS

Alors, une benne poignée Je main?

LAHIREL.

De tout mon cœur, (iu se serrent la main.) Et, main

tenant que tout est oublié, je tiens à te dire que

c'est moi qui avais tort

En quoi1?

LAHIREL

En te soutenant stupidement que je ne croyais pas à ta liaison avec Mi.juett •.

LE MARQUIS

Hein ?

LAHIRRL.

le suis tout à fait revenu sur ma première opinion. Tu n'es pas un gaillard à perdre ton temps auprès d'une femme. Elle est ta maîtresse, c'est évident, et je l'en félicite, car elle est charmante.

LE MARQUIS, se montant.

Alors, tu crois que je suis l'amant de cette petite?

LAHIREL.

Mais, je n'en doute pas. Je n'en doute plus. Et, la preuve, c'ett que je viens de le déclarer au cercle.

LE MARQUIS, avec éclat.

Eh bien, tu es un joli saligaud !

LAHIREL.

Hein?

LE MARQUIS

Ainsi tu penses qu'à mon âge, qu'à noire âge, avec

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