LES APPR
ouverte contre l’auteur, l'éditeur et l’imprimeur. L'impri-
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OCHES DE LA RÉVOLUTION
meur reçut une réprimande. Quant à l’auteur, il ne fut ni recherché ni inquiété. La voix publique et les circonstances de la publication désignaient Mirabeau. Occupé de sa campagne de Provence, surpris par un folle auquel il ne s'attendait pas et par une indignation dont la sévérité, qui contrastait avec les mœurs de l’époque, était du moins faite pour l’étonner, il plaisanta, ergota et nia dans une série de lettres, privées ou publiques, qui ne trompèrent personne. À vrai dire, il laissait passer l'orage, persuadé que « le mot toujours ou jamais est bien hasardé avec tout public, et surtout avec le public français ». Au lendemain de son élection triomphale, se croyant intangible, il ie prendra de plus haut. Mais la gravité de l’indiscrétion et l'audace de ses dénégations mensongères avaient porté à son crédit une réelle atteinte.
C'était déjà beaucoup que d’avoir publié les Lettres à Cerutti, dans lesquelles Mirabeau renouvelait et aggravait ses violentes attaques contre Necker, au même moment où il sollicitait les secours pécuniaires du gouvernement dont Necker était le chef : il disposait ainsi d’une correspondance privée, dont les réponses du moins ne lui appartenaient pas. Mais la correspondance de Berlin avait un tout autre caractère. D'origine et d’essence diplomatique, mettant en cause des souverains et des princes, des ministres et des ambassadeurs, elle était la propriété exclusive du gouvernement, qui l’avait reçue, déchiffrée et payée. Sa publication risquait d’entraîner les complications les plus graves et d'engager des responsabilités dont Mirabeau pouvait mieux que tout autre mesurer l'étendue. On l’a accusé d'en avoir touché le prix de M. de Montmorin, sous la double promesse de ne pas la publier et de ne pas se présenter aux États Généraux. Ses lettres au duc de Lauzun et les lettres de M. de Montmorin suffisent à démontrer l’inexactitude de cette affirmation. La vérité, c’est qu'ayant «un commérage de billets » avec le ménage Lejay, il avait un pressant besoin d'argent. Quand il sollicitait le duc de Lauzun
gnerez-vous, si vous réussissez, faire tenir cette somm aux Lejay qui ont mes ordres pour l'emploi? > C'était | presque un aveu. D'un autre côté, des 1essources lui étaient nécessaires pour « brasser son élection et égayer ses électeurs ». Il lui fallait une assez forte somme. L'Histoire secrète la lui fournit. En le quittant, Mme de
= Nehra lui avait dit une parole terriblement prophétique :
ni jo êtes en d’exécrables mains! >
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