‹ Miranda dans la révolution française: Recueil de documents authentiques relatifs à l'histoire duChapitre 5 sur 17 · PENDANT SON SÉJOUR EN FRANCE DE 1792 A · texte numérisé non relu

PENDANT SON SÉJOUR EN FRANCE DE 1792 A

' Correspondance entre le Général Miranda et le Député Brissot, relative à l'émancipation politique do l'Amérique Espagnole.

Brissot, Député à la Convention Nationale, au Général Dumouriez.

Paris, le 28 Nov. 1792.

Je ne vous féliciterai point, mon cher Dumouriez, ■ de vos conquêtes ; vous n'êtes point encore au terme, et je dis de vous, comme on disoit de César : nil actitm reputans si quid superesset agendum. Je l'ai dit aux députés de Francfort : c'est un combat à mort entre la liberté

et la tyrannie, entre la vieille constitution Germaniqueet la nôtre; il faut qu'elle meure, elle est à Pagonie^ et il vous est réservé do l'achever. Quel sera ensnite le sort do cette partie de l'Europe? Que deviendront les cercles ? Avec les pamphlets allemands et vos bayonettes, tout s'arrangera. Encore uue fois, mou ami, vous êtes prédestiné à aller planter partout l'arbre de la liberté, et c'est une belle mission, taudis que nous languissons ici, en étant obligés de suivre pas à pas ces misérables auarehistes.

Vos travaux actuels uo vous oat pas fait oublier, sans doute, nos anciens projets ; pas ïm Bourbon ne doit rester sur le trône. L'Espagne se mûrit pour la liberté, sou gouvernemeut repreud ses préparatifs, il faut donc faire ses préparatifs pour réussir, on plutôt pour y naturaliser la liberté. Il faut faire cette révolution et dans l'Espagne européenne, et dans l'Espagne américaine. Tout doit coïucider. Le sort de cette doruière révolution dépend d'un homme ; vous le connoissez, vous l'estimez, vous l'aimez: c'est Mtranda. Dernièrement les Ministres cherchèrent par qui ils remplaceroient Desparbès à St. Domiugue. Uu trait de lumière m'a frappé ; j'ai dit : nommez Mtranda. Miranda d'abord aura bientôt apaisé les misérables querelles des colonies ; il aura bientôt mis à la raison ces blancs si turbulens, et il deviendra l'idole des gens de couleur. Mais ensuite, avec quelle facilité ne pourra-t-il pas faire soulever soit les iles espagnoles, soit le continent américain qu'ils possèdent î A la tête de plus de lli.OOO hommes de troupes de ligue qui sont maintenant à St. Domingue, de 10 à 15 mille braves mulâtres que lui fourniront

nos colonies, avec quelle facilité ne pourra-t-il pas envahir les possessions espagnoles, ayant d'ailleurs une flotte à ses ordres, et lorsque les espagnols n'ont rien à lui opposer î Le nom de Mivanda lui vaudra une armée ; et ses talens, son courage, son génie, tout nous répond du succès. Mais pour l'obtenir, il n'y a pas un moment à perdre, il faut qu'il parte sur la Capricieuse qui va à St. Domingue ; il faut qu'il parte avant que l'Espagne ne pénètre nos vues. Je sais bien que sa nomiuation va frapper de terreur l'Espagne et confondre Pitt avec sa pauvre politique dilatoire; mais l'Espagne est impuissante, et l'Angleterre ne remuera pas. Allons toujours en avant, mais soyons justes et généreux,

Les Ministres sont tous d'accord sur ce chois ; mais ils craignent que vous ne refusiez de céder Miranda, d'autant plus que vous l'avez choisi pour remplacer Labourdonnaie. Je leur ait dit : vous ne eonnoissez pas Dumouriez, ses conceptions sont élevées; il brûle de voir la révolution du nouveau monde accomplie ; il sait que Miranda est le seul homme capable de la faire, et quoiqu'il ait besoin de lui, il le cédera, parce qu'il saura qu'il est plus utile ailleurs. J'ai promis ce matin à MoDge que je vous écrirois, et il m'a donné sa parole qu'il nommeroit Miranda gouverneur-général, si vous consentiez à le laisser partir.

Hâtez-vous donc d'envoyer votre consentement. Vous ajouterai-je que notre excellent ami Gensonué est du même avis? Il vous en écrira demain. Clavière et Pétion sont enchantés de cette idée. Ah ! mon cher, qu'est-ce que Alberoni, Richelieu, qu'on a tant vantés t

Qu'est-ce que leurs projets mesquins, comparés à; ces soalèvemens du globe, à ces grandes révoIutioDS que nous sommes appelés à faire! Mais il ne faut pas laisser les esprits se tiédir, et il faut que rien ne noua arrête; j'aime à croire que la révolution de la Hollande ne s'arrêtera pas devant le fantôme MUumitiés, et ^3u'il ne sera pas pour vous le sta sol Ne nous occupons plus, mon ami, de ces projets d'alliance, de la Prusse, de l'Angleterre: misérables échaffaudages, tout cela doit disparoître. Novus reram nascikir ordo. Je vous dirai qu'une opinion se répand assez ici: c'est que la République Françoise ne doit avoir pour bornes que le Rhin. Les esprits sont^ils disposés de votre côté à cette réunion ? Il faut les y préparer. On nous parle d'une députation des états. Elle sera éconduite, la Savoye sera réunie aujourd'hui.

Adieu, mou cher Dumouriez, écrivez à Gensonné, ou à moi, comme vous voudrez, mais dites que vous enverrez Miranda. Je n'ai plus avec Gensonné qu'un désir, c'est de vous aller voir l'an prochain à la tête de votre armée à Batisbonne ou à Berlin. Je vous embrasse.

[Signé] J. P. Bbissot.

Le Général Miranda à Brissot, membre de la Convention Nationale, Président du Comité de Défense Générale.

Liège, le 19 Décembre 1792.

Je Tiens de lire, mon cher concitoyen, la lettre que TOUS avez écrite au Général Damouriez sur mon compte : je vous remercie de l'opinion avantageuse que vous avez bien voulu former de mes foibles conoissances, et de l'influence amicale par laquelle vous aviez induit le Conseil Exécutif à me confler le gouverment de St. Domingue, etc. Je n'ai reçu cette nouvelle que hier au soir, puisque, malgré l'avis que le Général Dumouriez en a communiqué le 7 Octobre, de venir le joindre à Liège, où il avoit des choses intéressantes à me communiquer, il m'étoit impossible alors de quitter l'armée sous mes ordres qui marchoit à une opération importante et un peu dif&cile sur Buremonde. Le plan que vous formez dans Totre lettre est réellement grand et magnifique, mais je ne sais pas si l'exécution seroit sûre, ou même probable. Pour ce qui regarde le continent hispano-américain et leurs îles, je suis parfaitement instruit et en état de former une opinion exacte. Mais pour tout ce qui concerne les îles françoises et leur situation actuelle, je ne counois presque rien du tout, et il me seroit par conséquent impossible de former une opinion Juste là-dessus. Comme dans votre plan celle-ci est la base de toute l'opération, puisque c'est des colonies Françoises que doit partir la force agissante, pour mettre en mouvement les peuples du continent opposé, il faut que nous soyons bien sûrs que

cetto donnée est vraie et positive. II me paroît anaû que ma nomination et mon départ pour St. Domingue seroit le signal d'alarme pour la Cour de Madrid, et pour celle de St. James, et que les effets s'en feroient bientôt apercevoir à Cadix et à Portsmontli, ce qui mettroit de nouveaux obstacles a l'eutreprisi! qui d'ailleurs est trop grande, trop belle et trop Intéressante pour la gâter, ou pour la faire échouer par une faute de prévoyance dans le commencement.

Cependant, comme vous êtes mieux instruit que moi des raouvemens intérieurs des cabinets do l'Europe dans le moment actuel, et de la situation aussi des colonies françoises, ainsi que de leurs arrangemens intérieure, vous pourrez toujours mieux juger que moi, et tout ce que j'ai l'Iionneur de vous dire sur cet objet ne doit être considéré que comme des observations à prendre en considération dans la formation du plan général ; je ne voudrois pas non plus que vous puissiez croire que mes intentions soient d'esquiver ou de refuser un emploi que le Pouvoir Exécutif juge nécessaire qui soit reinpli par moi.

En embrassant la cause de la liberté en France, je me suis entièrement dévoué à vaincre ou périr aveo elle, et dans le poste que j'occupe l'obéissance est le premier des devoirs.

Je suis avec reconnoissance et respect,

Votre serviteur et ami,

(Signé) MiKAifDA.

p. s. Les papiers contenant mes plans présentés an Ministère anglois en 1790, sur l'indépendauee de l'Amérique méridionale, sont depuis quelque temps arrivés il Paris, et entre les mains de P n. Il sevoit peut-être nécessaire de les examiner avant de former le grand plan que vous proposez dans votre lettre ; et si un instant de loisir (pendant que nos troupes entrent dans des oantonnemens le mois prochain) pouvoit induire le Conseil Exécutif à ra'accorder la permission d'aller à Paris, nous pourrions alors régler un plan définitif quelconque.

J. P. Brissot au Général Miranda.

Paris, lo 13 Octobre 1792.

Ci-joint, cher ot digne Miranda, uno lettre du patriote Boisguyon qui m'a rapporté l'événement qui l'avoit fait quitter votre armée; je l'ai beaucoup blâmé de sa vivacité; il ne vous connoissoit pas, et lorsque je lui ai fait votre histoire, lorsque je lui ai parlé do vos sacrifices pour la liberté et de vos taleus, il a été véritablement désolé de la conduite qu'il a tenue à votre égard, et déterminé à la réparer. J'ai vu depuis le Ministre Pache, qui avoit «loiiné ordre à Boisguyon de se rendre à ses arrOts. Je lui ai exposé les faits et les regrets de Boisguyon, l'inutilité de le faire retourner dans la Belgique où il ne devoit plus servir; je lui ai promis de vous en écrire, et le Ministre a consenti h. ce que Boisguyon restât ici. C'est d'après ces cou-

sidératioDs, que je me suis chargé de vous transmettrela lettre de Boi&guyoD, et de vous demander la levée de ses arrêts. Je vous répouds du patriotisme et dea regi-ets de Boisguyon. Pétion doit voua en écrire dans le même «eus, et j'aime à croiie que vous ne nons refuserez pas cette faveur.

Je viens maintenant à une chose qui vous concerne personnellement: j'avois cru que le moment étoit arrivé d'ébranler les colonies espagnoles, de les rendre à la liberté. Dix à douze milles hommes de troupes sont maintenant à St. Domingue. On peut aisément y lever, ainsi que dans nos autres colonies, un corps de huit à dix mille hommes mulâtres. Notre escadre en station est très-forte, et rien ne seroit plus facile que de tirer des Etats-Unis un grand nombre de braves soldats qui soupirent après cette révolution. Vous seul me paroissez en état de les diriger. Votre nom' et vos talens m'en garantissoient le succès. J'ai exposé mes vues à tons les Ministres; ils en ont senti les avantages- Ils consentoient à vous donner le gouvernement vacant de St.. Domingue, à l'ombre duquel vous pouviez opérer cette révolution ; une seule considération les a aiTêtés : c'est l'attachement bien mérité que vous a voué Dumouriez. Je savois combien il avoit pris à cœur cette révolution du nouveau monde. J'espérois qu'il y donneroit les mains, qu'il me répondroit, mais je n'ai eu aucune réponse. Je n'ai qu'un mot à vous dire : le succès de cette affaire dépend de vous et de lui; qu'il consente et vous partez : voyez-le donc ou écrivez-lui. Le moment est beau, si on le laisse passer, peut-être ne reviendra-t-il plus. Ecrivez-moi deux lignes à ce sujet,.

ainsi que sur Boisguyoa, et croyez à l'estime profonde que je vous ai vouée.

[Signé] J. P. Beissot.

Le Général Miranda au citoyen Brissot, membre de la GMwentùm Nationale, Président du Comité de Défense Qénéraîe

à Bruxelles, le 26 Décembre 1792.

Ayant reçu, hier, une lettre du Colonel Smith, dan Uqnelle il y a des chose» relatives à. l'Amérique du Nord, qui sont liées au plan que vous m'avez fait Phonaour de me communiquer par la vôtre du 28 Novembre, j'ai fait tirer un extrait, dont je vous envoie la copie ci-jointe. Vous connoissez, sans doute, la personne du Col. Henry Lee, dont il parle, et vous voyez que c'est un de ces hommes dont on peut tirer le plus grand parti dans l'exécution de nos projets sur l'Amérique méridionale.

Je vous prie de la communiquer, aussi bien que ma première lettre, au Conseil Exécutif, et de vouloir bien me faire une réponse là^dessns.

Le Général Dnmouriez partira après-demain pour Paris, et vous dira verbalement ce que je pense à regard du grand projet dont vous nous proposez le début incessamment. Patriœ in/eîtci fidelis.

[Signé] MiHANDA.

__io

J. p. Brissot au Général Miranda.

Paris, le G Janvier 1793.

J'ai l'evu, cher Généra!, vos diffi'reûtes lettres, et j'oti ni déjà causé avec le Général Dumouriez. Il m*» paru pénétré do la nécessité de suspendre le projet que ,io vous ai communiqué pour quelque temps; ou plutôt, comme probablement vous serez appelé à Paris, pendant que lo général Dumouriez y est, nous serons à mémo d'épuiser ce projet sous tous les rapports.

Vous ue m'avez point répondu relativement à l'adjudant Boisguyon, qui est toujours en stagnation, faute de la levée de ses arrêts. Pétiou vous la demande, et je me joins à lui.

Je voua embrasse,

[Signé] J. P. Bkissot.

J. P. Brissot au Général Miranda.

Paris, le 10 Janvier 1793.

Je vous remercie, mon cher Général, de la faveur que vous avez bien voulu faire à Iloisguyon, et j'espère que cette le(;ou lui sera utile; car un patriote aime à recounoître ses fautes et Et les réparer.

J'ai vu plusieurs fois le Général Dumouriez; il étoit encore hier au Comité de Défense Générale. Il me paroît désirer de faire avec vous l'expédition dont je vous ai parlé, et l'Espagne montre autant de disposition à la neutralité, qu'on est ici peu disposé à l'attaquer. B^aiU

leurs la guerre prochaine avec VAnglelcrre attire tous les regards et absorhe toute ^attention. Tout paraît la rendre certaine; cependant, quand on considère gw'o» fond il n^y a nul motif raisonnable, et que de Vautre on voit Vargent immense que gagne cette nation pendant que nous nous battons, on est tout surpris de cette extravagance du Cabinet de St. James. Quel que soit son projet, il faut lui faire face, et l'on s'y prépave ; ensuite il faut jeter les fondeinens de l'autre expédition ; le Conseil et le Comité ne cessent de s'en occuper. Adieu, mou cher Général, nous espérons bleu avoir le plaisir de vous voir ici avant l'ouverture de la campagne.

[Signé] J. p. Brissot.

Correspondance offlcielle entre les ti^néranx Miranâa et Damonriez, et celle de Miranda avec Paohe, Benmonvilld, Leveneui, Valence, Pétion, et«.— Ordres de Damouriez à Miranda pendant lea campagnes de 1792 et 1793.

Le Général Dumouriea au Général JIBranda.

Vouziers, le 10 Octobre, 1792, l'an premier de la République.

Votre amitié, mon cher Miranda, est ma récompense plus précieuse. Vous êtes un homme, et j'en trouvesi peu, que vous avoir connu, vous pratiquer dans le cours de la vie, entretenir une correspondance avec vous, quand les événemens nous sépareront, sera une des plus douces occupations du reste de ma vie. Nous étions faits pour nous connoître, et c'est vous qui avez le mérite du rapprochement, puisque c'est votre sublime philosophie qui nous a réunis l'un à l'autre. Je vous embrasse comme mon frère.

(Signé) Ddmoubiez.

Le Général Dumouriee au Général Miranda.

Liège, le 29 Octobre, 1792, l'an premier de la République.

Je ne doutois pas, mon digue et respectable ami, que vous ne vinssiez bien vite à bout de prendre cette citadelle (Anvers), qui auroit tenu un ou deux mois le fameux Labourdonnaie. Je vous recommande la statue du duc d?Alhe. tPespère que vous ferez mettre en pièces ce monument de la tyrannie, et vous serez bien fâché de ne pas tenir Poriginal. Vous devez trouver beaucoup d'artillerie et de munitions. Je m'en rapporte à vous poui- que l'inventaire soit fait avec la plus grande exactitude ; si vous trouvez des pièces de quatre ou même des pièces de trois, avec leurs caissons et munitions, donnez-en à ceux de vos bataillons qui peuvent en manquer, et faites passer le surplus, avec votre grosse artillerie, par Malines, pour que j'en donne à cenx de mou armée qui n'en ont point.

Installez Harassé dans son commandement. Lises avec lui l'instruction que je lui ai donnée pour l'ouverture de l'Escaut. Ajoutez-y vos sages conseils. J'espère que le lieutenant Muerson sera arrivé. Dépêchez un bateau au bas de l'Escaut, pour lai donner ordre de remonter avec ceux de ses batimens qui ne tireront pas trop d'eau. Examinez vous-même le grand travail à faire pour dégager le canal de cette rivière, afin que

les vaisseaux de commerce puissent la remonter ; vousvous servirez, avec votre prudence et votre énergie ordinaire, de ce service vendu à la ville d'Anvers, pour leur faire la comparaison de la conduite généreuse des françois avee la manière basse et infâme avec laquelle l'empereur Joseph, après avoir déclaré la guerre à, la Hollande, sons le prétexte de l'ouverture de l'Escaut, a vendu cette ouverture pour sept millions de fiorms. Avec cette comparaison et mon adresse aux belges, votre éloquence républicaine les ramonera, par leur propre intérêt, aux vrais principes ; et j'espère que cette ville, qui étoit la plus fanatique de toutes, parce que' ses habitans n'avoieut aucun objet d'occupation, deviendra un des plus fermes appuis de la république des belges.

Je vous prie de dire à votre armée, de ma part, que jusqu'à présent les circonstances lui ont donné une course sans obstacle et trop facile pour des fran- Çois : que je regrette qu'ils n'aient pas participé à nos victoires ; que nous allons nous rapprocher, et que dorénavant nous ne cueillerons pas un laurier, sans qu'ils partagent nos dangers; que c'est pour cela qu'ils vont marcher en avant; et qu' après le courage qu'ils ont montré à la citadelle d'Anvers, je suis persuadé que la ville de Ruremonde, que je les charge de prendre, ne tiendra pas longtemps devant de braves républicains. Dites-leur aussi, que nous venons encore de combattre et de vaincre, le 27, avant d'entrer à Liège; que les ennemis y ont encore perdu beaucoup de monde et plusieurs officiers généraux, entr'autres le Général Harray, qui étoit un de leurs plus habiles. Cette nouvelle vie-

toire réjouira votre bravo armée, et lui donnera

nouveau désir de nous joindre. Je voil= embrasse.

Le Générai en Chef de l'armée de la Belgique.

(Signé) DuMOUEiEZ.

Le Général Bumounez au Général Miranda.

Liège, lo 30 novembre.

Je vous adresse, mou digne ami, le citoyen belge Lami, colonel du génie Belgique, pour résider auprès du Général Marassé, à sa d emande, pour suivre les travaux de la rivière, et faire réparer les deux forts de Lillo et Liefskeushoeck, dont on peut un jour avoir besoin.

J'attends réponse du Président do la Convention à nne lettre très-énergique que je lui ai écrite sur la désorganisation que l'on à mise dans mes plans. Elle décidera certainement de mon sort, et par contre-coup do celui de l'armée de la Belgique, peut-être de la France et de l'Europe. Cette réponse ne peu pas tarder. En attendant, je suis sans numéraire ; sans magasins : mes troupes sou nues et désertent pour s'en retourner chez eux.

Tout ceci va mal, et je prévois plus de mal encore de l'aveuglement de la Convention, et de ce qu'elle croit être de l'énergie. Pétion et Coudorcet, qui sont dans l'erreur, m'ont écrit pour me faire ployer. J'ai employé ma logique la plus forte pour leur prouver qu'il eu est

•de ceci comme de la retraite derrière la Marne, qne tout le monde me conseilloit, et qui anroit perdu ma patrie.

Adieu, mon ami, je gémis sur tout ce que je vois. Je vous embrasse de tout mou cœur.' Amigo por la vida.

[Signé] DuMouKiEZ.

Le Général Duniouries au Général Miranda.

Quartier Général, à Liège, le 30 Novembre, 1792, l'an premier de la République Françoise.

J'ai reçu, mon cher et brave Miranda, tons les détails relatifs à la prise de la citadelle d'Anvers, que vous m'avez adressés. Je vous ai bien reconnu, mon di~ gne ami, dans la capitulation que vous avez faite ; elle porte en même temps le cachet du philosophe et du républicain.

