‹ Miranda dans la révolution française: Recueil de documents authentiques relatifs à l'histoire duChapitre 12 sur 17 · LOUVET DE COUVRAY · texte numérisé non relu

LOUVET DE COUVRAY

MÉMOIBEB.

Edition de Barrière. — Paris, 1863.

juiuée de Nenviiide vint easuite. La défaite gauche eutraîua la perte de la bataille. Éeoaoda [•], il vous dira qu'il fut sncnflé pav Du-

crois îliraiida i"! tous i-gaids iiTL'procliable. Voilà mt' (jonteutais de dire daus mes «avemes, oîi, dénué ^coiii's, je ne iiou\-ala éci'ii*e que de léiiiinisceuce. Deretour, je me suis procuré des reuseiguemeuts sur re entre ilirauda et Diimoiiriez. Il me paraît que que celui-ci envoyait de Paria pour sa campagne de étaient assez hasardeux, et bien souvent modifiés par lotammcnt l'entreprise projetée sur la Zélaude. Il paque Mirauda avait prévu, dès le 14 Février 179^, et mprimée dans sa correspondance en fait foi, avait -je, les revei-s rei;«s bientôt après sur la lîoër: Duiii-méine en convint dans le temps. La retraite que is firent depids Liége, Ruremondo et de Grave, par

mouriez; écoutez Dumouriez, il vous dira que Miranda se fit battre exprès pour lui arracher la victoire. Moi qui sais que la faction détestait également l'un et l'autre, je penche à croire que ce fut elle, et elle seule, qui fit les désastres de ce jour. Il était décisif; et tout semble annoncer que les premiers qui, dans l'aile gauche de Miranda, crièrent Sauve qui peut! et la débandèrent, étaient ces désorganisateurs payés, ces cordeliers, dignes émissaires de Marat, dignes agents de Lacroix.

[T. XII, p.p. 248 et 249.]

len dispositions de Miranda, ainsi que la position que ce général prit h Louvain, derrière la Dyle, poiu* couvrir la Belgique et recevoir en même temps les secours qui devaient arriver par la frontière du nord h Parmée française, étaient aussi savantes que judicieuses; et si Dumouriez n'avait pas quitté cette position pour marcher aux autrichiens, très-avantageusement postés sur les hauteurs de Nerwinde, Landen et Leau, et d'ailleurs supérieurs en nombre, nos renforts auraient pu joindre à temps, et, selon toute apparence, nous aurions regagné notre position antérieure, et chassé les ennemis au delà d\i Rbin. Mais Dumouriez, qui craignait Parrivée d'un mandat d-arret, et qui savait que Miranda ne composait pas avec les principes, malgré les hens de leur amitié d'alors, se hâta de hasarder une bataille, dans Tespoir de se rendre redoutable k la Convention, s'il demeurait vainqueur; ou, s'il était battu, de s'allier aux ennemis pour marcher en apparence contre toute la Montagne, mais réellement contre quelques-uns de ses chefs seulement, et contre tout ce qu'on appelait la Gironde. La jalousie qu'il prête à Miranda, ainsi que le peu d'accord parmi les généraux avant son arrivée à Louvain, sont également démentis par sa propre correspondance, ainsi que par les preuves qui résultent du procès du Général Miranda au Tribunal Révolutionnaire.

I Note de Louvet. ]

BIOaEAPHIE DES CONTEMPORAINS.

Dictionnaire historique des hommes vivants, et des hommes

morts depuis 1788 jusqu'à nos jours. Publié sous

la direction de MM. Mahhe, Vieilh de BoisjoUn

et Sainte-Preuve. — Paris, 1834.

