L'AMI DES HOMMES
Nous voici au dix-huitième siècle ; c'est l'époque où tout se transforme en France ; mais les Mirabeau ne cèdent pas à l'esprit du temps , ou, s'ils lui font quelques concessions, ils restent toujours, au fond, des gentilshommes du moyen âge, fiers de l'antiquité de leur race, jaloux dç leur autorité, emportés par leurs passions, et ne cédant à aucune contrainte, Jean- Antoine eut sept enfants dont quatre étaient morts avant lui; chez les trois autres nous trouvons à des degrés différents, mais toujours fortement marqués, les traits de race qui caractérisent la famille de Mirabeau : grande hardiesse dans l'action, liberté de langage au moins égale, et surtout une obstination que rien ne peut vaincre.
L'aîné, le chef de la famille, est le père de l'orateur de la Constituante, le marquis de Mirabeau, souvent appelé Y Ami des hommes. De ses deux frères, le moins connu est le plus jeune, Louis- Alexandre, chevalier de Malte, puis capitaine de dragons. Jl quitta bientôt le service, pour épouser une demoiselle Navarre, qui avait été au maréchal de Saxe, acheva de se ruiner,
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et passa en Allemagne à la suite du margrave de Brandebourg-Bareulh, qui l'avait rencontré à Avignon. Cet étourdi finit pourtant par devenir un homme sérieux. Le margrave de Bareuth le prit en grande amitié, en fit son chambellan et son conseiller privé. En 1759 il l'accrédita auprès du duc de Choiseul, et le chevalier justifia sa confiance. Le marquis, qui en est tout surpris, finit pourtant par se rendre. Restait l'obstacle de son mariage; mais, devenu veuf, il épousa une noble allemande, la comtesse de Kunsberg, ce qui le réconcilia avec sa famille. Malheureusement il mourut Tannée suivante (1761). Sa femme fut alors recueillie par le marquis de Mirabeau, et vécut auprès de lui jusqu'à sa mort (1772). Le margrave de Bareuth lui avait cédé une créance de cent soixante mille livres sur le gouvernement français, créance qui ne fut jamais reconnue ; mais la comtesse obtint par l'entremise du marquis une pension de quatre mille livres dont elle jouit toute sa vie. Le marquis l'aimait beaucoup, et n'en parle jamais qu'avec tendresse : c'est un trésor, un ange, etc. {\). -
Le second, né en 1717 et connu sous le nom du bailli de Mirabeau, resta toujours étroitement lié avec le marquis ; il l'aida de son argent et de ses conseils; il s'intéressa surtout au sort de son neveu, et entretint avec son frère une correspondance qui restera comme un des plus curieux monuments de cette époque. Il avait commencé par servir dans la marine. Reçu chevalier de Malte en 1720, il n'avait alors que trois ans, il fut embarqué à douze ans et demi comme porte-étendard, et nous le retrouvons vingt ans après capitaine de vaisseau. En 1752 il fut
(1) M. de Loméoie, Correspondant, 10 avril 1870.
chargé do gouvernement de la Guadeloupe, gouvernement difficile, où tout était à faire, et tout roulait sur lui seul. Il était alors, comme ii l'écrit lui-même, gouverneur, évêque, commandant, à demi intendant, à demi président, et même entièrement. La maladie, qui l'obligea à quitter la Guadeloupe en 1755, ne l'empêcha pas d'assister Tannée suivante au siège de Mahon où il fut grièvement blessé; il servit encore quelque temps avec bravoure, mais sans récompense. Estimé de ses chefs et surtout du maréchal de Bellisle, il avait failli devenir ministre de la marine par la protection du célèbre abbé Bernis; il ne le fut pas, pour avoir fait une réponse trop vive à M me de Pompadour. C'était bien le fils de Jean-Antoine, trop indépendant pour réussir à la cour. Quelque temps après il se retira à Malte, où il accepta le titre de général des galères ; il dédaigna de devenir grand-maître et rentra en France, où il refusa aussi d'être adjoint au ministère de la marine. Pourvu enfin d'une riche commanderie dans le Rouergue, il se retira à Perthuis, pour se consacrer tout entier à sa famille et surtout à son frère. Par ses talents et ses rares qualités le bailli aurait mérité une place dans l'histoire. 11 a été, on peut le dire, même après avoir connu le grand orateur, l'homme le plus remarquable de la famille ; c'est un exemple de plus des grands talents auxquels la fortune a refusé l'occasion favorable «Nous aurons souvent à constater la fermeté et la loyauté du bailli, dans ces démêlés de famille qui durent si profondément l'affliger. En ce moment, indiquons seulement deux traits de son caractère : un profond désintéressement, un dévouement absolu à son frère. Jusqu'au moment où il fut gouverneur général des galères, il laissa à son frère sa légitime sans y toucher; ilre-
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fusa même de se marier pour ne pas enlever cette somme à la famille. Il est vrai que, lorsqu'il futgouverneur général, le marquis lui avança sans hésiter cinquante mille écus; mais aussi le bailli à son tour, quand il fut pourvu de ses commanderies, fournit à son frère, alors à peu près ruiné, une pension de quinze mille livres par an. Quant à l'amitié des deux frères, c'est une intimité presque sans exemple, et que n'a jamais troublée aucun nuage. Pendant une longue existence, ils n'ont jamais cessé de s'écrire, s'expliquant librement sur tous les sujets, avec cette différence entre eux que le bailli témoigne toujours à son frère une respectueuse déférence ; il reconnaît toujours en lui le chef de la . famille. Et pourtant combien il eût mieux valu que le bailli eût pris la direction des affaires !
