‹ MirabeauChapitre 83 sur 104 · APT PP · texte numérisé non relu

APT PP

ap io Eee RENTE UN o e de/a Constitution din Deus IoUES et aux bite

de la nation, qui veut la royauté héréditaire avec un corps représentatif permanent. Ces bases sont essentielles et indestructibles. Mais des circonstances particulières ont imposé à l’Assemblée la déviation des principes qu'elle avait sagement posés. Elle a abouti ainsi à un mélange assez confus de démocratie, d’aristocratie et de monarchie. Par crainte de l’opposition des mécontents et de la résistance de la cour, par crainte d’un retour à l’ancien pouvoir, elle a exagéré l'influence du peuple et diminué à l'excès l'autorité du roi. « Elle n’a pas vu qu’elle établissait ainsi une espèce de démocratie sans

détruire le gouvernement monarchique, ou qu'elle rendait la royauté inutile sans établir une démocratie com-

plète. » Elle a affaibli et, presque annihilé le pouvoir ve

exécutif, en enlevant au roi les droits qui doivent lui

appartenir dans la confection de la loi, dans l’administra- 4

tion du royaume et dans l'emploi de la force publique. Elle a multiplié des organismes entre lesquels il n’y a ri

coordination suffisante ni lien de dépendance. Il faut si

donc tendre à une meilleure Constitution, qui mette

chaque pouvoir à sa vraie place et, lui rendant son rôle

propre, lui restitue ses droits et ses moyens d’action.

= Ce programme respecte, sur les points qui sontirréduc- l 1 ; tibles, la volonté de l'opinion. Son application progressive ramènera à la Révolution « ceux qui veulent tout à la fois.

la liberté et le gouvernement monarchique, qui redoutent

également l'anarchie et le despotisme, qui louent l’Assem- et blée nationale d’avoir détruit une foule d'abus et qui la blâment d’avoir désorganisé tout l'empire, retenu tous les

pouvoirs, annihilé l'autorité royale ».

Mais, si sage soit-il, et peut-être même parce qu'il se |

place et prend parti entre des excès opposés, ce programme se heurtera à bien des obstacles. En les énumérant et en disant comment il est possible d’en triompher, Mirabeau indique du même coup certains des moyens d’action qu'il préconise.

On est surpris de la hardiesse avec laquelle, écrivant à

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S US PAS NÉE ML EUR art ot SERIE PAST NE VAE Ka Lee cour, il note, parmi les obstacles qu’il faut surmonter, l'indécision du roi et les préventions dirigées contre la reine. Il compte, pour mettre fin à l’indécision du roi, sur le concert des ministres dans le Conseil et sur l’influence de la reine dans son intérieur. Au fond, il est facile de comprendre que le caractère de Louis XVI lui apparaît comme le danger le plus redoutable et en même temps comme étant celui qui se prête le moins à un remède. Seule, la reine peut, dans une certaine mesure, agir sur lui. Mais aucune barrière n’environne plus le trône et elle-même a besoin de rassurer l'opinion sur ses intentions, que les factieux dénaturent et dont ils se font une arme offensive; une étincelle peut suffire à provoquer l'incendie menaçant. Il faut donc que « la conduite publique de la reine prenne un autre cours; qu’une bien- : faisance éclairée la rende agréable à la multitude autant que ses grâces personnelles lui ont conquis ses entours, que les ministres l’associent à ce qu’ils feront dans le sens . de la Révolution, et l’investissent de toute leur popu- laïté ». | A EN LAS | ct Sur la « démagogie frénétique » de Paris, qu’on ne peut songer à modifier, mais dont il faut se servir pour détacher les provinces de la capitale, sur les dangers de la garde nationale, sur l’irritabilité de l’Assemblée, trop nombreuse et qui est devenue comme une sorte de théâtre, sur les différentes classes de mécontents, Mirabeau a des vues larges, qui s'expriment en traits lumineux ou en formules pittoresques. L'ensemble est un tableau, poussé au . noir, très vivant et dont certaines parties sont terriblement prophétiqués. AR AE STE ENS Les obstacles étant ou écartés, ou atténués, ou reconnus plus propres à être tournés qu’à être franchis, comment obtenir la « réformation » de la Constitution? Mirabeau répudie tout acte de législation émané exclusivement du roi. Cette initiative aliénerait sans retour l'esprit k des peuples et serait un signal irrévocable de guerre ma civile : « Rien n’est à faire, rien n’est à tenter, si l’on n'est | pas convaincu de cette vérité. »

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