CHAPITRE vu
Retraite du lï), etc.
[In-12, second volume, chapitre 4, page '>'■], h. '2-2. ]
[ In-8vo, page G4, ligue '2. ]
Ils avoient été s/ fruppvs dcH f/raiiil.^ acunt-aifcs remportés par In droite et le centre ries frariçois. — Lo Géuéral Dumouriez ayant oublié de nous indiquer en quoi consistoient ces avantages, il nous est permis de les ignorer.
[In- 12, second volume, chapitre 4, page ;')(), b. 11.]
[ In-8vo, page (iô, ligue 17. ]
Pour conthdre ses colonnes. — Si nous prenions à tâche de relever tontes les contradictions, erreurs et ro-
domoiitades dont ou est mus cesse fatigué dans ces ennuyeux détails de !a bravoui-o et du presti/je de la persQiuii: de Dumouriez, nous fevions un ouvrage aussi dégoûtant pouv le lecteni", que fastidieux pour nous* Nous nous bornerons donc à faire observer que, par les ti'ois ordres donnés immédiateraeiit aprî's la bataille aux tiénéraux Yllier, Miaczinski, RiiatiU et Champmorin, par la réponse des deux doriiievs, et enfin, par l'ordre donné par Dumouriez mémo, le lendemain de l'affaire de Neru'inde, il est constant que les troupes de l'aile gaucho occupèrent, la nuit de la bataille, "tes positions où elles étoieut avant le commencement de l'action ; vérité dont il est facile de se convaincre, on comparant ces ordres avec celui du Général Dumouriez au Général JVIiranda, le 17 Mars [Voi/ez vorreajioiuïaitcc]; et si Miranda n'avoit pas eu la confiance du soldat, comme ledit Dumouriez, pourquoi celui-ci ehargea-t-il nominativement le Général Mivanda [comme oit peut le voir dans Porifrr iht '21 Mars] de la partie la plus essentielle de cette retraite, jnsqa'i\ Ath, où elle étoit censée finie, et cil commenta à éclater le dénouement de l'infâme complot de Dumouiiex ?
ciiArrriŒ viii.
liotraite des "20 et 'il, etc.
[ In-1:], second volume, chapitre ô, page ti5, ligne 4.]
[Tn-8vo, page 70, ligne 14.]
Telle est la hnllaiite journée du 22, de Louvnin. — Champ-
morin ne fit qu'exûeuter, le 32, les ordres du Général Miranda, qai commauda en personne dans cettr- brillante «affaire. Dumouriez, moins accoutumé à mentir, auroit pu et dû rendre justice à qui elle étoit due, mais Miranda n'étoit pins so» illustre second, sati'tephilosojtJi'ujue et militaire par excellence etc. [correspondance.] lîemarqnoDs ici qu'à cette époque, Mirauda crut ses SGup*;ons assez bien fondés pour écrire à un membre du Comité de Défense Générale, d'informer le gouvernement de la couduite étiange de Dumouriez. [ Voyvs la lettre de Miranda à Pétion, du 21 Mars.] Il u'est pas moins remarquable aussi que l'entrevue du Colonel Maek et du Géuéral Dumouriez, date du Dmne jour. Etoit-ce en effet pour parler sur des prisonniers de guerre.' N'y avoit-il aucuu antre projet de la part du général DumourieK dans cette entrevue avee le Colonel Maekf Elle doit paroitre suspecte, et les événemens snbséquens le prouvent d'une manière bien évidente. Au reste, il n'y auroit rien de bien étonnant; Dumouriez ne dissimule pas sou ambition et ses vues ; toutes les voies lui étoient bonnes pour parvenir à ses fins: un roi et la belle constitution de 1789.
CHAPITBE IX.
Retraite sur Bruxelles, etc.
[ In-12, second volume, chapitre (j, page 78, ligue 23. ] [ In-8vo, page 77, ligne 40. ] Il re(;ut ordre de la Convention. — L'arrestation du Gé-
uéral Miraiidii De fut pas exécutée sur un ordre de la Convention Nationale, mais bien sur celui de Lacroix et autres députés, auxquels il fut extorqué par Dumouriez. La pièce suivante prouvera si le Général Miranda fut arrêté par ordre de la Convention Nationale, comme l'affirme si faussement Dumouriez, ou bien par les ordres des députés de la Convention, envoyés en mission près l'armée du Nord, et expédiés, d'après les faux rapports et à l'instigation de Dumouriez même, fait avoué par ces députés devant le Tribunal Révolutionnaire, lors de leur déposition contre Miranda. On ne peut s'empêcher de i-emarquer encore que cet ordre, expédié le 21 Mars, ne fut mis en exécution par Dumouriez que le 25 âuivant, au moment où la retraite, commandée par le Général Miranda, fut finie; ainsi Dumouriez vouloit bien se défaire de cet officier, mais il vouloit auparavant tirer encore de lui tous les services dont il le savoit capable, et le charger de fers au moment seulement où il commenceroit à prendre des arrtiugemeus définitifs pour consommer son abominable trahison contre sa patrie, counoissant trop bien Miranda pour espérer de le corrompre et de le faire coneonrir ou applaudir à sou infâme conduite; le fait d'ailleurs prouve encore combien peu il en a coûté à Dumouriez pour avancer, sans pudeur, dans ses mémoires, les mensonges les plus absurdes et les faussetés les plus noires. [•]
[ • 1 Dan» le moment «ù Miranda fut arrOté et partit pour Paris, Dumouriez faisoit i'<;paT]dr6 dans l'armée, par Thowenot et autres, que le Général Miranda devoit î'tre assassine trois jours après.
■siiS
Au nom de la Uéinihlique Françoise,
Nous, Membres de la Couveiition Nationale, ses Commissaires yrt^s l'armée et daus les Pays de la Belgique, de Liège, etc. ;
Délibérant sur les plaintes qui nous ont été portées eonti'e le Général Miranda, sur sa conduite tant au siège de Maëstricht qu'à la journée du 19 de ce mois, et considérant, d'une part, que les faits imputés à ce général ne paroisseut pas moins graves que ceux qui ont motivé le décret par lequel la Convention Nationale a fait traduire à sa barre les Généraux Lanoue et Stingel; de l'autre, qu'il seroit dangereux pour le supcôs des armes de la République, qu'un général inculpé conservât le commandement des troupes, tant qu'il ne se fiit pas justifié:
Arrêtons, vu l'urgence, que le Général Miranda se rendra, sans aucun délai, à la barre de la Convention Nationale pour y rendre compte de sa conduite; et chargeons le Généi'al eu Chef Dumonriez de pourvoir provisoirement à son remplacement.
Fait à Bruxelles, le 21 Mars 1793, 2' de la République.
[ Signé ] GossuiN, Danton, ïeeilhabd, Meklin de Douai, Delacroix et Roreet.
Pour copie conforme, , Le Général en Chef, Dumoukjez.
■ Remis à neuf heures du soir au Général Miranda, à
son quartier-général à Bouvignies, le 25 Mars, 1793,. l'au 2" de la République Françoise.
L'adjudant Bouedois. [L. S.]
[In-12, second volume, chapitre ii, page 79, b- 7,]
[Iu-8vo, page 78, ligne 7. ]
Eu accitsaitt le Général Dnmouriez. — Le Grénéral Mirandn ne s'est pas tiré d'affaire eu accusant Dumouriez, comme il le prétend. Il s'est justifié eu faisant voir aux comités de la Convention Nationale et au Tribunal Révolutionnaire, les ordres par écrit donnés par Doumouriez, en vertu desquels on a dû indispeusablement agir, comme venant du Commandant en Chef des opérations militaires dans la Belgique, seul responsable des conséquences; ordres d'ailleurs n'ayant rapport à la guerre, et ne contenant i-ien dont on pût soupçonner des trahisons Ce n'est pas non plus, comme le prétend perfidement Dumouriez, pour avoir été l'ami de Pétion et de la Gironde, que Mirauda a été traduit au Tribunal Révolutionnaire, mais comme complice de Dumouriez : il avait eu le malheur d'être son ami, dans un temps où il le croyoit homme d'honneur et bon républicain. ... A l'infamie de trahir sa patrie, Dumouriez ajouta le crime d'accuser un innocent devant les commissaires nationaux, en leur disant que Mii'an-
dii ai-oit attaqué devant Kcricimfe contre ses ordres
Nous citerons, à cet effet, les propres mots de Lacroix, député à la Convention Nationale, dans sa déposition contre Miranda. . . .
znda devoit [disoit Duraonriez] rester en place à che à Nencinde : sa ligne ne devoit ni avancer ni .W...V., mais se tenir ferme, et devenir ainsile pivot de l'armée. [Voyez l'oi-di'o du 18 Mai-s].
Ordre du 18 Mars.
Le Général Miranda attaquera par la </atiche, eiitve Oi'tsmael et la chapelle de Béthanie, tant avec ses troupes qu'avec celles du Général Cliampmoiin. II passera la rivière sur tous les ponts, et attaquera sur autant de colonnes et vigoureusement Pennemi dans sa jjo siUon. Il est prévenu que l'attaque est générale depuis Ovevwinden jusqu'à la chapelle de Béthanie.
La totalité de Pattaque de gauche est absolument à ses ordres.
Le Général Charapniorin doit nécessairement faire garder le pont de Budingen, et y employer une force assez imposante pour pouvoir, au besoin, menacer l'eunemi d'une attaque de flanc vers la partie de Leau, oit cette force marcheroit en colonne.
[Signé] DuMOURiEZ.
La vérité seule et l'innocence éclatante du Général Miranda, ont dissipé tant de calomnies atroces, et prouvé à la nation entiôro l'attachement inviolable de ce général à la liberté, et son horreur pour le crime et toute espèce de trahison.
Extraits des Notices de Ohampagueux, dans soti édition des œuvres do Madame Roland. — Doeunieuts divers qui font disparaître qnelenies calomnies n'^paiidues contre Mit-anda.
Extraits des Notices de OhaDijjaf/neiu; dans son édition des iaiires de Madame Roland. — Paris, An VÎIL
Ces terribles portes, qui se feriuoient pour la première fois sur moi, m'inspirèrent uue horreur que j'aurois de la peiue à décrire. Il faut avoir passé par cette situatiou, pour pouvoir s'en faire une idée juste. On me conduisit d'abord dans une cour qui sert de lieu de promenade aux prisonniers ; là; je vis la réunion d'une centaine d'individus qui me parurent aussi dissemblables par leurs figures et leurs liabillemens, que par les sensations qu'ils sembloient éprouver. Je reconnus, dans le nombre, le Général Miranda, Ciisthie le fils, le Général Léciv/cr, Adam Lux et les députés Vergniaud et Valazé. J'au-
rai occasion par la suite de parler de quelques-uns de oeux que je viens de nommer.
Combien l'ignoraueo de l'avenir égare quelquefois nos vœux, en nous montrant la source de quelque avantage dans les évéuemens qui deviendroieiit «elle de notre perte, s'ils se réalisoîent! j'avois desivé aussi d'être
transféré au Luxembourg
je communiquai mon projet à Miranda, qui m'en dissuada fort heureusement; car il est probable qu'on m'eût «nsai fait jouer un rôle dans cette fable de «onspiralâou, qui fut imaginé pour faire périr presque tous les prisonniers du Luxembourg!:.
