‹ Mirabeau et la Provence (volume 2)Chapitre 2 sur 22 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le 6 février 1789 , une ordonnance dressée de concert par MM. de Boisgelin, de La Tour et de Caraman, c'est-àdire par l'archevêque d'Aix, par l'intendant et le commandant de la Provence, avaient prorogé les Etats provinciaux au 10 mars. Ils ne se réunirent, en réalité, que le 21 avril. Leur session dura sept jours et ne devait laisser que bien peu de traces. Le clergé et la noblesse ne purent pas même faire nommer une députation prise dans les trois ordres pour porter au roi le cahier des Etats. Leur motion, présentée par le président, évoque de Fréjus, fut repoussée avec cris et tumulte par la grande majorité des députés du tiers , sous prétexte que l'assemblée actuelle était illégale (1).

Ce fut la iin des Etats de Provence. Leur rétablissement, si ardemment sollicité par les privilégiés, n'avait pas duré un an et demi.

Deux jours plus tard , le tiers état tenait à part une de ces assemblées qui, de 1639 à 1787, avaient remplacé l'aristocratique représentation provinciale des Etats. Un seul jour suffit aux délibérations de cette session, qui ne devait plus se renouveler.

(1) Bililiothùriue Méjanes, recueil intitulé : Etats de Provence, SISÎS, t. III, pi(''ce xxxvi. — Lettre autographe de M. Baud à Mirabeau, communiquée par M. Oliarles de Loménie (collection Lucas de Montigny).

"20 MIRABKAI' KT LA PHOVRNr.R,

C'était là iMic.ore iiui' iiisliliition du passe frapjjée à mort ; mais l'esprit (jui inspira ses vinix et ses décisions suprêmes, était orienté v«m's l'avenir; elle se survécut à elle-même pour scrvii- la caii.-c de la HcvolnlioM modérée en Provence , avec les trois (ujmmissaires qu'elle désigna , en les cliarj^oant d'une mission étendue et assez mal limitée.

Tracer un plan d'ensemble pour régénérer la constitution provençale , étudier les réformes à introduire dans l'administration locale, entretenir avec les représentants de la Province aux états généraux la correspondance la plus assidue, tel était le programme qu'ils avaient à remplir.

Les communes allouèrent à chacun d'eux une indemnité de six livres pour chaque jour qu'ils passeraient à Aix; elles se chargeaient de tous les frais de correspondance , d'impression et de voyage.

Elus au scrutin par l'Assemblée, qui avait d'avance dressé leur mandat, ces commissaires furent MM. de Baux, Philibert et Juglar, députés des trois vigueries respectives de Saint-Maximin, de Barjols et de Castellane (1).

Leur influence se substitua rapidement à celle des anciens procureurs-nés du pays , les consuls et assesseur d'Aix, qui devinrent jaloux de leur autorité et accusèrent leurs usurpations (2).

Fiers de leurs antiques prérogatives , qui s'étendaient à l'administration intérimaire de la province entière, ces magistrats municipaux voyaient, avec irritation , tout pouvoir réel s'évanouir dans leurs mains.

Leur histoire fut celle du parlement d'Aix ; mais le Parlement, dont le président était, en même temps, intendant de Provence , essaya de résister plus énergiquement au courant des faits et de l'opinion.

(1) Bibliothèque Méjanes, recueil intitulé : Etats de Provence, 31323, t. III, pièce XXXI.

('2) Bibliothèque de Marseille, manuscrit F' 15. correspondance des consuls d'Aix, procureurs du paj-s : lettre à M. de la Fare, f" 44.

Après les émeutes qui , en mars et avril 1789, avaient troublé les villes et les campagnes de son ressort, il crut que son devoir était d'informer sur les excès qui avaient été commis, de châtier ceux qui s'en étaient rendus coupables, et de rétablir non seulement Vordre, mais Vordre ancien.

Marseille lui semblait mériter tout particulièrement une répression rigoureuse.

On sait les désordres qui avaient agité , dans ses murs , la période électorale.