Je suis fort inquiet de la petite flotille que j'avois envoyée sur l'Escaut. J'espère cependant qu'il ne lui sera rien arrivé. Dites au Général Marassé qu'il me donne avis, lorsqu'elle paroîti-a à Anvers.

Vous allez sans doute vous mettre en marche pour augmenter le nombre de vos succès. Ayez l'attention de me tenir instruit de tous vos mouvemens, afin que je les protège par les miens autant qu'il me sera possible. Adieu, mon cher ami, je vous embrasse toto corde.

[Signé] Le Général d'armée, Dumoubiez.

Le Général Dumouries au Général Miranda.

Liège, le 4 Décembre, 1791Î, l'an premiev de la République.

J'ai eu graud plaisir, mon chev ilivanda, à lire tous les détails do votre dépêche du 3- Vous voua êtes parfaitement conduit avec les hollandois, et j'atteuds la décision du Pouvoir Exécutif ii leur égard. Le Pouvoir Exécutif, au reste, est fort embarrassé sur la conduite ([u'il doit tenir ; car il me regarde actuellement comme un ennemi qu'il faut abattre. Le Ministre Pache a répondu à ma lettre au Président de la Convention, en l'assurant que rien nemanquoit à l'armée; eu conséquence, celle-ci, incertaine entre ces deux assertions contradictoires, a envoyé quatre commissaires pour juger ce pi-ocès et donner des ordres sur les lieux. Ces commissaires sont: le Camus, Gossuin, qui sont déjà ai-rivés, Lacroix et Danton, qui arrivent incessamment. Ils me paroissent craindre que je ne donne ma démission. J'en serois aussi fâché qu'eux, parce que j'y verrois la ruine de nos affaires: cependant je la donnerois bien certainement, si, d'après les preuves qu'il est aisé d'établir, on ne rend pas la liberté à mes deux administrateurs, et si on coutinue à vouloir exploiter ce pays-ci tyranniqueraent, au moyen d'une compagnie exclusive qui dévoreroit la substance de ce pays-ci, qui nous y rendroit odieux, et finiroit par nous amener la famine-

J'espère que nous viendrons à bout de toutes ces intrigues. En attendant, continuez votre marche, et je -vous donnerai des nouvelles de ce qui se passera ici,

et /empire f/u'on nous imrdonnera, si vous ajoutez Rtirenwnde H nos conquêtes. Vous no pouvez pas mieux faire que de confier à Dai'uaudiu tout le travail do votre étatmajor; il est eu très-bonues maius: vos marches et vos cauipeiiiens ivout à merveille. Lo général Thowenot et tous vos amis vous ombrassent.

Le Général en Chef do l'armée do la Belgique,

(Signé) DuMOUEiEZ.

Le Général Bumounez au Général Miranda.

Au Quartier Général, h Liège, lo 12 Décembre, 1792, l'an proraici' do la République.

J'ai re(;u, mon tri's-eher Géuéral, vos dépêches de Malincs du G. Rien de mieux que tout ce que voits faites et écrirez. L'arrivée heureuse de notre flotilla est un coup do parti pour le commerce d'Anvers, et pour la manifestation du principe de la libre navigation des fleuves et des mers.

Jo vous remercie de la copie du mouvement do votre corps d'armée et de votre ordre de bataille. On 7je peut exécuter avec jjïds d'exactitude et de précision tout ce dont nous sommes convenus ; mais nous devons nous entendre à demi-mot.

Depuis notre séparation, toutes les tracasseries qu'on commençoit à me faire éprouver ont redoublé ; elles auroient fini par tout désorganiser, si je n'avois pris

le parti d'engager les commissaires à députer Camus à la Convention, pour l'informer du véritable état des choses, et en obtenir des pouvoirs suflsaas pour les faire cesser. Je l'ai fait accompagner de Thowenot qui aura réponse à tout. J'attends leur retour avec impatience. D'Harville est à Marohe-en-Famène. J'envoie Valence en grande avant-garde dans le Limbourg, où il montrera, le 15, une tête de colonne. Quelques résolutions que l'on prenne sur nos opérations ultérieures, ces mouvemens se lieront Èi tout, on continuant d'ailleurs d'inquiéter l'ennemi, qui ne peut soupçonner l'état d'engourdissement où l'on me tient.

Marassé m'a rendu compte de sa position. 11 lui faut un escadron, au moins une division pour son service extérieur et de correspondance. Ses volontaires sont tout nuds.

Les prisonniers de guerre paroissent avoir abusé de la facilité que vous leur aviez donnée depuis huit jours ; il en manque plus de 200- Cependant il en faudra pour l'échange des 1.200 qui vienent d'être enlevés à Custines dans Francfort. Voilà le triste effet de cette maudite pointe en Allemagne, au lieu d'avoir côtoyé le Rhin; mais il y a du remède encore.

L'hôpital d'Anvers est en mauvais ordre. J'envoie le directeur Meuures pour qu'il organise cet établissement; 80 prisonniers sont malades et presque sans secours. Nous leur en devons. La municipalité ne va pas : elle se donne beaucoup de mouvement sans rien faire.

Je vais répondre à Marassé. J'ai causé avec le négociant Lombaerls, et je sais content des dispositions

du commerce d'Anvers, qui donnera le ton et l'impulsion au pays.

Adieu, mon cher ami, je vous aime autant que vous le méritez.

[Signé] DuMOUBiEZ.

Post-Scriptum [écrit de la main de Dumouriez], J'ai chassé les ennemis de Hervé et de Verriers ; mais je suis arrêté tout court par le défaut des subsistances et !a désorganisation de l'administration de l'armée. Je vous ai mandé de venir ici de votre personne le plus tôt possible, pour affaires trcs-instantes.

Dès que Ruremonde sera prise, ce que, j'espère, no tardera pas, laissez-y un maréchal de camp ou un bon colonel, avec une garnison d'au moins deux bataillons et 100 chevaux, à qui vous ordonnerez de s'emparer des fourrages et vivres qui remonteront la Meuse pour passer à Maëstricht, à moins qu'il no soit prouvé que c'est par transit pour l'armée françoise.

Aussitôt après, marchez par la rive droite de la Meuse et portez-vous en trois marches, ou quatre au plus, à Fauquemont, d'où vous communiquerez avec moi pour ce que nous aurons à faire ultérieurement. Vous pouvez confier cette marche au Général Duval. Vous marcherez avec précaution sur Fauquemont, et mettrez toujours une rivière entre vous et l'ennemi, ou plutôt c'est Duval qui aura ce soin.

Le Général Dumourics au Général Mirandu.

Liège, le 13 Décembre, 1V92, l'an premier de la République.

Notre ami Duval est ai-rivé hier au soir, mou cher Miranda, et )«'a fait le détail du courage énorme de vos troiij)es et de la consternation des autrichiens. Je conçois que nous sommes les maîtres de nous emparer de la Gueldre prussienne, du duché de Clèves, de Juliers, de Cologne et Aix-lar-Chapelle; mais d'une part, le Ministre de la Guerre et ses criminels baraux me mettent dans une telle détresse, que je ne peux pas marcher en avant, n'ayant ni souliers, ni habits, ni armes, ni hôpitaux, ni vivres, ni fourrages, ni magasins, ui argent, ni commissaire de guerre, et ayant perdu plus de dix mille hommes par la désertion depuis quinze jours ; désertion forcée par la détresse dans laquelle on nous laisse. Il y a un tissu de scélératesse d'une part, et d'ignorance de l'autre, qui fera périr la République avant, pour ainsi dire, qu'elle soit née. Il n'y a ni gouvernement, ni constitution. La Convention Nationale ne s'en occupe point du tout. Au lieu de cela, elle passe son temps à devenir un tribunal inquisitoriat. Toute dénonciation vraie ou fausse, prouvée ou non prouvée, est accueillie par de grands applaudissemens. Personne n'est sûr de son état. On enlève à un agent public ses fonctions et son honneur avant de le juger. C'est un temps de proscription, de démence et de méchanceté, qu'on ne peut

comparer qu'aux siècles de Tibère et de Néron. Lioa honnêtes gens de l'Assemblée se taisent par défaut de courage. Tel est le parti que les représentane de la nation tirent do nos victoires.

Au travers de ce hideux tableau des affaires de la République, le Conseil Exécutif, dans le moment do ma plus grande détresse, m'envoie les projets les plus extravagans et les plus dangereux. Il veut que dans cette saison, avec une armée qui manque de tout, pendant que je ne peux pas faire quatre lieues devant moi, faute de moyens, que je marche sur Goblentz, et que je prenne Luxembourg. En attendant, les ennemis profitent de monn inaction forcée pour opérer des jonctions, qui m'obligent à vous rapprocher, ainsi que Valence ; et quand ces troifi corps (Vannée seront réunis, ?tous présenterons à peine trente-cinq mille hommes, parce que tout le reste est parti, ou dispersé dans les places.

Je suis d'ailleurs très-incertain sur ce que la Convention et le Pouvoir Exécntif décideront sur le voyage de Thoweuot et de Camus, qui sont partis pour Paris, pour faire counoître à la Convention Nationale l'affreuse situation où nous sommes.

En conséquence de tout ceci, laissez à Rnremonde une garnison suffisante, avec un bon officier, et remarchez sur Tongres, d'où vous tiendrez en respect Maëatricht. Je ferai passer à Visé le corps des flanqueurs de gauche de mon armée, dont j'ôte le commandement au Général Eustace, que je vais envoyer à Paris pour se justifier, s'ii est possible, de ses négociations avec le Gouverneur de Maëstricht. Cet homme est un fou très-

méchant, qui éei'it continuelleraeut contre moi, et qni m'assomme de flatteries eu même temps. Il va grossir le nombre de mes ennemis à Paris; mais je l'aime mieux là qu'à l'armée. Duval vous oxpliquei'a pour quelle raison jo vous fais revenir à Tongres. Je veux en cas de besoin, que voue puissiez investir Jlaëstrieht par la rive gauche de la Meuse. Vous laisserez, par Oehelons, quelqties bataillons à Maeseyek, Houkhen, Thorn, et Welsem. Laissez nn oflÊcier-géaéral eommauder dans ces cantonnemens, qui doit employer deux de vos brigades et un régiment de cavalerie. Je vais diriger sur cette partie six nouveaux bataillons qni arrivent de France. Dès que vous aurez mis vos quatre autres brigades en mouvement, ainsi que votre avantgarde, je vous prierai de venir me trouver de votre personne.

Le point central du reste de notre armée sera Tongres ; la gauche, Recken, et la droite le long de la Meuse, vers Liche. Je vous embrasse, mon cher ami, et je voua attends avec impatience pour vous expliquer le reste de mes opérations.

Le Général en Chef de l'armée de Belgique,

[Signé] DuMouRiEZ.

Le Ministre de lu Guerre au Lieutenant-Général de la division Xord de l'année frani^aise dans la Belfjiqtte.

Paris, le 5 Jacvier 1793, l'^n second de la République.

Lo Conseil Exécutif Provisoire m'a chargé, Général, de vous transmettre l'ordre de prendre le (lommauiiemeiit eu chef de l'arméo ffuu(,'oiso daus la Belgique, à la place du Général Valence qui a obtenu un congé. Vous voudrez bien donuer à ce commandement tous les soins qxie demande le bien-être de la République,

[Signé] Pache.

Miranda, à Tougres.

Pache, Ministre de la Guerre, à Miranda, Lieutenani-Général Commandant de Varmée de la Belgique.

Paris, le 7 Janvier 1793, l'an second de la République.

Un manque de confiance entre l'ôtat-major de l'armée et les préposés du Oomité des achats des subsistances, les i^réposés de la régie do la mauuteuttou, cause «u préjudice extrômemeut défavorable aux braves défenseurs de la République.

Les commissaires de la Convention annoncent que l'on manque de fourrage à l'armée ; les membres du Co-

mitô des achats anuonceut qu'ils qsit des approvisionneniens eoDsidérables daus les bassius de Louvain ei qu'oïl laisse perdre, parce que l'on ne veut point accorder de magasins, et que les préposés de la régie ue font point charrier ià où sont les besoins.

Je suis encore à concevoir comment dans un moment où l'intérêt public, où l'assurance de la liberté exigent que nous soyons réunis pour vaincre l'ennemi, comment des intérêts particuliers, et peut-être l'amourpropre un peu attaqué, divisent les hommes publics, et leur fout compromettre la siireté de la subsistauce- de nos frères qui affrontent tous les dangers pour défendre nos intérêts communs.

Ne pouvant aller moi-même dans la Belgique m'assurer de la vérité des différons rapports qui me sont faits, je vous demande, Général, au nom de la liberté et de l'égalité, au nom de la République, dont vous vous êtes déclaré un des défenseurs, accordez protection et assistance â tous ceux qui sont chargés des subsistances.

Faites donner des magasins aux préposés du Comité des achats ; faites-en donner aux préposés de la régie de la manutention. Faites venir devant vous les préposés du Comité des achats; faites-vous indiquer les lieux où sont les subsistances qu'ils ont achetées, et les quantités qui y sont; donnez de suite des ordres aux préposés de la manutention des subsistances de les faire enlever et de les faire conduire partout où le besoin se fait sentir ; donnez des ordres pour que les transports soient exécutés, et qu'une querelle d'intérêt et d'amour-propre ne cause point la désorgaaisation de l'armée, n'expose pas nos

Ijiiive.i défenseurs au daiigev de mouiir de luiui, vu m cûiuprometto point ia gloire des aimes de la Bépubliqaa

Lorsque vous vous sorcz assuré des quantités de subsistances aclietées, dee lieux où elles sont, mandeimoi de suite, Général, M elles sont suffisantes, ofi, et combien il faut en faire acheter, et de suite je donnerai des ordres et j'enverrai des fonds pour que tom les besoins soient assurés.

Jo vous le répète, Général : je suis vivement affligé de la situation où se trouvent les troupes franyoiseB dans la Belgique. Jo suis déterminé à faii'e tous les efforts diîpendans de moi et du devoir de mu place, pour l'améliorai', mais j'ai besoin détre secondé : votre probité reconnue, votre amitié avec Pétion, la place que vous occupez, tout m'engage à vous choisir pour coopérer avec moi à faire le bien de l'armée.

Ecrivez-moi souvent, tons les jours même, sur la situatiou, sur son amélioration et sur les moyens à prendre pour l'ameuer au point de tranquilitô et de sécurité ou elle auroit dû être depuis longtemps.

[Signé] Pache.

Le Général Diimoiiries au Général Miranda.

Paris, le 10 Janvier.

Le Ministre de la Guerre, mon cher Miranda, vous «nvoie l'état des garnisons, dont le mouvement est eonvonu, pour se rapprocher de la Flandre maritime, ce

qui vous renforce d'à peu près dix raille hommes, dont doiïze à quinze cents de cavalerie- Ce rassemblement se fait de Bunkerque par Ostende, Bruges, tirant vers Gand et Anvers. Il faut que vous preniez le prétexte d'un remuement de cantonuemens sur votre gauche, pour renforcer d'une brigade d'infanterie Anvers, sans en rien tirer. Voici à présent ce dont il s'agit : la guerre de la part de l'Angleterre paroit à peu près assurée. Leur projet est de s'emparer de la Zélande. Ils y ont neuf frégates à Flessingue, qui arriveront sous peu, si elles ne sont déjà arrivées : alors les hollaiidois doivent se déclarer.

Ceux-ci, à ce que disent les patriotes, ont déjà évacué Venloo, où les prusiens doivent mettre une garnison. Ils doivent aussi évacuer Maëstricht, et s'y faire remplacer par des troupes alliées. Ils doivent, par ce moyeu, former un rassemblement d'une vingtainede mille hommes pour défondre l'intérieur depuis Berg-op-Zoom jusqu'à Nimègue, et fournir un contingent pour nous prendre eu flanc conjointement avec les anglois.

Comme le Stathouder craint l'esprit révolutionnaire qui fermente avec la plus gi-ande force dans toutes les provinces, et uotnmment à Amsterdam et ù la Haye, il fait fortifier l'île de Walcheren, où son projet est de se retirer avec les états et les chefs des diverses administrations, sous la protection de la flotte hollandoise et angloise. Ou travaille, avec la plus grande rapidité à cette fortification, qu'on croit devoir être prête sous quinze jours. Voici à présent la résolution du Conseil ; et, comme Valence vient à Paris, comme vous êtes chargé, par intérim, du comande-

ment de l'armée, voici ce dont vous êtes chargi vous devez arronger dans le plus piofood secr 1" On donne un cougû au général Bourdo qu'il n'entrave point ce que vous avez à faire, et on mec a votre disposition toutes les troupes de la Flandre maritime, poiu- qu'une seule volonté fasse agir toutes les parties. Vous avez h Bruges le Général Deflers, qui est fort bon, à qui vous enverriez vos ordres, et que vous chargerez de la disposition des-troupes sur la Basse-Flandre autrichienne, pendant que vonz forez faire celle de la Basse- Flandre fran<;oiso au Général Pascal, commandant à Dnnkerque. Arrangez les troupes de manière Èi pouvoir, sous douze jours au plus, se rapprocher de la Zélande, et s'emparer de la Flandre hollandoise, pendant que vous ferez entrer vos troupes dans l'île de Zuyd-Beveland^ et de là dans l'île de Walcheren, dont on veut s'emparer, avant que le Statliouder ait le temps de s'y réfugier, qu'elle soit fortifiée, et qu'elle ait re(;u garnison. Il n'y a pas de temps à perdre; et quoique les pati-iotes prétendent que les zélaudois sont prépavés, qu'il n'y a clans toute la Zélaude que cinquaute-cinq compagnies d'infanterie tout au plus, à quarante hommes chacune, et point de cavalerie, et que par conséquent cette expédition n'exige que 3,000 hommes, je crois qu'il faut huit bataillons d'infanterie, la légion hollandoise, la flotille Moultson et deux régimens do cavalerie, huit pièces de douze, quatre obusiers, une compagnie d'artillerie à cheval, et seiï;e pièces de bataillon. Vous irez à Anvers; vous y serez joint par les patriotes hoUandois qui doivent vous apporter des cartes, et vous guider, ayant reconnu eux-mêmes toutes

les facilités de cette expédition. Le Ministre de la Marine donne ordve de préparer des fourneaux et des grils sur chacune des trois chaloupes caunoni ères, pour pouvoir tirer à boulots rouges. Ces trois biitimeus tirent peu d'eau, t-t chasseront facilement les frégates, par la supériorité de leur calibre de vingt -quatre, et par leurs boulots rouges. Prenez pour prétexte de votre voyage à Anvers, l'emprunt de Jiuit millions de florins que vous devez faire à. Anvers. Comme je l'ai préparé, exigez sévèrement cet emprunt, et annoncez à cette ville, h son clergé et à sa bourse ,que les fran^ois ne seront pas dupes do la mauvaise volonté; qu'ils vont prendre en contribution ce qu'ils veulent bien emprunter; que vous savez quels sont les capitalistes qui ont les fonds, et que c'est à eux que vous les prendrez, quitte ensuite à eux à s'arranger pour la répartition avec leurs compatriotes. Dites leur que je travaille à fair lever le décret du 15, que J'espèro y réussir; qu'alors ils ne seront soumis qu'aux conditions de ma proclamation; mais que, d'après cette proclamation, où je dis qu'on traitera comme ennemies les provinces ou villes qui persévéreront à se regarder comme sujettes de la maison d'Autriche, à conserver leur ancien gouvernement, fondé Bur l'esclavage du peuple et l'inégalité des ordres, vous allez les traiter en pays ennemi et casser tous leurs arrêtés, enfin prendre leur argent pour uous indemniser des frais de la guerre.

Fait«s-vous donner une liste des capitalistes d'Anvers ; appelez-les uominativemeut à l'hôtel-de-ville ; faitesles y garder, et ne les relâchez pas qu'ils n'aient pris une résolution et rempli l'emprunt, ou de bon gré, ou forcé-

ment. Si c'est de bon gré, touchez tout de suite lions (le florins, pour los frais de l'expéditio fcveément, imposez-les, l'uu à cinquante miUo nunud, l'autre plus, l'autre moius, selon leurs facultés ; et faitesles payer sous huitaine, en les faisant garder h vue chez eux. Faites la même chose pour le clergé; mais sépai-émeutdu commerce.

Pendant cette opération de rigueur, qui peut seule sauver l'armée fran<.'oise et la Belgique, travaillez avec les patriotes hoHandois à combiner le plan, et à faire reconnoître les passages qui peuvent mener d'Anvers dans le Zuyd-Iîeveland; prenez des informations précises sur les travaux de l'île de "Walcheren, et rassemblez vos troupes sur le point d'Auvers, pour y arriver à jour nommé, et eu partir de mémo. Ne mettez dans votre confidence que Thowonot et Euault, pour vous aider dans la confection do ce plan d'invasion qui doit être très-prompt pour prévenir les anglois qui nous amusent. Je vous joindrai seeri'-temont sous peu de jours à Anvers; et il faut que tout soit préparé, et que de gré ou de force, vous ayez au moins deux ou trois millions de florins dans votre caisse.