J'ai nommé deux fois Miranda; il est temps que je fasse conuoîtrt' quelques détails sur le compte de cet étranger. Né au Pérou, [■] cet liomme avoit, à 42 ans, parcouru tout le globe; il avoit recueilli dans ses courses beaucoup de conuoissaiices, eutr'autres celle do plusieurs langues qu'il pavloit avec faeilité. Arrivé en Fiance , du temps de l'Assemblée Législative, il projeta de s'y établir, et comraeiii;a à se lier avee Pctîou et autres députés do ce bord, pour lesquels il avoit apporté des lettres de recommandation d'Augleterre
Miranda intéressa en sa faveur tous les amis de la liberté, eu uunou<;aut qu'il avoit le projet de la rendre à Bon pays; il s'étoit d'abord adressé h l'Impératrice de Eussie, ensuite à Pitt, pour avoir leur appui daji.s sou entreprise; il avoit été bien accueilli do l'un et de l'autre, mais il espéroit lieauconp plus de la France de- [•] Voyez la Note sur lu iiatiuimliti'- du Miramlii, juiyc lO^i de cet ouvrage.
veiiue libre. Les Girondins qui avoient h cette époque beaucoup d'influence dans les affaires, promirent de servir Miranda et lui offrirent, en attendant, un commandement dans les aimées ; c'étoit à l'époqne où les armées coalisées venoieut de pénétrer dans la Champagne.
Mirauda, nommé général de division, fit la campagne de 1792, et le commencement de celle 1793. Il partagea avec nos généraux l'honneur de repousser hors du territoire de la France les armées prussiennes et impériales, et de conquérir la Belgique. On se rappelle les bruits qui s'ôtoient répandus dans le temps, relativement à la retraite des prussiens; beaucoup de gens préteudoient alors, et cette opinion existe encore dans quelques esprits, qu'on am-oit pu faire prisonnière toute l'armée prussienne avec le roi lui-mOme. J'ai souvent questionné Miranda à ce sujet; il m'a toujours répondu que la chose étoit impossible. Il avouoit cependant qu'on auroit pu harceler davantage les prussiens et rendre leur retraite plus meurtrière. Mais il n'attribuoit point cette négligence à la mauvaise volonté ; il ne la rapportoit qu'à l'espèce de stupéfaction que produisit dans l'esprit de nos généraux le passage aussi inopiné que rapide de l'état d'une armée triomphante à celui d'une armée fugitive.
Jusque là la fortune de Mirauda s'étoit soutenue ; mais le mauvais succès du blocus de Mai^stricht, dont il avoit été chargé, et plus encore la perte de la bataille de Nerwinde, où Miranda commandoit l'aile droite, [^J qui fut la plus maltraitée ; cela, joint à la chute des
[•) Il devoit dire gauche.
-Girondins, le perdit dans l'opinion. II fut traité comme complice de la trahison de Dumouriez, et traduit de- "vant le Tribunal Révolutionnaire.
Cette monstrueuse institution ne faisoit que de naître et conservoit encore quelques-unes des formes protectrices de l'innocence et de la vertu. L'affaire de Miranda fut débattue pendant onze séances. Le public, qui s'y étoit d'abord porté avec pi-évention, finit par prendre pour ce général le plus vif intérêt. Chaque témoin à charge donnoit lieu à une discussion dont il étoit rare que l'accusé ne sortit avec honneur.
Dans le plan de défense qu'il s'étoit tracé, il considéroit chaque témoignage comme formant à lui seul un petit procès qu'il s'effior<;oit de gagner avant de passer à l'audition d'un nouveau témoin. Il résultoit de . cette méthode, qu'il ne laissoit accréditer aucune déposition contre lui, quand elle pouvoit être contredite ou affoiblie. Custine n'eut peut-être pas été condamné, s'il eût employé cet ordre dans sa procédure. Il renvoya à sa défense générale la dûscussion des diverses dépositions ; mais l'impression de chacune s'ajoutant à celle des suivantes, et toutes s'augmentant les unes par les autres, il ne lui fut plus possible d'en détruire l'effet combiné, ni d'arrêter le mouvement des esprits que les circonstances révolutionnaires rendent toujours si prompt et si violent. L'accusation intentée contre Miranda échoua donc, et l'honneur en appartient autant à son esprit qu'à la bonté de sa cause. Il fut acquitté à l'unanimité des voix; chaque juré, chaque juge, en émettant son opinion, y ajoutoit un éloge, et ce général,
dont quelques jours auparavant l'on demandoit la tête,, fut povté en triomphe jusque dans sa maison.
Mais s'il parvint ù se lavev du reproche de trahison devant le tribunal, il ne put de môme se disculper dans l'opinion du reproche d'avoir contribue, par de mauvaises manoeuvres, à la perte de la bataille de Nerwinde. J'ai consulté beaucoup de témoins oculaires, entr'autres le Général Songis, qui se trouvoit dans la division de Miranda; ils lui imputoieut tous la perte de cette bataille. Il exécuta mal les ordres de Dumou riez; il ne sut pas faire agir à propos l'aile qu'il commandoit, et sans les fautes qu'il commit, cette journée eût été l'une des plus glorieuses pour les armes fran(,'oises. Eu elïet, Dumouriez avoit déjà culbuté l'cunemi avec son aile ; mais celle de Miranda ayant été mise en déroute, lo Géuéval eu Chef fut obligé de faire sa reti'aite Mirauda expliquoit les choses tout autrement, mais j'avoue qu'il ne m'a jamais convaincu, [•]
[*] On est vraiment étonné d'entendre le citoyen Champagnenx, avec l'air de ramitié et dn respect pour le Général Miraud;), et tout en assurant (jue sa défense faisait 'autant (PAoïinpHv l't non esjji-it qu'à la bonté de aa canne, dire formellement " qu'il étoit la cause de la perte de la bataille de Nei-winde." En
donne-t-il nne seule preuve? C'est avee le simple dire d'nn
Général Wongis et de certains témoins oeulaireç, qu'il prétend détruire dRS preuves judiciaires, supportées par un témoignage de plus de trente officiers, témoins oculaires et actciu-s la plupart dans les tioii|)es aux ordres du Général Miranda, depuis le Général Miaezinski jusqu'aux propres aides-de-eauip et secrétaire de Duniouricz, TLuring, de Vaux, Quentin, etc., qui ont déposé devant lo tribunal kuv ces faits. S'il avoit voulu so donner la peino de lire le procès dn (îénéral Miranda, ainsi que sa cor-
Miranda ne jouit pas longtemps du triomphe qu'il avoit remporté sur ses eauemis. Il s'étoit retiré dans une maison de campagne aux portes de Paris, où il faisoit déployer les riches collections eu livres, gravures tableaux et statues qu'il avoit recueillies dans ses voyages. Tout à coup, il se voit entouré par une force armée que la commune de Paris, ayant alors Pache à sa tête, avoit envoyée pour faire des perquisitions dans son domicile, et voici à quelle occasion. Miranda avoit reçu, peu de temps auparavant, un assez grand nombre de caisses; une voisine en alla faire la dénonciation, pré' tendant qu'elles conteaoient des munitions et des armes. Ces caisses n'avoient pas encore été ouvertes; la troupe en flt la visite, et n'y trouvant que des livres, elle,
reaponâance avec les Sliaistros ut géuûraux de f!es armées publiée daus cette solenueile occasion, il auroit trouva peut-être qu'il n'y a pas eu, daus toute In révohitioii, une affaire <iui ait été plus profondément oxaminée, ni plus clairemeut établie; s'il avoit eueore voulu couîiulter des témoignages impartiaux et trts-coiupéteus, il ti'uvoit qu'à demander à sou compagnon d'infortune [le président Montané] qui vécut avec lui à la Torce pour plus dune année, et qui étant le principal juge daus cette affaire, la eonnoissoit mieux que tout antre et portoit un jugeuient tout à fait opposé à celui (^ue le citoyen Champagneux prétend donner au publie.
Nous le renvoyons aussi aux saratites et jiuUciennes olisffvatioits du Gréuéral Servau, ex-iliuistre de la Guerre, et à lit correspondance du Général Miranda, relative à la campague de la Belgique, où il trouvera une réfutation eomplf'te et solide des fausses ineulpatious du (iénéral Dumouriez envers le Général Miranda [voye» la page 2o;î]— ainsi qua la relation critique et bien détaillée de la batiiiilo de Xerwînde, par les auteurs militaires du Tuhkaii Uistoriqne th la Guerre lU la li>'voliiiion (le France. [Voyez la page 23:2|.
se retii-a, ce qui n'eut pas d'autres suites. Mais cette calomuie ue fut pas la seule mise eu usage pour perdre Mirauda. Un domestique mécouteut le déDou^a de nouveau et cette occasion fut saisie pour replonger Miranda dans les cachots. Il fut donc amené à la Force cmtme suspect; c'est ainsi que s'exprimoit l'ordre du Comité de Sûreté Générale.
Une conversation pleine d'intérêt, des connoissances très-variées, la profession des principes d'une austère vertu me firent préférer la société de Miranda à celle de presque tous les autres prisonniers. Nous devînmes, par choix, voisins de chambre, et uous passions tous les jours quelques heures ensemble à nous rendre compte de nos lectures, des études qui uous oceupoient, et à raisonner sur notre situation et sur celle de la Eép\jblique.
Je travaîllois dans ce temps-là à une histoire de France à laquelle je cherchois h donner une physionomie plus analogue à notre politique actuelle, et plus propre à l'instruction de la jeunesse. Les rois des trots races, ù l'exception d'un bien petit uombre, me fournirent un champ vaste pour attaquer les vices de leur gouvernement; mais je le faisois sans affectation, sans déclaniatioii, et toujours avec le plus grand respect pour la vérité. J'avois fait précéder cette histoire d'une notice sur l'état des Gaules depuis César. Ce travail m^avoit occasionné de grandes recherches, et il faut être en prison et n'avoir aucune distraction pour en dévorer les fatigues et l'ennui. Miranda et Achille du Châ*
tetet m'avoieiit procuré tous les livres et matériaux qui m'étoiout necossaiies
Les études de Miraiida vouloient particulii>reraeHt sur la seieuce de la guerre. Il s'eutouroit de tous les auteurs qui avoieut écrit sur ce sujet, soit historieus, soit théoriciens, et je puis dire que je n'ai jamais entendu personne raisonner sur cette partie avec autant de profondeur et de solidité.
Mais plus il se remplissoit des systèmes d'attaque et de défeuse connus jusqu'à po jour, plus il se trouvoit eu opposition avec la méthode de uos généraux modernes, qui gagnoient des batailles et prenoiont dps villes en s'écartaut des ri'gles avec lesquelles les Tiirenne, les Condé, les Oatinat et tant d'autres héros £i'au(;oi.s et étrangers avoieut su euchaîuer la fortuuo <^t fixer la victoire. Les succès de uos armes me t'ournis.soie»t de gi'ands avgumeus coutro Jliranda; il croyoit les avoir détruits on disant que ces avantages u'étoieut dûs qu'au hasard, et (ju'ils uo seroient pas eonstans. Quelques revei's que nous venious d'essuyer sembloieut un peu justifier sou opinion ; mais heureusement, j'avois de pins fréquentes occasions d'en tnompher, uos armées rachetant, par le gain de dix liatailles, le dé^iavautage d'un combat. Achille du Ohâtelet, (^ui étoit sonvcut présent à nos couvorsatious, s'établissoit juge de uos différens: il expliquoit le phénomène de uos triomphes par la pi-odigieuse valeur de uos soldats, et même par une sorte de tact militaire qu'il leur attribuoit — l'ai vu souvent, disoit-il, des généraux ignorans leur donner
ordre d'agir dans telle direction; l'instinct du soldat le portoit à désobéir, et la route qu'il prenoit étoit toujours celle de la victoii^e
Je vais interrompre ici ce qui eoiicerne Miranda par quelques détails relatifs à Achille du Châtelet. Il fut amené à lu Force an mois d'Octobre, 1793, en revenant des frontières, où lo premier coup de canon tiré par les autriohions lui avoit emporté le gras de la jambe droite. Sa plaie étoït encore saignante et exigeoit des soins assidus; il étoit en outre privé de l'usage de sa maiu droite, ce qui le mettoit hors d'état de se suffire à lui-môme pour les divers besoins de la vie» Ce fut par un assentiment uuamiue que les prisonniers qui oceupoieut les appavteinens du greffier ot du chirurgien, les plus commodes de la maison, l'appelèrent auprès d'eux: .i'étois de ce nombre, et j'eus ainsi l'avantage de connoitre de près cet homme intéressant. C'est avec autant do vérité que de plaisir que je déclare ici qu'Achille du Châtelet, l'un des plus courageux défenseurs de la liberté, eu étoit aussi l'amant le plus idolâtre. Il vint nous donner des levons de républicanisme dans les fers, et rallumer dans nos âmes le feu sacré qui embrasoit la sienne. Ami sincère de la révolution, il épnroit sou ardeur pour elle au flambeau de la raison et de la philosophie. Ses liaisons aveu Condoreet et autres républicains de ce genre ne peuvent laisser aucnu doute sur ses vrais seutimens. Cependant il fut traité h la Force comme un conspirateur et ua traître. Pendant les premiers jours do sa captivité, ou avoit permis à son domestique d'entrer dans la prisou
pour le pauser; bieutùt eet inloucissemetit lui fut nté ; mais uous qous empressions tous à lui vendre ces soins auxquels uous attatihious uu véritable honueur.
