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lui avait donné un rendez-vous postérieur à la fatale échéance. De cette échéance, Mirabeau n'avait pas voulu lui parler, « par une délicatesse placée ou déplacée ». Et c'était le duc de Lauzun qu'il chargeait une fois encore de faire la démarche. Il faut citer : « Rendez-moi ce service signalé, disait Mirabeau à Lauzun. Si aux 4800 francs du fief, on ajoutait 100 ou 150 louis (au moins, monsieur le duc) soit pour me transporter dans les provinces où se brassera mon élection, soit pour égayer les électeurs, on mettrait le comble au service. J'ai parlé de 2 ou 3000 écus. Osez davantage, si vous le croyez possible, monsieur le duc : je vous avoue que
500 louis me feraient un grand plaisir; mais 4 800 francs
pour le 20, voilà ce qui m’est profondément capital. » A quoi aboutit le {répan (le mot est de Mirabeau lui-même) ainsi entrepris sur M. de Montmorin? Il ne semble
- pas que le ministre ait répondu à ces espérances, puisque,
le 17 décembre, Mirabeau écrivait : « S'il fait enfin un
- effort, qu'il soit décisif et non avorté », et que, le 23, il
mettait encore en mouvement le zèle et l’amjtié du duc de Lauzun : « Si M. de Montmorin savait la’ moitié des peines auxquelles il m’a condamné, il obtiendrait de son bon, ami Necker que quelque parcelle du Trésor royal tombât aux Affaires étrangères, et ce que la régence d'Angleterre donnée à Fox et la mort du roi d’Espagne et l’invasion de la Pologne, n’obtiennent pas de cette grande tête, une considération privée le ferait. Par quelle fatalité, nous qui valons mieux qu'eux, manquons-nous de la seule puissance décisive en ce moment, celle de l'argent? Ah! monsieur le duc, soyons aux États Généraux à tout prix, nous les mènerons, et nous ferons une grande chose, et nous aurons des grandes jouissances qui vaudront mieux que les hochets de cour! »
Hélas! c'est bien « à tout prix » que Mirabeau voulait être aux États Généraux. J'ai eu sous les yeux les origi= naux de ces lettres qui accusent une autre détresse que celle de la situation matérielle. L'écriture en est nette,