î Le marquis de Mirabeau est en effet, de tous les hommes de la famille, celui qui a le plus obscurci de grandes qualités par de graves défauts. Né avec l'amour de la gloire et le respect de son nom, laborieux, ami du progrès et pénétré des sentiments de philanthropie développés par le dix-huitième siècle, il a fait le malheur des siens en exerçant sur eux le plus ter* rible despotisme, a consumé sa vie en vains projets» entassé volumes sur volumes, sans provoquer une réforme utile, consommé la ruine de sa maison, et corrompu par l'amertume de son caractère l'existence de tous ceux qui lui appartenaient de trop près* Né à Perthuis en 1715, le marquis de Mirabeau, qui avait alors deuxfrères plus âgés que lui, fut reçu chevalier de Malte en 1718. Devenu chef de famille par la mort de ses deux frères, il obtint successivement le grade d'enseigne, puis de capitaine dans le régiment de Duras, dont son père avait été colonel. Il servit avec
bravoure jusqu'en 4742, fit la campagne de Bavière, et obtint la croix de Saint-Louis ; mais, n'ayant pu acheter un régiment, voyant d'ailleurs où en était alors réduit l'état militaire, il donna sa démission en 4743 pour s'occuper de littérature et d'économie politique. C'était depuis longtemps le rêve de son ambition. De bonne heure il avait aimé les lettres, et se plaisait à réunir autour de lui, à Mirabeau, une société élégante et polie. Il voyait souvent son ai^cien compagnon d'armes Yauvenargues , et appelait auprès de lui Lefranc de Pompignan, voué plus tard au ridicule par Voltaire, Monclar, si connu par sa lutte contre les jésuites, et l'abbé Monville, célèbre alors pour son esprit. On attribue à la collaboration de Mirabeau avec Lefranc de Pompignan un voyage en Provence et en Languedoc, badinage imité de celui de Chapelle et Bachaumont, où l'on trouve quelques vers assez faciles, comme ceux-ci sur l'abbaye de Villemagne:
Nos moines sont de bons vivants, L'un pour l'autre fort indulgents, Ayant leur cave bien garnie, Toujours reposés et contents, Visitant peu la sacristie, Et quelquefois, les jours de pluie, Priant Dieu, pour passer le temps.
Dès qu'il eut décidé de se livrer aux lettres, Mirabeau quitta la Provence. Il s'y trouvait sans doute trop éloigné de Paris, où l'attendait la gloire, du moins il le croyait. Il était d'ailleurs chassé de son pays par un autre sentiment qu'il faut noter, parce que c'est un des traits de son caractère : « On n'y pratiquait plus, écrit-il à son frère, ce culte de respect
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attaché à des races antiques, dont la toute-puissance est maintenant méconnue. On ne se prosternait plus devant les vieilles races et les gros dos de Malte; enfin la province conquise par ïécriioire contenait plus d'animaux armés de plumes, que vingt-deux royaumes bien policés n'en devraient renfermer, espèce la plus venimeuse et la plus épidémique pour un seigneur. » Amour des grandes races et de leurs privilèges, haine des financiers, Mirabeau est là tout entier, l'économiste aussi bien que le chef de famille. Il acheta en 1740 la terre de Bignon, dans le Gâtinais, près de Nemours ; deux ans après un hôtel à Paris, et se livra tout entier à ses études favorites. De la part d'un homme quia passé toute sa vie la plume à la main, les livres ne devaient pas se faire attendre. Le marquis écrivait comme ses aïeux combattaient, avec une ardeur infatigable, mais, il faut le reconnaître, avec plus d'acharnement que de succès. Ses premiers ouvrages furent pourtant remarqués ; ils renfermaient d'ailleurs des vues généreuses et quelques théories libérales bizarrement jetées au milieu des souvenirs de la féodalité (1). En 1750 parut le mémoire sur les états-provinciaux. L'auteur réclamait avec une véritable hardiesse et un sens politique dont il faut lui savoir gré , l'établissement dans toutes les provinces d'une organisation pareille à celle des pays d'état. Il proposait ainsi des assemblées provinciales, comme Turgot devait essayer d'en instituer un peu plus tard pour prévenir la Révolution française.