MIRANDA [Dox FiuNCisco de], officiel- espagnol, général au service de la République Française, et l'un des premiers fondateurs de l'iadépendauce de l'Amérique espagnole, naquit à Caracas, vers 1752, d'une famille ancienne, riche et considérée. Après avoir reçu les premiers éléments de l'éducation, il vint en Espagne à l'âge

•de dix-sept ans pour y poursuivre ses études; entra bientôt après au service, et obtint, par l'influence de sa famille, le grade de capitaine. Avide de connaissances,

■ il voulut aller à Paris, et demanda à cet effet un congé qui lui fut refusé. Décidé ù s'instruire à tout prix, le jeune Miranda fit venir de France, à ses frais, des maîtres de diverses science.s dont l'enseignement était, à cette époque, trop imparfait en Espagne, et se livra

avec ime extvi'me ai'deui- à l'étude de toutes les branches dos mathématiques ot des langues savantes. Il fit aussi venir de Paris un grand nombre de livres, que l'Inquisition fit f-aisir chez lui. Malgré ee contre-temps, quL' Miranda snt bientôt réparer, il poursuivit ses travaux, sans négliger le service militaire; se trouva plus tard au siégo de Melilla, -sur la côte de Jlaroc, et fit partie du eoi'ps espagnol qui alla en Amérique coopérer avec l'armée fran<;aise, aux ordres du Maréchal Rochambeau, à l'établissement de l'indépendance des Etats- Unis. II redoubla d'elïorts pour parvenir à se metti"e au niveau des officiers fraudais du génie dont il cultivait la société, taudis que ses entretiens avec les prÏDcijianx personnages, fondateurs de la confédération américaine, développaient en lui l'amonr de la liberté et le désir bien prononcé de ne rien épargner pour affranchir un jour .son pays natal de Toppressiou de l'Espagne et de son régime despotique. Parmi les hommes vertueux et éclairés que Miranda fréquentait, il faut compter M. Iving et le Colonel Ilamilton: il puisa dans l'intimité de ces hommes illustres des maximes solides sur les institutions républicaines, et dont il ne s'est jamais écarté depuis. Après la conclusion de la guerre d'^Vmérique, Miranda quitta le service, et parcourut l'Europe pour s'instruire et plus encore pour y chercher les moyens d'exécuter les projets qu'il avait conçus de rendre l'Amérique espagnole indépendante de la mèrepatrie. Il se vendit d'abord en Angleterre, puis visita la Prusse, l'Autriche, l'Italie, la Grèce et une partie de la Turquie. De là, il- se dirigea vers la Russie et ren-

. Cherson, le Prince Potemkîn qui le présenta ratrice Catherine, ti Kiow. Cette souveraine, de voir un espagnol voyageant pour s'instmire, la comme un phénomène, lui fit l'accueil le eienx, et parut si satisfaite de sa conversation, i proposa de rester eu Russie, car, lui dit-elle : gne n'est pas le pays qui vous convient; oa vous ait." Miranda, après avoir témoigné toute sa îsance à l'Impératrice, lui communiqua ses vues 'anchissement de sa patrie, but unique et constoute sa vie. Catherine manifesta le plus vif jour la réussite de ce plaa, et l'assura, qu'elle première à appuyer l'indépendanc^e de l'Amériignole. Elle lui accorda le brevet de colonel, Iresser niio circulaire à tous ses ambassadeurs cours lie l'Europe, leur enjoignant de protéger de la manière la plus efficace, et l'autorisa à le tré-sor impérial pour défrayer ses dépenses lies. Au retour ilo Russie, en 17f)0, il se renieeondo fois à Londres par la France ; introduit imi le gouverneur Powual auprès de Pitt, Miranoposa son i^lan pour l'émancipation de l'Amérique e. Le ministre anglais l'accueillit avec empreset trouvant l'occasion très-opportune en raidémêlés de l'Angleterre avec l'Espagne au Bujub un la navigation du détroit de Nootka, il fut convena que, si lu Cour de lladrid ne cédait pas de ses prétentions, on donnerait une exécution immédiate an plan de Miranda. Mais l'affaire s'étant arrangée à l'amiable entre les deux cours.-.le projet fut abandonné. Ce-