Achille du Châtelet étoit livré tout entier h l'étude; quoiqu'il sût beaucoup, il étoit sans cesse altéré de nouvelles connoissances. Familier avec une infinité de langues mortes et vivantes, il voulut encore, dans la prison, apprendre le grec, et ses progrès dans cette étude furent très-rapides. Il fît transporter une partie de sa bibliothèque à la Force, non seulement pour lui, mais pour tous ses compagnons d'infortune qui voulurent y puiser. Co fut une grande ressource pour moi dans les travaux dont j'étois occupé.
Mais je dus à Achille du Ghâtelet uu secours bien plus précieux encore. .Je savois que Jliranda s'étoit procuré du poison, afin de pouvoir rester maître do sou sort. Un jour que jo portois fiuvio à son bonlieur, dir Ghâtelet qui étoit présont me comprit et uie promît de me satisfaire sous peu de jours; en etïet, il ne tarda pas i\ me remettre une dose d'opium.
Jusque ïh j'avois été agité par des inquiétudes cuntiuuelles, sur le .sort qui m'attendoit; du moment que je vis ma destinée daus mes mains, je respirai et j'attendois avec uu calme vraiment inimaginable le dernier coup de la tyrannie, bien sûr de lui échapper an moment qu'elle cvoiroit le frapper. Aussi, n'ous-je rien de plus à cœuv que de bien cacher ce précieux trésor ; il ne me quitta jamais, et aujourd'hui même, i[n<i les orages révolutionnaires pai-oissent dissipés, je le conserve encore avec un soin extrême, autant pour réveiller
on moi des souvenirs qu'il importe de ne pas oublier, iIUL' [JOUI" (îonserver dans toutes los situations de ma vie ce regard tranquille et serein aveu lequel j'aiïroutois alors l'avenir.
J'ai C'herelié à eonnoître la généreuse main à qui nous devions ce présent. Aehillo du Châtelet ne jugea pas il propos de mo satisfaire: je 6oup<;ounois qu'il le tenoit de Cahaiùs, son ami.
Achille du Obâtelot fit quelques tentatives auprès des Comités de la Convention pour obtenir sa liberté, ou tout au moins sa translation dans un lieu où il pût recevoir les soins que sou état exigeoit impérieusement. Ses démarches furent inutiles et ne firent môme qu'aggraver son sort : dis ce moment, il ue le supporta plusqu'avec impatience; te comble de l'injustice pi-oduisit dans son âme le comble du désespoir. Ses souffrances physiques croissoient avec ses peines morales j sa. sauté alloit do jour en jour eu déclinant et exigeoit des soins continuels ; il so crut à charge à nous tous qui nous étions t'ait un devoir de no l'abandonner ni nuit ni jour. L'horizon politique s'obscurcissoit de plus en plus; l'espérance s'éteignit dans son cœur; il souhaita la mort et l'eut bientôt à ses ordres parle mêmesecours qu'il m'avoit procuré et qu'il n'avoit fait que partager avec moi.
Oe fut le 20 Mars, 1794, qu'il exécuta sa résolution, vers les six heures du matiu, pendant que le député Clidiitclhilii, qui avoit passé la nuit auprès do lui,étoit il sommeiller. Chastellain vint à nous vers les huit heures, et uous dit que son raalado, après avoir-
passé une nuit agitée, reposoit un pou dans ce moment; il ue soupi;ounoit pas ce qui avoit pu lui pi'oourer ce repos. Nous nous rendîmes auprt's de lui, Miranda et moi ; et eu le voyant, uous eûmes tous deux à la fois le môme .soup<;on. Nos doutes se convertirent eu certitude, quand nous aper<;ûna9S prcs do sou chevet une petite boîte ouverte et vide; uous ne pûmes obtenir de lui aucune parole. Il i-espiroit encore, mais peu sensiblement; il ue donna dans cet état de léthargie aucun signe de douleur; son pouls se retira par degrés, et s'éteignit tout à fait à midi. Quoique nous le jugeassions mort, nous nous opposâmes, pendant un jour et demi, à ce qu'il îût enlevé : il eiit été trop cruel pour nous de conserver le moindre doute à cet égard.
Telle fut la an de ce brave et vertueux militaire, dont ma plume n'a esquissé que foiblemeut les grandes qualités. Ce siècle n'étoit pas digne de lui : ses lumières, ses talens, ses vertus eussent honoré les plus beaux jours d'Athènes et de Rome. Il avoit pris dans la prison beaucoup d'attachement pour Miranda, et il le lui témoigna eu lui laissant tout le mobilier et une grande quantité de livres qu'il avoit fait venir à la Force. J'héritai d'un Séncque, édition des Elzevirs, et d'une eoUectiou des auteurs latins qui ont écrit sur l'agriculture. Ce présent mo sera toujours précieux et cher ; il renouvelle eu mol des souvenirs que j'aimo à conserver malgré leur ameitume.
Je reviens à ilirauda et, à son respect pour les principes de la science militaire; il eu étoit tellement imbu, que Je crois qu'il u'auroit pas consenti volontiers
à gagiiev nne bataille, h prendre une ville, eontre les règles de l'art. Qu'où hq s'imagine pas cepeudaut que je veuille jeter un ridicule sur un homme vraiment estimable sous tous les rapports. Quand je dis qu'il <^^toit esclave des règles, j'enteuds parler de celles qui rendirent Alexandre et César les conquérans du mon de, qui fîxèreut la victoire aux chars de tant de héros anciens et modernes, et qui les offrent pour modèles aux guerriers de tous les siècles. Je crois donc que Mirauda auroit excellé dans l'art de la guerre; mais il auroit fallu qu'il eût joiut uu peu plus de pratique à la grande théorie qu'il possédoit.
J'avois enteudu parler si diversement des dispositions de cet étrauger à l'égard de lu France, que je ramenois souveut nos conversations sur cet objet II m'a paru toujours qu'il nous estimoit peu, et qu'il avoit nue prédilection pour les anglois, surtout pour leur gouvernement dont il no cessoît de faire l'éloge. J'étois bieu sûr de reiulre nos entretieus très-vifs, et même d'eseiter un peu sa colère, lorsque discutaiitr .sur la prééiuiueaee entre les deux nations, je soutenois qu'elle appartenoit aux fran<;ois. Il nous la refusoit sur tous les points; il trouvoit que la Constitution angloise étoit préférable à toutes celles qui avoient gouverné les peuples jusqu'alors ; que c'étoit eu Angleterre seulement que l'homme jouissoit, dans toute sa plénitude, de la liberté civile ; qu'il pouvoit, sans risque, émettre ses opinions; que là le gouvernement, tout puissant pour faire le bien, étoit à peu près sans force pour nuire; qu'enfin l'agriculture et le commerce y étoient portés à un degré de gloire et
de prospérité auquel nulle tiutre nation n'avoit encore pu parvenir.
Quant à In marine angloise, il ne croyoît pas que toutes les puissances européennes réunies, puissent lutter coutr'elle. II prévoyoit que cette supériorité lui apïwrtiendroit encore longtemps. Il rîoit de nos effoi-ts pour lui résister; il avoit prédit le sort de In flotte dirigée par Jamhon St. AmJré; il s'étonuoit qu'un seul de nos vaisseaux eût échappé; il prétendoit qu'on feroit le procès à l'amiral aoglois, pour n'avoir pas remporté une victoire plus complète, et surtout pour avoir manqué le convoi.
Il avoit ia plus haute opinion de Pitt, qu'il mettoit an rang des plus grands politiques, et faisoit honneur à soD génie de tous les succès obtenus dans cette guerre par les anglois. Cependant il aimoit beaucoup l'opposition; et en effet, pendant son séjour en Angleterre, il s'étoit lié intimement avec Fox, Ptkc, Pnestlei/ et autres membres distingués de ce parti, avec lesquels il avoit conservé des relations depuis qu'il étoit eu France. Il parloit avec admiration des héros qui avoieut combattu pour la liberté de la partie septentrionale de l'Amérique; ce qu'il me racontoit des mœurs et des usages de ses habitans, qu'il avoit lui-même observés, me faisoit souvent partager .son enthousiasme. En général, 3*ai remarqué dans Miranda une prédilection pour les hommes justes et vertuenx ; et comme il prétendoit que le gouvernement anglois, et encore plus le gouvernement américain, les rendoieut tels, il étoit tout naturel ■ ■qu'il leur accordât la préférence sur les autres
Par la raison des contraires, il avoit uue horreur
profoudo pour les hommes qui s'étoieut emparés du gouvenieraent de la France, t^nand il pavloit des Robespieire, des Danton, des CoVot, dos BntrPre, des Billauâ et autres fondateurs du régime révolutionuaii'e, son langage étoit pittoresque de «olôre et d'indignation. S'il m'arrivoit quelque fois d'entrevoir un rayon d'espéraueo, de trouver do bonnes intentions dans certaines mesures do ce gouvernement, Miranda ne me pardonnoit pas ces sentimens; il me traitoit d'esclave, de complaisant, de suppôt de la tyrannie et ra'accabloit de mille antres épitht'tes qui ne laissoient pas douter de son attachement à la liberté et aux gouveruoinens qui la protègent. D'après cette étude suivie que j'ai faite du caraetc're et des principes de Miranda pendant notre ootnmune captivité, je puis assurer que si ses voyagea avoient orné son esprit, ils u'avoient pas douué do patrie Il son cœur; que, malgré ses éloges pour les gouvernemens auglois et américain, il préféroit le sol de la Fraace; et que tout en vantant le séjour de Londres et Philadelphie, il n'auroit pas cessé d'habiter parmi nous, si les ordres du gouvernement ne s'y fussent opposé. C'est ici le lieu de parler d'une ci'uelle position oii je me suis trouvé par rapport à lui. A peine avois-je repris ma place au ifinisti're de l'intérieur, sous Bélézech, qu'on me remit un arrêté du Directoire, portant l'ordre de faire conduire Mivimda hors des frontières de la France. Tous les souvenirs d'une amitié consacrée pai* le malheur vinrent alors s'offrir à mon esprit et établir en moi une lutte pénible entre l'homme privé et le fonc--
tionnaire publie. Je cédai aux devoirs de ma ptaee, mais combien il eu coûta ù mou cœur ! J'amois désiré pouvoir faire, à l'égard de ce général, ce que Platou vouloit que l'on ût h l'égard des poètes qui se seroient iutroduits dans sa République; e'étoit, tout eu les expul" sant, de les couronuer de fleurs et de les combler de bénédietions et d'éloges. [•]
[*] Lo citoyen Ohauiyagneiix, tout en téiuoigaaut do la sensibilité et du respect pour son ami, iiV'toit pas moins un itwtnimeDt entre les inaius du Directoire, pour violer In constatation, qu'il étoit eliargû de maintenir, eu voulant uliasser de k France, par un acte arbitraire, la persouue du Oénéral Mirauda qui leur déplaieoit. Clet attentat n'eut copendaut pas eon effet, puisque la lettre adressée par lo Général aux auto- «Ifa DODBtituéeB, et en même temps publiée il Paris, même dans le il/(Miite«»-, journal du Directoire, leva l'opinion publique :\un tel point, qu'il n'osa pas insister sur son arrêté, et laissa lo Oénéral Mirauda jouir tranquillement de sa liberté, jusqu'au IS Fructidor, quand, par u» nouviiaii crime, son nom fut igonté à la liste de cette proscription infâme, et où il paroît anssï que le citoyen Cbampagneux, en récompense de ses sernces, en fat chassé et disgi-acié.
