‹ MirabeauChapitre 85 sur 104 · LAB · texte numérisé non relu

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FSU | RELATIONS AVEC LA COUR

bte par la AR de Talon, qui créa, pour. quelque temps, autour de la cour, une atmosphère moins passionnément hostile. Le reste fonctionna mal, ou ne fut même pas essayé. Le comte de Mercy aperçut, du premier coup, le vice du plan qui avait trop tôt enthousiasmé la reine. Il en reconnaissait la valeur théorique; mais les difficultés pratiques lui paraissaient insurmontables, « parce qu'il exige, écrivait-il, des coopérateurs qui répondent à la force de celui qui a dicté leur marche ». C'était bien là - l'objection décisive. M. de La Marck partageait ce senti- . ment. Lui aussi avait été frappé de « l’habileté et de la profondeur » des projets de Mirabeau, mais il ajoutait : « On dirait que ce plan a été fait pour d’autres temps et pour d’autres hommes. Le cardinal de Retz, par exemple, l’aurait très bien fait exécuter; mais nous ne sommes plus au temps de la Fronde. » M. Albert Sorel, en citant cette appréciation caractéristique, dit que « Mirabeau ne regardait point en arrière, il regardait en avant. Lorsqu'il semblait réunir, dans une sorte de résurrection terrifiante, Machiavel, le Père Joseph et Richelieu, il prédisait tout simplement le consulat de Bonaparte et le ministère de Fouché. >» Or, Louis XVI n'était pas. . Bonaparte, et M. de Montmorin n'était pas Fouché. Quand on parlait au roi de ses affaires et de sa position, « il semblait qu’on lui parlât de choses relatives à l'empereur de la Chine ». La réflexion est de M. de Montmorin. Quelle force de caractère n’aurait-il pas fallu à ce ministre pour secouer une telle passivité! Tout au contraire, il était lui-même timoré, indécis, sans volonté et sans méthode. Commént Mirabeau pouvait-il espérer aboutir avec de semblables auxiliaires? Maître de l'action, dirigeant tout, surveillant tout, il aurait sans . doute réussi partiellement. Mais sa situation inavouée et son pouvoir occulte l’obligeaient à s’en remettre à des intrigants et à des hommes médiocres. « Il nous faut, écrivait-il le 27 décembre, une sorte de pharmacie politique où le chef seul, également muni de simples salutaires et de plantes vénéneuses, dose ses compositions

ces d’un Ce nnée de la part du malade. » Rien ne HU et aveu imagé l'impossibilité d’une entreprise où le génie qui l'avait conçue ne conservait ni la direction ni-l’exécution. Elle était si compliquée et, dans son exécution, si contradictoire et si tortueuse, que … Mirabeau lui-même ne réussit pas à échapper aux pièges run qu'il avait tendus. Il fut la victime de l'étrange « phar- macie politique » qu’il avait composée. Pendant quelque temps son action en fut empoisonnée et annihilée.

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