Arrangez aussi dans votre plan que Deflerg fasse à Bruges un rassemblement de quatre à cinq mille hommes d'infanterie, avec quatre pièces de douze, douze cents hommes de cavalerie, deux obusiers, deux canons de quatre par bataillon, et se porte avec la plus graudo promptitude à Middelbourg, et de là dans ille de Kadsand et à Biervliet.

2° Pendant que vous arrangerez ce plan dans la Flandre antrichienne, envoyez un excellent officier sa-

périeur avec uu trompette à lîiiremoude, au Goveiueur de Veuloo, poiii- lui dire qu'on vous a iustruit quo les hollaudoîs doivent évacuer cette place et y recevoir garnisou prusienuc. Rnssemblez sous Duval, ù Kureœonde, ou plutôt k Kom, toutes les troupes forniaut votre armée iiarticuiirre, avec doux piôees de vingtquatre, quatre de douze, deux mortiers, deux obnsiers, pour pouvoir entrer sur-le-ehamp daus Veuloo, s'il est évacué, ou ompi'yher l'évacuation.

3° Dès que vous aurez arrangé l'expédition de la Zélande, et la prise de possessiou de Venloo, par le corps d'armée aux ordres de Dnval, nyez vos ordres tout prêts pour que, sans déf^aruir les bords de la Hoër, l'armée, aux ordres du Général Lauoue, fasse l'investissomeut absolu de Maëstrieht; pour cela, preuez l'armée do Valence, et rassemblez-la sur Tougres <iue la vôtre aura évalué. "Vous me direz îl cela quo vous n'avez ui vivres ni fourrages; vous avez le marché de Simsou d'une part, de l'autre le peu d'approvisionuemens faits par Piek et Moncluan, ageus du Comité des achats ; il ue s'agit d'ailleurs que do resserrer les cautouuemeus.

Expédiez-moi uu couiier pour me donner connois- Bauce de ce qui se rencontrera d'obstacles ou de facilités dans l'exécution de ce plau. C'est ce que vous saurez positivement quand vous aurez vu les patriotes hollandois, et que vous aurez examiné leurs cartes et leurs projets. Tout dépend de la promptitude et du secret. Je TOUS développerai mou plan de jour eu jour; il est précipité, parce que les évéuemeus nous pressent et que noua n'avons pas uu jour à perdre. Préparez-le

doue sans perdre de temps. Si je trouve ici clés, soit par l'incertitude du Conseil, soit par

des comités, soit par le déchirement des fu^ , j-

vous tiendrai do jour eu jour insti'uit, et ou nous le laisserons là pour en adopter un autre, ou enfin, si personne ue veut m'entendre, si les soupçons, la mauvaise foi, l'esprit de faction, l'ignorance, la lésinerie plus ruineuse encore que sordide, s'epposent à ce que je sauve ma patrie, je donnerai ma démission, et je pleurerai dans un coin le sort de mes aveugles compatriotes.

Adieu, mon ami, mon digne second, je vous embrasse et voîis aime de tout mon ca-ur.

[Signé] DuMouKna.

Le Général Miranda au Général Dumounea.

Liège, 15 Janvier 1793.

Plus je lis votre lettre du 13, mon cher et digne Général, plus je vois l'essort d'une âme noble et généreuse qui s'élève au-dessus de tous les obstacles, à mesure que les difficultés augmentent. Venons au fait.

Je crois votre plan bien difficile à exécuter, dans la situation de nudité et manque absolu de magasin où uos armées se trouvent. Copondant, l'arrivée du commissaire Petitr-Jeau, et les ordres qu'il porte du Ministre, que je ne manquerai de seconder vigoureusement, feront aller la machine beaucoup mieux, ù ce que je crois.

Si TOUS laissiez dehoi-s de votre plan l'entreprise de la Zélande, il seroit beaucoup plus praticable, a ce qu'il me paroît, et nous n'aurions pas à nous compromettre avec les forces maritimes de l'Angleterre et de la Hollande, qui ne laisseroient pas de nous arrêter au commencement même de notre entreprise, n'ayant pas de notre part des forces maritimes îl leur opposer.

Souvenez-vous, mon Général, que ce furent ces zélandois, avec leui-s bateaux, qui commencèrent à arrêter les armées de terre, toujours victorieuses, du tyran Philippe, et qui finirent par les écraser totalement, d'autant plus que la Zélande tomberoit d'elle-même, quand le reste sera surpris. La Flandre hollandoise doit être envahie ; et pour lors, l'Escaut est uotre baiTière de ce côté-là- Ceci est une observation qui peut mériter votre attention.

Quatre bataillons sont déjà partis sur Anvers par un mouvement tout simple et qui ne dérange aucunement nos eantonneraens. Le mouvement des troupes sur la Flandre maritime, que vous et le Ministre Paclie m'avez promis, n'est pas encore arrivé; je l'attends avec impatience, aussi bien que vos intructions ultérieures pour y agir; maintenant ne perdons pas un instaut.

Par les derniers reuseignemens que je viens d'obtenir, il paroît que la garnison de Wesel^ depuis le 8 du courant, est renforcée de dix à douze mille hommes. Ce corps ne peut avoir pour objet que de secourir la HoUanâe en cas d'être attaquée, ou peut-être une entreprise sur Ruremonde et la gauche de nos cantounemens. J'ai renforcé ceux-ci derricre la Boer, et or-

douDÔ à Lamarlicrc de faire sa retraite, en cas échéant, par la Rùi-r sur les pouts de Ruremonde et Wodorpt, en se repliant enfin sur Geijîeiilàrchen, ce qui noue rassure parfaitement d'un échec.

[Signé] MffiANDA.

P. S. Je prévois bien des difficultés dans l'exécntion du plan des opérations que vous m'avez envoyé. La chose me paroît presque impraticable, suivant les règles de l'art : mais ue doutez pas pour cela que je ue fasse pas do ma part tout ce qui sera possible, et je crois que l'armée aussi suivra avec la meilleure volonté, par la eoufiance qu'ils ont en vous. Je crains seulement que, même quand nous réussirions, les instruits ue nous disent, casii et non arte.

Le Général Dmnouriez au Général 3Hranda.

Paris, le 19 Janvier 1793, l'an second de la République.

Je réponds à la fois, mou cher Miranda, à vos deux eourrieis, par celui qui est arrivé le premier. Je l'ai envoyé au Conseil sur-le-champ, et voici sa réponse, signée Pache, le 18 Janvier.

"Le Conseil Exécutif Provisoire, Général, a reçu la lettre que vous lui avez écrite concernant l'opération de la Zélande, avec la copie de celle du Général Miranda. Le Conseil, après avoir délibéré sur leur conte-

nii, a arrêtô qu'il soroit sursis de nouveau à l'exiu-ditiou projetée sut- la Zélaiidfi, et i! vous pvio do la mander au Géuéral Mii-auda, en y ajoutant iju'il dé-sireroit que ce fîéuéral entendît les patriotes hoUaudois qui doivent se rendre à Liège, et qu'il prit des mesures pour vi'-rifier les dispositions annoncées des zélandois et Imxva diffêreus rapports. Le Général Miranda conservera d'ailleurs la disposition des troupes qui ont été mises on mouvement pour cette opôration, et qui sont liors du territoire franvois-"

Vous voyez d'apn'S eela, mon eher Oénéral, que nous sommes trt'S-indécis, et sur les ennemis que nous avous à combattre, et sur l'espt'ce de guerre <i ne uons leur faisons. .To ne vois qu'un seul avantage à ne qni avoit été an-augé pour cotte affaire de Zélaude, -"l'est que cela vous donne quelques millo hommes de plus qu'on a rapprooliés. Il est temps que nous connoi^i-jions les forces que nous avons dans tes Pays-Bays. -l'ai i-e^n l'état du corps d'armée que je eommandois, er d« celui du Général d'Harville, à l'époque du IJ Janvier: il so moutoit à TKMWO hommes d'infanterie et iùu.| mille huit cents hommes do cavalerie, y compris les garnisons de Bruxelles, Maline.s, et Mons,

Faites-vous doinier h part i'état <]•; l'arm.'e d<- Valence ou des Ardeuuos f|uo Je suppo^^f monter j i[uinze ou seize mille hommes, ilont tout au plus trois mille de cavalerie.

Faites faire un relové exact do l'armée -lu Xord que vous commandez ; augmontez-le de toutes les troupes qu'on vous envoie de France et dos garnisons do

Touruay, Courtray, et autres non comprises dans l'état du 12 qui m'a été envoyé par le Général Lanoue. Faites-moi dresser ces deux états, et renvoyez -les-moi sur-le-champ, pour que je puisse travailler avec le Conseil et avec le Comité de Défense Générale, d'après des bases sûres.

Je crois que si la guerre est décidée entre nous et la Hollande et l'Angleterre, il ne faut faire qu'une fausse attaque sur la Zélande, que nous devons occuper Maastricht, Venloo, Gueldre, Emmerich, nous rabattre sur Nimogue, et par les hauteurs' d'Amersfoort, tourner Utrecht, gagner l'écluse de Muyden que le maréchal Luxembourg a manquée en 1672, alors nous arrivons sans difficulté à Amsterdam. Dans cette campagne, qui doit être très-prompte et que j'ai longtemps méditée, il ne faut compter les patriotes que comme un léger accesoire et ne se fier qu'à ses propres forces et aux moyens de conquêtes. La Zélande alors tombée d^elle-mêine et l'île Walcheren, fût-elle rendue inexpugnable, devient une pauvre retraite pour la maison d'Orange et pour les administrations du pays, parce que nous joindrons tous les moyens de marine hollandoise à tous nos moyens d'artillerie pour y pénétrer, lors que nous n'aurons plus que cela à faire.

Il faut cependant non seulement que vous écoutiez tout ce que les patriotes hollandois ont à vous dire sur les facilités de l'entreprise de la Zélande, mais encore que vous trouviez des moyens pour le vérifier; et pour cela vous devez avoir auprès de vous, en ce moment, un homme fort bon pour ce genre d'emploi, une ma-

□ière de Buscon qui a le brevet de lieuteuant^eolonel et qui se nomme ; il faut le charger avee précaution de cette besogne sans lui eu dire le résultat; il faut prendre le préteste de conuoîtro par lui les dispositions d'Amsterdam et de Rotterdam, lui recommander de passer par l'île de Waleheren, pour voir si on y fait des fortifications, et de rentrer par Ostende, après s'être assuré de la situation et du nombre de bâtimeus delà flotille angloise; mais ayez soin: 19 de lui fixer un nombre de jours pour son voyage; 29 de ne lui rien donner par écrit; 3" de ne lui faire eonnoître aucun des patriotes hollandois, dont il doit vérifier les rapports; 4" de ne lui parler d'aucun projet sur la Zélande; 5° de ne lui donner que l'argent nécessaire pour son allée et venue, en lui promettant des récompenses si ses rapports sont bien détaillés et exacts.

Quant à Maastricht, j'ai des détails suffisaus pour espérer y avoir un succès complet; je vous enverrai

ces jours-ci le lieutenant-colonel H C'est un officier

saxon, qui a servi en Russie, et que pour sa récompense des détails qu'il a été prendre hii-même sur Macstricht, je fais entrer dans l'état^major de l'armée, parce qu'il m'a paru au-dessus du métier d'espion, qu'il ne s'est déterminé à faire, pour cette fois seulement, que par complaisance pour moi ; il vous portera les détails les plus exacts sur cette place, et vous pourrez lui marquer de la confiance.

Je ne vous parlerai point des événemens de ce paysci. Je tâche de préparer tout comme si je devois faire la campagne, et il est eneoi-o très-possible que je ne la fasse point, car rien ne se décide, et certainement je tiendrai

à mes conditions, quelque chose qui puisse on résulter Vous avez lu ma lettre à la Convention; elle étoit accompagnée de quatre mémoires, sur lesquels on n'a encore rien statué, et il me paroît que j'aurois de la peine à faire décider de la manière dont je le juge nécessaire; c'est de In que dépend ou mon acceptation ou ma démission. J'espi're que votre second courrier, qui sera expcdiô incessamment, pourra vous rapporter des léponses définitives à cet égard.

Je suis fâché que Marassé ait permis au Maréchal de Camp Cauolles d'aller à la barre de la Conveutiou Nationale de la part do la garni.son d'Anvers ; mais si vous aviez lu une lettre ijartieulièro qu'il m'écrit ù cet égard, vous seriez i)Ius indulgent pour ce vieillard, respectable à tous égards, qui vous seeonderoit parfaitement, si vous lui montriez pins de confiance. Quant à ce que V0.S effets de campement aient été bulles avec l'hôpital h Auvers, on ne peut pas le lui imputer comme une faute; car il a dû les croire en sûreté dans le magasin où il les a placé?, et un incendie est un malheur qu'il n'a pasdû calculer. Ainsi, quelque lUsappointemcnt que cela vous apporte, vous ne devez pas l'on rendre responsable,

Quant aux pièces que vous m'envoyez concernant le Comité des achats, je m'y suis attendu, et de peur qu'elles ne soient supprimées, je le fais passer au Conseil. J'envoie aussi une copie au Comité de Défense Générale. Je vous embrasse, mon cher iliranda, do tout mon cœur,

[Signé] Le Gén. DuaiouitiEZ.

Le Général Miramla au Général Dmiouriez.

Liège, le 23 Janvier 1793.

J'ai reçu hier au soir, mou cher Géuéral, votre lettre du 19. Nous avous formé les trois états de situation que vous me demandez, avec l'exactitude possible, et on y a joint les garnisons do l'armée des Ardenues. Le total se monte, comme vous le verrez par le détail ci-joint:

Armée du Nord, avec les garnisons d'Anvers

et arrondissement 23.340

Augmentation 10.761

Armée des Ardennes 22.844

Garnisons des Ardeunes 13.319

Dans ce total ne sont pas comprises les garnisons de Fumes, Nieuport, Osteude, Courtray, Tournay, Ath, et l'ancienne garnison de Bruges.

Nous avons pris tous les arrangeracas au surplus, selon vos intentions, et nous attendons vos ordres ultérieurs pour agir ou faire quelques mouvomeus.

J'a re<;u les commissaires bataves selon le désir du Pouvoir Exécutit' et le vôtre, et je vous ai mandé le résultat de uotre conversation dans ma dernicre lettre. Le commissaire autrichien i^onr l'échange des prisonniers de guerre m'écrie une lettre de chicane sur la capitulation d'Anvers, qui me paroît compR'temeut répondue par la copie ci-jointe de la mienne.

[Signé] MiKAXDA.

Le Général Miranda au Général- Adjudant et Commissaire de

Sa Majesté, J. Perneti.

Liège, 23 Janvier 1793, second de la République.

Pour réponse à la diffuse lettre que vous venez de m'écrire en date du 5 Janvier et par laquelle vous prétendez que la garnison autrichienne de la citadelle d'Anvers n'est pas censée prisonnière de guerre par la capitulaition du 29 Novembre, je vous envoie la déclaration formelle que le Colonel Molitor, commandant ladite citadelle et signataire de la capitulation, a donnée pour nous mettre à l'abri des chicanes que je présumois de votre parte, et que je ne vois que trop réalisées aujourd'hui.

"Je soussigné déclare : qu'avant la capitulation do la citadelle d'Anvers, M. le Maréchal de Camp Ruault, m'a signifié verbalement que l'intention de M. le Lieutenant-Général Commandant en Chef Miranda, étoit que la garnison entière se rendit prisonnière de guerre, quoique cela ne fût pas assez spécifié dans les articles de ladite capitulation; que j'ai fait part de cette condition à tout le corps de MM. les officiers de ma garnison, rassemblés à ce sujet chez moi, qui unanimement s'y est soumis ; que de plus, j'ai donné en partant d'Anvers à M. le Lieutenant-Général Marassé un revers que ni officier ni soldat de cette garnison ne pourra servir jusqu'à ce que l'échange ne soit effectué ; l'article VIT de la capitulation porte: les malades et blessés

resteront à l'hôpital et seront soignés comme tous les autres . prisonniers de guerre."

D'après cet exposé je vous prie de me dire, Monsieur, qui, des autrichiens ou des françois, a mis plus de loyauté à entendre et à agir dans le vrai «ens de la capitulation.

J'ajouterai que pendant que la garnison étoit détenue à Anvers, ayant sollicité auprès de moi que les femmes et enfans, qui se trouvoiont à la citadelle dans le temps de la reddition, ne fussent pas sujets îi échange, comme les hommes, cela leur fut accordé ; et le reste, compris les malades, resta persuadé qu'ils s'étoient rendus prisonniers de guerre, qu'ils dévoient être échangés comme tels, signèrent leur parole, et partirent pour Cologne sans m'avoir jamais fait aucune plainte à cet égard. Ce sont eux cependant qui ont fait et signé ladite capitulation.

Le Général Miranda au Commissaire de Guerre L

Citoyen.

Je vous ai fait appeler ce matin pour vous informer que des plaintes réitérées contre les commis ou domestiques de vos bureaux me faisoient croire que les soldats volontaires, qui, au nombre de plus de trente, me les avoient faites en différentes occasions, ne peuvent être que fondées; je vous invitois à prendre des mesures pour prévenir de pareilles plaintes dans l'avenir.

L'exposé que vous me faites daus votre lettre est entit'remeut inexact. Je vous exhorte à faire votre devoir et prévenir les abus dout on se plaint parmi les respectables volontaires de l'armée, qui m'assurent venir de trois lieues, où sout leurs cantonnemens, et être trèsmal re(,'us chez leur eommissairo. Je ne peux pas me persuader qu'un nombre pareil d'hommes respectables

et honnêtes disent faux, et que le seul commisaire L ,

qui me fait aujourd'hui un exposé sophistique, soit infaillible.

[Signé] MlHANDA.

Le Général Dumouries au Général Miranda.

De Paris, le 23 Janvier 1793.

Je vous ai mandé, mou cher Miranda, que faban-

doniiois, comme vous, le -projet de la Zclande ; mais c'est «ne raison do plus pour pousser très- vigoureusement celui do l'attaque de Maastricht, Venloo, et Nîmègue : je donnerai cependant peut-étie à Oaock et Beudels le petit secours qu'ils réclament, dans l'opinion où ils sont do réussir avec trois ou quatre mille hommes, qui tïst tout ce qu'ils ont demandé au Conseil Exécutif. J'examinerai cela moi-même sur les lieux, sous peu de jours.

La catastrophe du 21 uons doune vraisemblablemont pour ennemis tous les peuples de l'Europe. Voici

ce qui vieot d'étve décidé à cet égard, au Conseil Exécutif.

Nous sommes encore incertains sur le parti que prendra l'Angleterre, et c'est ce parti qui déterminera notre conduite pour la Hollande. Le Conseil, après le désir des anglois et des hollaudois, a jeté les yeux Hur moi pour allov en Angleterre eu ambassade extraoï-dinaire, afin de faire décider cette nation catégoriquement pour la paix ou pour la guerre. Eu conséquence on a donné ordre à notre ambassadeur Cbanveliu, de revenir. Ou envoie demain uu agent secret, fort connu de M. Pit et de il. Pox, pour demander aux deux partis, c'est-à-dire ù la nation toute enti<>re, un sauf-conduit pour moi, et l'assurance d'être bien venu, quelque succès qu'ait la mission: comme e'est un oui on un non que je vais demander, comme CatoD à Carthage, cette mission uo durera pa.s pins de huit jours.

Eu attendant la réponse, je pars demain la nuit pour Dunkerque, d'où je passerai à Ostendo Nieuport, Bruges et Anvers où je serai au plus tard le 30. Je m'arrêterai ii Auvcrs, où je ferai venir mes chevaux pour continuer ma route sur Ruremoudc, Macsuyek, Tongres, et vous retrouver à Liège.