APPENDICE

petite Gette sur tms les ponts et d^attaquer vigoureusement tennemi dans sa position. La produetiou de ce document démontra la fausseté de l'accusation de Dumouiiez, qui d'ailleurs en confiant à JVIiranda, après la bataille, te commandement des deux colonnes chargées de protéger la retraite de l'armée sur Louvain, rendait le témoignage le plus éclatant à la capacité et à la bonne conduite de ce général. Dumouriez, déçu dans son espoir de dicter des lois h la Convention et à la France, cherchait plutôt à perdre ses compagnons d'armes qu'à se disculper lui-même d'avoir livré une bataille dans une mauvaise position, et d'avoir pris si mal ses mesures; il jugea sans doute que Sliranda iie parviendrait pas à effectuer la retraite, et c'est probablement ce qui l'engagea i'i lui confier une commission si dangereuse IVoy. Duiloi'itiEz]. Peu do jours avant cette bataille, Dumouriez, qui jusque-là avait montré la plus grande amitié pour JVÎirauda qui avait toute sa confiance, dit ii celuici qu'il était décidé à passer le Rnbicon et à aller à Paris mettre la Convention ii la raison. Miranda lui répondit: " Général, vous n'Otos point César, et l'armée " tram/aise n'est point composée des légions du vain- " queur des Gaules: si l'on vous soupçonnait d'avoir tenu " un pareil propos, l'armée entière vous répondrait à " coups de fusil et de sabre." C'est eu effet ce qu'il éprouva peu de jours après sa trahison. La vérité et la justice nous fout un devoir de reconnaître que Du- ■ mouriez, pendant son séjour à Londres, est convenu do ses torts envers Miranda, et a cherché à se réconcilier avec lui par l'entremise d'amis communs, et no-

> lady Stanhope ; mais le sévère Miraada oûstammeat. Après son acquittement, il ressans prendre la moindre part aux affaires refusa de participer au projet inseusé des et fit tous ses efforts pour démontrer à t aux autres chefs qu'ils n'avaient aucune luccès et que leur entreprise ne pouvait eonlivrer tout le parti modéré aux terroristes, on se trouva bientôt réalisée ; et tout en I sort de tant de patriotes vertueux, il ne se toint combien leur indécision et leur impréaient contribué an triomphe d'ennemis féroirnés, qu'ils avaient trop méprisés d'abord, et aient plus tard imploré l'appui au 10 août.

te sa cii'Gonspectioii, Jlirauda fut jeté on iant la terreur, et n'eu sortit qu'après la mort erre. Le gouvernement lui ayant alors offert lement d'une armée, il répondit qu'il avait ur combattu pour la liberiv, mais qu'il lui 9 se battre pour taire des conquêtes. Il pucette réponse dans une brochure qu'il fit Paris, en 1795. Proscrit la même année, par igues politiques dirigées contre lui, il eut le I mettre en défaut la surveillance des geuu de temps après, fort de son inuoceuee, il reis, où il vé'iut eu paix jusqu'à la révolution tidor. Il fut très-injustement compris dans li prououi^a la déportation du parti vaiuiiu, ,appa encore une fois à ses surveillants, et i.ngleterre. Revenu à Paris eu ISIM, Bona-