Cette période s'était terminée, le 14 avril 1789, par la désignation de deux députés suppléants : le notaire Castellanet et le manufacturier Peloux des cinq arts de la soie (1).

Ces suppléants devaient, pendant leur séjour à Paris, aider les députés ordinaires de la sénéchaussée de Marseille pour le tiers état, MM. Michel Roussier, Lejean , Delabat, Liquier, et remplir les vides causés dans les rangs de ces derniers par la démission ou par la mort.

Le 14 juin 1789, M. Castellanet obtenait le droit de siéger au lieu et place de M. Liquier qui venait de décéder. Dans l'automne, M. Peloux succédait à M. Michel Roussier, démissionnaire pour raison de santé (2).

L'un et l'autre joueront un rôle actif dans les événements que nous nous proposons de raconter.

Entre les troubles que nous avons retracés dans notre précédente étude et ceux qui vont se dérouler à travers les chapitres de cet ouvrage , Marseille jouissait d'une tranquillité relative.

Ses rues étaient d'une sûreté qu'elles ne semblaient pas avoir encore connue et qu'elles n'ont pas toujours, dit-on,

(1) Archives municipales de Marseille, 190° registre des délibérations du Conseil de cette ville, f" 95. — Archives nationales, B, III, 82, f° 406. — Esquisses historiques : Marseille depuis 1189 jusqu'en 1815, par un vieux Marseillais (Lautard), t. I, p. 38.

(2) Arcliinesparlemenlaires, t. VIII, p. 185. Recueil de la Méjanes, intitulé : Assemblée nalinnale, .31.'i24, t. VI, procès-verbal de l'assemblée électorale du district de Marseille, p. 24.

?2 MinABKAii i;t la phovence.

pn\<ïont('(« (lopuis; mais cri. ordre int''iii(3 eliiit, aux yeux du Parh'iufid, comiiu' une sorte de désordre, car il elail dû à la vigilance de la jeune j^ai-ile citoyenne, dont l'iniliative avait si |)uissannnent (H)ntribué à sauver Marseille du 23 au 20 mars; or,. les volontaires de (tette milice, qui faisaient de si exactes patrouilles, n'étaient pas des plus res[)eclueux pour le Parlement et pour son premier président, M. de La Tour. Ils partageaient, contre ce dernier, les colères et les préventions du peuple marseillais. Us le laissaient pendre en effigie sous la forme d'un chat et souffraient que son nom, disparaissant de l'une des principales places de la ville, fût remplace par celui de Necker (1). Ils se permettaient , à Aubagne , d'interromjtre le cours de la justice (2).

La sévérité irritée du jugement que M. de La Tour portait sur leurs chefs (3) jurait étrangement avec les témoignages que les députés des trois ordres de la sénéchaussée de Marseille rendaient, en haut lieu, des sentiments et du zèle patriotique de ces volontaires (4). Mais Mirabeau luimême sentait que l'existence de ce corps franc , qui ne comptait pas moins de six mille jeunes gens , pouvait être un obstacle à la pacification complète de Marseille; il croyait qu'il serait dangereux ou du moins prématuré d'essayer de le désarmer ; il conseillait aux échevins de le transformer en une garde régulière (5).

(I) Lourde, Histoire de la Révolution à Marseille, elc, t. I , p. 61. — Archives nationales, B, III, 82, lettre de M. le lieutenant général de la sénéchaussée de Marseille au garde des sceaux, p. 248. Bibliothèque Méjancs. journal manuscrit de M. Fauris de Saint-Vincent, p. 847.

('2) .\rchives nationales. H, 1274, lettre de M. Eymar de Montmeyan avocat général, 18 avril 1789; — lettre de M. d'Autheman, avocat général à la cour des aides, à M. de La Boulaye (17 avril). — Archives niunicip.ues de Marseille, registre des lettres écrites, commencé le 11 février 1789 : à M. le comte de Caraman, 17 avril 1789, pp. 63, 64.

(3) Archives nationales, H, 1274, lettre de;M. de La Tour à M. Necker, 29 mai 1789.

