‹ MirabeauChapitre 70 sur 104 · LES · texte numérisé non relu

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Æ ie DÉCEPTIONS pensait pas. Le paiement des intérêts de la dette et la reconstitution de l’armée étaient, à ses yeux, les deux

besoins indispensables dont la satisfaction ramènerait la

sécurité et la confiance. Il se prononçait en faveur d’un changement dans le système fiscal. Devançant l’œuvre de la Constituante, il voulait que l’Assemblée, « pour mettre fin à la barbarie des perceptions et des contributions contradictoires », fixât exclusivement la nature et la quotité de l’impôt, dont la répartition serait laissée aux départements et aux districts. II réclamait pour l’industrie et pour le commerce le régime de la liberté. Enfin il reconnaissait que « rien ne prendra de véritables racines que par un bon système d'éducation publique », et il se préoccupait, suivant son expression’ pittoresque, de « planter des hommes nouveaux ».

Les finances, l’armée, l’industrie et le commerce, l’ins-

truction publique, tels étaient donc les problèmes auxquels, dans les débuts de 1790, s’appliquaient les préoccupations de Mirabeau. Ils ne l’absorbaient pourtant pas. Eñût-il été un homme d’État complet s'il n’avait pas eu le souci de la situation extérieure de la France, de sa grandeur et de son influence au dehors? Il pensait «aux bords du Rhin »: le mot est dans une lettre à Mauvillon.

Sans une méthode, la réalisation d’un tel programme était impossible. Mirabeau en avait une : « Il faut administrer, disait-il; il faut que nous ne soyons pas obligés de faire, outre les lois générales, les lois de détail, auxquelles ‘nous n’entendons rien et ne devons rien entendre. Il faut que le gouvernement soit professeur et non disciple, chef et non esclave ». | |

Quand on résume ces projets et ces idées, quand on mesure l'étendue, la clarté et le sens pratique de cette vaste intelligence, quand on sent un génie de cette ampleur prêt à traduire sa force en action, il est impossible de ne pas voir dans le fatal décret du 7 novembre l’une des fautes les plus déplorables de l’Assemblée constituante. Ce jour-là, les rancunes des partis, les jalousies, les ambitions déçues et le plus funeste des

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