pai'te, devenu pi-emier consul, refusa de comprendre Miranda parmi les officiers géuéraux de l'armée frani;aise, et à la suite de cette première iQJustice, il le fit arrOter lors du complot de la machine inferoale, que cet ombrageux usurpateur fit servir de prétexte pour proscrire les républicains qu'il détestait et redoutait bien plus que les bourbouistes. L'iunocence de Mirauda fut reconnue, mais il ne dut son élargissement qu'aux sollicitations empressées de plusieurs amis, et surtout dn sénateur Laujuinais. Il quitta alors la France pour ne plus y revenir, et se retira en Angleterre. Dès lors Mirauda ne s'occupa plus que des affaires de son pays natal et de la cause de l'émancipation de l'Amérique espagnole. Il convient de revenir sur le passé, afin de ne plus interrompre la narration. Ce fut pendant que Mirauda servait on Belgique, dans l'armée commandée par Dumouriez, eu 1792, que les Girondins conçurent le projet de détacher les colonies espagnoles de la métropole. Voici (îe que Brissot écrivait à Dumouriez, le 28 Novembre 1792, dans une lettre que nous avoua vue en original: " L'Espagne se mûrit pour la liberté; son " gouvernement reprend ses préparatifs: il faut donc " faire ses préparatifs pour réussir, ou plutôt pour y " naturaliser la liberté. Il faut faire cette révolution, " et daus l'Espagne européenne et dans l'Espagne amé- " ricaino. Tout doit coïncider. Le sort de cette der- *' nii're révolution dépend d'un homme; vous le oon- " naiscz, vous l'estimez; c'est Mirauda. Dernièrement, " les ministres cherchèrent par qui ils remplaceraient " Desparbès à Saint-Domingue. Un trait de lumiè-

frappé; j'ai 'lit: iionnne: Mirnnfu. Mii-aulii aura bioutùt apaisé les misijmbles inu'ri-'llod luies: il aura bieiiti'>fc mis à la raison ci's i)laiie5t ulents, ot il ilovimnira l'idole des i^eiis iti> coulais iinsuito avcB ([uello taeilitô iio pourra-r-il ■e soulever, soit Uv îles espaj^iioles, soit lo (■'>uimôi'ieaiu qu'ils possi'dent ? A la tôte il' pins ia mille hommes do troupes de litjin) ipii sont lant à Saint-Domingue, de dix h quinzi^ mille mulâtres que lui fouvuirout nos colonie-s, aveii 'flcilitô no ponrra-t-il pas envahir los possfSfsions les, ayant d'ailleurs nue fiotto à ses ordro^, ot

les espagnols n'ont rien à Ini opposer.' Le

Miranda lui vaudra une armée : et ses talents, irage, son génie, tout nous vépoud dn snc-

Les ministres sont tous d'accord sur ce choix, craignent que vous ne refusiez de céder Mil'autaut plus quo vous l'avez choisi pour remjabourdonnaie. -T'ai promis ou matin à Monge vous écrirais, et il m'a donné sa parole qu'il ait iliranda gouverneur-général, si vous conà le laisser partir. Hàte»-vous donc d'euvore consentement. Vous ajouterai-jo que mon t ami (ïensouné est du mi''ui(* avis.' il vous a demain, l'iaviri'o et Pétion sont enchantés ■ idée." Malgré ces offres brillantes, et ([ui .so : tant d'act-ord avei; les vn>s de iliranda, il niula point les ilillicultés iiombrcusi^s que préplan improvisé; il sentit qm' la révolution 1 vite et trop loin et n'olïmii aucune u;aran-