(4) Bibliothèque publique de Marseille, recueil intitulé : Garde nalioiiale, DeK, 4767, t. I, pièce vin.

(.5) Archives municipales de Marseille, registre des lettres reçues, coin-

Les échevins se Qiirent aussitôt en devoir de suivre ce conseil (1). Tandis que les gardes bourgeoises d'Aix et de Toulon demandaient elles-mêmes à rendre leurs armes, ils estimèrent que le service d'ordre, à Marseille, exigeait le maintien sur pied de seize compagnies. Ces compagnies furent réparties en quatre divisions ou grandes compagnies, commandées chacune par un échevin (2). Les jeunes volontaires que le comte de Caraman allait représenter comme faisant trembler la ville (3) se prêtèrent avec docilité aux vues de ces magistrats, mais les corporations montrèrent un véritable mauvais vouloir à servir , avec leurs cadres tout constitués, dans la garde bourgeoise, qui eut rappelé davantage l'ancien guet.

Comme le peuple de Marseille , elles craignaient que la réforme de cette garde n'en préparât le licenciement et qu'on ne voulût la licencier pour rétablir dans la ville un régime fiscal détesté (4).

Tous les jours, certains personnages, fort impopulaires, sans doute , le fermier Rebuffel et ses agents , étaient désignés, par des placards, à la haine des Marseillais (5).

Sous l'empire de ces préoccupations et de ces sentiments auxquels se joignait une animosité séculaire pour le Parlement de Provence , la majorité de la population bravait et narguait l'autorité de cette cour souveraine.

mencé le 12 mai 1788 et fini le 17 juillet 1789 : lettre de Mirabeau, 9 avril 1789, p. 151.

(1) Archives municipales de Marseille, registre des lettres écrites par cette municipalité, commencé le 11 février 1789 et terminé le 8 septembre 1789 : lettre aux comtes de Caraman et de Mirabeau, p. 56 et 58.

(2) Archives municipales de Marseille, registre des lettres reçues, commencé le 12 mai 1788, etc. : lettre du comte de Caraman, 22 avril 1789, p. 165. Registre des lettres écrites, commencé le 11 février 1789, etc. : lettre au comte de Caraman, 10 avril, p. 57.

(3) Archives nationales H, 1274 : le comte de Caraman à Necker, 25 mai 1789.

(4) Archives municipales de Marseille, registre des lettres écrites par cette municipalité, commencé le 11 février 1789 : lettres au comte de Caraman, 10 et 15 avril 1789, p. 56 et suiv., p. 61.

(.5) Archives municipales de Marseille, registre des lettres écrites, ui supra : lettre au comte de Caraman, 10 avril 1789, p. 57.

?4 MiiuuKAi; i:t i.a i'hovknck.

Lu aiR-it'ii ustif^c, ('(iiisiiciT jiar la tnidilion . (l(Hiii;iil aux echevins le droit de faire déployer devant kuir i(>f:e, an llieAtre, comme signe de leur juridiction, un tapis aux armes de la ville. Kn 1767, le Tarlement leur avail retiré ce privilège dans lequel il avait cru voji- un einpiclcnicnt sur les autorités supérieures (1).

Le '■2'i mars et le 20 avril 178'J, le la^iis lui étalé et fixé devant la loge municipale sur la demande et aux applaudissements du parterre (2).

Avec de telles dispositions, il n'était pas étonnant que Marseille n'apparût à M. de La Tour comme un foyer permanent d'insubordination et de révolte (3).

Le gouvernement confia au Parlement le soin d'étouti'er ce foyer.

Par une déclaration et par lettres patentes en date du 16 avril 1789, il lui attribua la connaissance des attroupements et émotions de Provence, et l'autorisa à envoyer des commissions dans les différentes localités du pays. Loin d'être exceptée de la loi commune, Marseille semblait plus particulièrement visée par ces lettres (4).

