D 07 À VEN ALLEMAGNE
temps la sienne. Fatigué d’un métier de « bas officier en diplomatie », qui ne lui rapporte ni honneur ni argent, ni profits immédiats ni espérances, dégoûté de servir un &ouvernement qui ne paraît pas reconnaître son zèle et apprécier sa valeur, il somme Talleyrand, le 7 novembre, l'après des sollicitations répétées et vaines, de le renseigner Sur ce qu'on entend définitivement faire de lui : « En un , mot, dit-il, je vaux mieux que la plupart des ministres par la naissance, et pour ce qui est de la capacité, jugez-en vous-même, Car pour moi j'aurais honte; je ne vois pas qu'il doive être difficile de me placer; qu’ils disent donc leur mot, car le mien est prononcé sans retour. » Le mot des ministres n’est pas dit tout de suite. Talleyrand, en leur nom, assure Mirabeau qu’ « on est parfaitement content de sa correspondance, et que le roi la lit avec beaucoup d’intérêt ». Mais un éloge ne suffit plus à contenter Mirabeau. Il estime que l’heure est venue de le payer d'une monnaie plus positive. Quand Talleyrand lui annonce la décision prise par Calonne de réunir ies Notables, il estime l'occasion venue de concilier ses intérêts avec ceux de la nation : « Mon cœur n’est pas vieilli, et si mon enthousiasme est amorti, il n’est pas éteint. Je l’ai bien éprouvé aujourd’hui; je regarde comme l’un des plus beaux jours de ma vie celui où vous m’apprenez la convocation des Notables, qui sans doute précédera de peu celle de l’Assemblée Nationale. J'y vois an nouvel ordre de choses qui peut régénérer la monarchie. » Il ne veut « récalcitrer à aucune espèce d'occupation utile ». Secrétaire des Notables, ou chargé d une mission secrète en Hollande, il lui importe peu, pourvu qu on l'emploie. Mais l’emploiera-t-on ?