Si le Corps Législatif, on faisant droit ù la plainte grave du Général Miranda contre le Directoire, [démarche sur laquelle il ne manqua pas de consulter avec ses sages amis LaTijninais, Boissy d'Anglas, le Sage d'Eui-e et Loire, etc., membres du même corps et qui voyoieut tous comme lui | eut arrêté aon despotisme, les événeniens funestes du 18 Fructidor ui V, qui, violant la représentation nationale comme liobes- {nerre le fit le 31 Mai, douuî-rent le coup mortel à la liborté françoise, n'eussent pas eu lieu. Et ce sera toujours une donce satisfaction pour Jliranda d'avoir défendu, au péril même de sa vie, la liberté dans ses derniers abois, en sacrifiant tout poar elle ; car si elle s'est perdue définitivement en France, il pourra avec couflanee dire que ce iit /ni (His di: suj'd'ife!
Vocinuents dii:ers qui font (Hsparaître ijudques calomnies répandues contre Miranda.
Dumoïmes à Louvet, Editeur de La Sentineîle.
" Eiifiu, p. 24, il justifie ii mes dépens le Général Miranda, eriiature de Pétion, sur sa conduite à la bataille de Norwinde, et il jette tout le crime de cette jouinée snr la faction désorgauiaatrice, avec laquelle il a dit daus la p. '2o que j'avois jmcfmK J'apprends au (îitoyeii Louvet qne son honvrb- protégé Miranda vient d'entrer au service de l'Angleterre ; qu'il eu tire les oonséquonces.
" C'est il la conscicuco du citoyen Louvet que je m'adresse, pour l'eugager, ou à rétracter de bonne foi ce que la chaleur de l'esprit de parti lui a fait écrire, ou à le soutenir, et par i;ouséqueut à le prouver." [La Senfinelle, Xo. 609. 22 Fn: 1797.]
Réponse dïi Général Miranda.
Des environs de Paris, le 8 VentÔBe,
An. 5. [26 Fév. 1797.]
" Dans ma retraite près de Paris, dont je n'ai pas quitt-é les environs depuis quatre ans, j'apprends par
— soldeur feuilles, l'une de Louvet, l'autre de Poultiei-, " fue je viens Centrer au service de V Angleterre. C'est Dnmourlez qui donue cette nouvelle à sou correspoudant Louvet. Je ne sais en vei-ité si, qu&ud une nouvelle n'a d'autres gavants que Dumourien, Ijouvet et Poultïer, on est obligé de la démentiv.
"Quant à Dumoui-iez, j'espôre qu'une cdïoiH/fie aussi ftotowe servira aux hommes de bon sens à apprécier la mesure de confiance que mériteut ses imputations au sujet de sa bataille de Nenvinde.
"A l'égard des journalistes qui se font l'écho de ces bruits calomnieux, je uio contenterai de faire observer quelle est la singularité de ma position, ot la bizarrerie des jacobins de tontes les couleurs qui me poursuivent. Les uns me fout un crime de persister A rester françois et de servir la France ; les autres m'accnseut de vouloir porter mes services ailleurs.
" Fidèle aux engagemens que j'ai contractés avec la République Fran(,-oisf, engagemens que j'ai scellés en combattant pour elle, je déclare que toutes les calomnies et toaten les perséentions n'affoibliront point les seutimeus que je lui ai voués eu acquérant le titre de citoyen frau^ois. •
[Signé] MlRANDA.
[ Le Messager du Soir. Xo. IGl. l''' Mars, 1797.]
Et comme le citoyen Ohampagnenx auroit pu ajouter plus de crédit aux nouvelles inculpations du (réuéral
Valence, répaudues dans le monde par le citoyen Ségur l'aÎDé, dans son Tableau Historique et PoUtifjue de VEuro- 2)c [3'"" édit. Paris, 1803], nous ajouterons ici deux mots de réponse. [•]
Ta; General Valence et Ségttr Pa'mé.
Dans le Tome II, p, 134, Ségur dit: "Le Conseil Exécutif, dans l'nbsenco de Dumouriez, donna le commandement des armées de la Belgique, au Q-énéral Valence. Mii'nnda, qui se prétendoit indépendant, lui refusa la C02>ic de SCS intructtons ; il l'assura que Ccnneini avait peu (le forces sur la rire fjauchi' du Ithin, et l'informa qu'i! avoit ordoimé le rassemblement des troupes qui dévoient couvrir le siège de Mm'stricht. Les informations se trouvèrent fausses; lu Prince de Cobourg et Clairfayt, arrivant ii l'improviste, û la tète d'une forte armée, surprivent les oantonnemeus dispersés, attaquèrent les troupes que eommandoit le Général Lauouo, forcèrent ses positions, et marchèrent sur Jlaéstricht et sur Liège, et<;, etc."
Le Uéuérai .Miranda donna ses in str actions au Q-éuéral Lanoue conformément aux ordres qu'il avoit revus du Général en Chef; ces instructions furent approuvées tant par le Ministre de la Guerre que par le Général IJnniouricz — "Le plan de vos opérations [dit le premier], que j'ai examiné aveu beaucoup d'attention, m'a paru très-sag'i at bien concerté.'" [*']
[*j 1{ «marque de Minuula dans l'ouvraKe d'Antepars, 1>. 2:J9.
|**1 Oorrespoudaticœ, lettre du 22 Fin-. Voyez p. 77.
"Tous vos ordres à vos différons généraux me pa- -roisseot très-clairs et très-bien faits," [ajoute le second]. [•] Ainsi il est faux que le Général Mirauda ait jamais refusé les instructions nécessaires, puisque tous les généraux les avoient déjà préalablement reçues. Il est également faux qu'il ait assuré à Valence ([iie l'ennemi avoit peu de forces sur la rive gaaclte du Rhin, puisqu'il éerivoit au Ministre de la Guerre et au Général Dumouriez, avant de commencer ces opérations, le peu de confiance qu'il avoit dans la réussite de ces plans, et qne tout ce qu'à cette époque il avoit prévu, ne s'est que trop malheureusement vérifié aprôs. [*•] En voici la preuve.
Le Général Miranda, Commandant en Chef, au Générai Lanouc.
Liège, IG Février 1793.
" II est très-nécessaire, Oénéral, pour le service de la République, que %'ous alliez incessamment à Aix-la- Chapelle, prendre la eommaudemetit de toutes les troupes de l'armée de la Belgiquo qui sont cantonnées entre la Roër et la Meuse.
"Le Général Stiugel, qui a le comuiaudement actuel, a reçu tous les ordres nécessaires pour l'arrangement des troupes, et la conduite qu'on doit tenir si les ennemis fai- Boient un mouvement sur quelque partie des cautounemens, ou même s'ils passoient la Roër. Vous vous ferez
['] Correspondance, lettre du 19 Fév. Voyez p. 71. [••] Considérations de^Iiranda dans le l'ouvrage d'Antupara, p. 240.
fei.
préseoter tous ces ordres; «t agissant conformémeut et d'accord avec ce i-espectable vétéran, ainsi qu'avec les généraux Miaczinsky et Dampierre, vous ferez tous les arraagemens que votre sagesse el connoissances militaires peuvent vous dicter, pour défendre viffoiireusemmt le passage de la Hoir, ou livrer bataille aux ennemis qui Paiiroient passée, avec Hdée d'introduire un secours de troupes dans Macstricht, eu attaquant nos troupes qui forment l'investissement, ou avec d'autres desseins quelconques.
Après que vous aurez fait vos observations sur l'emplacemeut de nos troupes et position de celles de l'ennemi, vous mo communiquerez le résultat, pour que nous puissions agir d'accord, et vous fournir les secours que l'étendue de nos opérations nous permettra."
[Signé] MiBANDA.
Le m-éme au im'me,
Liège, J 9 Février 1793.
" Je re^^ois, Général, votre lettre, écrite hier à Aixla-Cbapelle. J'ai fait faire un relevé de la force disponible des troupes que voua avez sous vos ordres, par le chef de l'état-major Thoweuot, et il en résulte qu'avec le corps des (Téaéraux Lamarche et Neuilly, qui sont également sous vos ordres, et avec cinq bataillons que vous allez recevoir incessamment, et dont deux partiront aujourd'hui, vous aurez une force à peu prhs de trente mille hommes ^ectifs, sans compter le corps do trois mille cinq cents homîH(.'^\ commandé par lo (lénéral Lamarlit-re, qui couvre
"votre gauche, et celui du Général Leveneur, de six mille hommes, devant Wyck, qui sont tous en état de vous enpporter, le cas échéant.
*' Votre artillerie, selon l'état que me donne le Général d'Anghest, commandant en chef, est actuellement de ào vmgt-deuj; pièœs de position, outre les canons de batailitn$ ; et quatre ingénieurs ont été employés à fortifier les points qu'ils ont jugé les plus convenables. Ainsi, Général, il faut qu'avec cette force vous tâchiez de remplir ■votre objet, tandis que nous finirons les opérations qui nous août ordonnées d'un autre côté avec moins de forces - respectives.
"Si vous jugez à propos d'envoyer copie de ce ordre aux Généraux Lamarche et Neuilly, ou autre, vous pouvez le faire, pour que Vaccord et Pharmome convenables régnent de tous côtés.
"Je viens de donner des ordres pour que les fonds ne manquent pas à l'hôpital, et que les fourrages soient en abondance."
[Signé] MiRANDA.
Le Oénéral Miranda au Général Benrnonville.
Liège, ce 14 Févriev 1793.
"Noue tenons toujours la rive gauche de la Meuse, qui seconde toutes nos opérations sur la Hollande, taudis que les prussiens, avec un corps considérable de trou-
pes, occupent la Gueldre prussienne, en établissant des batteries sur !a rive droite de la Meuse. Je ne doute pas que ce corps prussien, qu'on me dit tort de plus de quhue mille hommes, n'ait pour objet de secourir la Hollande, au cas que nos armées tentent l'invasion des Proviuces-Unies, et ce ne sera qite dans la circonstance qu'une révolution pour la liberté éclate dans la Hollande^ que nous pourrons faire cette opération, sans essuyer une grande opposition de la part des troupes prussiennes. " Je vois très-probable aussi que du moment que le siège ou bombardement de Maëstricht commencera, Parmée autrichienne, qui est devant nous sur la Rocr, et qu^on me dit forte déplus de quarante mille hommes, tentera une attaque sur la nôtre, qui est derrière cette rivière et couvrant le siège de Maëstricht, pour le faire lever et sauver la place. Nos forces sont bien loin d'être suffisantes pour tenir avec sûreté toute l'étendue que nous occupons dau-s ce moment-ci, et exécuter len opérations que nous allons entreprendre. Je suppose que le Général eu Chef Dumouriez vous a instruit particulièrement de tout. J'ai re{;u ses ordres, et toute l'armée, avec confiance et bonne volonté, est en mouvement pour les exécuter. L'entreprise meparoît étonnante et très-difficile ; ainsi j'espère que si la réussite n'est conforme en tout à nos désirs et à l'espoir qu'on peut avoir formé, on aura pour nous cette indulgence qu'un zèle ardent pour le service et la gloire de la patrie inspire à une nation libre, qui voit ses enfaus courir au dévouement avec joie."
