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convaincu qu’il y a une différence énorme entre voyager sur la mappemonde ou en réalité sur la terre. Le meilleur moyen de faire avorter la Révolution, c’est de trop demander. » Tout l’homme est dans ces contrastes, mais ces contrastes sont moins des contradictions que les aspects différents d’une même politique.
. Dès ce moment, les lignes générales en sont dessinées dans l'esprit de Mirabeau. Il sait où il veut aller, jusqu'où il veut aller, comment il y veut aller. Dans la révolution qui se développe, il trouve l'accord inespéré de ses idées et de ses intérêts. La vie a jusqu'ici fait de lui une sorte d’aventurier, qui a gaspillé dans de vaines tentatives les ressources de son esprit et l'énergie de son caractère. Il rêve de devenir un homme d’État et de donner la vraie mesure d'un génie qui le rend supérieur aux autres. « Le temps est venu, dit-il, où il faut estimer les hommes d’après ce qu'ils portent dans ce petit espace, sous le front, entre les deux sourcils. » Dévoué aux intérêts du peuple, « qui est tout », et auquel il a lié son sort, il ne conçoit que dans la monarchie, libérée et libérale, la protection de ses droits
te et la garantie de sa souveraineté. Est-il surprenant que,
royaliste convaincu, il tourne ses regards du côté du roi, qu'il veut arracher à des influences fatales et dont il sent,
plus que tout autre, le besoin de gagner la confiance?
& Le vaisseau de l’État, dit-il, est battu par la plus violente tempête, et il n’y a personne à la barre. » Cette barre, il est de force à la prendre, mais, s’il est trop tôt pour faire de lui un pilote, ne peut-il pas du moins être une vigie? Il
__ dit au comte de La Marck : « Faites donc qu'au château
on me sache plus disposé pour eux que contre eux ». Ce langage est de la fin de juillet. Il vient à la suite de quelques-unes des paroles les plus hardies auxquelles . Mirabeau se soit abandonné. Est-ce duplicité de sa part? Nullement. Tout au plus est-ce tactique. Entre le peuple et la royauté, dont le double concours jui est également indispensable, il tient la balance égale, ne pouvant pour atteindre son but sacrifier ni les droits de l’une ni ceux de l'autre. Ses convictions et ses desseins lui imposent la