tio lie stabilitô pour l'exéentioQ d'iiii projet qui exigeait du temps et de la suite; il réfléchit surtout que sa qualité d'étranger, et peut-être même d'espaguoi, était un obstacle iiisunuoutablo pour le succès d'un plau qui dépendait eu graude partie des troupes et des habitants do .Saiut-Doiuiugue, alors ou proie aux factions. Après une correspondance suivie ot plusieurs conseils tenus à ce sujet, l'entrepiise fut ajournée, et des considérations majeures firent bientôt oublier un projet si flatteur, qui aurait peut-être léussi s'il eût été mis sur-lo-champ en exécution, et aurait pu jeter l'Espagne et l'Angleterre dans de grands embarras; Il n'eu fut plus question jusqu'en 1705, lorsque des députés et des commissaires mexicains vinrent trouver Miranda à Paris, chargés di> concerter avec lui les moyens d'effectuer l'iudépeudauce do leur pays;. Après avoir conféré ensemble, il fut convenu que Jliranda .-^o rendrait de nouveau en Angleterre, et qu'il forait au gouvernement anglais des ofïres capables de lo décider à donner aux colonies espagnoles les secours nécessaires pour les aider à proclamer leur indépendance. , Miranda et les commii^i^aivos mexicains, au nom de leurs commettants, offrirent au gouvernement anglais oO.OOO.OUO de livres sterling, un traité do commerce très-avantageux, la cessiou. de toutes Ick lies espagnoles à l'Angleterre, à l'exception de Cuba, l'ouverture do la communication do l'océan Atlantique avec la mer Pacifique par l'isthme de Panama, et lo lac do Nicaragua, par des canaux dont la libre navigation serait garantie par l'Angleterre; enfin", o!i proposait de ïormor une association entre la banque

es et eoUes qui seraient établies à Lima et à ifin de s'aider rautuellement, et de donuer à }-Bretague l'avantage do pouvoir se piociirer t les métaiix précieux. On proposait ôgalei alliauce avec les Etats-Unis, à qui on cédait les moyenuaiit un petit contingent do troupes à soutenir la cause de l'indépendance. Ces profureut euvoj'ées à Pitt, de Paris, le 22 déeem- : le ministre anglais s'empressa d'inviter le Miranda à veuir à Londres, où il se rendit en près plusieurs conférences les bases du plan furent Miranda crut mOme l'affaire si avancée, qu'il en 3 6 avril 1798, à sou ami le Colonel Hamiitou, )oir qu'il déciderait le Président John Adams tr à l'exécution de ce projet d'émancipation. Eu rauda avait obtenu du gouvernement anglais i-ci fournirait l'argent et les vaisseaux pour le de dix milles hommes de troupes des Etatsqu'il se bornerait à appuyer les opérations par is navales ; mais le Président Adams ayant velonnev une répou?-e po.^itive, et ne voulant pas 1er avec l'Espagne, le projet échoua, ce qui ,it î'tre autrement: nous sommes disposés à l'en cette occasion ilirauda fut dupe de son Qe et de sa bonne foi, qu'il s'aveugla sur les difficuitês qui s'opposaient à nue alliance franche entre le cabinets de Haint-James et le gouvernement des Erats- Cnis, et sur l'impossibilité où se trouvait le Président idams, devenu odieux au parti démocratique dominant, d'entreprendre une gueiTe d'agression contie l'Es-

pagne, sans le moindre siiiet, et de lever une armée dauf lin pays où l'opinion publique souffre à peine une tris-t'aible fort-u militaire soldée. Comment Mirauda a-til pu oroii'O que ley américains conseiitiraieut à se motfrc 'i\ la liolde ilo rAiiglctorri', pour délivrer le Mexique i1u joujï espagnol au nrolit d<'s anglais.* Si Pitt eo!!';uf cot espoir, il faut qn'il ait bien pon conuu l'opinion (îf'iuim.iite au;: Etats-TJin.-^, et qu'il ait trop compté Buv l;i liieuM'illaiH'O du parti fédéraliste dont Adams étiiil ii^ L'hi'f, et avec le.s pi'iiicipjuix membres duquel Miiiiiiùa était lié. (.'(-t échoi; uc n;buta point le pevsévéniii! pati'iote: eu IS'O], yons l'adininistratiou de Lord Sidimnith, il rei>r('duisit sou plan, et déjà l'on s'occup;ni ."Ivs pré]'avatii's uiilitaii't-s pour non exécution, loi-squc la jtaix d'Amiens vint endure traverser ses vues. Ce nmivean (.-ontre-tenips ue le découragea pas, et dès que ht guerre eut de nouveau éelaté avec l'Espagne, en \irOi, Slirnndn .s'adressa à J*itt, qui était rentré au ministère, pour obtenir eulin de lui l'accomplissement de sef^ promesses. Les négO(;iations marchèrent rapidement: lord Jlelville et sir Homo Popham furent chargés de concerter, avec Mivanda, le plan d'opérations. Tout était prêt, lorsque l'état de l'Europe et l'espoir du succès de la troisième coalition contre la France fit encore ajourner l'émaneipatiou de l'Amérique espagnole. Las de .se voir joué par lo gouvernement anglais et par Pitt, dont, les vues étroites no lui permirent jamais de saisir tonte l'importance de l'indépendance des eolonios d'Amérique, Mirauda, sur l'invitation de quelques émigrés do t"'ai-acas et do Sauta-Fé, réfugiés aux Etats-