On envoie une personne de confiance à la Haye, pour prévenir milord Auklaud et le grand pensionnaire Van-Spiegel, pour venir s'aboucher avec moi, selon leur propre demande, sur la frontière entre Anvers et Biéda, pour entamer une uégociatiou. Ce petit séjour à Anvers me donnera le temps de recevoir le courrier

du Ministre Lebrun, qui m'apportera la réponse de Londres, Si cette réponse est catégorique et amicale, comme il semble qu'on s'en âatte encore, alors je repasserai par Paris, pour prendre mes dernières instructions, ou j'irai, suivant le choix du Conseil, d'Anvers à Calais, pour m'embarquer. Si au contraire la réponse est ou péremptoire ou évasive, j'attaquerai Imit jour après Mai'stricht, et je ferai un mouvement général pour couvi'ir ce siège, en mcme temps que vous vous emparerez de Venloo, où il n'y a plus qu'un bataillon de garnison. J'ai sur Maastricht des notes très-avantageuses, qui me font croire au succès. Pendant mon séjour à Anvers j'exécuterai de gré ou de forée l'emprunt sur te commerce, pour avoir ce premier numéraire nécessaire pour opérer. Pendant ce court voyage, voici ce que vous avez à faire: allez vous-même à Louvain et Saint-Trond, pour disposer uotre artillerie, afin qu'elle paisse marcher an plus tard du 10 au 15 Février; faites de même toutes les dispositions possibles pour les troupes, sans cependant y mettre une trop forte apparence; le grand poiut est de prévenir les prussiens de Wesel, et qu'ils ne soient pas instruits trop tôt de nos préparatifs. Je vous manderai d'Anvers quelles dispositions j'aurai faites pour les subsistances; mais prenez toujours le parti d'ordon ner sur-le-champ au commissaire-ordonnateur et au régisseur des vivres, de faire construire ù Tongi-es des forts pour 30.000 hommes. Annoncez mon arrivée comme une petite inspection générale que je viens faire des quartiers, par ordre du Conseil Exécutif et du Comité de Défense Générale. Ne parlez point du tout de l'article

des négociations; C9 n'est pas que je doive en faire un mystère, mais ce doit être un secret jusqu'à ce qu'elles soient réussies ou manquées. Cette mesure estgranueet noble. Si elle réussit, uous diminuons le nombre de nos ennemis, et nous pouvons faire la même guerre que la «ampagne précédente. Si elle ne réussit pas, nous prévenons les anglois et les prussiens. Nous tes étonnons par l'attaque de la Hollande; nous faisons une grande diversion qui sauve l'armée de Oustine, et nous aurons peut-être ensuite plus facilement la paix; car c'est à quoi il faut tendre par des raisons que je vous découvrirai. Ne venez pas à Anvers me trouver, parce que cela dérangeroit l'air d'inspection que je veux (îouner & mon voyage. Nous nous donnerons rendez-vous à Tongres ou à Kuremoude; mais si vous avez quelque chose de très-important à me communiquer, envoyez-moi le général Thowenot à Anvers, et je vous le renverrai tout de suite. Je vous écrirai d'Anvers avec plus de détails; en attendant, jo vous embrasse do tout mou cœur.

[Signé] Lo Général en Chef, Duhodeiez.

Le Général Miranda ait Général J)umourïez.

Liège, 28 Janvier 1793.

J'ai reçu votre lettre du 2") Janvier, et le lieutenaut-

colonel est parti hier pour remplir la commission

que vous m'avez ordonnée. Il ira vous rendre compte à

Anvers, vers lo pi-emier de Février. Les fours se construisent ;i Tongres, comme vous me l'avez prévenu, et toutes les dispositions que vous m'indiquez sont prises. Les ennemis augmentent leurs forces eu faisant passer des troupes sur la rive gaucho du Rhin, plus ou moins tous les jours. Je ne 6io\s pas, comme Stingel, qu'elles soient au nombre de cinquante mille hommes, mais j'imagine fort bien qu'elles puissent ôtre de vingtcinq. Les prussiens ont fait passer quelques troupes, & ce que me dit le général Lam!*rlii"'re, sur Meurs et Kael~ de Kirchen. Ce mouvement peut avoir pour objet la possession de Venloo, ou peut-être la marche d'un corps de troupes de Wesel sur la Hollande. J'ai envoyé à Stingel un renfort de chifj mille hommes, quelque artillerie, et trota officiera de (/énie, 'pour fortifier prodsoiremcnt quelques pastes. Cette mesure l'a tranquili.se un peu, mais cela u'empOohe pas que je sois très-inquiet par rapport aux avantpostes.

Le Général Dumouricz au Général Miramla.

Anvers, le ~) Février 1793,

l'ail second de la République.

J'ai absolument besoin, Général, du Général Thowenot: il faut qu'il m'apporte l'état des cantounemens de votre armée, de la mienne, de l'arméo de Valence et du corps de d'Harville. C'est sur cela que je dois arranger le mouvement général, dont voici en gros le projet;

V Vous vous porterez avec votre corps d'armée, ■quatre pii'ces de vingt-quatre et deux mortiers, sur Vculoo, pendant qu'avec la corps d'armée que je commande, et partie de celle de Valence, je ferai l'investissement de Maëstrieht avec lo reste de la grosse artillerie, pour brusquer cette place, comme vous brusquerez Vonloo, où vous ne devez pas trouver de résistance, n'y ayant poiut de garnison. De mou côté, je mènerai très-vivement Maëstrieht, qui fesphe se rendra à la troisihne homle.

29 Pendant cette opération, qui j'espère ue sera pas longue, Valence prendra une position sur la MoUr, eu rassemblant ses forces.

3? Bu même temps, le Géuéi'al d'Harville se rassemblera dans la paitie de Namur pour être prOt à se joindre à Valence, en cas que Clairfayt, renforcé des secours de l'Allemagne, et peut-être joint par les prussiens, veuille tenter de passer la lioiJr. Si par hasard Clairfayt veut redescendre le Rhin pour se joindre aux prussiens du côté de Wesel et du pays de Clèves, pour de là se porter dans les provinces de Groniague, Jutpheu, alors d'Harville restera dans la partie d'Aix-la-Chapelle, peudaut que Valence descendra la ïtocr jusqu'à Ruremonde.

J'espère, Général, qu'eu mettant de la célérité daus nos mouvement, nous serons maîtres de ces deux places à la au de Février: ce ne sera pas uueore le tempw de nous reposer; nous irons prendre ensemble Ximi'i/ue et Grave. Je regarde Nimègue, daus la position de guerre où nous nous trouvons, comme la clef de la IloUande. Si nous prévenons les prussiens dans ce poste essen-

tiel, nous sommes sûrs d'être quinze jours après à Amsterdam. Toîit ceci imro'itroit chimérique, si le lyays Wétoit pas trrs-disposé pour nous ; mais toutes les notions que fai à cet égard me donnent un espoir que je crois être trèsfondé.

Je vous ai renvoyé le Lieutenant^Colono! T dont

le voyage a été très-utile, ot dont les rapports sont entièrement conformes à ceux que j'ai de plusieurs autres côtés. Je vais écrire au Lieutenant-Général Omoran, pour eounoître exactement le nombre des troupes qu'il a sous ses ordres. Il est possible que je juge utile de faire un petit rassemblement près d'Anvers, pour pénétrer, entre Bréda et Bois-le-Due, sur Gertruydenberg ou Heusden: ce petit corps, que je donnerois à commander à Bernevon, tiendra en échec toutes les garnisons, et empêchera le renforcement de celles de la frontière que nous devons attaquer.

Je fei'ai des instructions très-elaives pour tous les chefs mes eoopérateurs; je vous prie seulement, en ce moment, de bien réfléchir sur ce premier aperçu du plan de campagne, et de m^envoyer vos ohservations par Thowenot^ que je vous prie de faire partir tout de suite, car noua li*avons pas un instant à perdre.

Le Général en Chef.

[Signé] DuMOUBiEZ.

P. S. Envoyez-moi le citoyen Cantin, mon secrétaire, avec le Maréchal de Camp Thowenot.

Le Général Damoimez au Général Miranda.

Anvers, le 8 Février 17î)3, l'an second de la République.

Thowenot n'est pas encore arrivé, à neuf heures da matin : je l'attends avec la plus grande impatieuee pour le détail du mouvement des troupes. La prise de Veuloo est d'une telle importance, que je voua prie d'envoyer sur-le-champ un courrier à Champmoriu pour qu'il y entre avant que les prussiens puissent y arriver. Si cela n'a pas lieu, la campagne est manquée, et la défense des Pays-Bas bien hasardée. Je n'ai d'espoir, mon chet Miranda, que dans l'extrême célérité de l'opération de Venloo. Envoyez bien vite à Champmoriu deux mortiers, rfil n'en a pas; occupez aussi Stewenswerdt: alors vous pourrez vous servir de la Meuse pour votre artillerie et vos fourrages. J'envoie ordre à Duval de joindre sur-le-champ. Si nous n'étonnons pas, si nous ne prévenons pas les hoUaudois et les anglois, tout est perdu au printemps, surtout ce pays-ci étant mal disposé par notre faute ; ainsi faisons des choses incroyables, /ose dire impossibles.

Ci-joint l'ordre du Conseil; il est du 31. La déclaration de guerre, qui ne m'est pas encore notitiée, est du premier. Cet ordre est vague, et je n'ai rien reçu depuis.

Le Général en Chef,

[Signé] DuMOUEiEZ.

P. S. Ci-joint un paquet que je vous prie de faire passer de suite à Maastricht.

Le Général Miranda au citoyen Pachc, Ministre de la Guerre.

Au Quartier Gôuéral de Liège, le 9 Février 1793, l'an second de la République Frauçolse.

Malgré que je n'aie reçu encore, citoyen Ministre, aucune nouvelle officielle sur la déclaration de guerre à la Hollaude, par la République Françoise, la notoriété publique ne me laissant aucun doute à cet égard, je viens d'ajouter aux dispositions militaires que j'ai eu l'honneur de vous communiquer hier, celles de pi'ondre le fort de Stewenswerdt et celui de St. Michel, l'un sur la rive droite, l'autre snr la rive gauche de la Meuse, appartenant aux Hollandois, comme vous verrez par la copie ci-jointe de l'ordre donné îi cet effet au Maréchal de Camp Cbampmorin, en attendant vos instructions postérieures.

J'avois oublié de vous communiquer l'ordre que j'ai donné ù l'armée, le 3 Février, au sujet do la mort glorieuse du citoyen Pelletier, martyr illustre de la liberté. J'ai cru qu'en suivant l'exemple du Corps Législatif et du Pouvoir Exécutif, l'armée no feroit que sou devoir.

[Signé] MraANDA.

Le Général Dumouriez au Général MiraniJa.

Anvers, le 11 Fôvrier 170;>, deuxième de la Républiiine-

Le Général Tliowenot, mon cher Miraiida, vons donnera tout le d<itail de l'entreprise hardie que j'ai projetée moi-môme, et dont l'exécution commencera li^ 18 ou le 1!) au plus tard; je vous envoie Tliowenot iiour qu'à lu même époque au plus tard, vous commenciez à jeter des bombes dans Mai^strieht. Il faut quo vous brusquiez cette attaque ; car ce n'est ni la saison ni le temps d'ouvrir un siège régutier. Tout dépend d'ailleurs de la célérité avec laquelle vous vous débarrasserez de ce siège, pour pouvoir sur-le-champ marcher sur Nirat'gue avec vingt-cinq mille hommes eît'ectifs. Vous laisserez le surplus aux ordres do Lanouo, .si le Général Valence n'est pas encore arrivé. Vous laisserez à cet officier général des ordres et une instruction pour soutenir Aix-la-Chapelle, et défendre le passage do la Roïr.

Je vous autorise à prendre à notre solde tous; les hollandois, allemands et suisses de la garnison do Minstrieht qui voudront se Joindre à vous. Vous iirondre/, duns cette ville tout l'habillement ci l'armement que V'.ms y trouverez, mc'nie celui de la partie de garnison que vous r.mveri'ez, s'il y aune capitulation. Le pis aller sera fie leur acheter leurs habits; mais il ne faut pas lais-ser mamiuer nos troupes pour laisser ces gaillards-là bien vi'tns. Pour vous débarra-sser des prisonniers, vous les enverrez

eu France, surtout les suisses et les allemands. Vous laisserez le Général Leveneur dans Maëstricht, avec une garnison ; elle n'a pas besoin d'être forte, puisque le Général Lanoue la couvrira.

Si nous avions le temps d'agir méthodiquement, il faudroit que vous prissiez Grave après Maëstricht; mais comme Nimègue est la clef des Provinees-Unies de ce côté, comme il faut prévenir dans cette partie l'arrivée des troupes prussiennes, comme Grave est dans un rentrant de la Meuse, couvert par Stewenswerdt et Venloo, que vous laisserez occupé, il vaut mieux que vous alliez droit il Nimègue.

Dt'S que vous aurez entamé votre expédition, dès que j'aurai commencé mon entreprise hasardeuse, vous ne pourrez plus recevoir aucun ordre de moi, car notre commuuicatiou sera entièrement interrompue jusqu'à ce que nous nous rejoignions par derrière, par la marche que je ferai sur Utreeht, dès que la révolution sera faite à Rotterdam et à Amsterdam, où je ne m'arrêterai pas du tout, pour vous rejoiudre plus vite et vous tirer de vos sièges, par les ordres que je ferai donner, par la nouvelle République, aux différons commandaus. Je mènerai vraisemblablement avec moi uu renfort de troupes hollaudoises. 8i je ne réussis pas complètement, je tâcherai au moins de m'emparer do Bréda, et peutêtre même de Berg-op-Zoom ou Bois-le-Due, pour au moins couvrir notre flauc gauche au printemps.

Mais plus mon projet d'attaque est hardi, et plus j'ai l'espoir de réussir. Si j'étois en foreo, et si j'avois le temps, je prendrois une marche plus méthodique;

dans le caa où nous soramea, il faut étonner et faire des coups de désespoir.

Je vous prie de remettre au Général Thoweuot les deux cartes d'Allemagne, collées sur toile, que vous avez dit trouver daas les petits tiroirs d'un secrétaire. Faites-vous rendre compte si l'Adjudant Générai de Pille et les quatre adjoints, à qui j'ai donné ordre de partir de Liège, ont exécuté cet ordre ; si non, faites-les partir sur-le-ehamp.

Nous entreprenons une besogne aussi difficile qu'audacieuse : c'est bien ici qu'il faut dire vaincre on mourir. Notre intime amitié nous applanira les difficultés. Vous êtes mon Adèle second, et j'attends tout de vous. Dans cette occasion importante, je regarde notre entreprise comme le seul moyeu de sauver la République. Fuites partir sur-Ie-charap le Commisaite Petit-Jean à qui j'en envoie l'ordre: il faut absolument qu'il vienne passer deux fois vingt-quatre heures avec moi, car lui seul peut me procurer les moyens de ne point éprouver de relard dans mon expédition. J'ai ici un commissaire de guerre trcs-neuf et très-timide, et je ne connois point les ressources du pays. Petit-Jean vous rejoindra tout do suite. J'imagine que sous trois ou quatre jours au plus tard, votre artillerie sera devant Jlaëstncht, et que vous bombarderez sur-le-ehamp.

Ayez soin de répandre que je ne m'arrête ici que pour quelques jours, et que je dois me trouver aveo vous devant Maastricht, ou plus loin, si Maèstrieht est pris vers le vingt; et pour qu'on ne murmure pas de ce retard, dites publiquement que je ne m'arrèto ici

qne pour faire un emprunt de douze cent mille florins,et que je suis sûr de la réussite. Je vous écrirai encoie avant mou départ ; mais une fois parti, ne comptez plus sur aucune nouvelle de moi jusqu'à notre jonction. Adieu, je vous embrasse.

Le Général eu Chef,

[Signé] DuuouHiEz.

P. 8. Ci-joint un ordre pour lo Waguemestre Payeu. Faites-le partir tout de suite.

Le Gvmràl Mhanda au Général Diimoiiries.

Liège, ce 12 Février ] 793.

Je viens de recevoir dans ce moment-ci votre lettre du 1 1 Février, datée à Anvers, et j'attends avec impatience le Général Thoweuot pour mettre à exécution,

s'il est i^ossible, tous vos ordres.

Je vous ai envoyé les quatre adjoints que vous demandiez, et ils sont partis hier pour Anvers ; }>our ce gui yifiarde f Adjudant Général de Pille, il se trouve un peu indispoï-é de sauté dans ce moment-ci, et si voua poiirics me le laisser dans farinée du Nord, il wv serait in- Jiniiinid utile: Je le trouve un homme intèf/re, êaprèn les rccliirches f/iie fai faites exprès à son égard, pour vérifier si vr que Thou'enot mhwoit dit de lui était vrai; et jo peux vowH assurer que je crois positivement que tout eo que

Thowenot pense sur son eompto est faux, et que la plainte presque générale de caractère dur et jaloux qu'on fait de Thowenot, n''cst moins quHnfondée.

Voici Stewenawerdt pris et Venloo probablement attaqué dans ce moment-ci ; peut-être pris auHsi, comme vous verrez par les détails et dispositions de Champraoriu, dont je vous envoie copie ci-jointe, ainsi que de ma dépêche d'hier au Ministre de la Guerre. Je m'occupe de faire établir immédiatement le pont de Visé, que je considère très-essentiel pour nos opérations sur Maastricht.

L'échange des pnsonniers de guerre se fait à Maeseyck, entre les commissaires autrichiens et les nôtres, avec bonne intelligence et sans difficulté. Ils proposent un ou deux articles comme stipulation à être ajoutée au cartel d'échange que je soumettrai à votre décision.

Le Baron Senft, ci-devaut envoyé de Prusse à Liège, a été an-Oté en allant de Maëstricht à Utrecht. Je le crois dans la classe des prisomiiers de guerre; mais sans décider là-dessus, je le fais passer à Bruxelles oi"i il attendra vos ordres et votre décision i\ cet égard.

[Signé] MiEANDA

Le Général Biiiiioitries au Général Miranda.

O'Anvors, le 13 Février, 179.% l'an second do la République.

Je TOUS envoie, Général, qnelques-unes do mes proclamations. Faites-en imprimer trois ou quatre mille

exemplaires, et faites-en passer, par tous les moyens possibles, chez les hoUandois : c'est ce que je fais de mon côté. Je reçois votre lettre du 12 qui me fait grand plaisir. J'espère que vous allez m'apprendre la nouvelle de la prise de Venloo. Je suis persuadé aussi qu'avant le 17 vous serez en marche et que déjà les mortiers auront tiré sur Maastricht. Le prince de Hesse-Philippsthal, qui y commande, n'est point du tout militaire. Il vous proposera peut-être d'évacuer la place et de se retirer avec sa garnison ; car le projet des hollandois étoit de former un petit corps d'armée, en attendant les prussiens ; et les 6,000 hommes de la garnison de Maëstricht, si on les laissoit sortir, serviroient de noyau à cette petite armée, ou renforceroient les garnisons de Aroheim et Nimègue: c'est ce qu'il faut absolument éviter, en intimidant le gouverneur que vous rendrez personnellement responsable envers les habitants, des dégâts du bombardement. Si le siège de Maëstricht vous paroît se prolonger, laissez-le achever par mon armée et celle de Valence, et marchez de votre personne sur Nimi'gue, en prenant la moitié des mortiers et des canons de douze et de seize. Si au contraire Maëstricht se rend à une attaque biusque et au bombardement, comme je l'espère, alors vous serez plus en force pour l'attaque de Nimègue.

Dans la sommation que vous ferez à la ville de Maëstricht, n'oubliez pas indépeudamment du gouverneur, de faire sommer les magistrats, et do les rendre personnellement responsables du dégât des bombes. Faites-les prévenir, et par eux les habitants, que vous n'en voulez

qu'aux partisans du Stathouder que vous poursuivrez avec toute rigueur ; mais que vous n'avez, ainsi que uous tous, que de l'amitié^ pour la nation hollandoise ; que ce n'est point contre elle, mais pour elle que nous faisons la gnerre, et que nous ne désirons que prévenir les prussiens qui les vexeroient comme ils l'ont déjà fait. Vous mettrez par écrit ces conseils avec votre style de feu, et vous le ferez parvenir par toutes les voies possibles. J'apprends que les troupes brunsviekoises, au service de la Hollande, n'ont point du tout intention de se battre : profitez de cet avis.

Vous pouvez garder à votre armée VÂiljudant Général de Pille qui ne pourroit pas s'arranger avec le Général Thowenot. Ce dernier peut avoir le caractère uu peu impératif; mais c'est un homme trop essentiel pour ne pas lui donner cette petite satisfaction, surtout d'après les faits trbs-graves qiHl jh'a articulés et dont nous causerons ensewhk quand nous nous verrons.

Je vais écrire au Général Moreton, pour qu'il envoie le baroû de Senft à Valenciemnes où j'instruirai de son arrivée le Ministre Lebrun, pour qu'on décide sur son sort.

Courage, mou ami : eu employant )a fougue frauçoise dans notre expédition nous réussirons, et ce début de campagne nous donnera dos armes, des habits, des vivres, des munitions et do l'argent.

Le Général en Chef de l'armée de la Belgique,

[Signé] DuMOURiEZ.

Le Ministre de la Guerre ait Général Miranda.

Paris, le 14 Février 1793, l'an second de la République.

J'ai reçu, citoyen, la lettre que vous avez écrite le 9 de ee mois au Ministre de la Guerre. La déclaration de guerre de la République Fraçoiso contre la Hollande et l'Angleterre, doit voua être aujourd'hui parvenue officiellement et fapprouve parfaitememt les mesures gue vous aves prises iVaprcs eette détermination avant même d'en avoir reçu la connoissance par le Ministère ; vous vous maintiendrez dans les forts de Steivenswerdt et Saint-Michel, appartenans aux hollandois, et qne vous avez donné ordre au Général Champmorin d'occuper. Du re.ste, le Général Dumouriez est actuellement à la tôte de son armée destinée à l'expédition de la Hollande, il a dû concerter avec ses généraux le plan de campagne, et par conséquent vous devex. avoir les instnictions pour agir conjointement avec lui et le seconder.