[Signé MiBiUfDÀ.
Toutes les autres iissevtioQS du Géuéral Valence sont de la même espèce, et se trouvent en coutr.iJiction évidente avec les rapports officiels et l'examen judiciaire. [•] Le Géuéral Valence, ainsi que le citoyen Ségui" l'aîné, auroieut mieux fait d'employer leur temps k Justifier ce chef de sa conduite honteuse et fort peu militaire, de ne pas s'être trouvé h son poste quand l^armée qu'il commandoit fut attaquée par les ennemis sur la Roër, et dont la déroute causa le boulev.^isement de tous nos plans ; ainsi que de ses crimes et , complicité avec Dumouriez, dans sa défection où furent livrés nos commissaires, qui amena lo rî-gne de l'anarchie eu France, et tous les désastres qui en furent la aaite.
Le bret-ct que Dumouriez donne à sou associé ValencQ dans cette occasion, en le qualifiant "du meilleur soutien militaire do la République, et du plus pur lâvisme pour elle," etc., [••] n'est pas moins ridicule que valable puisqu'il no s'agissoit de rien moins que do bouleverser et do détruire cette même République. Ou trouvera dans ses Mi-iuoins [*••] l'exactitude de ce fuit, et les motifs, peut-être, du brevet eu question. "Votre ami Dumouriez consigne daus ses Mémoires toute sa sensibilité; il vous doit sûrement la vie, car on n'eût mené à Paris que son cadavre inanimé; il douneroit la sienne pour vous." Cotte ajjosirophe, ainsi que la lettre
[•) Voyez Oorit'spontlftiK'c, lî Jlais, et lo proci-^ <lu (iént'Tal Mirauda.
[••] Voyez Si'gur l'iiiiié, Tableau Histon(|iie, Tome II, p. 'MU. [""•] Seconde partie, p. 1].^.
apocryphe du 14 Mars [qu'on doit lire ensemble] ne seront .iamais un document justificatif, pas plus qu'un titre honorable pour le Général Valence; et si l'historien eiit consulté les doeumens officiels, qui établissent irrévocablement le fait militaire dont il parle, il n'eût jamais prétendu les détruire, par nue lettre évidemment apociyijhe; puisque, outre les raisons que nous venons de donner pour le qualifier de tel, la lettre qu'elle présuppose écrite au Ministre dans le temps, n'a jamais paru daus sa correspondance avec ce Ministre, qu'on a trouvée d'ailleurs complète, ayaut été présentée en original, au proecs du Général Miranda. Los véritables pièces qui constatent irrévocablement la répréhensible conduite de Yaleuce, sont: Mémoire dit Gênerai Lanoiie [Paris, de lii l'impriin. de la G"'"'- Foiirouge, imp. du département de la guerre, 1793] et la savante lielaticn du Général Stinf/ef, sur ce qui s'est passé aux- cantonnemens sur la Hoir [même imprimeur, 3793 ] qu'on invite le<!itoyen Ségur à consulter, et le commandant Valence à réfuter. Ou pourroit appliquer ce mOme reproche, aux auteurs du Nonveati Dictionnaire des Sièges et des Batailles [art. Norwinde], ainsi qu'à l'auteur, d'ailleurs estimable, du Traité de f/randes Opérations Militaires, partie citiqu^ne, qui, ^e laissant entraîuer sans examen, ont adopté les ïiOmes erreurs, faute d'industrie et de la critique 'historique indispensable, pour comparer et bien peser les faits qu'où avance, quand ou veut se donner le titre d?hisloricit impartial ["]
1*1 Considvnitioii?! de MiriiudLi iliiiiis l'ouvragt n.ii. 24;î et 244.
vu
Mirauda à la Conveutioii Nationale. — Jliranda aux repri-scntants au peuple franvais.
A la Convnïtmi Nationale, le GméralMiramla.
Citoyens RepréseiitaDS,
Il y a plus de 18 mois, qu'ayant paru à la barre ■de la CoiiTi'entiou, pour lui déuoucer mon arrestation arbitraire, elle renvoya ma plainte au Comité de Sûreté -Générale, pour y faire droit : et le Comité ne m'a pas même encore interrogé.
En vertu de la loi du 18 Thermidor, qui ordonne ■qu'on communique à tout détenu, 'par mesure de sûreté gén&ale, les motifs de son arrestation, j'ai demandé les jnîens au Comité, et il a répondu n^en avoir aucuns.
Tous les iudividus qui, étant détemis comme suspects pai" la tyrannie de liobespien-e, se trouvent hors des cas exceptés par la mômo loi du 18 Tliermidor, sont depuis quoique temps eu liberté; et je reste oneove di'tenu.
Plusieurs députés, »iui m'ont connu pendant longtemps, pouravoii' partagé mon sort dans la môme prison, réelaraéreut, il y a quelques jours, auprès du Comité, l'exécution de cette loi à mon égard. Le rapporteur Laumon déclara dans son rapport lûavoir pas trouvé tuif: sente pièce i) ma charge; et il demanda en conséquence que ma liberté lïit prononcée ; mais par une politique indéfinissable, on ajourne encore cette affaire
jusques il la première réunion des trois comités
Ces comités se sont réunis plusieurs fois depuis, et mon sort est le même.
Quelle est cette poUtUitie .' certes elle ne peut
pas être celle de la liberté. Le sénat frauçois qui a mis la Justice à Cordre du Jour, pourroit-il souffrir que, par une poUti'pte digne dos Cqjus et Robespierre, un homme innocent devant les lois soit retenu dans les ifiYtà par la pure volonté tVim autre? et que les droits imprescriptibles de l'homme, et l'humanité, et le droit des gens, soient violés au nom du peuple ErauçoisI Non, citoyens, je suis persuadé que vous me rendrez la justice que je réclame, et la liberté que je n'aurois jamais dû perdre.
Autrement, je vous demande ce que les lois accordent à tous les hommes, ce que la justice ne refuse pas aux plus scélérats panui eux. Je demande un ju-
: seul moyen légal pour que l'homme probe 9 son honueui" intacte, et à l'abri de l'infâme ca-
ou puisse satisfaire l'intérêt public s'il a eu le : d'enfreindre les lois.
dstenee lûiin seul citoyea innocent dans les fers, >nnoissaneo des pouvoirs constitués d'un pays
que, seroit la plus forte preuve du (îe.s;/)oiis»ie
lOmme est authcntiqmment déclaré, ainsi que je par un jugement, un' excellent citoyen et le pà'c ats, avoir par ses services bien mérité de la paêtre à l'abri du soupçon même, [•] ce seroit le de la tyrannie.
y a oppression contre le corps social, lorsqu'un
ses membres est opprimé."
Droits de l'Homme, Art. 34.
>rce, ce 15 Nivôse, l'An 3""de la Eép. Fr.
F. MlRANDA.
Mirandç aux représentans du peuple français.
Cit-oyens.
Je dénonce à la Convention Nationale un crime dont 1& recherche et la poursuite importent essentiellement à la liberté.
[•] Vide le Jugement du Tribunal Révolutiomiaii e : t'roeës du Général Mirimda, No. 36 et 37- [Voyez p.p. 210 et .suivantes de cet o\ivrage].
Oe crime existe ou dans l'impunité d'an grand coupable, ou dans persécution d'un inuocent.
De toutes les manières de tuer la liberté, il n'en est pas de plus meurtrière, pour une république, que l'impanité dn crime ou la proscription de la vertu.
Il n'existe plus de société là où un membre du corps social insulte, par l'impunité, à la justice; c'eat-à-dire, à la volonté du corps qui veut essentiellement sa sûreté, et qui ne la trouve que dans la répression ou la suppression des criminels.
Il û'eKÏste plus de société là où le corps social laisse opprimer un de ses membres ; car de l'oppression de la partie à l'oppression du tout, la conséquence est directe et nécessaire.
L'un de ces deux crimes contre la liberté existe dane l'illégale détention de ma personne, que je dénonce à la Convention Nationale.
On je suis coupable, et il y a crime envers le corps social de me laisser impuni. Dans ce cas, je réclame moimOme une puuition légale; j'aime mieux mourir libre, c'est-à-dire, par la force de la loi, que de vivre esclave c'est à-dire, au mépris delà loi et parla volonté d'an autre.
Ou je suis innocent, et il y a crime envers la société de me tenir en prison saus jugement; quedis-je? sans aucun motif qu'on ose avouer; que dis-je? après l'aveu du Comité actuel de Sûreté Générale, qu'il n'existe aucune charge contre moi. Dans ce cas, je réclame ma liberté pour l'intérêt du corps social frappé, dans ma personne, de toute la tyrannie dont je suis l'objet.
demande que la Convention prononce sut cette alternative, dont la prolongation est un délit ensociété, et pour moi un supplice pire que la mort. i accepté, en 1792, l'honorable emploi qui me fut vec des instances réitérées, de défendre contre la es despotes la liberté françoise. Ma destinée m'avoir appelé à être toujours et partout le e cette illustre cause. [•] Quelles qu'aient été, à I de mon commandement, les iuDrignes qui failomproraettre le succès de la révolution fran- . coup sûr il n'est pas un homme eu France ase, moins que moi, être suspect d'avoir pris part aanœuvres ; car personne n'a rendu de sa conn compte aussi sévère.
position ayant pu m'exposer à des soupçons, les
de Défense Générale et de Surveillance d'alors, ut que tous les détails de ma conduite leur fusnmis. Le résultat de l'examen le plus appro- Eut une décision qui éloiguoit de moi Jusqu'au ) nuage. Le rapport fut etouflé par les intrigues "oix et autres, qui crurent que leur connivence umouriez se laisseroit entrevoir à la Convention,
obtint, an mépris de toute décence, ma traduc-
Tribuual Révolutionnaire.
uf séances furent employées devant ce tribunal, liseussion de tous ces ramas de dénonciations
Voyez les dépositions de l'ayne, Stone, ChHstie, Saboetc dans lo procès du (.ïénérnl Miranda au Tribunal ■oiinairc.
que l'intrigue et la perflcUe avoient accumulées sur moi. Elles fondirent et disparurent toutes au soleil de la justice. Je sortis <1g cette redoutable épreuve avec tout l'éclat d'au homme qui n'auroit jamais dû se justifier, ou pour mieux dire, je rer;us une couronne civique; il n'est pas un seul juré qui u'ait motivé sa déclaration sur des éloges, que je ne prétends pas mériter, mais qui prouvent au moins l'opiuiou que les débats avoient donnée de moi à la justice; et je n'oublierai de ma vie le touchant intérêt qu'une foule immense me témoigna aprî'S le jugement, en nous portant, mon défenseur et moi, dans les rues, au milieu de ces transports de joie que peut seul éprouver un peuple généreux au triomphe de l'inuocenee trop longtemps opprimée.