xjuiOf ub A l'île de la Trinidad, prit la résolution hardie de tenter l'effet d'iiQ coup de main sur la proviniiG de Venezuela, où il avait de uombreux atois. La cou,iotifiture lui parut d'autaut plus favorable que la France et l'Espague n'étaient pas en état d'envoyer des secours en Amérique, que les Etats-Unis avalent de« démC'lés avei; cette dernière puissance an sujet de la Lnnisiane; il comptait mémo sur l'appui de l'Anglotern'. Il partit donc pour les Etats-Unis, y fut trés-bion vv(:\\ par lf> Président et le Seerétaire d'Etat, et re(;ut des oueouragomeuts de beaucoup de particuliers marquants; mais il s'aper(,'ut bientôt qu'il ne devait pas si^ flatter d'ôtro ostensiblement secondé par le fj;onveriiemeut américain dans son entreprise, car le pouvoir exécutif avait trop à cœur de conserver des relations amicales avec la France, pour faire quoique chose qui pût déplaire à cette puissauce. Réduit à ses faibles ressources, ITivanda tenta cependant la fortune, et aurait peut-être réussi si les anglais l'avaient secondé. Il débarqua à Coro, sans opposition, et comptant trop sur l'appui des créoles, il négligea de pi'endre des mesures convenables pour s'y maintenir. Les commandants espagnols ayant été avertis à temps, le forcèrent bientôt à se rembarquer sans avoir rien pu effectuer. Les négociations que lord Louderdale poursuivait alors à Paris, furent cause des ordres transmis à sir Alexandre Oochrane, chef des forces navales anglaises, et aux commandants de la Trinidad et de la Barbade, pour limiter les secours qu'ils étaient autorisés à donner à Miranda, de manière à paralyser toutes ses opérations. D'après ces ordres, les

commandants anglais devaient se borner à interceptei" les expéditions , françaises ou espagnoles, et à favoriser la retraite de Miranda dans le cas où il serait forcé de se rembarquer. Cependant on lui avait d'abord permis de recruter dans ces deux îles, même parmi les milices, et lo Général Hislop, gouverneur do la Triuidad, favorisa même publiquement la formation de trois corps, l'un d'infanterie, l'autre de cavalerie légère, et le troisième d'artillerie aux ordres des Colonels Comte de Eouvray et Kingston, et du Capitaine Harvey, qui avaient offert leurs services au Général Miranda. Frustré dans ses desseins, il revint en Angleterre sans renoncer à l'espoir d'un avenir plus heureux. Pendant sou absence le ministère avait changé, et l'invasion de l'Espagne par les français, ayant encore une fois fait songer au projet favori de Miranda, il fut agréablement sui'pris de voir une expédition formidable se préparer à Cook, pendant l'été de 1808, sous les ordres de sir Ai'thur Wellesley destinée pour l'Amérique espagnole. En effet, ce chef eiït plusieurs couféreuces avec Miranda sur le choix du point de débarquement, et sur les mesures ultérieures ii prendre, sous les rapports militaire et politique. Ces deux géuéraux n'eurent point do peine à s'accorder, quant à la partie militaire, mais lorsqu'il fut question du gouvernement des pays qui devaient être occupés par les troupes anglaises, Miranda éprouva la plus vive opposition de In part du général anglais qui ne voulait pas entendre parler de liberté ni de formes républicaines, même" tant soit peu îiii.stociatiques, ains que le proposait le prudent Miranda. Enfin, poussé à

