‹ MirabeauChapitre 93 sur 104 · D'ÉTAT · texte numérisé non relu

D'ÉTAT

jamais lui refuser sans imprudence, il voulait que le

française par des doutes sur ses succès ». Loin d’écarter

historiens. Je n’hésite pas, pour ma part, à croire que

à ses projets un démenti brutal et irréparable. Non que,

de conseiller secret, il n'avait ni la sympathie ni l'estime

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| il‘n'a pas autant de moyens pour faire le bien qu'il en è

avait pour faire le mal... Malgré cela il est intéressant de

me pas l'avoir contre soi. Tout cela n'est utile qu'à ramener un peu d'ordre et de tranquillité et à assurer la. sûreté de la famille royale, mais jamais on ne pourra se

servir d'eux pour autre chose. »

L’aveu, d'autant plus précieux qu’il est plus intime, découvre les intentions de la cour. Marie-Antoinette, peut-être, avait cru, à un certain moment, que Mirabeau pourrait être destiné à un autre rôle. Elle n'était pas à son égard dans le déplorable état d'esprit qu'accuse sa lettre du-26 août 1701 au comte de Mercy-Argenteau :

« Il n’est plus possible d'exister comme cela; il ne s'agit

pour nous que de les endormir et de leur donner confiance en nous, pour les mieux déjouer après. » Elle ne voulait pas « déjouer » Mirabeau. C'est à elle que Mirabeau adressait ses mémoires, c’est d'elle qu’il attendait l’impul-

sion etdes «décisions arrêtées » pour peser sur l'indécision

secours étrangers qui en imposent même à ceux de son.

peuple, auquel le roi ferait appel, « sans mendier des

du roi. Mais elle n’avait ni attention ni application ni

esprit de suite. Quant au roi, il restait l « être inerte »

: dont se plaignait M. de La Marck. Bien loin de témoi-

gner à Mirabeau la « confiance la plus entière », telle qu’il l'avait promise par écrit à La Fayette en avril 1700,

il le considérait comme un subalterne salarié, sur le

compte duquel il s’exprimait avec mépris. C'est ailleurs

qu'il prenait ses inspirations véritables et les conseils qu'il suivait. Il avait fini par être persuadé, comme le

mande Fersen, qu’il ne serait jamais roi « sans des

parti ». À la veille de la mort de Mirabeau, le projet de départ de Paris était arrêté; ce n'était pas celui que Mirabeau avait conseillé. Mirabeau recommandait un départ public, en plein jour, en pleine confiance dans le

secours étrangers ». Mais il ne voulait, «en aucun cas et sous aucun prétexte, être ni confident ni complice d’une évasion ». Si une semblable évasion se réalisait, il avait annoncé sa résolution de « dénoncer lui-même le

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