Mais le livre de Mirabeau qui eut le plus de retentissement est celui qu'il publia en 1756 à Avignon,
(1) Sur les œuvres du marquis de Mirabeau, voir un article de M. Léonce de Lavergne, et un mémoire de M. Cabantous, doyen de la Faculté de droit 4'Aix.
sous le titre suivant : L'Ami des hommes, ou traité de la population; c'est à ce livre qu'il dut sa popularité, et ce nom d'Ami des hommes, dont il a fait, par sa conduite à l'égard des siens, la plus sanglante épigramme.
Ce livre est surtout consacré à célébrer l'agriculture, qui est pour les États la première source des richesses. L'idée est expliquée par une comparaison assez piquante. «L'État est un arbre ; les racines sont l'agriculture ; le tronc est la population ; les branches sont l'industrie; les feuilles sont le commerce et les arts : c'est de ses racines que l'arbre tire le suc nourricier ; elles jettent une infinité de rameaux qui tous attirent la substance de la terre; cette substance devient sève, le tronc se renforce et jette une quantité débranches, qui prospèrent à proportion de la vigueur du tronc. Si quelque insecte ennemi a piqué les racines dans les entrailles delà terre, vainement attendrait-on que le soleil et la rosée vivifiassent ce tronc desséché : c'est aux racines qu'il faut porter remède; sinon, l'arbre périra. » En France, trois causes nuisent au progrès de l'agriculture : d'abord les grandes propriétés : « Les gros brochets dépeuplent les étangs, les gros propriétaires étouffent les petits. «Puis la vie de la noblesse, qui déserte ses propriétés pour aller vivre à la cour ; Mirabeau veut une noblesse nombreuse, mais pauvre, par conséquent forcée de résider sur ses terres; enfin le luxe, qu'il définit très^-heureusement : l'abus de la richesse.
Il y a d'ailleurs dans ce livre un assez grand nombre d'idées justes sur des points alors encore bien obscurs ; ainsi Mirabeau est partisan de la liberté du commerce extérieur : « La prohibition n'est qu'une grosse bêtise qui suppose des grues dans nos voisins, et qui devient la plus sordide injustice* quand on se
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sert de la violence. » Mirabeau a vu avant les économistes modernes combien les colonies pouvaient être dangereuses pour un pays, par les restrictions qu'elles apportent au commerce de la métropole. « La nation à qui ses colonies feront faux bond la première sera la plus heureuse; elle y perdra beaucoup de soins et de dépenses, en y gagnant des frères tout-puissants, au. lieu de sujets souvent onéreux. » L'auteur se rapproche un peu plus des écrivains de son temps, mais se sépare des opinions de sa famille, quand il défend la tolérance religieuse et la liberté de la presse. «Pour ce qui est de la tolérance, je la crois plus propre à détruire les faux cultes qu'à les autoriser, et la liberté de la presse n'a aucun danger dans un pays où le travail sert de police. Vous qui cherchez des vices en Hollande, souvenez-vous que leur mère est l'oisiveté.» L'auteur termine par un éloge de la paix, qui seule peut assurer la prospérité de l'État.
Cet ouvrage eut un grand succès ; la cour elle-même le vanta, et Ton disait que le dauphin le savait par cœur. Ce prince alla jusqu'à offrir à Mirabeau d'être le sous-gouverneur de son fils, ce que celui-ci refusa : il ne voulait accepter qu'une responsabilité tout entière. Il avait d'ailleurs d'autres prétentions; il espéra un moment être ministre, et se crut assez près du but pour pouvoir faire ses conditions. «Mes principes, écrit-il à son frère, sont qu'en fait de chose publique, il faut la proue ou rien, aut Cœsar aut nihil. Mes conditions, datis le cas que Ton vînt à s'y frotter, ee qui n'est guère probable, car il ne serait pas juste qu'ils se donnassent des cochers qui les fouetteraient, fines conditions, dis-je, seraient : \° que tu fusses à ta place (ministre de la marine); 2° que j'eusse le titre de surintendant avec pouvoir absolu dans cette partie,
n'ayant à traiter qu'avec le maître lui seul, ou, supposé qu'il voulut un tiers, avec M. le Dauphin; 3° qu'aucune des opérations ne seraient soumises au conseil; 4° que* j'aurais la permission de quitter la première fois que je serais barré, dispensé de dire pourquoi, attendu que la réputation est le premier des biens, le seul avec l'honneur et la conscience qu'on ne doive pas à un maître, et que je suis trop vieux désormais pour que fortune quelconque pût me payer le compromis de ma réputation (1). *> Après cette lettre nous n'avons pas besoin d'expliquer pourquoi Mirabeau ne devint pas ministre de Louis XV.
