‹ MirabeauChapitre 40 sur 104 · M TT EN { ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

M TT EN { ALLEMAGNE

Mais rl de ce génie unique, il y a place pour le

MIRABEAU cour, comment s'étonner, et surtout comment s'indigner qu'une chronique secrète surveilleet mesure les degrés de la passion royale? Seulement Mirabeau, cédant trop à son oût naturel, appuie, insiste et abuse. Le tact n’est pas sa qualité dominante. Il en marque, et à l'égard des autres, et pour lui-même. Ne s’avise-t-il pas, le jour même de l'avènement au trône de Frédéric-Guillaume II, le 17 août 1786, de lui envoyer une longue lettre où il lui prodigue ses conseils? Ce n’est pas qu’il n’y ait dans le plan de réformes qu’il expose d'excellentes choses, et sur l’organisation militaire, et sur la justice gratuite, et sur l'instruction, et sur la liberté de la presse, et sur les impôts, et sur le commerce, et sur les travaux publics. Mais il n’appartenait pas à un étranger de les dire. Et il n’est pas surprenant que M. d’Esterno, sur la demande expresse du prince Henri lui-même, se soit plaint au gouvernement français de la « présomption » qui avait inspiré à Mirabeau « des choses très déplacées et très

désobligeantes ».

D'ailleurs ce travail était-il bien de lui? On l'a accusé d'en avoir emprunté les éléments essentiels à un mémoire du ministre Hertzberg. Avec ce plagiaire incorrigible, la chose n’a rien d’invraisemblable.

Son Essai sur Moses Mendelssohn et sur la réforme politique des Juifs, paru à peu près vers la même époque, répond bien, par sa largeur d'esprit, au but qu’il pour-

suivait de « donner du courage à la raison et de l'énergie

à l’amour-propre » d’un grand prince. Mais comment déterminer la part de rédaction propre à Mirabeau dans un mémoire qui eut pour collaborateurs avoués « le bon et estimable Dohm », le major Mauvillon et deux Anglais dont il lui « suffit presque d’être le traducteur »?

On peut lui attribuer avec plus de justice un acte qui honore vraiment son séjour à Berlin, le retour en France de l'illustre géomètre Lagrange. Il en prit l'initiative dans une dépêche où il fait ressortir les mérites et la modestie du grand savant en des termes d’une réelle élévation. La rentrée de Lagrange précéda de fort peu de

au

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