Je vous remercie de la communication que vous m'avez donnée des lettres que vous avez écrites aux Généraux Leveneur, Stingel et Champmorin ; elles eontlenueut des dispositions fort sages et auxquelles je ne puis qu'applaudir.

J'approuve également l'ordre que vous avez donné au sujet de la moi't du citoyen Pelletier : tout bon françois doit partager les regrets que cause la perte du martyr de la liberté, et vous avez bien fait d'eu rendre-

un témoignage public par le deuil général que avez ordonné dans l'armée.

Le Ministre de la Ouerre

[Signé] Beuknonville

P. S. Je reçois à l'instant votre dépêche du 11; je vais communiquer à la Convention la prise du fort Stewenswerdt ; cette nouvelle lui fera autant de plaisir qu'à moi.

Comptez sur une brûlante activité de ma part, pour réparer tous les maux qui nous accablent. .To ne demande qu'un peu de patience à mes camarades, et tout ira bien.

Je ne pense pas qu'il y ait lieu à compliment dans ma nomination au Ministère. Je me trouvois mieux à la tête de mon armée, mais un soldat ne doit pas avoir de volonté. Au reste, je connois les maux, je pourrai au moins les indiquer.

Le Général Mhanda au Général Beurnonvïlh.

Liège, co 14 Février, 1793.

Je revois, Çlénéral, aujourd'hui, la nouvelle de la prise du fort hollandois de St. Michel, sur la rive gauoheîde la Meuse et vis-à-vis Venloo, dont nos troupes se sont emparées sans résistance, ayant fait prisonniers quelques soldats hollandois qui étoient devant. Un débordement extraordinaire des eaux de la Meuse, pen-

mt,^

— codant ces jour passés, a mis un obstacle à ce que nous occupions aussi les fortifications de Venloo, qui est sur la rive droite, puisque les prussiens, prenant avantage de ces circonstances, se sont mis dedans en trèsgrande force, assistés par les troupes hollandoises qui les gardoient, et supportés par un corps d'infanterie dfl huit à dix mille hommes à ce qu'on m'informe. Nons tenons toujours la rive gauche de la Meuse qui seconde toutes nos opérations sur la Hollande, tandis que les prussiens, avec un corps considérable de troupes, occupent la Gueldre Prussienne, en établissant des batteries sur la rive droite de la Meuse. Je ue doute pas que ce corps prussien, qu'on me dit fort de pins de quinze mille hommes, n'ait pour objet de secourir la Hollande au cas que nos armées tentent l'invasion des Provinces-Unies, et ce ne sera que dans la circonstance qiCane révolution pour la liberté éclate dans la Holîanâôf que nous pourrons faire cotte opération, sans essuyer une grande opposition de la part des troupes prwsieunes.

Je vois très-probable aussi que du moment que le siège ou bombardement de Maîistricht commencera, Varmét autrichienne, qui est devant nous sur la Hoir et qiffan me dit fort de plus de quarante mille hommes, tentera OM attaque sur la nôtre, qui est derrière cette rivière et cuisinant le siège de Maëstricht, iMur le faire lever et sauver la place. Nos forces sont hien loin d'être suffisantes à tenir avec sûreté toute l'étendue que nous occupons daiu ce moment-ci, ci exécuter les opérations que nous alhnS entreprendre. Je suppose que le Général en Chef Do-

mouriez vous a instruit particulièrement de tout. J'ai reçu ses ordres, et toute l'armée, avec confiance et bonne volonté, est eu mouvement pour les exécuter. L'entreprise me paroîl étonnante et très-difficile; ainsi j'espère que si la réussite n'est conforme en tout à nos désirs et à l'espoir que vous avez pu vous former, on aura pour nous cette indulgence qu'un zèle ardent pour le service et la gloire de la patrie inspire à une nation libre qui voit ses enfans courir au dévouement avec joie. Ci-jointe est la copie du rapport du Général Champmorin sur la prise du fort Saiut-Miehel ; une note du ÏAeutenant-Général Boucher, pour que vous ayez la bonté de nous envoyer, par le retour du courrier, la plans et mémoires relatifs aux fortifications de Maëstrielit, dont nous avons grand besoin dans ce moment, et la copie de quelques lettres de la ci-devant marquise de Favras, qui contiennent quelques informations intéressantes. L'autre pièce jointe est une dépêche hollandoise, avec la traduction, dirigée aux Magistrats de Maastricht, pour la suppression des écrits patriotiques, que nos postes sur Maëstricht ont interceptée.

[Signéj MiRANDA.

• Le Général Damouries au Général Miranda.

Anvers, le 15 Février 1793, second de la République.

Le Commissaire-ordon Dateur Petit-Jean, qui arrive daoâ le moment, m'apprend, mon cher Général, que don-

ze à treize mille prussiens se sont emparés de Venloo et des environs. Cette nouvelle est très-désagvéable, car nous ayant prévenus à Venloo, ils seront maîtrefl fie nous attendre demère le canal Eugène, qui va de Venloo à Gueldre, ou de marcher à Euremonde, s'il leur vient des renforts, ou de se répandre daus Ift Hollande pour s'opposer à mon expédition. Le dernier parti seroit dangereux pour eux, parce que, si Maëstricht ne tient pas longtemps, comme je l'espère, et si je réussis à pénétrer daus le cœur de la Hollande, comme je vais le tenter, vous, marchant de votre côté sur eux avec vivacité à la tête do vingt-cinq à trente mille hommes, je les prendrai par derrière, et nous les mettrotis eutre deux feux.

D'après cela, vous jugez combien il est important que l'attaque do llacstricht soit brusque et que vous puissiez di'^s le premier jour établir vos batteries de

mortier. Je vous envoie le Lieutenant-Colonel à qui

Beuvnonville n'a pu doauor d'autre titre que celai d'adjoint aux adjudaus généraux. Il vous donnera tous les détails les plus secrets sur Maastricht, et vous emploierez tout de suite tous les moyens qu'il s'est procurés pour la désertion des suisses et des allemands. < Vous formerez stxr-le-champ, sous ses ordres, un bataillon frauc de huit cents ou mille hommes de ces mêcHes déserteurs; vous leur tiendrez, pour les attirer et les fixer, )es promesses qu'il a été obligé de leur faire. Il ne faut pas regarder h Varf/ent en ce mo»ient, et la ville de Maastricht paiera toutes ces dépenses. Je souhaite et fose infme espérer que cette pl-ace ne vous tiendra pas

plus de deux ou trois jours, et que vous pourrez marcher tout de suite sui" les prussieus, ne vous arrêtant que vingt-quatre heures dans Maëstricht, et mettant sar-le-champ vos colonnes eu marche.

Si vous pouvez, dès ce moment, détacher quelques troupes pour renforcer le Général Champmorin, ce sera très-bien fait. J'espère qu'il est maître du fort St-Michel, d'où il sera très-facile de bombarder Veuloo. Dès que vous serez débarrassé du siège de Macstricht, vous pourrez, eu vous rapprochant de Venloo, dégarnir Buremonde, ou n'y laisaer que ce qui est absolument indispensable, ot suivre les prussiens sur Nimègue, pendant que cinq ou six mille hommes bombarderont Grave derrière vous. Songez combien il est important, mon cher ami, que vous occupiez les prussiens, pour les empêcher de marcher sur moi, qui n'ai que quinze mille hommes, et encore pas. Cependant, il n'y a pas à reculer; mon avant-gardo partira le 18 et je la suivrai le 19. Képaudez toujours le bruit de mou arrivée à. l'armée et hâtez-vous de rassembler votre artillerie ot vos charrois, pour n'être pas retardé après la prise de Maëstricht. C'est de votre promptitude à me seconder que dépeud le sort, uon seulement de la Hollande, mais de la Eépubliquo et de la liberté dos peuples ; car si nous ne réussissons pas dans uotio invasion do la Hollande, n'ayjint ni l'amour de.s belges, que nous avons au contraire exaspérés contre uous, ni une armée propre pour la défensive, nous serons chassés de la Belgique, avec la même promptitude que nous uous en sommes rendus maîtres. Toutes les disgrâces et lu cons-

temation suivroïent cette retraite, qui ne pourrait qu*être désordonnée, et nous aarioDS bien de la peine ensuite à défend i-e notre propre pays. Tels sont nos dangers, et ce u*est que par le courage le plus indomptable, et par la rapidité la plus grande, que nous pouvons sauver notre patrie.

Le Général en Chef de l'armée de la Belgique,

[Signé] DuMOUKiEZ.

Le Général Dumouriez au Général Miranda.

Anvers, le 16 Février 1793, l'an second de la République.

Thowenot a été obligé. Général, de s'arrêter à Bruxelles et à Louvain, et peut-être à Tirlemont; mais son retard n'est que pour l'utilité de votre expédition. Je pense comme vous et fai appuyé ce que vous avez niandé à Beurnonviîîe. Je ne crois cependant pas que Clairfayt aU déjà- quarante mille hommes. Je sais qu'on a transporté à Luxembourg le Général Beaulieu, gravement malade, et que son corps d'armée manque de tout. Je sais aussi que l'armée de Clairfayt est tout aussi mal aprovisionnée que la nôtre, et je ne crois pas qu'il puisse, avant trois semaines, faire un mouvement sur le corps d'armée que vous laisserez rassemblé près d'Aix-la-Cbapelle, et dans les cantonnemens de la Koër : c'est à Valence, qui arrive, que vous pourrez laisser cette destination. Je

TOUS autorise à prendre de mon armée de quoi vous en composer une, avec la vôtre, de vingt-cinq à trente mille hommes, et vous laisserez le surplus au Général Valence, pour couvrir Liège et Maiistricht. Vous lui laisserez pareillement son Lieutenaut-Général Leveneur, et TOUS laisserez le Lieutenant-Général Lanouc commandant à Maiistricht.

Le Général Eastace m'a écrit une lettre plate, h sa manière, pour se plaindre de ce que vous avez mis auprès de lui deux gendarmes. Je lui envoie ordre de se rendre à Paris, et vos gendarmes rentreront à l'armée, dès qu'il se sera mis eu route. Cet homme ne vaut pas la peine que vous vous mettiez en colère.

Je crois que vous vous mettez en marche aujourd'hui ou demain au plus tard. Vous avez reçu ma lettre d'hier, par le Lieutenant-Colonel*»*". Je quitte Auvers demain ou après-demain au matin, et je ne tarderai pas à tenter la grande aventure.

Le Général en Chef de l'armée de la Belgique,

(Signé) DuMOUKiEz.

Le Général Miranda, Commandant en Chef, au Général Lanoue.

Liège, 16 Février 1793.

Il est très-nécessaire, Général, pour le service de la Eépublique, que vous alliez incessamment à Aix-la-

Chapelle prendre le commandement de toutes les troupes de l'armée de la Belgique qui sont cantonnées entre la Roë)- et la Meuse.

Le Général Stingel, qui a le commandement actuel, a reçu tous les ordres nécessaires pour l'arrangement des troupes, et la conduite qu'on doit tenir si les ennemis faisoient un mouvement sur quelque partie des cantonnemens, on même s'ils passoieut la Roër. Vous vous feres présenter tous ces ordres ; et agissant conformément, et d'accord avec ce respectable vétéran, ainsi qu'avec les Généraux Miaczinsky et Dampierre, vous ferez tous les arrangemens que votre sagesse et connoissances militaires puissent voua dicter pour défendre vigoureusement le passage de la Roër, ou livrer bataille aux ennemis gv* Vauroient passé avec Vidée ^introduire un secours de troupes datis MaëstricM, en attaquant nos troupes qui forment L'investissement, ou avec d'autres desseins quelconques.

Après que vous aurez fait vos observations sur l'emplacement de nos troupes et position de celles de l'ennemi, vous me communiquerez le résultat, pour que nous puissions agir d'accord, et vous fournir les secours que l'étendu» de nos opérations nous permettra. [Signé] MiRANDA.

Le Général Miranda au Général Beumonville, Ministre de la Guerre.

Liège, 17 Février 1793.

J'ai l'honneur de vous envoyer, Général, la copie ci-jointe de tous les ordres que je viens de donner

pour l'aiTaugement ries tvonpes composant les ti'ois nrmées de la Belgique, du Nord et des Ardennes, qui occupent actuellement les rives de la RoiT, celles de la Meuse jusqu'au fort St. Michel, et qui forment dan.s ce moment-ci l'investissement do Maastricht. J'espt^re qu'ils mériteront votre approbation.

Sons six ou huit jours, tout au plus, je i;ompte avoir fini le bombardement de Maastricht, et d*' me porter immédiatement apvvs, par une marche vapide, sur Nimègue avec un corps de vingt-cinq mille hommes, pour joindre ou supporter lo Grénéral Duinouriex, qui aura pénétré en Hollande d'un autre côté, selon que

: nous sommes convenus. Je ne laisse de prévoir <le grandes difficultés dans toutes ces entreprises; mais fai Pespoir que nous les surmonterons, j^our peu que k temps

■ ou la chance nous soit favorable.

Je vous envoie ci-jointes différentes pièces : 1? un impnmé infâme, que les aristocrates des environs ont prétendu faire circuler dans l'armée, et que l'officier ii qui il fut adressé me remit siir-le-champ; 2? la rocon-

. noissanee militaire faite par les officiers d'artillerie et du génie, pour le bombardement de Maéstricht ; oï" procédures militaires contre le Maréchal de Camp Eitstaoe,

■pour désobéissance et autres graves fautes dont le

motif fondamental est nne correspondance avec le Prince de Hesse, Gouverneur de Maastricht, lesquelles furent envoyées à Paris par le Général Duraoniiez. Des membres de la Convention Nationale peuvent informer

■sur la conduite antérieure de cet individu qu'ils out -conna personnellement à Bordeaux, et de qui ils firent

plainte, devant moi, au citoyen Lebrun, Ministre des- Affaii-es Etrangères.

[Signé] MiKANDA.

Le Ministre de la Guerre au Général Miranda.

Paris, ce 17 Février 1793, l'an second do la République Françoise.

J'ai re(,'U, Général, votre courrier du 14 de ce mois, et je vous remercie des détails que vous me donnez sur la imse du fort St. Michel. Je fais part h la Oonveution Nationale du succès do cotte entreprise conduite par le Général Champmorin. J'ai vu avec peine que le débordement de la Meuse avoit empoché de se porter sur Venloo, que les prussiens ont déjà occupé. Je ne doute pas que vous n'ayez communiqué cette circonstance au Général Duniouriez, et que vous n'en receviez très-incessamment des instructions sur la suite que vous devez donner h vos opérations. Les précautions do sûreté que vous avez prises pour avoir connoissanee des mouvements des ennemis, sont tressages ; je vous engage n les continuer. J'ai vu les extraits des lettres qui ont été surprises.

L'Adjudant Général S. Fief, mou adjoint pour l'artillerie et le génie, répond au Général Bouchet sur les demandes qu'il fait de plans et détails relatifs à MaëstricUt; le Général d'Arçon, qui doit être actiiellement rendu près du Général Dumouriez, les a tous empor-

tés, et il s'est muui de tous les rensoiguemeus qui peuvent éclairer sur l'attaque de cette place : le Général Bouchet peut lui ou demander communication-

Le Général Ministre de la Guerre,

[Signé] Beuenonville.

P. S. Du moment que j'aurai les plans désirés par Bouchet, je vous les ferai passer: on les cherche.

Le Général Miranda au Général Dumouriez.

Liège, 18 Février 1793.

Vous verrez, mon Général, par la copie ci-jointe de ma dépêche au Ministre de la Guerre, l'arrangeraent des troupes et dispositions que j'ai donné hier pour mettre à exécution vos ordres. Vous Jugerez par I;\ qu'on ne peut pas absolument exécuter le bombardement que dans quatre ou six jours d'ici, et par conséquent on ne peut pas être sur Nimègae avec un corps de vingt cinq mille hommes que le 2G ou le 28. Ce calcul me paroît assez probable et je crois pouvoir l'exécuter, si des accidens imprévus n'offrent quelques obstacles qui nous retardent. Comptez là-dessus pour vos opérations, ou donnez-moi d'autres instructions si vous le jugez à propos. Le Colonel •••• est arrivé hier, et nous tirerons tout le parti possible de ses intelligences à Maëstricht.

Envoyez-nous le commissaire Petit-Jean le plus tôt possible, puisque ceux qui sont ici, au lieu de nous servir

et de Qous aider, ne font qu'entraver la chose, et voilà ce qui produit principalemaut le retard de nos opérations, et fie qui je vois finira, si on n'y remédie pas très-immédiatement, par nous paralyser.

Le Général Dumoiirkz au Général Miranâa.

Anvers, 18 Février 1793, l'an second de la République.

Je vous adresse, mon cher Mirauda, les deux patriotes hollandois, G"', Lieutenaut-Colonel, et G**", membre du Comité batave, conduisant avec eux plusieurs . personnes qui counoisseut les routes. Ces messieurs sout chargés de rester auprès de vous, avee une autorisation du Comité : !'■' pour révolutionner tout le pays que vous avez à pai-eourir; 29 pour donner des ordres, au nom du peuple souverain, représenté par le Comité batave, à tous les officiers municipaux et militaires, et à toute troupe armée et assemblée quelconque de peuple ; pour se joindre à vous, vous rendre les places, magasins, arsenaux, etc. ; 3? pour procurer à vos administrateurs, commissaires, régisseurs des vivres et foui"rages toutes les facilités pour la subsistauco de l'armée ; 4*.' pour faire toutes k-s levées d'argent, soit par contribution, soit par eoufiscation sur les partisans de la maison d'Orange, et pour faire vorsor dans vos mains tous les fonds nécessaires pour l'ontrotion de l'armée, avec laquelle vous travaillerez à la révolution de la HoUaudd.

A mesure que nous avaaceroQs dans le pays, le Comité batave s'adjoindra d'autres membres pour se partager l'administration provisoire, dont il a promis de ne «e charger que jusqu'à l'assemblée d'une convention nationale.

Nous n'avons à agir que militairement dans cette révolution ; la différence des mœurs, des usages et de lldiome, rend impossible l'établissement des clubs, et lorsque nous serons entrés dans le pays, nous recevrons de nouvelles instructions et de nouveaux ordres, relativement au décret du 15 Novembre 1792,

Vous pouvez prendre une confiance entière dans ces deux membres du Comité batave, qui est composé d'hommes purs et remplis d'un patriotisme à toute épreuve. Je ne vous recommande pas de les loger auprès de vous et de les traiter avec la distinction qu'ils méritent; vous honorerez en eus toute autre espèce d'hommes que dans les belges. Je vous embrasse.

Le Général en Chef de l'armée de la Belgique, [Signé] DuMODRiEZ,

Le Général Buniouriez au Général Miranda.

A Anvers, le 19 Février 1793, l'ftu second de la République.

Les retards que j'éprouve, Général, m'impatientent infiniment, et m'impatienteroient encore davantage, si

ÉÉk.

votre lettre du 18 ne me prouvoit pas que vous éprouvez les mêmes retards. Cela Justifie bien Vidée que f ai eue toujours qu*on avoit mis trop de précipitation clans la déclaration de guerre, H fallait filer la négociation, jtisquW ce que je fusse prêt à entrer en Hollande et assiéger JHaëstricM. Hâtez-vous le plus que vous pourrez. Petit-Jean, qui ne peut partir d'ici que le 21, ira vous joindre tout de suite : il m'annonce que sept mille chevaux, qn'11 a demandés au département du Nord pour votre armée, sont eu route. Nous attendons les aueiens régisseurs des vivres et fourrages qu'on a repris pour le service des armées ; ainsi j'espère que pour cette partie, nous ne manquerons plus.

Thowenot vous rendra compte du plan général qne je viens de faire por la levée de troupes belges, d'après le désir du Ministre de la Q-uerre. Je serai aprèsdemain devant Bréda que je menacerai du bombardement, pendant qu'on cherchera à rassembler des bâtimens pour ma grande expédition. J' espère que les ennemis prendront le change et se persuaderont que je veux m'arrêter devant cette place, et attaquer ensuite Gertruydenberg. Je suis fort aise de la lettre écrite de Dusseldorf; car si elle est vraie, comme je l'imagine, Clairfayt ne sera pas prêt de sitôt. 'Je vous annonce d'ailleurs, qu'excepté la cavalerie et les grenadiers hongrois, tout le reste de son armée est composé de nouvelles levées qui ne valent pas les nôtres. Prenez donc Maëstricht; car nous ne pouvons être assurés de la Meuse que lorsque nous aurons cette place. Je sais que la consternation y est très-grande;

que la plupart des troupes de la gavnisou ont peu de volonté de se battre; que moins vous mettrez de méthode à, ce siège, plus tôt vous y réussirez, parce que le bombardement dégoûtera la garnison et effrayera les habitaus. Les émigrés niême qui y sotit retirés, seront Mtt mnbarras de plus qui facilitera la reddition de la place. Tous vos ordres à vos différens fjétiéraux me paraissent très-clairs et très-bien faits. Je vous expédierai un courrier au moment où je quitterai Anvers, et vraisemblablement vous ne recevrez plus f/uère de mes nouvelles avant notre réunion.

