‹ MirabeauChapitre 10 sur 104 · AL RE · texte numérisé non relu

AL RE

| LES ANNÈES

port

et du

noble ».. La conquête était complète.

Ce jeune homme de vingt-deux ans l’étonne par le monde « de pensées et d'idées, plusieurs très neuves, dont sa tête est le moulin ». Il lui trouve, avec des défauts d’exubérance et de présomption que son âge excuse, le cœur droit et sensible, l'âme élevée, et, vraiment « un

‘ pourra devenir « le plus grand sujet de l'Europe pour é être général de terre ou de mer, ou ministre, ou chance-

Me lier, ou pape, tout ce qu'il voudra ».

D: Au fait, il peut ce qu’il veut. Il étudie la terre de Mirabeau, dresse des plans contre les inondations et les ravages de la Durance, chasse avec les domestiques, qui le chérissent : il travaille et prend des notes dans les champs, au milieu des paysans, dont il est adoré. II charme et il conquiert tous ceux qui le voient. L’abbé Castagny, agriculteur distingué, ancien homme d’affaires du marquis, subit son ascendant et n’éprouve pas de

joie plus grande que celle de recueillir les témoignages favorables des officiers de la légion de Lorraine casernés au Pont-Saint-Esprit. Ces éloges, transmis par le bailli à son frère avec un enthousiasme et une sollicitude qui ne

marquis. Il les met au compte de la « dorure du bec » de son fiis, de sa présomption, de ce qu’il appelle son imperturbable audace. Il veut, lui, aller plus lentement en besogne. Il ne faut pas que le « romanesque vaurien », ! qui a monté la tête à son oncle, « marche sitôt sur sa longe ». Qu'il lise les Économiques, et les deux premières

l'esprit et la lettre des constitutions anciennes, et le Catéchisme économique, et l’Avis de l'éditeur, qui est à la tête du Précis des élémens, l'ouvrage le plus travaillé que son père ait fait, quoique bien maladel De ce jeune homme, fougueux et ardent, qui veut être soldat, ou plutôt marin, parce que ce dernier métier met en Evidence les talents de chacun, il s’obstine à faire un « rural ».

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