Cependant le bruit s'était fait autour de son nom ; sa personne était recherchée avec un empressement où il entrait beaucoup de curiosité. Il se lia à cette époque avec Quesnay et les économistes, dont il adopta les principes. Sa philosophie rurale, publiée en 4762, était, selon l'expression de Grimm, lepentateuque de la secte économique. Enfin, pour que rien ne manquât à sa gloire, il eut le bonheur d'être persécuté. Il avait proposé, en 4760, une nouvelle théorie de l'impôt. Sur 600 millions que payait la France, 350, d'après lui, étaient perdus en frais de perception ; 250 à peine rentraient au trésor; il proposait de réduire l'impôt à 300 millions, dont 75 payés par l'impôt foncier, 225 par une taxe sur le revenu, établie par feu et par personne. Cette réforme entraînait naturellement la suppression de la gabelle, des douanes et des fermiers généraux. Mirabeau revenait à sa thèse favorite contre les financiers, qu'il accusait de ruiner le pays. « La France fut toujours inépuisable ; ce que n'ont pu les siècles, les imprudences, les
(1) Mémoires de Mirabeau, 1. 1, p. 229.
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.passions, les révolutions, quelques lustres abandonnés au régime impur de la fiscalité allaient l'opérer. Mais le phénix renaîtra de ses cendres; les regards créateurs du soleil vont lui rendre toute sa beauté. Il ne faut pour cela que purger notre langue d'un mot que nos ennemis ne peuvent rendre que par des circonlocutions, il ne faut que supprimer l'odieux mot financier. » Les financiers s'émurent, et obtinrent que Mirabeau fût poursuivi ; on l'enferma, non pas à la Bastille, comme on l'a souvent dit, mais à Vincennes. Il en sortit au bout de dix jours, avec la gloire qu'en France la prison donne souvent aux écrivains. De pareilles disgrâces n'étaient pas faites pour l'arrêter. A la théorie des impôts succédèrent de nombreux ouvrages, parmi lesquels il nous suffira d'indiquer : Lettres sur les corvées (1760); des articles dans le Journal de l'Agriculture (1764); les Epké-
. mérides (1765); Eléments de la philosophie rurale (1767); Lettre sur le commerce des grains (1768); Procès de l'ordre légal (1768); les Économiques (1769); Leçons économiques, les Devoirs (1770), Instructions populaires (1774); Lettres sur la Législation (1775) ; Supplément à la théorie de l'impôt (1776) ; Entretiens d'un jeune prince avec son gouverneur (1785) ; Education civile d y un prince (1785); Hommes à célébrer (1789); la même année, le Rêve d'un goutteux , brochure relative aux prochains travaux de l'Assemblée nationale. On le voit, c'est toute une bibliothèque. Mirabeau laissa en outre, à sa mort, 400 cahiers in-4°, justifiant cette parole: «Si ma main eût été de bronze, j'aurais fini par l'user. » Il resta d'ailleurs, jusqu'au bout, d'une incroyable fermeté. Le dauphin aurait désiré que les Ephémérides lui fussent dédiées. Mirabeau lui préféra le grand-duc de Toscane, dont les
réformes le remplissaient d'admiration. Il résista à * toutes les instances. «Il n'a qu'à nous mériter, disaitil en parlant du dauphin : jusque-là, c'est bassesse.» L'arrivée au pouvoir de Turgot ne lui plut qu'à moitié; celle deNecker, ennemi des économistes, raffligea.il s'effrayait, d'ailleurs, de changements qui, à ses yeux, pouvaient avoir de terribles conséquences : « Le colin-maillard, écrivait-il en 1777, poussé trop loin finira par une culbute générale. » Cette culbute, il eut la douleur d'en être témoin. Il mourut le 13 juillet 1789, la veille de la prise de la Bastille, après avoir vu les premiers travaux de l'Assemblée Constituante, et, s'il craignait en ce moment de grands malheurs pour la France, la gloire de son fils ne devait pas le consoler. La conduite de Mirabeau à l'égard de son fils, la rigueur extraordinaire dont il s'arma contre lui, et contre une grande partie de sa famille, c'est là un côté de son histoire qu'il ne nous est pas permis de négliger, et qui demande quelques détails. Mais ces faits tiennent trop de place, ils ont eu trop d'influence sur la destinée et le génie du grand orateur pour être indiqués en quelques lignes, C'est en étudiant la biographie même de Mirabeau que nous reviendrons à son père, et que nous entrerons dans une étude plus approfondie de cette famille, divisée par toutes les passions qui agitaient presque partout la noblesse au dix-huitième siècle, l'orgueil du nom, le dérèglement des passions, les désordres dans la fortune, et la révolte des enfants en partie justifiée par la tyrannie des parents.