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MIRABEAUS 04 0: Ai
jour ses relations avec le duc d'Orléans. Je tiens donc pour définitivement jugé, et sans qu'il soit nécessaire d'entrer dans des détails rétrospectifs, le procès ouvert par Mounier qui avait fui, après le 6 octobre, devant la Révolution dont il avait été l’un des courageux promoteurs.
Mais il ne suffit pas de dire que Mirabeau ne prit aucune part, ni directe, ni indirecte, aux journées des 5 et 6 octobre. Il faut ajouter qu'il n’eut jamais partie liée, et moins encore partie soldée, avec le duc d'Orléans. La médiocrité de ce prince, sa timidité et son indécision ne lui inspiraient aucune confiance. Ses propres desseins étaient trop vastes, trop réfléchis et trop graves pour qu'il associât à leur exécution un caractère aussi irrésolu. S'il avait pensé un moment (et c’est plus que douteux) à lui faire attribuer la lieutenance générale du royaume, ce moment fut de la plus courte durée. Est-ce à un tel homme qu’il aurait demandé de l'argent? Est-ce même d’un tel homme qu'il en aurait reçu? M. de La Marck a tenu à détruire, par un simple fait, cette imputation dont la prudence de Mirabeau aurait suffi, à défaut même de sa délicatesse, à faire justice : «On a reproché à Mirabeau d’avoir puisé dans les caisses du duc d'Orléans, et c’est. au moment même où ces trésors devaient lui être prodigués qu’il se présentait à moi, d’un air timide et embarrassé, et me demandait de lui prêter quelques louis ». Le même témoin ajoute que, quelques jours
avant les événements d'octobre, recevant à sa table le
duc d'Orléans et Mirabeau, il constata clairement entre eux « une réserve qui excluait toute supposition d’une intelligence secrète ». Complètement libre de ce côté, Mirabeau regardait, agissait et espérait ailleurs. Ce sont ses relâtions, soit avec le comte de Provence, soit avec La Fayette, en vue d’un ministère, qui marquent la seconde période de sa carrière à l’Assemblée nationale. Sous ce rôle nouveau, l’orateur se prolonge et se transie sans se démentir : il aspire à devenir un homme d'Etat.