Le Général en Chef de l'armée de la Belgique,

[Sigué] Ddmoueiez.

P. S. traduit de VEspagnol. Nous sommes dans l'entreprise; ne regardons pas en arrière: oe n'est pas le temps de la prudence ui de la' méthode; chaque jour perdu est du plus grand danger.

Comme j'ai ici deux de vos courriers, j'en garde un, que je dépécherai demain.

Le Général Miranda,CommaHdant en Chef, au Général Lanoue.

Liège, 19 Février 1793.

Je reçois, Général, votre lettre écrite hier à Aixla-Chapelle. J'ai fait faire un relevé de la force disponible des troupes que vous avez sons vos ordres,

par le Chef de l'état-major Thowenot, et il te, qu'avec le corps des Généraux Lamarche et qui sont également sous vos ordres, et avec taillons que vous aller recevoir incessammeni deux partiront aujourd'hui, vous aiireis une foi prés de trente mille hommes effectifs, sans ce corps de trois mille cinq cents hommes comm le Général Lamarlière, qui couvre votre ga celui du Général Leveueur, de six mille hoa vaut Wyck, qui sont tous en état de vous ter eu cas échéant.

Votre artillerie, selon l'état que me donc néral d'Anghest, Commandant en Chef, est aet de iimjt-deiix pièces de position, outre les canoiis loils, et quatre ingénieurs ont été employés les points qu'ils ont jugés les plus couvenable Général, il faut qu'avec cette force vous ti remplir votre objet, tandis que uous finirons rations qui nous sont ordonnées d'un autre c moins de forces respectives.

8i vous jugez à propos d'envoyer copie i dre aux Généraux Lamarche et Neuiliy, ou aul pouvez le faire, jmir que Vaccord et PJtarmonù hles régnent de tous côt^s.

Je viens de donner dos ordres pour que ne manquent pas à l'hôpital, ot que les fourra, eu abondance.

[Signé] Mm

Le général Miranda au citoyen Lacrou; Commisaire de la Convention Nationale, député près Varniêe de la BcU/ique. A Liège, 21 Février 1793

Afin de vous mettre à portée, citoyen, de eonnoître précisément les motifs qui m'ont déterminô à avoir égard à la demande du Comité de surveillance de Liôge, ooncernaut les anglois qui se trouvoient dans la ville, je joins ici copie tant de l'ordre que j'ai donnée an Général Thowenot, que de la liste de ces anglois. La correspondance que la plupart d'euti-'eux ontretenoient. soit avec les émigrés, soit avec la garnison de MaëstricUt, a rendu nécessaire cette mesure de précaution, tant pour eux-mêmes, que pour la chose publique.

Liste des anglois dénoncés par le Comité de surveillunce de la ville de Liège.

B. Grainger, sur quai d'Avron, sa femme et une

Partira seul jeudi par ta diligence. [AV^( j^^^i^^^ parti.']

Madame Tailla, femme d'un médecin auglois, logée anx Dames-Augloises, quoiqu'elle ait uue maison à Hocheporte.

B. Dallman, la mère et une nièce, au fauxbourg Saint- Gilles, maison do Conua.

Partiront ensemble vendredi. [Ne sont point partis.']

Milady Clifford et ses deux filles, maison do madame Péchât, quartier Saint- Jacques. Logemeut ré-

serve pour le Général Dumom-iez, maison du chanoine Leuvreus, rue Vertbois.

Staahope avec sa femme, garde-national, quartier Saint-Jacques, maison du comte Lannoy; on en répond.

B. Cearel, sa femme et enfans, grand ami de l'envoyé de Hollande, logé chez Bolen, imprimeur, quai-sur-

Partira avec sa famille jeudi. [Est parti pour BrU' xelles.]

Milady Fitzgerald avec une nièce que l'on dit grande amie du Nonce, son frère, sa sœur: hôtel de Flandre.

B. Eichard avec sa famille, maison du trèS'foncier Bonhomme, sur Avray.

Partira jeudi, à huit heures du matin, avec sa famille, avec des chevaux de louage. [Est parti pour Bruxelles-]

Madame Ryan, couvent Sainte-Claire.

B. Fourrés, irlandoise, marchande, au coin de la place, venant du palais.

Partira avec son fils, par la diligence. [N*est point 2>aitie.']

Certifié par nous, Maréchal de Camp, commandant dans la ville de Lîé(/e, le 21 Février 1793, Pan second de la République.

[Signé] Ylheb.

N. B. Ceux qui ont la marque B à côté de leurs noms, ont été plus particulièrement dénoncés comme

suspects.

Le Ministre de la Guerre au Général Miranda.

Paris, ce 22 Février 1793.

l'an second de la République.

J*ai reçu, Général, votre lettre du 17 de ce mois, ot les différens détails qui y étoient joints, sur les dispositions que vous avez ordonnées, d'après les instructions du Général Dumouriez, pour l'investissement et le bombardement de Maastricht. Le ;;)?«« de vos opérations, que fai examiné avec heaucoii}} ^attention, m'a jiai'ii trcsstige et bien concerté. J'espôre que l'accord qui r<.'gne entre les différeus chefs, at la valeur de nos compagnons d'armes, en assurera le sucei's. J'attends avec beaucoup d'impatience de vos nouvelles, et j'ai la coufiaocô qu'elles seront heureuses-

Je ne vous réponds pas dans ce moment sur les autres objets de votre lettt-e; je vais m'en faire rendre compte particulièrement. Je vous prie de ne pas douter de mon empressement à faire tout ce que vous désirez, lorsqu'il dépendra de moi.

Le Ministre de la Guerre,

[Signé] Beurnonville.

Le Général Dimiouries an Général Miranda.

Groot-Zundertt, le 22 Févi-ier 1793,

l'an second de la République.

Me voilà en pleine expédition: ma division de gauche composée de neuf bataillons bloque Berg-op-Zoom ;

^kL^L^

mou avant-garde est sur la Merck ; elle s'est emparée de quelques bateaux, et j'espùre qu'elle passera à Dort avec mon arrière-garde et ma divisiou de droite de neuf bataillons. J'euvoie demain Devaux avec une sommation très-sévère, tant pour le gouverneur que pour les mar gistvats, dont je vous euvoie la copie ci- jointe.

Devaux m'a rapporté sa couversation avec vous. J'espère que vous prendrez Maèstriclit, et que de là nons nouB donnerons la main entre Ximègue et Utreeht. Si vous preuez Ximègue de bonne heure, il faudra prendre encore Amersfoort, pour fermer totalement la province d'Utreeht aux allemands.

Je ne m'arrêterai devant Bréda que le temps nécessaire pour rassembler mes transports ; c'est déjà beaucoup d'eu avoir pris dix-sept en arrivant. Si Bréda as rend, j'j' prendrai de l'artillerie de toute espèce qui me servii-a très-bien en Hollande, et j'y trouverai tous les pontons de la République. Vous jugez que je suis passablemeute occupé; je n'ai que le temps de vous em-

Le Général en Chef des armées de la Bel^qne, [Signé] DcMOCKiEZ.

Le Général Miranda au Général Dumoitriez.

Hochten, 25 Février 1793.

JIou Général : voici la dépêche que j'ai faite aujourd'hui au Ministre de la GueiTe; elle vous mettra au fait

de tout ce que j'ai pu faire en cooséquence de vos ordres. Nous veiTous si la détresse daus laquelle se trouve en ce mouient-ci la ville de Maastricht, qui brûle en cinq endroits différens, obligera le gouverneur ou les magistrats à nous la rendre; si *;& n'a pas lieu, je compte ■ me mettre en mouvement dans quatre ou cinq joui-s d'ici, pour aller vous joindre sur Grave ou Nimègue; il m*68t impossible de faire ce mouvement plus tût, attendu que je n'ai pas eucore vu le commissaire Petit-Jeau, et je n'ai aucune ressource dans les administrations actuelles, puisqu'on a laissé cette armée sans commissaire en chef ; et nous voilà presque arrêtés 2iar la désorr/anisatûm des administrations et le manque de suhsistances dans les points indiqués, qui en est la suite. Cependant le Commissaire Petit-Jean m'ayant promis d'arriver aujourd'hui, je me concerterai avec lui, et vous pouvez compter que je ne perdrai pas un instant à mettre à exécution vos ordres.

[Signé] MiBANDA.

Le Général Miranda an Général Beiirnonville, Ministre de la Guerre.

Hochten, '25 Février 1793.

L'investissement de Maëstricht étant fait, selon les ordres que j'ai reçus, par un corps de troupes de douze mille hommes sur la rive droite, nous avons procédé à la formation des ouvrages et batteries nécessaires pour

— sole bombardemeat. Tout a été heureusement terminé le 23, sur la hauteur de Oauwenbergh, à quatre cents Unses du chemin couvert de la place, et seulement avec la perte de trois hommes tués, malgré le feu constant de la place sur nos travaux.

Nos batteries étant prêtes pour commencer le feu hier à midi, j'envoyai les sommations ci-jointes au commandant général et aux membres de la magistrature do Maëstriebt, La réponse du prince de Hesse, gouverneur de la place [dont copie ci-jointe] fut un refus me faisant dire verbalement par le colonel

Ariiaudiu, qu'il trouvoit étrange ladite sommation, puisqu'il ne savoit pas que la nation hoUaudoiso eût déclaré la guerre à la France, et que, si je le lui permettois, il euverroitun courrier à L. L. H. H. P. P., pour demau* der des instructions à cet égard.

Notre feu eommenya dans la nuit, secondé par une autre batteiie de mortiers, construite devant Wyck, et bientôt après le feu se manifesta dans la ville ; les ennemis parvinrent à l'éteindre, mais ce matin, sur les dix heures, il reprit encore avec pins de force, et Maëstricht brûle en ce moment-ci.

L'ennemi a fait pendant l'investissement deux sorties, d'environ deux cents hommes chacune, l'une du côté de Wyck, l'autre par la porte St. Pierre: nos troupes les ont repoussés facilement avec perte de leur part, et nous n'avons eu aucun homme tué.

Je m'empresse de terminer cette opération pour exécuter les autres plus essentielles dont je suis chargé par le Général Dumouriez, comme j'ai eu l'honneur de

vous le communiquer par mes dépêches autérieures, mais je ne dois pas voiis dissimuler que le d/faut d'un commissaire ordonnateur en chef dans cette armée, mo met actuellement dans l'impossibilité d'exécuter ces opérations dans le temps convenu, ce qui pouiToit entraîner les plus fatales conséquences pour les intérêts de la Képuplique.

[Signé] MiEAHDA.

Le Général Dumourien au Général Miranda.

Zeveubugen, le 26 Février 1793, l'an second de la République.

Je suis persuadé, mon cher Général, que votre premier courrier m'apportera la nouvelle de la reddition de Maastricht ; je calcule qu'y ayant mis le feu dès le 25 dans cinq endroits, vous aurez continué avec succès et que les bourgeois finiront par se lasser, et peut-être faire la loi au Gouverneurs. La nouvelle de la prise de Bréda va d'ailleurs y jeter la consternation. Le Général Berneron a pris cette nuit la ville de Klundert ; il attaquera demain celle de Williamstadt ; aprèsdemain, je ferai attaquer Gertruydenberg ; pendant ce temps, je disposerai nos batteries de la côte, que j'ai parfaitement reconnue, et qui me donne la plus grande espérance. J'ai pour le passage vingt-un bâtimens pontés, formant à peu près huit cents tonneaux, et cinq ou six chaloupée très-bonnes pour l'abordage. L'artille-

rie de Bréda et celle de Klundert me sei'viront poar mes batteries et l'our me procurer des feux croisés pendant le passage de mon avant-garde. J'éloignerai par ce moyeu une douzaine de bâtimens armés, qui j'espère ne feront pas grand mal. Il est même possible que j'en enlève quelques-uns pour m'accompagner jusqu'à Rotterdam. Vous jugez que l'artillerie de Bréda est très-considérable ; celle de Klundert me donne mille cinq cents bons fusils, environ dix pièces de canon, sur cinquante que j'y ai trouvés, plus de deux mille bombes de dix pouces, dix-liuit milliers de poudre et une bonne collection de ducats, tant par les offres volontaires des bons liabitans, que par la saisie des biens du Prinoe d'Orange. J'en tire ausisi mille sacs d'avoine et de fromeut et du fourrage. J'espère aussi être passé avant le 5 de Mars ; et il est vraisemblable qu'alors je n'aurai plus qu'à voyager et presque pas à combattre. Profitez de la consternation que toutes ces bonnes nouvelles doivent répandre de votre côté. Allongez les bras le plus que vous pourrez, pour que nous puissions nous réunir par Nimègue, et danser la Carmagnole ensemble. J'ai écrit de la manière la plus pressante à Beurnonville sur la nécessité de vous envoyer tout de suite Malus ; car l'activité de Petit-Jean est nécessaire en Hollande pour en tirer tous les moyens de faire la guerre dans les Pays-Bas. J'ai cliargé le Général Thowenot de presser la formation de vingt-cinq' à trente bataillons belges, et chaque commandant, officier-général et autre, est chargé d'une partie de cette formation dans son arrondissement. Ainsi j'espère qu'avant le

mois de mai, uous aurous au inoiu^î vinçt-jia.i 'uili-) hommes d'infanterie belge à joiodre à notre anniiij. N^os volontaires vont revenir nous joindre eu t'ouli;, '\\.-.s qu'ils apprendront nos suce* 's ; ainsi j'espt.'ve que nous pourrons rassembler dans ce coin-ci cent cinquante mille hommes, avec lesquels je m'amuserai à faire quelques aingeries aux despotes qui nous attaquent. Adieu, mon cher camarade ; faites hon feu, buvez sec, portez-vonn hkn, et soyez gai

Le Général en Chef des armées de la Belgique,

[Signé] DuMODHiEZ.

Le Général Miranda au Général Diomuriez.

Hochten, 27 Février 17i);ï.

Mon cher Général.

Depuis ma dernière lettre uous avons continué do faire beaucoup de mal à la ville, sans que son feu, ■quoique très-vif, nous ait fort incommodé. J'ai saisi Poecasion favorable que m'offroit l'heureuse uonveile (|ue j*ai reçue de vous ce matin pour écrire au Gouverneur de Maastricht la lettre dont copie ci-joiute, avec sa réponse et celle des magi.strats. [*] Ou n'a pa.s ootte

[•] SoiHtiiafioH.'i {iii.r Manhli-ats 'f CommuinJaiil ih- Mni'.-^tiîi-hl.

LIBERTE, KCIAI.ITB.

Au nom (le la Ki'pithriqiif: Frintroisi-.

Ije LieuteHanl-Ofiiéral François Mirniithi, /•iDiiiiiinulioit l''iriii''e

de la Ri^piihlique Fnniçoisp, .wnx Ma'xtrichf.

Alix Magistrats du imiph libre de la eille de Maè'utrii'h/.

lia nation frau(;oise ayant lité forcée de di'chu-er ia gut-rre

.an Stathonder, ot j\ ses partisans, vent rompre Ich liens îles hatn-

îhSiâ^'.

fois laissé dutrer le Colonel Aunaudîn, 80it pour i pas Iti mettra à mêiue de reconnoître le dommage, Goi dans la craiutu que sa présence ne causât un attroupe meut, dont \c.s i^atriotes auroient profité. Mais la cot versation que cet officier a eue ave» un vieillw bvuuswickois qui commandoit à la porte, lui afaitjngt que la ville étoit dans la plus grande détresse; etj^ augure qu'eu continuant notre bombardement, et eo 1 chauffant m("nie avec quelques boulets rouges, la plae recevra les troupos franvaiHes avant dix jours. Je lu

ves, et nous cutreruiis chez vous eu frî'res et amis. Aion ce i BPia pas couti'c vous, mais poui- vous que nons ferons la gneni

Je vieus do faire riuvcstiasemeut de votre ville; j'en ooot uuei'Eii r^ si^'ge, si l'on m'y force- La garnison et les partim (lu Statlioudev ne peuvent la défondi-e avec succès: je les son uii; de la rendre.

^'otl'0 dcvoii', comme reiii'ésentâns du peuple, est de 1 soustraire aux diriiui^ti'es ut aux calamités d'une défense inolili Je vons l'eqniers, an nom de I'liumanit«, et pour votre «• servatiou personnelle, d'engager ou d'obliger le ConunaDdaotri les otTiciers ù remettre la place, sans ancnn délai, aux iM de la Hépulilique Fi'ani;oiso.

.le vous déclare, Magistrats du peuple, que si malIieniMii ment vous me forcez de tîror sur la ville, c'est vons qnt fi rendrai personnellement responsables du tort irréparable voti'it fuiblesse, on votre eonniveuco avec nos ennemis uni^ attiré sur votre patrie, et votre punition capitale serrinA^ emple aux satellites dn despotisme, et lavera l*in jure i

•Te suis l'ami du Peuple Balave,

[Signé] F. MiBAMDA.

1'. S, La déclaration ci-jointe du Comité Batave, u raiipelaul vos devoirs, vous fera sans doute acquiesonràd demande.

Au (Quartier Uénérul d'IIoeliten, le 24 do Février 1793^N

serai ce soin au Général Valence et ii son ai-môe, pour vous rejoindre.

Ce Général est venu me trouver ici, et je lui ai fait part de tous vos plans. Il m'a paru de la meiileu-

fiecond de la République Frain;oise, à (piatre heures llpr^^8midi.

An nom tle la Ré/inhîique Fytni(oise.

Ze Lieutenmit-Général Françoh Miraiiita, cotinaatuliiitf fit chef

formée de la Bépublùjufi Françoise, soiia Marstyieht,

Somme le Commandant militaire des troupes hollandoises à Mai^stricbt de se rendre dans trois heures et do remettre In place aox armes de la République Pra.U(,'oise, pour évitor aux babitans les horreurs d'un bombardement et d'un siège, l'incendie et la destruction de la ville.

Déclarant au Commandant que s'il a l'iraprudeuee de hasarder une défense inutile autant que téméraire, s'il s'oi)pose à ee que la lettre ci-jointe pour les Magistrats de ^Mai'strieht leur soit remise et s'il on intercepte la réponse, cette audace criminelle sera rigoureusement punie, et le (Jéiiéral de la République se trouvera obligé de faire passer au fil de l'épée tons les officiers de la garuison.

Les citoyens bataves et soldats qui, à l'egi'ot, combattent les amis de lu liberté et de l'égalité, .seront admis à la fraternité et i* la protection do la nation fran(;oise, qui ayant été forcée de déclarer la guerre au Stathouder et à ses partisan.?, Baisit avec empressement l'oceasioii favorable que ces usnrpsteurs lui ont fournie, poiir rétablir la souveraineté nationale, les droits sacrés et imprescriptibles du peuple.

[Signéf F. MiRAXDA.

La déclaration ci-jointe faite par le Comité Iiata\-<; aux troupes de la République des l'rovinces-Unies, en les rappelant au devoir, doit suffire jiour les décider ri accédei" à ina sommation.

Au Quartier Général d'IIocliteu, le 24 Février 17!)3, l'an second do la République Fram,-oise, h quatre heures api-f^snitii.

1-e volouté de concourii- par tous les moyens qui soiit en f-oii pouvoir. Il m'a écrit depuis de Liège pour me confirmer ses dispositions,

Thoweiiot et Petit-Jean se sont rendus hier auprès de moi, et nous avons concerté ensemble toutes nos opérations. Je suis convenu avec Thowenot qu'uu coi-ps de dix mille hommes marchera occuper les mêmes postes que je quitte devant Mai'Strieht, pendant que mou mouvement ius^ensible commence demain pour me porter sur Kepsci et Grave, avec un corps de vingt à vingt-trois mille hommes, avec lequel nous serons là du -t au (î. Je vous en tiendrai instruit chaque jour. Les nouvelles que j'ai rei/ues de Champmoriu, par les deux lettres doui" copies sont ci-jointes, me déterminent, si les chemin.'- que je fais ref;ounoître le permettent, ù me porter en avant par la gauche de la Jleuse. La division de ce général, formant naturellement mon avant-garde, je sEToi ainsi bien plus tôt sur Grave et Nimègue. Mais dans cette disposition il seroit imprudent de ne pas laisser quatre à cinq mille liommes en arrière sur KurenKUide. Le Général Valence ne ponrroit y suffire, devant fournir à la fois des troupes sur le bord de la Itori; et d'autres pour le btocu.s do JXuistneht. Je me propose de laisser Lamarlière ^ous Rurcmondo avec le cov\>n de troupes à ses ordres quo je renforce eu l'attachant il l'arnice des Ardennes, pour qu'il fasse partir des tïou[ie,ï qui sont sur la rive droite de la Meuse, indépendamment do ce que Lamarlière se trouvoit tout placé jionr cet armngemunt.

