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‘ certitude one He la Dale la a Léhe Pere d’une fausse politique, et l’obscurité qui couvre toujours une partie de l'avenir ».
Aussi les comités réunis, militaire, diplomatique et des recherches, se sont-ils mis d'accord pour proposer un ensemble de mesures propres à « rassurer les citoyens par la prévoyance de la loi > et à éloigner de la nation les périls qui la guettent. « Notre politique est franche, dit Mirabeau, et nous nous en faisons gloire; mais tant que la conduite des autres gouvernements sera environnée de nuages, qui pourra nous blâmer de prendre des précautions capables de maintenir la paix? » La formule n’a pas vieilli. Elle a servi de thème, depuis plus d’un siècle,
. et sous tous les régimes, aux ministres des Affaires étran-
gères. Mirabeau, le 12 octobre 1780, inscrivait pour les Affaires extérieures le nom de Talleyrand sur sa liste ministérielle. On ne saurait dire que le choix manquât de prévoyance. Mais ses propres rapports suffisent à
prouver avec quelle hauteur de vues, quelle compétence
et quelle habileté il se serait acquitté lui-même de ces délicates fonctions. Son instinct, ou plutôt la connaissance
qu'il avait de ses qualités, ne le trompait pas lorsque,
dès 1782, il se déclarait apte à la carrière diplomatique. Peut-être son goût de l'intrigue l’avait-il entraîné parfois dans des négociations aventureuses, mais le respect
des traditions nationales et l'application des principes
révolutionnaires se combinaient dans son esprit avec une force aisée et une ferme souplesse qui, vraiment, ne permettent de lui comparer, à cette époque, aucun homme politique de son pays.
Au surplus n'était-il pas propre à tous les emplois dans lesquels s'exerce l’activité gouvernementale? Dès le lendemain du jour où il lisait, au nom du comité diplomatique, le rapport concernant les affaires d'Espagne, il prononçÇait, le 27 août, sur la liquidation de la dette publique un discours, qu’il rééditait et développait sous forme de réplique dans la séance du 27 septembre. Ces deux discours sont pour la plus grande partie, de son collabo-
RELATIONS AVEC LA COUR rateur, le genevois Reybaz. La preuve en a été faite . d’après des documents qui ne laissent aucun doute. Mais, selon son habitude, Mirabeau en a inspiré l'esprit politique. Sa thèse varia avec les circonstances. Quelques efforts qu’il ait tentés, même à l’aide de textes insuffisamment cités, pour établir sa continuité de vues dans la question des assignats, il a dû avouer, sinon une contradiction, du moins les inquiétudes d’un doute initial qui ressemblait fort à une hostilité. Quand on relit, à distance, ces froides dissertations financières, dans lesquelles n’a pas passé la flamme du discours sur la banqueéroute, on ne peut faire comprendre le succès qu’elles obtinrent qu'en l’expliquant par les intérêts politiques qu'elles servaient. On a accusé Mirabeau de duplicité parce qu'il atténuait, dans ses notes à la cour, la confiance plus absolue que ses discours exprimaient devant l'Assemblée sur les opérations projetées. L'examen impartial des textes ne me permet pas de m'associer à ce jugement sévère. À la tribune, il conviait ses collègues à faire, pour la chose publique, « ce qui se présentait de mieux. Nous agissons comme ces médecins habiles qui, en ayant égard à toutes les indications de la maladie, pourvoient néanmoins au mal le plus instant ». Était-ce beaucoup s'éloigner de ce langage que de dire à Ja cour : « Peut-on répondre du succès des assignats ? Je réponds hardiment que non. On ne peut répondre de rien, dans un royaume comme la France, et surtout dans des circonstances où tant de passions diverses et tant de préjugés se livrent de perpétuels combats. »
Ses notes et ses discours affirmaient donc avec la même force, non l'efficacité garantie du remède, mais l’impossibilité de faire face, sans les assignats, aux obligations de la dette et d'éviter la banqueroute.
En disant, dès la réunion des États Généraux, que « le déficit était le trésor de la nation », Mirabeau avait prononcé une parole décisive. Elle définissait et revendiquait les droits que la situation financière permettrait à la nation d'exercer sur la royauté. Les assignats lui
apparaissaient maintenant comme « le sceau Me É Révo-
lution », comme un moyen de multiplier ses défenseurs, et de transformer en amis de la Constitution ces hommes
froids qui, « n’apercevant dans les révolutions des gouver-
nements que des révolutions de fortune », seraient inté-
ressés à défendre des opérations dont ils seraient les
créanciers et les bénéficiaires.
À cette vue politique, qu’il ne faut pas condamner sur
des exagérations postérieures dont Mirabeau n’est pas
responsahle, s’associait en lui le désir de renverser Necker dont le départ eût servi à la fois ses rancunes et ses ambitions. Depuis le jour où, dans un violent accès de colère, il disait à Cerutti : « Je chasserai votre idole à la face de la nation. je veux qu’un jour sa réputation soit au-dessous de Calonne, et sa fortune plus bas que celle de Panchaud.… », il n'avait pas cessé de le poursuivre de ses sarcasmes, de ses contradictions et de ses attaques. L'heure de la chute était enfin arrivée. Necker, que le premier discours de Mirabeau sur les assignats
avait fortement ébranlé, n’attendit pas d’être congédié
pour se retirer. Le 4 septembre, il annonça sa démission. Mirabeau crut de nouveau son moment venu. Sa vingtsixième note à la cour, datée du 12 septembre, insistait de nouveau sur la nécessité d'assurer l'unité d'action dans l'autorité en faisant rapporter le décret qui ne permettait
pas de prendre un ministère dans le sein de l’Assemblée
nationale : « La présence seule des ministres, disait-il, peut
. y servir d’intermédiaire et de lien entre des pouvoirs qu’il est plus facile de séparer dans la théorie que dans la pra-
tique. » En faveur de cette thèse, conforme à la justice, à l'intérêt public et aux véritables principes, il préconisait
une tactique dont il voulait laisser au roi l'initiative, pour
lui donner le profit moral et politique du succès. Le roi
‘ écoutait, approuvait et promettait, mais il n’agissait pas.
et l’opiniâtreté de Mirabeau, même secondée par le concours de M. de La Marck, ne triomphait pas de cette incurable faiblesse. Mirabeau ne réussissait pas davantage à écarter l'influence de La Fayette, contre lequel, dans ses
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