Les succès de l'homme de bien sont autant de défaites pour les méchants. Ceux qui sout acharnés à ma perte, eurent recours à leur arsenal de calomnie, et, de ce rempart innaccessible à l'innocence, ils m'aceabl^rent, en lâches, de leurs traits empestés. Suivant eux, mes caisses de livres étoient remplies de fusils;' les Mémoires de mes voyages étoient des correspondaa- " ces avec l'étranger; tout fut visité, et partout l'on ne trouva que la calomnie. Il fallut enfin me chercher des délits dans l'avenir, afin de m'ôter le moyen d'en prouver l'iuexisteuee. On imagina do dire que j'avois le projet d'un voyage à Bordeaux. Cfambon l'annoaça à la tribune de la ConventioD, et, quoiqu'aucun iudice n'existât et n'ait jamais pu exister, de ce voyage, Pache don-
3 ce ridicule prétexte, l'ordre do mo faire av-
depuis ce temps, voilà dis -huit mois que je laugiiis s fers. Voilà dix-huit mois que .ie suis traîné eus en prisons, sans qu'il m'ait été possible r aucun secours, sans savoir ce que sont deaprès mou acquittemeut, mes chevaux et mes ; sans avoir pu toucher aucun appointement, soit
temps où j'ai servi la République à la tête des
soit pendant ma première captivité; sans qu'il é possible do trouver le moindre refuge dans ue anéantie; et réduit enfin à vivre des débris bliothèque dont j'ai été forcé de vendre une par- • subvenir à ma subsistance- En un mot, voilà
mois passés, que j'attends que la tyrannie se enfin sur ma personne. Mais je déclare que je p dévoué au glorieux emploi de la combattre,
I pas être encore plus infatigable qu'elle.
suis résolu d'apprendre à l'Europe, ainsi qu'à |ue, si j'aurai eu France le priviliffe avdusif de ieution. Je veux voir si, après avoir été la preictime du système tyrauuique de Robespierre,
II est bien extraonUnjiiro qu'un membre dii Comité de iblie soit venu, duns la séance du 2 Brumaire dernier,
ce rapport si étningement (|tt'il met mou nom h la celui de Dilloii, iiiciilpé de Oapétisme. Je ne crois pas nas l'ait fait ù dessein ; mais il est certain que la est grossière et tril'S- blâmable. [Voyez le Moniteur du lire, et le rapport de Oambon, du 11 Juillet, 17!)3.
j'aurai le bonheui" d'ea être la dernière, par les soins de ses disciples, et alors on verra du moins à quel point je Baia éloigné d'avoir partagé les opinions atroces et tyraaniques de ces infâmes ennemis de la liberté, et combiea il étoit Iiors de mon pouvoir d'y opposer la moindre résistance.
Il y a maintenant quelque chose de glorieux à être le seul homme suspect en France, c'est-à-dire, le dernier réduit où la tyrannie se soit retranchée. Il est curienx de voir les acceptions différentes et contradictoii-es qu'on a données à ce mot suspect, i\ mon égard. D'abord, et pour avoir un préteste apparent à la persécution, j'étois suspect de complicité avec Bmnouriez. Ensuite, et lorsqu'il est prouvé qu'au lien d'être son complice, j'étoia sa victime, je deviens suspect d'être républicain, mais non réaohttionnaire [c'étoit au ;îl Mai]. Peu après, je fus suspect de fédéralisme; et maintenant que cette dénoniinatiou ne peut pins servir de prétexte à l'oppression, JG suis suspect de capétisme. Enfin, je u'aurois pas été surpris que, si Robespierre et ses complices eussent ruiné la chose publique, aiasi qu'il s'en est fallu de peu, ou m'ei\t proscrit comme ardent ami de la liberté : ce qui auroit été le seul souptjon légitime, et que je n'aurois jamais dénié.
J'avoue que cette destinée, à laquelle je ne devois pas m'attendra, me donne le courage de la supporter. Puisqu'enfln on a la cmauté de ne pas vouloir me trouver de crime, de peur, peut-être, que je n'acquière la facilité ffen trouver à (Vautres : puisqu'on me prive de la faveur d'iiue accusation, pour m'eulever la gloire d'ane
,jjMi
ÎOD, je code à, la main invisible d'une tyran-
il ne sera pas dit que je la rendrai inutile ù jlique Françoise. Il faut qu'elle sache que la
vit encore, puisque je suis dans les fers, sans m, saus motif, et avec l'avœii qu'il n'existe auirge contre moi. Il faut que les françois échap-
cent mille bastilles de la tyrannie décempprennent qiie ces bastilles les y attendent, ant prêtes à se rouvrir pour eux, s'il se peut mme juste y soit encore arbitrairement iiicarcéut qu'ils apprennent que le poids de mes chaînes ant sur eux que sur moi ; qu'enfin tout le corps t attaqué, s'il y a un coupable impuni, ou un
illégalemeut détenu dans les fers.
Scrable maxime des Couthon et Robespierre, 'rî-t individuel doit se sacrifier à Cintcn't public, . ase sur laquelle ils ont fondé la tyrannie. C'est
infernal avec lequel les Tibère et les Philippe H ille étoient parvenus avant eux à asservir et
Ta plus grande partie de l'espèce humaine. -Pai ue certains membres du Comité de Sûreté Gélu défaut de causes légitimes, avoieut donné tifs de ma détention uue pareille doctrine qu'ils ; politique et qu'ils prétendent appuyer sur ma Pétraiifjcr. [•] ord, je demande en vertu do quelle loi on m'ac-
Jii habitant dt- (.'iimv"n et do IJiii't n'est |)iis plus de (luelciiio iimuièrc qu'on le (?oiisidf-rc qu'un linbijonncctieut ou do lioatmi o.st aiifîl(iis>.
cofdo le titre de citoyen françois, quand il s'agit de faire peser sur ma tête les eugagemens saci^'s qu'il i-enf erme ; et lorsqu'on a, reconnu que je les ai remplis avec exactitude, et qu'il s'agit de me persécuter, on m'en dépouille pour y substituer celui d'étranger. Ne serai-je donc fran(;ois que pour eu remplir les devoirsî et puis-je cesser de rOtre, quand il s'agit d'eu réclamer les droits î [•]
S'il étoit vrai que le succès de la liberté publique tint à la perte de ma liberté personnelle, les saciificea que je lui ai déjà faits prouvent que je serois encore capable de ce nouveau dévouement; mais comme lo simple bon sens dit assez que cette prétendue raison d'état n'est que le prétexte d'une pei'sécution, je ine permettrai de la réfuter par la plus grave ainsi que la plus saine des autorités on démocratie. C'est J. .T. Rousseau qni ijarle:
" Il ne faut pas croire que l'ou puisse offenser ou " couper un bras, que la douleur no s'en porte à la tête; " et il n'est pas plus croyable que la volonté générale " consente qu'un membre de l'état, quel qu'il soit, en bles-
|*j '■ Ji^ me suis oiigagO, par un senuciit, » servir la Bépn- " bliijiio, suloii toute l'étendue de mes coniioissaiieea, et à défendre " ses iutérêts iiiêrae an pt'ril do ma propre vie. — Elle m'a promis, " par Hue stipulation formelle, de payer mes ser\-ices du double " tribut do l'estime et d'un émolument honorable. — Ai-je rempli " fidMement ces eugageiucus ? Un tribunal et doux comités de " la (.'onveutiou l'ont ainsi détlaré iinaiiîmeinent.— Et «laelle ré- " eomi)euse m'a-t-on- offert ï tTue ]>erséeutioii atroce depuis vingt- " lieux mois, et un long et cruel emprisonnement, pur mesure du " siiretf yénn-file. (t s(tn.i émise, envers nu liouime qui a bien mérité "de la patrie! — Cela peut paroître iucroyable : rien n'est oepen- " dant plus exact."
détruise uu autre, qu'il ue l'est, que les doigts homme, usant de sa vaisou, aillent lui crever lUX. La sûreté particulière est tellement liée avec fédération publique, que, sans les égards que l'on
la foiblesse humaine, cette convention seroit te par le droit, s'il périssoit dans l'état un seul a qu'on eût pu secourir; -si Von en retenait à tort il en prison, et s'il se perdoit un seul procès avec injustice évidente; car, les conventions fondâtes étant enfreintes, on ne voit plus quel droit ,el intérêt pourroit maintenir le peuple dans 1 sociale, à moins qu'il n'y fût retenu par la force, qui fait la dissolution de l'état civil.
n effet, l'engagement du corps de la nation n'esti de pourvoir à la conservation du dernier de embres, avec autant de soin qu'à celle de tous itves? Et le salut d'un citoyen est-il moins la commune que celui de tout l'étatî Qu'on nous u'il est bon qu'un seul périsse pour tous, j'admieette sentence dans la bouche d'un digne et verpatriote qui se consacre, volontairement et par ", il. la mort, pour le salut de son pays; mais si ntend qu'il soit permis au gouvernement de saun seul homme au salut de la multitude, je cette maxime pour une des plus exécrables que 5 la tyrannie ait inventée, la plus fausse qu'on I avancer, la plus dangereuse qu'on puisse ade, et la plus directement opposée aux lois fouitales de la société. Loin qu'un seul doive périr tous, tous ont engagé leurs biens et leurs vies
*' à la défense de chacun d'eux, afin que la foibleese " pai'ticulière fût toujours protégé© par la force publî- " que, et chaque membre par tout l'état. Après avoir,' " par supposition, retranché du peuple un individu après " l'autre, pressez les partisans de cette maxime à mieux " expliquer ce qu'ils entendent par le corj}S de VEtat, et "vous verrez qn'ils le réduiront, à la fin, à un petit' '^nombre d'hommes, qui ne sont pas le peuple, mais lesoffi- " ciers du peuple, et qui -s'étant obligés, par un serment " particulier, à périr eux-niéjnes pour son salut, préten- *' tendeut par là que c'est à lui de périr pour le leur.'*
[Discours sur l'économie politique]
Cepeudaut, quel étrange paradoxe! et quelle contradictioH barbare ! que celui-là même, qui, depuis vingt ans , professe publiquement la liberté; qui, pour elle, a fait partout le sacrifice des richesses et des dignités les plus propres à flatter l'orgueil et l'ambitiou des hommes ; qui n'a pas laissé un seul peuple libre sur la terre, qu'il n'ait visité et avec qui il n'ait vécu quelque temps, consultant les légis;lateurs et les sages, pour s'instruire dans cette science importante; qui compte ses amis parmi ces grands hommes, 6t ses ennemis chez les despotes ; qui est connu notoirement, dans toute l'Europe et l'Amérique, pour un des plus chauds partisans de la liberté; qui, poursuivi ■ par le despotisme espagnol, d'un pôle à l'autre, est venu en- France, appelé pour y défendre cette liberté sainte, et qui l'a eu effet défendue de tout son pouvoir: quelle inconcevable singularité, que ce môme homme éprouve depuis dix-huit mois la plus horrible persécution, au seiu et au nom de cette nation même pour laquelle il
a combattu au péril de sa vie, non seulement sans que la calomnie ait pu produire pendant ces dix-huit mois une seule pièce à sa charge, mais lorsqu'au contraire il en existe en sa faveur un grand nombre des plus honorables. [•]
Si j'étois uu prisonnier de guerre, je me plaindrois hautement d'une toile persécution : à plus forte raison ayant bien mérité de la République ! L'histoire nous apprend des premiers Romains les plus beaux modôles d'un peuple libre et républicain, "avec quelle magna- " nimité, après les grandes calamités de leur liépublique, ** ils étoieut soigneux de combler de leur gratitude les ** étrangers, les sujets, les esclaves, et mOme jttsq>CaHX *' animaux, qui, durant leurs disgrâces, leur avoient "rendu quelques services signalés." Elle nous apprend également, à la honte d'une antre nation céK'bre et rivale du même peuple, qu'ayant engagé à son service, dans un moment de détresse, le grec Xantinppc, jiàiéral Italnïe, et qui parvint, par ses taleus militaires, à la servir très-utilement, celui-ci fut tellement récomiiensé, qu'après avoir ret^u des témoignages de recounoissauce
[•] A l'époqui! du jugement des viiigt-uii dil'putés, le Comité de Sûreté Générale ordoiiun la visit-e de tous mes papiers, qui «ont chez le citoyen Bari'ois l'aîné, parmi lesquels se trouve nn jonrnsl exact do ma vie depuis l'adoleseence, ainsi que de mes voyages pendant douze nus, et dout la lecture seule sufflroit pour faire rougir lu calomuio, et peindre le plus constant ainsi que le plus ftdMe nmi de la liberté. D'apri-s l'examen le I^QB minutieux de ces papiers, on ne trouva ijn'inn; rornsfaitir preuve de mon ardenf amour [iohi- hi liherti', ci th mon yoi'il pour Ut aris. [Ce sont les propres expressions dos commissaires examinateurs du t€m])s (le RobespieiTe.j
daiis les premiei-s momens de la joie publique il fat porté eu triomphe par le peuple; mais, que peu de jours après, ayant pris la resolution de se retii'er chez lui, eu Grèce, sur des vaisseaux Carthaginois, il fut, par Hue perfidie inouïe, noyé dans la mer, par ordre secret du mOme gouvernement. Cette politique paroît si atroce, que le même historien ajoute: "Une telle noir- " ceur ue me paroît pas croyable, même dans des Car- " thagiuois."