NouH sommes en fort bonne posture ici du côté de

Beaulieu; vous verrez par la copie des dépêches que j*ai i"eçues hier de d'Harville, qu'il s'est étendu sur Luxembourg, en dépostaut l'eunemi de la petite ville de Laroche, poiot important à occuper, pour être à même d'éelairet la marche des eiinemis des hauteurs d'HoufaUze et de Laroche. J'en rends compte au Ministre, et fat envoyé toutes les dépêches à Valence avec qui il doit correspondre à tavciiir.

Le Colonel me paroît peu capable d'exéfiuter of

qu'il vous a promis. I! a demandé à se placer à Rekem pour la suite do ses opérations.

[Signé] MiuANDA.

Le Génhal Miranda an Général BeiirnonviUe, Ministre de la Guerre.

Hoeliten, 27 Février 1793.

Depuis les dorniôres nouvelles, Général, ([ue j'ai eu honneur de vous communiquer par ma lettre du '25 de ce mois, notre bombardement a toujours eoutinuô avec succès réduisant la ville à la plus grande (détresse par des incendies répétés.

Ayant re^u ce matin la nouvelle ollieielle de la reddition de Bréda, j'ai saisi cette occasion pour répéter au Gkiuverneur et aux Magistrats de ilai'stricht la répugnance que nous avions à faire usage de moyens aussi rigoureux contre des liabitans que nos souhaitions avoir pour frères et amis. Je fis en couséquonce la lettre

iîfi^^..

dont copie est ci-jointo [•] pour leur témoigner ces sentimens, et les ioviter à mettre la place sous la sauvegarde des armées fvauçoises L'officier que j'ai envo- ,

yé avec ce message n'a pas été reçu dans la place apparemment de crainte qu'il n'observât les ravages que notre bombardement avoit produit, ce que l'officier de garde de l'avant-poste lui fit assez comprendre par sa conversation. Mais le Gouverneur et les Magistrats envoyèrent la réponse évasive, dont copie est ci-jointe. Nous faisons préparer quelques batteries de canons qui, ajoutant au feu des bombes, réduiront la place à la nécessité indispensable de se rendre en peu de jours, si nos succès en Hollande continuent. Un corps de

f*] Le- Général Mlranda au Gout'emetir de MaVstricht. Hochteu, 27 Février, 1793-

Ayant attendu deux jours pour la nîponse promiee des Magistrats de la ville de Maastricht, je vous prie de considérer, et de ieur faire savoir, que s'ils s'obstinent à nous refuser une rC'pouso satisfaisaute aux propositions équitables et frateraelles qui leur ont été faites de la i>art de la République Françoise, nous emploierons les derniers moyens, pour réduire la place par sa ruine absolue.

Je dois vous informer et leur apprendre ofBeiellement qn'une armée françoise, sons les ordres du Général Dumouriez, est déjà ou possession de ta plaec de Bréda et de deux autres forteresses, et qu'Ile doit dans ce raoment-ci avoir pénétré dans l'intérieur de la Hollande.

Ces ciroonstances doivent vous convaincre de l'inutilité d'une résistance superllne, et qui ne teudroit qu'au mal des habitans, que nous désirons traiter comme frères, et qui peut-être ne sont en effet (^ue les victimes innocentes de l'intérêt particulier.

Le Général, etc.

[Signé] MiBANDA.

troupes de l'armée de la Belgique, de dix mille hommes, se chargera de cette commission, en occupaot les postes avant Maëstricht, que celles sous mes ordres tiennent en ce raoment-ci, pour continuer l'investissement et l'attaque, taudis que l'armée que je commande, dont l'avant-garde est actuellement sur la rive gaucte de la Meuse, au delà do Venloo, se porte sur Grave pour seconder les opérations du Général Dumouriez dans la Hollande, ainsi que nous en sommes convenus.

Le Général d'Harville vient de me communiquer officiellement la prise du poste de Laroche, qu'occupoient les autrichiens sur la vieille route de Luxembourg à Namur, et dont, par mon avis, il les a fait

■chasser avec succès, et sans aucune perte.

Le Général Miranda au Général Leveneur.

Hochten, 28 Février 1793.

Je vous prie, Général, de faire venir de Saiut- Troud ou Liège quatre pit^ces de canon de douze, et de les placer derrière un bon épaulemeut, pour que vous paissiez jeter quelques boulets rouges par ricochet sur la partie de Wyck, tandis que nous autres faisons la même chose de ce côté-ci, avec des pièces de seize, sur Maëstricht. Ce dernier expédient, ajouté à la ruine que les incendies, causés par le bombardement, ont produite dans la ville, nous donnera la place peutêtre en très-peu de jours : c'est tout ce que nous pou-

vons faire daas cette saiaou et avec les moyens et les ordres qu'on m'a donûés. Je vous répéterai encore que ce ii'est pas l'ioteutiou de faire un siège, mais purement et simplemeut un bombardement.

Deux officiers qui sout venus ici de votre part ce matin, m'ont assuré que des domestiques d'émigrés, soitant de Maëstricbt par la fortifleation de Wyek, avoient été rei,'»is dans votre division. Jo vous recommande la plus grande circonspection à cet égard, puisque les lois contre les émigrés quelconques, sont très-sévères, et que ces individus, faisant probablemt-nt tes esi)ions de nos ennemis, ['] pourroient occasionner de graves maux aux intén'ts de la liépublique que nous servons avec la plus stricte sévérité. Un autre officier de votre étatmajor [■•] est arrivé aprôs, demandant des avis sur la position de votre batterie, et bientôt a commencé à nous dicter des préceptes, et îi uous forcer à cTOire que tout ce que nous faisions ici n'avoit l'air que d'un siège, etc. Vous sentez bieu que cette démarche de sa part n'étoit pas une eliose que je devois approuver, ni entendre avec patience. Tâchei! de faire votre opération dans le .sens simple et littéral que portent vos ordres, conformes en tout aux intentions du Général eu Chef Dumonriez, et non pas dans l'esin'it que meparoîtleur donner cet ofticier de votre état-mOsior, qui est venu me parler ji ce sujet de votre part en matiu.

[•1 Le lîuron il(s MiiUoii est sorti di-'^iiisi'- oti prêtre et s'est rendu à i'ariiir'e enneiiiio, après avoir fii «ne coiiEéi-oiute avec le

G<'-ni'TaI .S , cc! (juo le Uéncral M apprit i'i Luiidrcs quelques

aniH'-os après.

|"'l -Toubert.

Si cependant, il y a quelque chose dans ce paic-ci qni puisse vous être utile pour la nouvelle batterie de douze, vous n'avez qu'à aller le demander au Général de l'artillerie d'Anghest, qui vous le fournira.

Le Ministre de la Guerre au Général 3îiran((a.

Paris, le 2 Mars 1793, l'an second de la République.

J'ai reçu. Général, avec votro lettre du 27 de ce mois, les détails que vous m'avez envoyés sur la continuation de l'attaque de Maëstricht. Je ne suis point étonné de la résistance que fait cette place: cinq ou six mille émigrés, ù, la tête desquels est d'Autichamx), et qui ne voient de tous côtés que la mort, doivent empêcher les habitans de se rendre comme il le voudroieut peut-ctre. Il faut triompher de cette résistance ; la constance et l'opiniâtreté à vaincre d'un Général né espagnol, doivent l'emporter. Je m'en repose donc sur l'activité avec laquelle vous contiQuerez à pres.ser cette attaque importante. Un feu sans relâche doit enfin i^oumettre cette place, et il faut brûler jusqu'aux murs, si elle persiste à ne pas céder.

J*apj)roitV(' vos (Us2)Ob-itio)i!i pour la marche de Vurmve que vous commandez, sur Grave, pour seconder les opérations du Général Dumouriez, en lalssaut dix mille hommes de l'armée de la Jtelgique, pour continuer l'investissement de Maëstricht.

^iim^

J'ai vu avec plaisir que la position Ae> votre avantgarde au delii de Veuloo étoit aussi imposante que l'on pouvoit le désirei", et je rends .iustiee aux dispositioiiB du Général Champmorin, qui sont fort bonnes, et qui tiennent bien les prussiens en échee dans cette partie. C'est aussi un succès que d'avoir chassé les autrichiens du poste de Laroche. L'activité des troupes qui Pont enlevé ne laisse rien à désirer. Partout on reconnoît ce que peut l'ardeur du soldat françois, et elle est du plus heureux augure pour le reste de la campagne oîi nous entrons.

[Signé] BEOHNONvmLE.

Par duplicata.

Le Général Valence au Général Dumouries.

A Liège, le 2 Mars 1793, l'an second de la République Françoise.

Notre rêve est fini en Hollande, mon cher Général ; ce que j'ai prévu est arrivé. Les ennemis ont attaqué Lanoue par ses cautonnemens de droite et de gauche. Il a pris alors sou champ de bataille en avant d'Aix-la- Chapelle, mais il a été forcé. J'ai eu la première nouvelle de l'attaque hier à onze heures du soir, et ce ma tin à cinq heures j'apprends qu'il évacue Air, et se retire à Hervé.

D'après cette désagréable nouvelle, je pense qu'il

faut tenir le temps qu'il faudra pour que Miraada se décide à passer la Meuse, pour doauei" bataille ou à lever le siège de Maostricht, fî'il ne veut pas passer la Meuse. Nous peusons, Thoweuot et moi, qu'il faut, si Mirandà prend ce parti, que Leveueur se retire sur uous, et détruise le pont de Visé, et pendant ce temps Miraada prendra une position pour empêcher les ennemis de passer par Maëstrieht, Vous, mon GémJral, ta Providence qui veille sur la France fait ciue vous n'Êtes pas embarqué. Volez-ici ; 7'c dôclare que si votts 7ie vûiiez pas, je ne suis pas en état de commander de telles forées dans vne telle j^osition: vous vous rappelez quo j'en avois prévenu le Ministre, quand il a voulu que je vous remplace à votre première absence. Il est évident que l'expédition de la Hollande no peut plus avoir lieu, quand ils nous auront fait lever le siège de Mai'stricht. Dans tous les cas vous pouvez ôtre i<fi en vîm/t-quatre ou trente heures ; volez-y, je le répète, vous serez à temps encore pour décider le parti que vous voudrez prendre. Je ne sais encore aucune nouvelle de toute la gauche des cantonnemens, où est Chamborau, etc. Volez ici, mettez du monde à Matines, et vous serez à tempe, quand vous serea arrivé, de décider ce que vous voidez /aire de Varmée qui a pris Bréda.

Le Général en Chef.

[Signé] C. Valence.

P. S. Quand même vous voudriez suivre votre projet de Hollande, il faut changer le plan de campagne, et vous seul pouvez le faire: les minutes sont des siècles ■

Vous seul, menant l'ensemble, pouvez décider un mouvement qui mette Maëstrieht ou notre retraite au hasard d'une bataille.

Le Général Miranda au Général Valence.

Hochteu, 2 Mara 1793.

Mon cher Général.

Bans la situation où nous sommes, nos avant-postes ayant été ■ repousses, et vous avec tout le coips de troupes entre la Roër et la Meuse hors d'état d'empêcher l'ennemi d'entrer à Maastricht par le pont de "Wyck, le parti que nous avons à prendre est de faire repasser Leveneur par Visé, et, me joignant à lui avec le eoi'ps de troupes qui sont à l'investissement de Maëstrieht, prendre une position entre Visé et Tongres pour protéger la retraite de mon artillerie, et tâcher de contenir l'ennemi jusqu'à ce que, vos forces se joignant aux miennes, nous soyons en état d'attaquer l'ennemi et de le battre. Les corps de Champmonn et de Lamarlière xïourront contenir les prussiens, en gardant la rivo gauche de la Meuse, ce qui facilitera le mouvement que le Général Dumouriez voudra faire apW's lacounois.'=anc6de notre .position actuelle. L'officier de f/énîe Tardy, m'assurant que tous les néniraux ont assun' la force des ennemis () trente mille hommes au moins, je ne pourrois pas avec un corps de troupes de dix à douze mille hommes, tout au plus, abandonner l'artillerie et marcher à eux pour les arrêter, tandis qu'une garnison do sept mille

hommes pourroit me prendre par derrière. Je donne mes ordres en conséquence, et vous prie de me communiquer toutes vos dispositions pour agir d'accord.

Le Qénéml Miranda ait Général Valence.

Tongres, 3 Mars 1793, 10 heures du matin.

Je reçois, mon cher Général, votre lettre de ce matin à mon arrivée ici en ce moment. Je tiens Tongres par un corps de troupes de six mille hommes, et par un autre semblable j'ordonne à Leveneur de tenir la communication de Visé sur Liège, pour que les ennemis ne puissent pas pénétrer ni d'un côté ni de l'autre. Pour les arrangemens ultérieurs, je me porte de ma personne à Liège avec le Général Bouohet pour nous concerter avec vous, et prendre une mesure définitive capable de nous mettre en état d'en imposer à nos ennemis, et d'agir ofïensivement.

J'ai fait ma retraite sans être inquiété et ayant amené en sûreté, à Tongres, toute mon artillerie ; elle défile incessamment par la chaussée de Liège sur Louvain.

Ne vous inquiétez pas de la retiaite de Lamarlii-re et de Champmorin : jo suis presque sûr qu'ils l'effectïieront facilement par Diest sur Saint-Trond, et se joindront à nous beaucoup plus tôt qu^ par le chemin de Maeseyck.

A vous revoir, sur le midi.

[Signé] Miranda.

iiâib.;^:.

Le Général Bumouriez au Général Miranda.

Moerdiek, le 3 Mars 1793,

deuxième de la République.

Il me falloit votre lettre, [•] mou cher Général, pour me rassurer uu peu sur les suites de l'échee qu'a essuyé le Géuéral Lanoue auprès d'Aix-la-Chapelle. La lettre que m'a écrite Valence, par duplicata, m'a fait beaucoup de peiue, saus cependant que j'aie pu asseoir aucun calcul, car il ne me donne aucun détail. Le compte que vous me rendez est infiniment plus clair, et me rassure. Je ne peux mieux vous répondre qu'eu vous envoyant copie de ma lettre à Valence. Vous verres que nous noits sortîmes rencontrés. Défendez la Meuse avec vigueur, et si l'ennemi veut la passer, allez " au-devant de lui- Cette contenance fière détruira la mauvaise impression de l'épouvante de notre avant-garde. Tenez cette position quime jotirs ; d'ici là, l'armée de la Belgique sera extrêmement renforcée, et les événemeus auront changé ; d'ici là, je serai maître de la moitié de la Hollande à moi tout setd, ou je voiis aurai joint ,mais je ne peux pas d'ici à cinq ou six jours quitter une armée qui fait des miracles par le prestige de ma présence Williamstadt est eu feu au moment oii je vous écris, et sera vraisemblablement pris d'assaut ce soir; c'est

[•] La première partie de ta lettre de Miranda au Ministre de la Guerre, en date de Liège du 4 Mars, est la copie de celle dont Duiuouriez parle dans cet endroit. Elle fat écrite le 2.

BerneroQ qui coudiiit ce siège ; d'Ai'(;on a pris tous )e forts extérieurs de Gertruydeuberg, et le bombardera cette nuit. Je hérisse le Moerdick de batteries qui seront prêtes après-demaÎD. Trente-quatre bâtimeiis de transport desceudent le caual de Kluudert, à l'abri de ces batteries, pour me transporter sur l'auti-e rive, où Je n'ai pas la moindre résistauce à éprouver jusqu'à Amsterdam.

La révohition de la Hollande tient à cette expédition, ot si je réussis, Je vous délivre des ennemis qui viendront contre moi, et que Je combattrai aisément dans un pays coupé de canaux, où Je trouve numéraire, habillement, munitions, approvisiouuemens et quarante on cinquante mille hommes remplis du républicanisme le plus ardent. Si Je renonce h cet énorme avantage, je ne pourrai pas sauver la Belgique au printemps ; au lieu que si je réussis, Je vous sauve tous, en allant prendre les ennemis par deirière. Les troupes hoUandoises se battent ù regret contre nous et seront fort aisea de m'avoir pour leur Général, dès que je forcerai les Etats-Généraux k leur ordonner de se joindre à moi. Tout dépend, en ce moment, de la reddition de Williamstadt et Gortruydenberg; s'ils se rendent, Je passe le Moerdick, parce que ma retraite est BÛre; s'ils ne se rendent pas. Je fais marcher le corps qne j'ai avec moi, augmenté de celui du Général Deflers, sur le point le plus menacé par les prussiens, et je vais reprendre le commandement de l'année. Annoncez donc aux troupes que mon absence est pour leur utilité; que je vais prendre les ennemis par derriine,

pendant qu'ils les attaqueront avec vigueur par devant. tRedonnez de votre énergie aux autres générauûs, refroidisses les têtes, et suppUez-moi. Rien n'est encore gâté; mais tout le seroit, si j'abaudonuois ma proie dans le cas de la prise de Williamstadt et de GJ-ertruydenberg.

Le Général en Chef,

[Signé] Ddmoueiez.

Copie de la lettre du Général Dmiiouriez an Général

Valence.

Du Moerdick, le 3 Mars 1793, second de la République.

Thiéry m'apporte, mon cher Valence, votre duplica' ta. Je suis bien éloigné de regarder îe rêve de la Hollande comme fini, quelque déplacé que me paroisse cette expression. Les ennemis n'ont pas plus de vingt !i vingt-cinq mille hommes. Ils ont surpris les cantoniiemens de votre avant-garde, et vous pensez déjà à tont abandonner, et l'événement vous paroît confirmer la critique que voufi avez toujours faite de nos cantonnemens. Si ces cantonnemens avoient été soutenus avec vigilance, si on avoit fait des rassemblemens sages, comme on le devoit, puisque cette avant-garde qu'il falloit renforcer et l'approcher étoit devenue une armée d'obsei-va-

tiou eouvi'unt un siège, ou ii'aui'oit pas i'e(,'n un pareil éebec.

Jo vous ai maûdé ce matin que j'attends l'issue des deux sièges, de Williamstadt et Gertmydenberg ; <;'est l'affaire de deux jours, et certainement je n'irai pas décourager une année victorieuse en la quittant au milieu de ses succès pour aller faire, quoi î Le siège de Macstrieht est levé; Aix-la-Chapelle est abandonnée; il ne s'agit plus pour vous et pour les autres généraux, que de bien vous entendre pour défendro la Meuse et couvrir Liège par la position d'Hervé. Le Général Thoweuot, qui m'a aidé à tracer tous mes mouvemens et toutes mes positions, voiis suffit pour établir cette défensive que vous pouvez facilement tenir pendant au moins ipiimc joîirs, et d'ici là les affaires prendront une autre face. Si l'ennemi veut passer par Maëstrieht, Miranda, placé à Tongres, peut lui to7ober sur le corps, jnsques sous les murs de la ville, nareo que vous le joindrez et suivrez les mouvemens de l'ennemi par échelons. Si l'ennemi vient sur Ileive, vous pouvez longtemps disputer co poste qui est^n- BÎdérablement l'cuforcé actuellement, puisque je T^oîs par la lettre de Leveneur, qu'il .s'est replié sur Henry- Chapelle; d'après quoi je suppose que toute son artillerie est sauvée, ainsi que toute la gauche do l'Avantgarde. Cet échec doit .servir de lei;on, mais il seroit très-fâcheux qu'il consternât les généraux de la République, au point de les vcudre incapables do défendre la Meuse contre une armée inférieure jusqu'à présent. J'espère qu'on est revenu du premier étourdisse-

motit, et que votre premier courrier m'apportera des dépêches plus trauquilles. Vous jugez que je les attends avec impatience. J'imagiue que vous tirerez du corps de d'IIarville tout ce que vous pourrez, ainsi que de l'intérieur ; j'ai mande à. Beurnouvillo de nous envoyer toutes les troupes qu'il peut avoir sous sa main, Deflers rassemble eu avant d'Anvers un corps de six à sept mille hommes, qui pourra être très-utile, ainsi que les quinze mille que j'ai avec moi, lorsqu'il sera nécessaii'e de nous joindre. Bon courage, mon cher Valence ; ceci n'est qu'un échec que vous pouvez facilement réparer, et qui peut donner de l'espérance pour pouvoir se rassembler h propos.

Le Général on Chef,

[Signé] Ddmouriez. Pour copie conforme,

[Signé] DoMoCRiEZ.

Le Général Dnmoimes aa Général Miranda.

Moerdick, le 4 Mars 1793, second de la République.

