‹ MirabeauChapitre 32 sur 104 · FES · texte numérisé non relu

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Le jour même de l’arrêt, Mirabeau provoqua en duel le comte de Gallifet, qu’il accusait d’avoir pris avec trop de chaleur les intérêts de sa femme, et qu’il blessa légèrement au bras. Son père, avant l'arrêt, avait écrit : « Il est de fait qu’il a reviré tous les hommes, et que la généralité du public est maintenant pour lui. C’est la version générale ici; c’est ce que disent les lettres sur les lieux, et de Grenoble, ct d'Avignon. Ce qu'il y a de particulier, c’est qu'on me le mande d'Italie. Que de gloire pour le petitfils de nos pères! » A cette gloire, sur laquelle s’exerçait son ironie, il eût préféré le gain du procès. Déçu et irrité, voyant par ce dernier coup du destin toutes ses espérances s’évanouir, il refusa de recevoir son fils et restitua au ministre l’ordre du roi qui l’avait mis à sa disposition. « Ses voies ne sont pas les miennes, déclarait-il; ma tâche est faite et remplie. C’est à lui à prendre désormais les partis qu'il jugera lui être les plus avantageux. Je ne peux plus le servir, ni le guider, ni en répondre. » Ainsi rendu à lui-même, Mirabeau profita de sa liberté pour oublier le bailli, ce qui était d’une bien vilaine ingratitude, et pour soutenir un recours en cassation, qui fut rejeté. Il avait rédigé à l’appui de sa requête un mémoire dont la publication fut interdite, en février 1784, par le garde des sceaux, M. de Miromesnil. Il eut avec celui-ci une conversation, plutôt animée et vive, qu’il fit imprimer à Maëstricht

en tête du mémoire. Le ministre s’en vengea en laissant

circuler le factum.

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