Eh bien ! citoyens, que direz-voue, eu lisant oe qui s'est passé à mou égard 1 Je vous proteste que non pas nue fois, mais dix, j'aurois voulu changer mon sort avec celui de ce grec infortuné, plutôt que d'endurer les tourmeus que j'ai soufferts et que je souffre encore daus ce moment-ci. Si Xanthippe eut le malheur qu'on lui enleva la vie, chose si commune daus la profession des armes, il eut le bonheur aussi qu'on lui laissa son honneur et sa réputatiou intacts, object beaucoup plus précieux pour un militaire et pour tout homme libre. Aurois-je dû m'atteudre, qu'au lieu de la magnanimité romaine, j'eusse trouvé la foi cartlmginoise parmi la nation la plus civilisée, peut-être, de la terre î
Bh! qu'on ne dise pas que cela n'est que l'effet d'une tyrannie qu'on a détruite. Cela peut être vrai jusqu'au 9 thermidor. Mais depuis que toutes les bastilles se sont ouvertes, et qu'aux assassins publics même on accorde [ce qui est juste] toutes les formes prescrites par les lois pour leur défense, pourquoi continuer à me les refuser î C'est de quoi je me plains hautement aux représeutans de la nation, et sur quoi j'ap-
ttention de tous les peuples de la tevi-e. Je ue depas gi'âee à la Couveution. Je réclame la plus Lse justice, tant pour moi que poui- ceux qui par mi double atteutat, comprometti-e la di- 1 peuple frauçois, et avilii" sa représentation iia-
Muaudii au Conseil des Ciuq-Coiits — Miraiidii nu Pouvoir Exécutif. — Expiilsiou de Mii'aiidd.
Le Général Miranda au Conseil den Cinq-Cents.
Citoyens législateurs, qiiaud nue accusation de conspiration contre la sûreté de l'état a ét6 discutée deux fois dans le sein du corps législatif, et qu'elle a eu dès lors la plus grande publicité, il importe que le résultat eu soit également eounu des législateurs et du. public.
Le Directoire Exécutif ayant déclaré, par son message du 26 Brumaire, au Conseil des Cinq-Cents, n^avotr aucune pihr, d ne connoitrc pus même les faits rela^fs à mou arrcBtaiion, et le Conseil ayant passé à l'ordre du jour pur et simple sur ce message, le Directoire, en vertu de l'article 14") de la Constitution, mais après-
beaucoup de leatoufs, eoiiti'o lesquelles .j'ai vaiuemeut réclamé, a ordomié, le 4 Frimaire, " que je serois surle-champ mis eu état d'avrestatiou ; que les scellés seroient eu même temps apposés sur mes papiers, qu'exameu en seroit fait sans délai, pour ceux qui paroîtroieut mériter attention être rerais entre les mains de l'offieier de police, par devant lequel je serois renvoyé pour procéder suivant les lois."
Cet aiTeté a eu sur-le-champ son exécution, en tout ce qu'il a de rigoureux, mais point du tout en ce qu'il a de favorable à la liberté.
J'ai été mis eu état d'arrestation le (j Frimaire, à onze iieures du matin ; ensuite mes papiers ont été examinés ; ou ii'y a rien trotirc de répréhensihJc, ainsi qne le constate le proeés-verbal dout je joins ici copie ; et cependant, le (> Frimaire, aussitôt apW's cette vérification, lorsqu'il étoit bien constaté qu'il n'y avoit <'û!itre moi ni preuves, ni indices, j'ai été conduit, comme prévenu de conspiration contre la sûreté do l'état, dans la maison d'arrêt du Plessis.
L'article 14.j de ia Constitution, sur lequel s'est fondé le Directoire dans .son arrêté contre moi, est ainsi eoDÇU :
" Si le Directoire est informé qu'il se trame ([uelque conspiration contre la siireté extérieure ou intérieure de l'état, il peut décerner des mandats d'amener et des mandats d'arrêt contre ceux qui en sont présumés les auteurs ou les complices : il peut les interroger ; mais il est obligé, sous los peines portées contre le l'rime
de détcntiou arbitraire, de les ronvoyer par devant l'officier de police, dans le délai de deux jours pour pro oédev suivant les lois."
D'après cet article on voit que le Directoire Exécutif étoit obligé, sous les peines du crime de détention arbitraire, de me renvoyer devant l'officier de police, dam le délai de. deux jmrs, pour procéder suivant les lois,
Eh bien ! au mépris de cet article, non seulement deux .jours, mais phis de quatre jours se sont écoulés, sans que J'aie entendu parler, ni d'officier de police, ni d'iutorrogatoive ; et ce n'est que le 10, qu'ayant enfin subi un interrogatoire, lequel n'étoit plus que de forme, après la déclaration du Dii'ectoire, du 26 Bnimaire, et le procès-verbal de visite de mes papiers, du (î Frimaire, j'ai été mis sur-lc-eliamp eu liberté
Ainsi, point de motifs au décret d'arrestation lancé coutre moi par simple mesure de sûreté ; aucune pièce, aucun fait, relatifs à mon arrestation ; rien qui mérite attention ni do réprélieusible dans mes papiers, et pas un mot dans mon interrogatoire qui puisse motivei' une inculpatiou. Voilà, citoyens législateui-s, la réponse que je fais, comme iiicxdpé, aux détracteurs audacieux qui prétoudeut attaquer, jaar les plus absurdes calomnies, mou bouuenr et ma probité.
Mais ce qui est plus important, et ce dont je' porte plainte comme citoyen, c'esi la dolation qui a été faite, eu ma pcrisoinic, de la Constitution. Loiu de moi l'idée de vengeance personnelle, et l'intention de récriminer contre tels ou tels, ni d'accuser aucun des membres du.
Directoire Exécutif, ou tout autre officier que ce puisse £tre, de la violatiou que je dénonce! Je ne souge qu'à l'intérêt général compromis par la persécution particulière que j'ai éprouvée; car c'est par les atteintes portées à la liberté individuelle que commence toujours l'établissement do la tyrannie, et il n'importe quel est ici le coupable, mais il est sûr que mes droits et l'acte constitutionnel ont été violés.
Eu effet, sans examiner ce qu'a fait le Pouvoir Exécutif pendant les quatre jours et demi de ma détention, ni s'il devoit me constituer prisonnier d'après l'article de la Constitution qu'il invoque, lorsque do son propre avAi il n'avoit aucune pièce relative ù mon arrestation, et qu'il ne connoissoit pas même de faits dont on pût m'accuser ; lorsqu'enfln, visite faite de mes papiers, il ne s'y étoit trouvé aucun indice du moindre délit; ce qu'il y a d'incontestable, c'est que la Constitution vouloit que je fusse renvoyé devant l'officier de police, et interrogé dans les deux jours au plus tard, et que ce n'est qu'après plus de quatre jours qne j'ai entendu parler d'interrogatoire et de renvoi ordonnés par la cbarte constitutionnelle.
Op, il y a là une violation ouverte de cette Constitution, à l'exécution littérale de laquelle le Directoire est chargé de veiller ; et de l'exécution de laquelle on sent assez que dépend la liberté civile du peuple françois.
Encore une fois, je n'accuse personne ; c'est à vous, législateurs, à trouver le coupable: je me borne à vous dénoncer le délit, et je me contenterai d'ajouter que si
le Directoire n'a pas fait son devoir, le Directoire ne peut pas ici prétexter cause d'ignorance, puisque c'est en vertu môme de l'article qu'il auroit violé, que j'ai été jeté dans les fers; mais alors ofi en serious-nons, grand Dieu! si le Directoire Exécutif, chargé de veiller au maintien de la Constitution, peut impunément la
fouler aux pieds î nous serions constitutionnelletnent
esclaves sous le Pouvoir Exécutif; comme nous Vêtions ré' voltttionnairement sous Robespierre.
[Moniteur, du 20 Frimaire, an 4 [U Dec. 1795.]
Miranda, général des années de la RéjjuUique Françoise,, au
Poiiroir Ext'-catif. — Dit Mesnil, ce 25 Friniaire,
an 4" de la liépublique Françoise
une et indivisible.
Citoyens, si j'ai quitté le gardien que vous m'aviez inutilement donné, pour me forcer à sortir de France, dans le délai de trois jours, conduit par la gendarmerie de brigade en brigade, comme un criminel, dans la supposir tion que Je Ji'fli iJffS exécuté la loi du ii3 Messidor, contre les étrangers, et que suivant l'expression du citoyen Letoarneur de la Manche, Je porte trop d'ombrage an Directoire } je l'ai fait pour deux motifs, auxquels vous-mêmes citoyens, ne pouvez sûrement qu'applaudir.
i voulu d'abord prendre le temps de i-églev mes particulières, et d'acquitter les dettes que j'ai gé de fioutracter peudaut les trois auuées de tien et de captivité, dout le gouverueiiient lémaire a payé mes services saus payer mes emens, ni mo reudre ma propriété dont il s'étoit remeut emparé ; pénétré de ces principes, riue r là que doit commencer un honnête Uomme le quitter un pays où il a fait sa résidemre ; et isé d'ailleurs que je devois vous laisser à vousle loisir de vérifier l'erreur dans laquelle vous mbés à mon égai'd, persuadé que vous vous leriez de réparer une injustice involontaire, jourd'hui que plusieurs membres du précédent lemeut ont bien voulu se transporter chez vous témoigner qu'à l'époque de la promulgation de outre le« étrangers, non seulement Je nie î^nis ? au Comité chargé de son exécution, pour j' er un passeport, mais que ce passeport me fut me}it refi(se, parce que la loi ne me couceriioit ree que j'étois fonctionnaire public, l'un des plus généraux, quoique non employé; parce que j'avois nmandé les armées pendant trois campagnes; pari'avois rendu d'importans services !i la Républiree que c'eiit été une dérision que do me qua- ! fféiéral il'anuée pour faire peser sur ma tê- 9 la responsabilité et me faire même juger par mal révolutionnaire; citoyen frani;ois pour m^emr par mesure de si'ireté. f/cnéraîc et san-'i cause : vingt-deux mois ; et prétendre après de ne me
renomioître quo comme uu étranf/cr inconnu, pour me reuvoyei- hors du pays dans la elasse des gmis suspéris; et parce qu'oiifin j'étois lié préalablemoot à la natiou franvoiso, pur uu pacte formel et réciproque. Aujourd'hui, dis-je, que voa.s ('tes instruits de tous ces fait^, il est impossible que vous nesoyoz pas convaincus du i>eu de fondement de votre arrêté.
(^uant au motif que m'en a donné le citoyen Letourueiir lie la Manche, il m'est incompréhensible. Ja ne saurois concevoir quelle espèce d'ombrage uu ami de la liberté peut porter à uu gouvernement libre, surtout lorsqu'il est étranger à tous les partis; qu'il ue se mêle d'aucune affaire publique; qu'il ue remplit ni n'ambitionne aucune charge; qu'il vit seul avec quelques amis, au sein des arts, de la philospohie et des lettres, et que le gouvernement même, n'ayant îi lui reprocher aucune action, aucun écrit, aucun discours contraire à l'ordre, vient d'entendre, par l'organe des magistrats, que sa conduite est inrpiocliahle aux yeux de la loi.
