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parallèle! » A cette adjuration pressante Mirabeau ajoute une prophétie terrible : « Je demande si fon a bien calculé les convulsions de la faim, le génie du désespoir? Je demande qui osera répondre des suites pour la sûreté personnelle de tout ce qui entoure le trône, et du roi même? » Il supplie le ministre de prendre un parti dans sa conscience et dans sa sagesse, de parler, de tout dire, et, s’il n’est pas compris, de se retirer pour ne pas mériter le reproche « d’avoir assisté à la délibération qui décrétait la honte de la France. Il est des moments où le courage est prudence, où les ménagements sont crime, où le silence est déshonneur! »
La convocation des États Généraux apparaissait ainsi à Mirabeau comme le seul moyen de rendre la paix aux esprits déçus et irrités. Ces seuls mots, Les Ætats Généraux en 1789, devaient, selon lui, ramener la confiance et le crédit dans un pays dont il savait les immenses ressources et la vitalité profonde. Déjà, au mois d'avril, répondant à un appel des patriotes hollandais, il avait proclamé que « les premiers moments de la convalescence de la France vaudraient bien la santé de ses voisins >». Au même moment, trois jours après avoir écrit à M. de Montmorin, il dissipait les préventions de son ami Mauvillon : « La France, disait-il, n’a jamais été plus forte et mieux portante intrinsèquement parlant; elle n'a jamais été plus près de développer toute sa stature. Il n’y a de maux ici que ce très passager inconvénient d’une administration peu systématique et la peur ridicule de recourir à la nation pour constituer la nation. »
Cette peur, les ministres l’éprouvaient, et M. de Montmorin restait insensible aux appels de Mirabeau. Il devait encore s'écouler sept mois, faits d'essais avortés, de violences et de troubles, avant que Loménie de Brienne se décidât, sous la pression des événements de Bretagne et du Dauphiné, et sous les menaces du Grand conseil luimême, à convoquer, le 12 août 1788, les États Généraux pour 1780.
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Sous le titre d'Analyse des papiers anglais, Mirabeau fonda, avec Clavière et Brissot, en novembre 1787, un journal consacré principalement à la politique extérieure, mais où les problèmes constitutionnels et les événements de la politique intérieure trouvaient aussi leur place. Cette publication lui fut l’occasion d'affirmer envers le Gouvernement son indépendance avec une fierté dont on regrette de ne pouvoir admirer plus fréquemment les accents. M. de Montmorin avait désapprouvé une polémique engagée par l'Analyse avec Mallet du Pan, qui rédigeait le Mercure de France : « Permettez, monsieur le comte, que, fidèle à mon engagement de ne pas donner le moindre ombrage au gouvernement, de servir ses vues quand elles seront conformes à mes principes, de m'abstenir quand il me sera impossible d'approuver ses opérations, je persévère dans ma manière et mon plan, et ne tienne pas plus compte des clameurs de Mallet et de Panckoucke que du bourdonnement des insectes qui voltigent autour de moi. »
Mirabeau continuait à préconiser la convocation, « toujours plus nécessaire, plus pressée et plus infaillible », des États Généraux, auxquels il est remarquable qu’il donnait déjà, en avril 1788, le nom d'Assemblée nationale.
Ce fut à cette époque que Lamoignon et M. de Montmorin le sollicitèrent de publier une brochure contre les Parlements, dont l'hostilité se faisait de plus en plus redoutable. Il refusa d’abord de se prêter à cette besogne. La lettre qu’il écrivit à M. de Montmorin, le 18 avril, pour expliquer les raisons de son refus, ne fait pas moins d'honneur à son courage qu’à sa clairvoyance. Son attitude se résume dans une phrase : « Je ne ferai jamais la guerre aux Parlements qu’en présence de la nation. Quand la nation, réunie et constituée, se sera donné une constitution, il sera temps de rendre les Parlements à leur rôle judiciaire, de leur enlever les droits qu’ils ont usurpés, de ruiner leurs intrigues et de faire cesser leurs folles provocations. En attendant, il faut maintenir les seuls corps qui aient conservé les moyens de composer
LES APPROCHES DE LA RÉVOLUTION