CHAPITRE IV
Collusion des deux autorités ecclésiastique et civile. La justice, source commune de tous les rapports humains, est le fondement des droits réciproques des peuples et des souverains, quelle que soit Tori-
fine des gouvernements qui sont établis parmi les bmmes.
Mirabeau attaque ici la souveraineté de droit divin :
Toute autorité émane immédiatement de Dieu, dites-vous. Je demande si vous en concluez que l'humanité entière ait été faite pour être le jouet de quelques individus, et que les fantaisies d'un seul honune soient plus sacrées que l'intérêt de tout un peuple ! Direz-vous que oui? Tout peut se dire et s'est dit. Je ne perdrai pas mon temps à m'en irriter. Je pense que vous êtes un monstre. Mais le sentiment n'est pas une démonstration .Je vous prouverai donc seulement que vous êtes un insensé.
« Quand Dieu a créé les hommes, il a voulu qu'ils existassent. » Or, la condition de noire existence, au point de vue moral, c'est la propriété de notre personne, « la loi de propnété, ou. ce qui revient au même, la loi de liberté esi donc une loi divine : les souverains, avant rinauguration desquels il existait apparemment des hommes, les souverains sont donc Institués de Dieu, qui est terrible dessus les rois, pour faire respecter la justice. »
D'ailleurs une loi impérieuse oblige les souverains à être justes, « la voici, cette loi : vous ne régnez sur nous qu'en réunissant nos volontés aux vôtres; mais vous nous ferez difficilement vouloir notre mal évident : pour que vous conserviez votre pouvoir, il'Taut donc que nous soyons intéressés à votre conservation, que nous la croyons utile à la nôtre, votre mtérêt est donc à côté de votre devoir : il faut également pour l'un et pour l'autre que vous soyez juste, »
« L'objet, l'intérêt et la position de tout gouvernement sont donc de maintenir l'harmonie de la société établie sur les relations morales de la justice et sur l'ordre physique qu'aucune puissance humaine ne peut changer, et de protéger tous ceux qui composent cette société. » Devant ces principes certains, que devient le droit divin?