Cependant, puisque je fais oiithrar/c au Directoire, je ne vous demande pas, Citoyens, le rapport de votre arrêté. Quant à Vostyactsme, qu'au fond il prononce contre moi, je n'ai jamais eu qiie l'intention d'en éviter la forme outrageante pour un citoyen irréprocliahle. Je fais omhraije an Directoire; je sors de France, pourvu que j'en sorte par la voie de l'honneur, trop heureux de pouvoir lui donner cette preuve éclatante que non content de ne porter aucune atteinte à sa liberté, je ne veux pas même qiCon puisse in^cii ionp^oniier.
Je demande on eonséqueuce; 1?, uu passeport pour
'6 à Copeahague, ville neutre et amie de la
Le paiement préalable des sommes que l'Etat tant en assignats qu'en numéraire, d'après les que je possède, arrêtés par la trésorerie ; ainsi chevaux, équipages et autres effets dont les i gouvernement révolutionnaire se sont empaue les comités de ce gouvernement ont reconuu enir par divers arrêtés dont j'ai des expéditions. Enfin, un délai convenable pour mettre ordre ïaires, encaisser mes livres, et quelques mouu- 3 arts, me réservant d'ailleurs de réclamer dans e occasion les droits que me donnent une stisacrée avec la nation fran(;oise et les services ni ai rendus.
[Moniteur, (?« 4 Janviey 179G].
IÙxpnMon de Miranda
ajouter encore une preuve des bonnes intentions toire envers le Général Miranda, ou u'a qu'à ttre suivante: elle prouvera qu'il n'étoit pas
hors de la France, d'où le Directoire prétenolument l'expulser, [vide l'arrêté dont parle neux, et la proscription générale du 18 Frueti-
5] qiCïls Vont tout de suite phcé sur la liste des pour qu'il ne rentrât jamais. Bonaparte, cepennt devenu Premier Consul, ne voulut pas sup-
porter uae aussi évidente injustice, et lui permit de vonir à Paris en 1800, séjour qu'il quitta volontiers pea de temps après? [•]
Le Ministre de la Police Générale ait Préfet du Département des deux Nî'thes.
Paris, le '27 Brumaire, an 9 de la République uu© et indivisible.
Par votre lettre du 12 de ce mois, vous m'informez, citoyen Préfet, du retour en France du Général MirandOf iuscrit sur la liste des émif/rés.
Je vous charge de lui enjoindre de ' sortir de suite du temtoire de la République, et de prendre toutes los mesures coQvenables pour vous assurer de l'exécution de cet oi'drc, dont vous me rendrez compte. Le Ministre de lii Police.
[Signé] FoucHÉ.
Aut«para, page 269.
B d'un écrit de Miranda, publié h Paris vn 179.'}.
îio» du Gniiîral M'tmuda ■■mr la sUtiation acluelle de la France.
[ Exfmiis. ]
'ond, demau'Ier la paix, c'est vouloir un gouit., et léciproquement. Les puissances étraugt'roiit aueuiio confiance <laiis nos traités, taudis iction se substituant à l'autre, pourra anuler tout s aura fait. Oa ii'ast que par uue sago divlpouvoirs qii'ou parvient à donner do la stabigouverueraent. Toutps les autorités constituées nt alors gardiennes les unes des autres; car elles :es intéressées au uniintien de la constitution en
vertu de laquelle elles existent; c'est pourquoi elles se liguent toutes contre quiconque voudrait attaquer l'une d'elles. Que si au contraire tous les pouvoirs sont concentrés en un seul corps, une portion de ce corps s'arrogera toujours l'autorité de la masse entière, et il suffira à une factiou de diriger ses batteries contre cette portion souveraine de fait, pour opérer une révolution. Le 31 Mai et le 9 Thermidor ont laissé subsister la même Conveution Nationale, et cependant tous les deux ont changé la face de l'état. C'est que tous deux ont fait changer de main la puissance.
La tyrannie affreuse de Robespierre et de l'ancien Comité de Salut Public, n'est due qu'à cette fatale confnsiou de pouvoirs ; et l'on peut remarquer que la défla-. gration du brigandage et de l'assassinat, date de l'époque où la Convention, en transportant toute sa force au Comité de Salut Public, fit entièrement évanouir le fantôme du pouvoir exécutif, qui quoiqu'asservi et dépendant des caprices du législateur, lui opposoit encore une foible barrière
Deux conditions sont essentielles pour t'indépendanee absolue des pouvoirs. La prennèi-e, que la source dont ils émanent soit (me; la seconde, qu'ils exercent tous les uns sur les autres uue siirveiHance rvciproqm. Le peuple ne seroit pas souverain, si l'un des pouvoii's constitués qui le représentent, u'émanoit pas immédiatement de lui; et il n'y auroit pas d'indépendance, si l'un d'eux étoit le ci'ôateur de l'autre. Donnez au corps législatif, par exemple, le droit de nommer les membres du pouvoir exécutif; il
ai" eux uue iufiueutie funeste, et la liberté poliïistera plus. S'il nommoit los juges, il iullneaceroit les jugemeus, et il n'y auroit point (.le liberté civile. C'est ainsi qu'en Angleterre, où le pouvoir exécutif exerce une influence marquée sur le législatif, la liberté politique est considérablement diminuée. Le pouvoir judiciaire, quoiqu'élu par l'exécutif, est à l'abri de sa fatale influence, parce que le peuple compose le jury et que les juges sont inamovibles ; aussi la liberté civile n'a-t-oile encore i'e(;u presqu'aueune atteinte
' " " "infiance que les puissances étrangères auront dans uveau gouvernement, sera le plus sûr moj'eu des conférences, qui donnent enfin la paix à l'Eula tranquilité à l'état. Mais il faut s'empresser imer hautement les principes de modération et de ni guideront désormais la nation fran<;oise devee. La justice aftermit les états ; il se forme uaent une ligue contre les peuples usurpateurs, les citoyens d'un même pays se liguent contre li veut leur ravir leurs droits. La gloire des 3S n'est pas digne d'une République fondée sur et dû aux droits de l'homme, et aux sublimes i de la philosophie. Les Césars, les Alexandres
semblables, y seroieut des citoyens dangereux ; sophe paisible, le magistrat intègre sont des
bien plus nécessaires pour elle, car ils la .seras tous les temps.
andue de la France lui offre des moyens plus Isans pour défendre sa liberté et son iudépen-
dance. De nouvelles acquisitions ue feroieut qu'augmenter les embarras du gouvernement, déjà très-compliqué, dans un pays aussi vaste et qui veut une forme démoeratique de gouvernement. Elles exciteroient contre elle, sans acun proflt, la jalousie de tous ses voisins.
Désavouer formellement toutes les prétentions exagérées que le décemvirat presentoit comme le vœu national ; déclarer que la France se renfermera dans ses anciennes limites, en y ajoutant quelques places de guerre qui rendront notre froutièie sûre et à l'abri de toute insulte: telles doivent être les premières opérations diplomatiques du nouveau gouveruemeut de la République Frani;oise ; et comme sa maxime est de ne pa;^ pennettre qu'aucune puissance s'immisce dans son régime intérieur, elle aura pour principe aussi de ne se pas mêler de celui des autres peuples.
Luxembourg, JIous, Tournoy, Nieiiport, Kaisers Lautern, Germeshoim et quelques autres places situées sur cette ligne de défense, rendront notre frontière bien rtutremeut défendable, que si nous l'étendions jusqu'aux rives du Rhin. Les Alpes, les Pyrénées et les mers doivent être ailleurs les limites de la France, en prenant toujours dans les montagnes le pendant des eaux, pour ligne de démarcation ; tous les peuples qui seront entre nos frontières et jusqu'aux bords du Rhiu, doivent être déclarés libres et indépendaus, amis et alliés du peuple fran(;ois. Ils formeront, pour ainsi dire, une double enceinte inuaocesible aux attaques imprévues de nos ennemis, et leur indépendance étant garantie par la France, ainsi que par toutes les autres puissances
tes, leur tranquillité sera assurée. Alors sous lion de la France, bientôt la liberté [comme Hollande] produira un changement étonnant twnbenr et la prospérité de ces peuples simples rienx.
lipulera aussi une indemnité équitable en fasouverains qui ont des possessions en deçà et qui seront indemnisés par les trois électorals loe, de Cologne et de Trêves, qui leur céderont ge le territoire appartenant k eux sur la rive Rhin. Ces ti'ois électorats, supprimés de fait, plus partie du collège de l'empire. Mais cornst pas juste qu'aucun individu soit lésé dans nce de ses droits, autant que cela est iucoml'ee l'intérOt général, ou accordera aux trois un revenu suffisant pour vivre avec aisance S le reste de leurs jours, lavigation libre des fleuves étant un droit imble que la nature donne aux habitaus des pays ►sent, celle de la Lis, de la Sambre, de la ileu- Sscaut, de la Moselle et du Rhin sera eomla France et à tous les peuples qui auront des is le long de ces fleuves. Ils pourront naviguer jusqu'à l'embouchure do l'océan.
comme l'ouverture de l'Escaut doit rendre à Auancienne splendeur, et attirer ù elle le eommerriehesses d'Amsterdam et d'autres villes hollau- , nation fran(,'oise, qui ne veut pas nuire aux le ses alliés, feroit bien de céder aux bataves ie du marquisat d'Anvers en échange de la par-
tie hoUandoise de la Flandre maritime, que les traités ont déjà réunie à la Belgique. Cet échange conciliera les intérêts des deux peuples à qui il est également avantageux.
Pour ce qui regarde nos colonies, la France, ne pouvant pas se passer de leurs produits sur lesquels sont fondées absolument ses manufactures et son commerce, nous offrirons quelques-unes de nos îles moins importantes poui- la partie Espagnole de Saint-Domingue et pour celle de Puerto-Rico, qui uous seront cédées en échange des places fortes et du territoire que nous possédons actuellement en Espagne. Par cette disposition seule ou pourroit dédommager nos malheureux colons des pei-tes innombrables que la tyrannie leur a fait essuyer. La cession de ces deux possessions doit être d'autant moins coûteuse à l'Espagne, qu'elle ne tire aucun profit de ces deux îles, et qu'au contraire l'entretien des garnisons et autres dépenses coûtent considérablement il l'état, par le manque de commerce ou de toute autre industrie. On donneroit par là des possessions à oeux de nos frères que l'égarement d'un moment, ou la crainte d'une atroce persécution a fait quitter leur pays, et qui n'ayant jamais porté les armes contre leur patrie, expient, par de longs malheurs, une erreur momentanée. On ôviteroit, par cette conduite, les funestes effets que Louis XIV, par la révocation de l'édit de Nantes, fit éprouver à. la France entière, en forçant d'émigrer chez l'étranger une foule d'hommes industrieux, dont le travail enrichissoit leur pays natal, qui so ressent encore de leur perte.
Une pais fondée sur de telles bases, répararoit eu
sorte les torts que les fraûçois ont commis eanmanité. Elle anéautiroit les funestes effets du
traité de AVestplialie, et douneroit à la partie ute de l'Allemagne l'influence qu'elle auroit dît ; avoir par son instruction, sa philosophie et ichement aux vrais principes de la liberté. Enfin, Itat de cette guerre seroit aussi profitable au umain, que celui de toutes les autres lui a été
Tiinc genus Immaunni positissibî consulat armii; Inque viceiu gens ouiiiis amot.
ViRG.
APPENDICE
ii:ÈH^>
MIRANDA
JUaÉ PAR DES HISTORIENS FRANÇAIS.
J. B. Louvet de Oouvray,
Biographie des Contemporains.
J. Michelet.
Louis Blanc.