Les quatre echevins qui , en l'absence du maire et de l'assesseur, avaient la charge de l'administrer, MM. Thulis, Durand de Lafon , Simon La Flèche et Jean Verdilhon étaient des hommes modérés et doux plutôt que médiocres. Le premier, M. Thulis, devait mourir directeur de l'obser-

(1) O. Teissier, Biographie de M. Ch. Thiers, avocat au parlement de Provence, p. 25 et 2G. Bibliothèque de Marseille, carton in-8°, II, 62 : Avis aux Marseillas sur l'enlèvement du tapis que la jeunesse citoyenne avail fait placer a la loge de MM. les éclievins.

(2) Archives municipales de Marseille, registre des lettres écrites, commencé le 11 février 1789, etc. : lettres du 21 avril 1789 à MM. Necker, de Villedeuil et de Beauvau, p. 68.

(3) Archives nationales, H, 1274 : lettre de M. de Latour à Necker, 22 mai 1789.

(4) Lourde, Histoire de la Révolution à Marseille et en Provence, t. I, p. bl. Archives municipales de Marseille, registre 190° des délibérations du conseil municipal, f"' 101-2; registre des lettres écrites, commencé le 11 février 1789, p. 71-2 : lettre du 25 avril à MM. de Caraman , de La Tour et procureur général du Parlement.

vatoire de la marine, à Marseille. Milliii, qui le visita pendant son voyage dans le Midi, nous le représente comme un savant zélé, vertueux et modeste , livré à d'utiles observalions au milieu des fleurs qui garnissaient sa terrasse (1).

Ses collègues et lui-même prévirent bien l'émotion qu'éprouveraient les Marseillais à la pensée d'être livrés aux sévérités ou plutôt aux vengeances du Parlement. Ils adressèrent quelques observations à M. de Caraman ; celui-ci leur répondit , le 24 avril , par une sèche et menaçante banalité : « L'attribution donnée au parlement de » Provence, » leur écrivait-il, « est une suite de la volonté » du roi, qui peut donner à qui il veut l'exercice de la jus- » tice, dont le pouvoir réside en lui (2). «

Cette réponse ne parvint sans doute pas aux officiers municipaux avant la réquisition du lieutenant criminel de la sénéchaussée de Marseille relative à l'affichage de ces lettres et de cette déclaration dans la ville.

Il était midi lorsqu'ils reçurent cette réquisition , le 24 avril (3).

Elle fut exécutée sans confiance, mais avec docilité. Tout resta d'abord calme; mais, dans la soirée, sur les huit heures, les citoyens commencèrent à s'agiter et à s'attrouper. Les cafés se remplirent de monde ; des pelotons de femmes se formèrent sur le cours. A neuf heures, une foule, dans laquelle marchaient confondues des personnes de tout âge et de toute qualité, se porta sur l'Hôtel de ville. C'était une manifestation, presque une émeute. Les échevins durent lui promettre de convoquer un conseil municipal extraordinaire, c'est-à-dire renforcé par tous les délégués des corporations.

(1) Voyage dans les déparleinenls du Midi de la. France, par Millin, t. III, p. 270.

(2) Archives municipales de Marseille, registre des lettres reçues, commencé le 12 mai 1788, etc. : lettre de M. de Caraman, 24 avril 1789, p. IGfi.

(3) Archives municipales de Marseille, registre des lettres écrites, commencé le 11 février 1780, etc. : lettre à MM. de Caraman, de La Tour et procureur général, 2.t avril, p. 71.

26 MIIUHEAI) KT LA PHOVBNCE.

Ce roiiseil se liiil le siirliMulciiiuin, (liiiiaiiclic ".Mi avril. Il Villa (if |irt'S('nt(M- an roi h's Ires liuirihles et tros respecliu'usfs rcniuntraiicês de la ville tle Marseille j)Our obtenir (jue la eominissioii du parleiuout ne vint pas sié;,'er dans ses murs. On décida le (lé|tarl immédiat d'un courrier extraordinaire pour Taris. Il dut niouler à cheval, le conseil encore tenant (1).

