‹ Miquette et sa mere, comédie en trois actesChapitre 83 sur 138 · CTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CTE DEUXIEME

MIQUETTE, fondant en larmes.

Une comique... une comique!...

Elle se réfugie dans les brai du marquis. MOXCHABLOX.

Hein? Qu'est-ce qu'elle a?... Qu'est-ce que vous lui ^vez donc dit?

MIQDETTE.

Une comique!...

MOXCHABLOX.

Pourquoi pleures-tu, petite dinde?

Une comique... si vous croyez que c'est gai!...

LE MARQUIS

Pauvre petite... Voyons, étes-vous bien sûr?

MOXCHABLOX.

Mais, mon cher ami, il n'y a pas de doute possible... on ne se trompe pas sur ces choses-là... Ainsi, vous, vous êtes un tragique.

LE MARQUIS

Hein?

MOXCHABLOX.

Mon petit, tu jouerais Théramène comme personne.

LE MARQUIS

Théramène'

MOXCHABLON.

Oui, ce que nous appelons l'emploi des ganaches trafiques.

LE MARQUIS

Ah! mais c'est très désagréable!

MONCHABLON, revenant à Miquette.

Allons, c'est fini, ce déluge?... Tu as du talent, beaucoup de talent. Moi aussi, d'ailleurs. Et la preuve, c'est que je t'engage.

<Juel bonheur I

MONCHABLON.

Je résilie ma dame de chez Maxim's. Elle est décidément trop triste. Et je te donne le rôle. Avez-vous un guéridon Louis XVI avec de quoi — z'écrire?

LE MARQUIS

J'ai mon bureau.

MONCHABLON.

Ça suffira. Je rédige ton engagement, petite! (n •'assied au bureau.) Un pont d'or: dix francs par jour.

MIQUBTTE, sautant de joie.

Un pont d'or 1 Je suis folle.

LE MARQUIS

Eh bien, vous êtes contente, au moins?

Oh ! oui, un engagement. Comprenez-vous? On parlera de moi. Et peut-être, un jour, on vendra mon portrait en cartes postales!

LE MARQUIS

Dans le bureau de tabac de Château-Thierry.

Et votre neveu l'achètera, et il ragera et il sera obligé de se dire : voilà l'admirable artiste à qui j'ai préféré une demoiselle Mercadier!

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