CHAPITRE IV
LK COMTK DE MIHAllKAr DEVANT LA SÉNÉCHAUSSÉE ET LE PARLEMENT d'aIX,
Le jeune comte arriva au château de Mirabeau le ?0 octobre 178? (1). Malgré ses très humbles protestations de reconnaissance, de respect et de docilité (2), le bailli était assez mal disposé à son égard. — Bien qu'il lui eût rendu, dès la fin de juin, le litre de cher neveu (3), il n'avait pas accepté, sans inquiétude, la tâche d'être, comme il disait « le çjardien d'un extravagant de trentetrois ans » (4) ; — il ne consentait à le recevoir que pour six mois et se promettait, sMl était trop importuné par sa
(1) Lettres du bailli : le bailli à M"" du Saillant, le 11 octobre 1782 : « Votre frère arriva dès avant hier. » — Correspondance générale, t. X : le bailli au marquis, 28 octobre 1782, p. 395 : « M. Honoré est arrivé, il y a » aujourd'hui huit jours. »
(2) Lettre autographe du comte de Mirabeau au bailli (communiquée par M. Paul Arbaud), 4 juillet 1782 : « Je reçois à la fois les deux lettres dont » vous m'avez honoré, en date jjes 26 et 28 juin, et mon cœur en est bien » soulagé. Vous m'y rendez le titre précieux et sacré de cher neveu. Vous » y paraissez revenu de l'opinion de mon opiniâtreté. Vous m'y parlez avec » la sévère bonté d'une belle âme guidée par une raison saine; rien ne ma » rendu le courage comme ces deux lettres. Grâces très humbles et très » tendres vous en soient rendues. » — Dans le corps même de la lettre, il n'est question que du procès de Pontarlier; le dernier paragraphe nous conduit au séjour projeté de Mirabeau en Provence : « J'espère, mon cher » oncle, que vous ne me croyez pas assez fol pour désirer autre chose en » Provence que de vous voir daigner prendre ]e timon de mes affaires, que » l'honneur de vous y faire compagnie et d'aller vous tirer des perdrix aux u heures où vous ne voudrez pas de moi. »
(3) M., ibid.
(4) Correspondance générale, t. X : le bailli au marquis, 8 juillet 1782, p. 328.