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Re r nl : A À OA qu'a 4 KA ; ee __ © LES PREMIÈRES SÉANCES principes. Mais elle constatait que les maximes détachées
dont se composait ce projet devraient « pour avoir toute leur force s’enchaïîner et se développer comme les résultats
d’une seule vérité ». Dans son Adresse aux Bataves, :
Mirabeau avait précisément essayé d’enchaîner et de développer ces principes. Il avait conclu par un tableau des droits qui appartiennent à « tous les hommes, tels que sans eux il est impossible à l'espèce humaine, sous aucun climat, de conserver sa dignité, de se,perfectionner, de jouir tranquillement des faveurs de la nature ». Ces droits, il les proclamait « antérieurs et supérieurs à toutes conventions, inaliénables et imprescriptibles », et, déclarant absurde de les subordonner à des titres écrits, il y voyait « la base commune et éternelle de toute association politique ».
L'état d'esprit que révèlent ces affirmations si catégoriques dominait dans l’Assemblée constituante. Tous y sentaient le besoin, fortement exprimé par Mounier, de substituer à l’ « autorité éparse, douteuse et flottante > de l’ancienne constitution française un régime nouveau qui distribuât les pouvoirs et réglât les droits. Un comité de cinq membres avait été nommé pour rédiger une Déclaration. Mirabeau en faisait partie. Il fut désigné comme rapporteur. Ses travaux antérieurs et ses opinions qui l’avaient préparé à cette tâche le mettaient en garde contre ses difficultés. « Nous ne sommes point, disait-il un peu plus tard, à l’occasion d’un autre débat, mais en rappelant celui auquel la Déclaration avait donné naissance, nous ne sommes point des sauvages arrivant des bords de l’Orénoque pour former une société. Nous sommes une nation vieille, et sans doute trop vieille pour notre époque. Nous avons un gouvernement préexistant, un roi préexistant, des préjugés préexistants. Il faut, autant qu'il est possible, assortir toutes ces choses à la Révolution, et sauver la soudaineté du passage. »
Cette réserve, si profondément vraie au point de vue constitutionnel, n’avait pas la même force au regard des droits « naturels, inaliénables et imprescriptibles », dont
MIRABEAU. 1e