— selles arguments in'ésistibles de ce dernier, artirés de la situation de l'Amériçiue espagnole, lœurs, et du régime municipal établi chez ces sir Arthur Wellesley, ne sachant plus que lui mit la main sur la garde de son épée, en '? Non, jamais je ne tirerai l'épée iiour dét'eiicause de la liberté." Ce guerrier n'a point cesfidèle à ce principe, qu'il avait sans cloute QS ses campagnes de l'Inde, en commandant aux Bientôt cette expédition re^ut une autre deset fut envoyée en Portugal pour combattre les La résistance de la nation espagnole ayant a consistance, le gouvernement anglais fit offrir la !e commandemeut en chef des armées espale qu'il refusa sans hésiter. Sa réponse en eett« mérite d'être conservée : "J'ai servi dans les ar- Vauvaises, répondit-il, et quoique Napoléon ait liste à mon égard, jamais je ne tirerai l'épée cons anciens frt>rcs d'armes; je n'oublie pas non ae j'ai été officier dans l'armée espagnole, et ' je vois des hommes tels que O'Farril, Ma- I et Azauza suivre le parti de Joseph, je ne 1 vérité pour qui opter; d'ailleurs, j'ai résolu sacrer le reste de mu vie à un seul objet, l'émanu de mon pays natal : c'est là, ut là seulement combattrai les espagnols." Cette réponse aug- 2eore l'estime que les hommes les plus distingués ;leterre ne cessèrent de témoigner à Miranda. ,issait trop bien i'Espague pour s'être jamais ' voir un gouveriiemet libre établi d'ime manière

stable par les seuls efforts des coi-tts do Cadix, trop faiblffj pour lutter contre nu clergé tout- puissant, fanatique d- rerauaut, soutenu par une populace abrutie par l'ignorance et la .superstition. Pendant la guerre de la pL'uinsuk', Jliranda renouvela à plusieurs reprises ses tentativeii aupWii du gouvernement anglais, et profita des su('(',''s^ ili.'s t'riin(.'ais en Espagne et dos insurrections à Buenos- Aires, ivnij' ilécider le cabinet britannique à secLindev s(\s vm-s; mais voyant le peu de fruit de tout(.'« sof^ dénifu-elie.-j, il prit, en ISll, le parti de se re-nln» à Oaraen^, iifin d'y organiser un gouvernemeut indépendant modelé snr celui di?s Etats-Unis, mais avec un patriciat et un exécntiï plus fort. Secondé parles priuiOpau.K habitants de Caracas, il obtint de grands succi's, et en 181 L* il se flattait avec raison d'avoir surmonté les principaux obstacles qui s'opposaient à l'émancipation de sa iiatrie

Wirauda avait une taille au-dessus de la moyenne, le regard péuétrant, !a physionomie ouverte, mais sévère, et quelque chose d'impo.sant qui commandait le respect. Sa constitution était extrOniement robuste, et à l'âge de soixante ans, il n'avait rieu perdu do sa vigueTTr. Il était d'une grande sobriété, fort assidu an travail et doué <l'uno grande activité. Son caractère avait quelque cliose d'àpre; il était fier, peu endurant, et mettait peut-être trop do ténacité à soutenir ses opinions. Il possédait à fond les langues savantes et les principales de celles de l'Europe; sou érudition était vaa-

aie, surtout dans l'histoire militaire. II était )fflcier dn génie, et montra de grands talents néral et nu grand sang-froid au milieu des

[T. III, p.p. tilS k (i2I.]

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