‹ Mirabeau et la ConstituanteChapitre 5 sur 35 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

pre de chaque écrivain, qu'au caractère même des époques que nous avons traversées. Sous la Restauration, quand la lutte était ouvertement engagée entre l'ancien régime et la société nouvelle, les historiens de la Révolution s'attachèrent surtout & montrer qu'elle était inévitable, et "défendirent dans son œuvre les principes d'unité et d'égalité qu'elle a fait triompher. Pour ces écrivains le Consulat était comme la conclusion nécessaire et la confirmation de l'œuvre entreprise en 1789. Le gouvernement de 1830 vint un peu modifier ce point de vue ; la liberté paraissait alors protégée par des institutions impérissables ; l'égalité politique avait triomphé aux journées de juillet, et les partisans de la légitimité retirés sous leur tente acceptaient avec une fierté désignée l'attitude de vaincus. D'autres préoccupations agitèrent alors les esprits. Les classes moyennes arrivées au pouvoir perdirent nécessairement une partie de leur popularité, et l'intérêt se porta sur cette multitude qui semblait n'avoir encore rien obtenu. L'opinion radicale se vit aidée par le mouvement des écoles socialistes, et, dans l'histoire de la révolution, le point de vue changea. La Constituante fut négligée pour la Législative' et la Convention ; les hommes politiques qui avaient dirigé et organisé la révolution à ses débuts furent remplacés par un seul acteur, le peuple, -ou sacrifiés à ces misérables rhéteurs, et à ces fanatiques dangereux qui, érigeant la terreur en système, ont retardé pour la France le triomphe de la liberté en la déshonorant ; Mirabeau disparut devant Robespierre,

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