‹ MirabeauChapitre 14 sur 104 · RUN CLES. ANNÉES DE JEUNESSE · texte numérisé non relu

RUN CLES. ANNÉES DE JEUNESSE

cards, des VALE les plus calomnieux, se trouva par hasard, le 5 août, en présence de Mirabeau, qu’accompagnaient sa sœur, habillée en homme, et l’inévitable Briançon. Les explications furent brèves. Mirabeau, qu'un dîner copieux surexcitait pour le moins autant que l’honneur de sa sœur, arracha à M. de Villeneuve son parasol, et le lui brisa violemment sur le dos. Puis les deux hommes se colletèrent. Mirabeau a écrit que « cette aventure ne pouvait que lui attirer l'estime et l'intérêt des honnêtes gens ». C’est excessif. M. de Villeneuve avait cinquante ans, lui, vingt-cinq. Vraiment, même en admettant le procédé, la partie n'était pas égale. M. de Villeneuve, désavoué par ses parents, dont l’honneur envisageait d’ autres suites pour une affaire de cet ordre, porta « plainte en assassinat ». Une ordonnance, du 22 août, décréta Mirabeau de prise au corps” pour être conduit | dans la prison de Grasse. Il s'était déjà réfugié à Manosque, comprenant que la colère de son père, à la suite de cette algarade, pouvait entraîner pour lui les plus graves conséquences. Comment parer à ce danger? Il songea à sa femme. Mme de Mirabeau entretenait avec son beau-père des relations affectueuses et, parfois à l’insu de son mari, une correspondance assez suivie. Trois mois . avant l'affaire Villeneuve, le marquis lui avait écrit : « Ma chère et très chère fille, vous gaghez chaque jour dans mon estime raisonnée, indépendamment de l'attrait et de la tendresse paternelle que j'eus toujours pour vous depuis vos premières lettres. Les dernières phrases de celles-ci sont telles par la décence et la justesse des expressions, ajoutées à la sagesse des pensées, qu il est impossible à aucun âge de dire rien de mieux, et je m'y connais. Oui, ma fille, vous serez le digne point d’appuil et de réunion de deux très honnêtes maisons, et le soutien de leurs rejetons; vous remplirez le vide nécessaire qui se trouve entre le grand-père et les petits-enfants, et vous le remplirez dignement, et il ne tiendra pas à moi que mon âme et mon esprit tout entier ne passent avec mon expérience pour enrichir votre excellent naturel... Celui-

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