Los échevins réclamèrent l'active intervention des députés de la sénéchaussée qui étaient déjà à Paris ou à Versailles. Pour aider leurs succès, ils les recommandèrent à la protection du maréchal de Beauvau et du comte de Provence (2).

Les députés multiplièrent leurs démarches; le 30 avril, ils recevaient le courrier de la municipalité et, le même jour, ils allaient chez le gçirde des sceaux et chez le directeur général des linances, MM. de Barentin et Necker, plaider la cause de Marseille. Ils leur représentèrent le danger d'émouvoir les instincts de violence et de pillage mal assoupis dans cette population si mêlée, au moment où de nombreux arrivages de blé faisaient de cette ville le grenier de plusieurs provinces du voisinage. Leurs arguments semblèrent ébranler les ministres. Celui de la guerre, M. de Puységur, qui était chargé du rapport sur la requête de Marseille, parut absolument persuadé ; pourtant, l'espoir des députés n'était pas sans un mélange d'inquiétude ; ils savaient que le parlement d'Aix avait dépêché un exprès vers ses délégués venus récemment à Paris pour rendre compte au roi de l'état de la Provence. Monsieur ne leur avait témoigné qu'une bienveillance banale (3) ; quant au maréchal de Beauvau, il leur était ouvertement opposé.

(1) .\rchivcs municipales, registre 190' des délibérations du conseil municipal, f°' 100 et 102; registre des lettres écrites, commencé le 11 février 1789 : lettres à M. de Caraman, des 24, 2.5 et 27 avril 1789, pp. 71, 72 et 76.

(2) Archives municipales, registre des lettres écrites, etc. : lettres au maréchal de Beauvau et aux députes des trois ordres, p. 73 et 74.

{C.) Archive.^ municipales de Marseille, registre des lettres reçues, commencé le 12 mai 1788, pp. 179 et 181,

UNE TENTATIVE DE RESTAURATION MUNICIPALE A MARSEILLE. Il

Coster, le secrétaire de Necker, qui aidail son maître à penser et à vouloir, se montrait favorable au vœu de Marseille. « Je vous demande en grâce , » lui dit le maréchal dans un billet autographe et de premier jet , « de revenir » de cette idée, et de voir au contraire que ce gérait tout » perdre. » Et dans un second billet, il lui esquissait ses raisons (1). Coster tint bon, mais ne cacha pas à la députation de Marseille qu'il y avait contre la demande de la municipalité de très fortes oppositions ; le garde des sceaux, qu'on avait pu croire un moment à demi gagné, adressa aux échevins, le 2 mai, une lettre sévère et dure pour leurs concitoyens 2) ; pourtant, le lendemain, dans un second entretien, Coster donna aux députés de très flatteuses espérances. Ce jour-là, — c'était le 3, — ils virent pour la première fois M. de Villedeuil, le ministre et secrétaire d'état de la maison du roi, qui avait la Provence dans son département. M. de Villedeuil leur parut très frappé des raisons qu'ils lui exposèrent (3).

Elles pesèrent d'un grand poids dans la décision que prit, le 11 mai, le conseil des ministres.

Cette décision, qui passa dans des instructions dressées le même jour par M. de Villedeuil pour M. de Caraman, portait que l'intendant ne devait pas être rétabli dans Marseille, "t que la commission du parlement ne viendrait pas y siéger. Une amnistie couvrirait tous les excès et désordres qui pourraient avoir été commis depuis et y compris le 23 mars dernier. Cinq ou six chefs des mutins nominativement désignés seraient seuls exceptés de cette grâce, et encore pourraient-ils se soustraire au procès dont on les menaçait en s'exilaiit de la ville et de la province dans un

(1) Archives nationales, H, 1274 : deux billets du maréchal de Beauvau à Coster, 1" mai 1789.

(2) Archives municipales de Marseille, registre des lettres reçues, etc. : lettre du garde des sceaux, 2 mai 1799, p. 183.

(3) Archives municipales de Marseille, registre des lettres reçues, etc. : lettre de MM. les députés des trois ordres, 3 mai 1780, p. 183.

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