Fier réiniblkain, mon frère, mon ami, onhliez vos choffrins, fmte.'i célébrer à votre armée la prise de Gertruifdenherg qui -s'est rendu aujourd'hui à -i heures et demie du noir par capitulation. J'espère que les armées

de la Belgique vont reprendre courage et se piqnev d'une noble émulation. Gertruydenberg, couvert d'inondations, presque inaccessible, défendu par des forts nombreux, garni d'une artillerie redoutable, avec une garnison de suisses, n'a tenu que trente-six heures contre l'impétuosité; françoise et contre le génie et les talons du Général d'Arçon. Il est la clef de la Hollande, par quelque côté que je veuille l'attaquer.

Vous jugez, mon ami, que je suis plus éloigné que jamais d'abandonner un plan qui va me donner du numéraii-e, des munitions, des subsistances et des alliée, nn plan qui sauvera la Belgique et la France par contre-coup.

Voici ce qui va arriver. Les prussiens abandonneront les autrichiens pour courir an secours de la Haye et d'Amsterdam, oii j'arriverai avant eux. Je les combattrai à la tête de ces mf'mes hollandois contre qui je me bats à pi-éseut. ^'ous remareherex sur Grave, que vous prendrez; do là vous attaquerez NinK'gne, et nous nous donnerons toujours la main. Oepondanc le Général Valence, n'ayant plus affaire qu'aux autrichiens auxquels il sera infiniment supérieur par les secours qui lui arriveront do partout, les contiendra jnsqu'à ee que vous reveniez les reprendre en flanc par le pays de Clèves et de Julïers.

Les prussiens ont deux routes pour tâcher d'arrêter mes victoires: la première est de forcer le passajîe de la Meuse par Ruremondo ou Venloo, pour venir parla ■Campine couper Anvers. J'y ai frévu, an faisant a.ssembler entre Berg-op-Zoom et Broda, un corp.s de

troupes aux ordres du Général Deflei-s, loqual, avant le 10, sera fort de cinq à six mille hommes, et sera porté :i quinze ou dix-huit par les troupes que Beurnouville va eavoyer. 8i vous vous apercevez que les prussiens prennent ce parti, vous soutiendrez Champmorin et Lamarliôre et vous disputerez le passage de la Meuse ; s'ils l'ont passée avant vous, vous vous réunirez à Cliampmoriii, Lamarlièi'e et Deflers, et vous les combattrez avec supériorité. Je doute qu'ils soient assez forts pour prendre ce premier parti.

Le deuxième parti que peuvent prendre les prussiens, c'est do marcher tout droit par Niraègue pour arriv^er à grandes journées à Amsterdam, S'ils prennent ce parti, vous enverrez Deflers pour me renforcer par le même chemin que j'aurai pris, et vous irez, vous, , assiéger Grave et ensuite Nimègue.

S'ils ne prennent aucun de ces deux partis, et s'ils restent réunis à l'armée autrichienne, pour pénétrer dans la Belgique, alors, joint à Valence, vous les amuserez sur la Meuse; et, s'ils ont l'audace de la passer avant d'avoir rei/u leurs renforts, vous les combattrez ttvec avantage.

Dans tous les cas, votre position n'est pas dangereuse; mais comme il s'agit de rendre le courage à Parmée, et peut-vtre aux gniéraux (vous et Thowenot exceptés) je l'ous adresse mi discours pour l'armée, que je vous prie de faire proclamer et imprimer. Williamstadt se défend trt's-bien; mais je crois que la prise de Gertruydenborg a découragé la garnison; elle augmente d'ailleurs no-s moyens en artillerie, car je prends dans chaque

Tille de quoi prendre la ville suivante. Boa courage, mon cher pénivien; ['] pensez qu'il nous reste encore de plus grandes choses à faire.

Le Général en Chef,

[Signé] DuMOUBiEZ.

Le Général Miramla au Minisire de la Guerre.

Liège, 4 Mars 179^, finie à Saiut-TroDd le G, et partie à nue heure du soir.

L'attaque de Mai'stricht, citoyen Géucral, contiuuoit avec le plus grand succès, et le 2 de ce mois uos batteries de vingt-quatre étoieut déjà prêtes à commencer

['] Bien avant que Miraudii' figurût comme uue des eélûbritéB (le la Révolution Frau(.'iiise, lapreniif-rc question qu'on faisait à cet illustre patricien dans les cercles les plus distingtiés île Paris, était relative à sa nationalité- Miranda répondait toujours avec orgueil qu'il était né A Caracas, capitale du Vénéaaéla. Mais coniuie cette réponse était suivie de nouvelles questions siir la position géographique de Caracas, sur sa nopulation, ses ressources, etc., Mirandn, aflu de se soustraira cet examen ennuyeux, résolut de dire ù ceux qui Ini demanderaient dans la suite quelle était sa nationalité, qu'il était du Pérou, i)aj"S de l'Aïuériqu*^ espagnole très-coinm en Fraïu-t^.

Voilà pourquoi Dninonriez l'appelle péruvien, et il eu est do même daus des encielopédies et des ouvrages historiques oii il est parlé des faits du Général Miranda; cette erreur a été commise aussi par Thiur.s, Lamartine et d'autres liistortens modernes. Maïs dans l'ilistoire de la dévolution Frnuraisc, par Michelet, JUiranda a élé lanieué à sa véritable patrie, Caracas, capitale du Venezuela, qui fut aussi le berceiin de Bolivar.

un feu incendiaire, qui, sans doute, auroit réduit la ville 11 la dernière extrémité et produit sa reddition, quand sur les onze heures du matin, j'ai reçu la nouvelle officielle du Général Lanoue, confirmée par le Général Valeuce, m'informant que les ennemis avoient attaqué nos avant-postes sur la Roir, forcé leur passage à travers les troupes de l'armée d'observation, commandée par le Général Lanoue, qui couvroit l'investissement de Maëstrieht, et qu'ils se portoient rapidement avec une force de trente-cinq mille hommes sur la partie de Wyck pour introduire uu secours de troupes à Maëstricht, et sauver la place en faisant cesser l'investissement et l'attaque.

Dans ces circonstances j'eus le temps h. peine de faire retirer le corps de trois mille hommes aux ordres du Général Loveneur, qui étoit posté devant Wyck, et qui trois heures après étoit déjà attaqué par l'avantgarde des ennemis. Nonobstant ce mouvement je fis continuer notre bombardement sur la place à la manière ordinaire, pour couvrir mes intentions et avec tant de ^ecès, que jamais l'incendie ne fut si considérable depuis le commencement. A minuit je fis commencer la retraite, faisant marcher devant nous toute l'artillerie de siège qui arriva heureusement à Tougi-es, couverte par un corps de troupes de quatre mille hommes qui formoit l'arrière-garde, et que l'ennemi ne put entamer malgré les forces qu'il envoya à cet effet, ayant été facilement repoussé par les nôtres. Un corps de sept mille hommes fut posté avantageusement à Tongres, sous les ordres des Généraux Egalité, Ruault et Blottofîer, et ua

antre de la môme force aux ordres des Géuéraux Diettman et Ylher, qui étoit le total des ti-oupes qui formoient pour lors l'iiivestissemeot de Maastricht, fut porté sur les hauteurs d'Haecour, prùs Visé, pour couvrir Liège et empêcher que les enuerais ue puissent pénéti-er par aucuue des deux routes qui mt-nent en cette ville. Nos pertes daus l'attaque de Maijstrieht se réduisent à vingt hommes tués et dix blessés, ce qui est peu considérable, vu le feu excessif de la place, qu'on estime au moins à trente-deux mille coups de cauon. Une faute grave, commise par les troupes d'observation qui couvroieut le siège derrière la Roi-r, est la cause de ce dérangement dans nos opérations. J'espère que nous la réparerons par nos eflEorts ultérieurs, et que la nation nous secondera avec des moyens suffisans aux grandes entreprises qu'elle a bien voulu que uous exécutions pour avoir ses intentions remplies.

Les ennemis ont teuté aujourd'hui quatre différentes attaques sur les postes que uous occupons: doux sur Tongres, d'où ils ont été repoussés avec une perte de leur part; une sur Haccour et une autre sur Hervé. Je me suis porté ce matin pour renforcer la po-sition d'Haecour d'un cori)s cousidérablo de troupes, et à la vue de ce mouvement, l'euemi, qui se portoit audacieusemeut sur Jupille, a suspendu sa marche et rétrogradé sur ses pas après une courte cauonna'le de nos avant -postes, d'un bord à l'autre de la Jleuse. Je crois que les dispositions que les Géuéraux Valence, Thoweiiot et. moi avons prises Uiei" pour rairangemeut do nos troupes seront peut-être suffisantes pour les contenir.

[5 Mars.] Hier à dix heures du soir, j'appris que les ennemis, par une quatrième attaque avec un corps de douze à treize mille hommes, avoientpris Tongres et forcé nos troupes à faire leur retraite sur Hans et Saint-Trond. Cette nouvelle nous fit prendre la résolution au Général Valence et à moi, de faire venir toutes les troupes de Visé, de Hervé, etc., sur Hans près de la citadelle de Liège, pour faire un mouvement de retraite en force sur Saint-Trond, oii nous pouvions tenir en prenant une bonne position militaire, et risquer même, le cas échéant, une bataille.

En conséquence, nous nous sommes réunis ce matin en force suffisante, et mis en mouvement pour Saint- Trond, par la grande route de Liège. A moitié chemin, nous avons trouvé un corps de troupes de trois à quatre mille hommes que l'ennemi avoit porté dans le village d'Oreye. Nos troupes légères l'ont attaqué, et il s'est replié sur Tongres.

A huit heures du soir, l'armée est arrivée avec toute son artillerie à Saint-Trond, où nous avons pris une position assez avantageuse, protégeant la retraite de nos magasins et hôpitaux, ainsi que quelques petits corps de troupes, qui, par l'impossibilité de leur faire parvenir les ordres à temps, ou par quelque négligence des eommandans, n'ont pas joint encore l'armée.

Nous avons fait aujourd'hui des dispositions pour protéger leur retraite et leur faire parvenir de nouveaux ordres dans la journée.

La contenance et l'espiit de nos troupes sont bons, et il faut espérer que si l'occasion se présente, leur

bravoure et l'amour de la. patrie suvraonterout tous les obstacles, triompheront de uos eouemis uombreux.

Le Général Valence vous a prévenu sans doute de ce qui concerne l'attaque des ennemis sur les cautounemens de la Hoir et d'Aix-la-Chapelle, et il vous écrit oncoi-e aujourd'hui. Je vous prie d'excuser mon retard» attendu que les affaires immenses qui ont exigé ma présence devant les troupes, m'ont obligé d'ôtre presque toujours à cheval.

[Signé] MlR-\NDA.

Le Général Miranda an Général Bumouriez.

Saint- Trond, (i Mars, Iiuit heures du soir. Mon cher Général.

Je vous amiouco avec plaisir que tous les postes qui étoient ou arrit-ro et aux environs de Liège ont rejoint l'armée ce soir, composant un corps de dix mille hommes, tant cavalerie qu'infanterie. Le brave Général Yhler les a ramassés et conduits avec intrépidité, ayant eu l'occasion ce matin, avec six bataillons qui formoient son arrirre-garde, do battre et repousser un corps de cavalerie ennemie qui a tenté do les attaquer. [•] Mais ce qu'il y a do plus curieux, est qu'il a

[•] L'ordre Riivoyi'- un (.rtjm'-ral Yhicr pour joiiitlro l'iu-

mée sur Liège, lui fut truiisiuis par l'Adjudiiiit Général T'irm-i

■ le Uénèral Miranda im voulant pua la fier aux urdonnanecs

gardé la nuit passée une porte de la ville de Liège, pendant que les cuDemis étoieut dedans, sans qu'ils

aient osé le déposter.

Xos troupes soDt dans ce inoment-ei parfaitement rassurées, voyant que nos ennemis faient devant elles. Elles no désirent que d'en venir aux prises pour regagner un avantage qui compense l'affaire désagréable d'Aix-la-Chapelle.

Je peux vous assurer, mon cher Général, actuellement, que nous tiendrons ferme, et que nous battrons probablement nos ennemis, si l'occasion s'en présente. Jo crois que vous pourrez vous dispenser de venir en ce momeat-ei ; que vous pourriez fort bien continuer vos opérations en Hollande, et môme me permettre d'aller un instaut voua voir ou vous joindre avec un corps de quinze mille hommes, sans que pour cela la sûreté de la Belgique pût courrir aucun danger. Le corps de troupes qui restera devant Louvain est très-suffisant pour résister h l'attaque d'une force quelconque. Adieu,

qui cominiiiK'iinent sont employées iioiir ce service, ne la remit JHSfin'îiii k'iuleinain. Ceci produisit un retard si considérable dans l'arrivée d'Yhlcr, qu'il ne fut snr les liautenrs de Llégc qne longtemps jiprrs le départ de l'armée. On Iui.ssa deux ofRciers sur les lieux pour communiquer l'ordre à Yhler, de suivre L'armée qui niarehoit sur St. Trond : iniiis ceux-ci commirent la même faute ijuo Torreri, et Yhler se trouva obligé d'attendre jusqu'à ce que l'Adjudant Thuriug, que le Uéuéral Miranda envoya avcp uno escorte de St. Trond, lui apportât de nouveaux ordres pour rejoindre l'armée sui" cette ville. Il paroît que ToiTeri éniigra dans ce temps ou peu après, tî'étoit le confident du (téiiéral qiii le proposa au Oeuénal Miranda.

„„„r Général; qne Sliiiervo protège vos succès

et que Mars com-ouno vos illustres oxploits.

P. S. Je dis ù Champmoriu de vous joindre eu cas qu'il ne puisse faire avec sûreté sa retraite sur Louvain. J'espère que vous approuverez cette résolution. La lettre ci-joiuto est ma dépêche au Ministre de la Guerre.

Je fais mettre ù l'ordre votre énergique adresse à l^armée, qui no manquera sûrement pas de produire Peffet que vous vous proposez.

[Signé] MniAKDA.

Le Oénéral Dumoiinez au Général Miraiida.

Moerdiek, le 7 Mars ITîXî, l'an second de la République.

En comparant vos deux lettres, mon cher Miranda, vous devez juger par vous-même combien la seconde me Tend do service, surtout après le peu d'espoir que me laissoit la première. Prêt à passer le Moerdiek, prêt à vaincre toutes les difficultés, prêt enfin îi assurer pour jamais la liberté et la gloire de ma patrie et de la Hollande, je ▼oyois tout perdu, si vous ne m'aviez rassuré et sur votre position, et sur l'esprit de l'armée ; la lettre de Valence anrtout, me désespéroit. Actuellement toutes mes espérances renaissent, les daugers diminuent; nous avous du temps devaut nous, et si vous me répondez de votre côté, comme je n'en doute point, j'ai tout espoir du mien.

Vous (IVC2 fait parfaitement de donner ordre à Champiiior'm et à Lamarlière de «c replier sur Anvers et Bréda, Ils y trouveront le Géiiûral Deflers, et dous pourrons former dans co quartier un corps d'armée couvert par plusieurs rivières, qui empêchera l'euuemi de vous tourner par votre gauche, et de s'engager dans une trouée qui serait très-dangereuse pour hii. Mandez-moi toat simplement comment se conduit le Général en Chef. (Ctiidado con este homhre, soyez sur vos gardes avec cet homme) ; s'il vous gêne par ses irrésolutions, un courrier en feroit l'affaire; c'est vous, mon ami, et Thowenot, qui pouvez seuls sauver la République. Dites-moi s'il est vrai que •"• ait déserté. Si cela est, ne eherchous pas ailleurs les causes de notre disgrâce. Je désire et je vous le répète, que quelques-uns de vos corps séparés se réunissent sur Anvers, qui naturellement seroit un des points d'attaque, si l'ennemi étoit aussi en force qu'on semble vouloir se le persuader. L'évacttation de Liège et (VAix-Ja-CliapeUe n^est rien. L'ennemi ne peut pas s\i/ soutenir pins rjm nous. Pressez la fortification de Malines ; mettez une rivière devant vous; prenez une position, et tenez quinze Jours ; mais, comme je vous le répète, rassemblez un noyau d'armée au point d'Anvers, qui, étant soutenu de Bréda, sera le rassemblement de la portion d'armée qui chassera les autrichiens tîes Pays-Bays. J'ai mandé au Ministre de diriger quelques troupes sur cette partie, sans cependant diminuer les envois qu'il doit vous faire. Dans quinze jours nous serons plus forts que les ennemis j et, grâce à vous, nous aurons la Hollande de plus.

D'après votre lettre, je compte y entrer aprôs-demain. Si je l'emplis moQ but, les prussiens vous iricberont pour venir sur moi; si je manque de succès, j'irai vous rejoindre, et nous trouverons quelqu'autro moyen pour y rentrer, tenant une des clefs du pays.

Je ne vous permettrai de venir mo joindre avec 15.000 hommes que lorsque l'esprit républicain et le courage seront eutièremeut relevés dans l'armée, et lorsqu'une augmentation considérable de forces la rendra infiniment supérieure à l'ennemi. Mes succès marnes doivent vous aider, et il vous est ai.sé de persuader à mes braves compagnons d'armes que, présent ou absent, je dois toujours influer sur leur conduite; ditesleur quelle satisfaction j'éprouve en les retrouvant dignes des victoires que nous avons gagnées ensemble. Adieu, mou ami, et plus que jamais mon ami ; soyons toujours dignes l'un de l'autre, et pensons qu'il ne faut que deux ou trois bonnes têtes pour sauver une République.

Le Général en Chef,

[Signé] Du MOuiîiEZ .

Le Général Miranda au Général Dumouries.

Tirlemont, 8Mars 1793.

Mon cher Général.

Voici jointe la copie de tonte ma dépêche d'aujourd'hui au Ministre de la Guerre. Elle vous ins-

truira parfaitement de la situation actuelle de l'armée et de nos opérations. Vous voyez que toutes les choses pi'euuent uq meilleur aspect, et qu'il ne tient qu'à nous de tirer un parti très-avantageux du malheur même.

Le juste aussi bieu que le sage,

Tout est dans ce moment-ci dans la meilleure disposition pour seconder vos entreprises héroïques. L'armée est dans l'abondance, daus l'ordre, et animée de Bou courage républicain. Je suis fiiché que votre adresse n'ait pas été mise à l'ordre ou publiée, comme je me l'étois proposé ; Valence a trouvé des objections, et le désir d'entretenir la bonne harmonie et l'accord si nécessaire dans ce moment actuel, me fait céder à bien des choses auxqxielles, daus une autre conjoncture, je n'acquiescerois pas : je le verrai bientôt cependant.

Comptez, mon cher Général, que dans notre position de Louvaiu nous tiendrons aussi longtemps que vous le désirez, et je vous en réponds pour plus eueore» même avec la force avec laquelle nous sommes arrivés ici.

Lamarlière et Champmorin sont heureusement arrivés il Louvaiu et Diest, ayant fait une habile retraite, comme vous le jugerez par leurs rapports, dont copie est ci-jointe.

Je prendrai les arrangemens nécessaires avec Thowenot pour qu'ils se mettent en mouvement sur Anvers. Je croyois que ces doux corps dévoient marcher de-

main sur Anvers, mais ce n'est pas l'opinion du Généi-al Valence; nous atttendrons jusqu'à ce que sa volonté soit, mais je la forcerai. Adieu.

[Signé] MiEANDA.

Le Général Miranda ait Général Beurnonville, Ministre de la Guerre.

St. Ti-ond, 8 Mars 1793.

Depuis ma dernière lettre, citoyen Général, tous les corps qui étoient restés séparés de l'armée, sous les ordres des Généraux Yhler, Lamarlière et Oliampmorin, se sont réunis, ayant combattu plus on moins les ennemis qui les poursui voient, et fait leur retraite avec le plus grand succès. Quand les détails de ces rapports me seront parvenus officiellement, j'aurai l'honneur do vous les envoyer.

Les troupes de l'avant-garde do l'armée ont également repoussé vers Tongres un corps ennemi d'obser- TatioD qui nous suivoit.

L'armée a resté pendant les 6 et 7 dans sa position devant Saint-Trond, pour donner du repos aux trotix>es et protéger la jonction des corps détachés. Elle fera un mouvement aujourd'hui pour se porter sur Tirlemont où nous avons nos effets de campement at provisions en abondance. Demain probablement elle

prendra une grande position devant Louvain qui couvre parfaitement la Belgique, et nous met à même d'agir offensivement sur tous les points où sont nos ennemis Ici nous attendrons les ordres du Général Dumoui'iez et les dispositions du Pouvoir Exécutif.

Je viens d'apprendre qu'un courrier arrivé de Paris au Général Valencts, avoit été détenu dans difEérens endroits, sous prétexte qu'il pottoit des dépêches aux généraux qui trahissoient la patrie. Cette inculpation infâme me paroît au-dessous de ma dignité, et je ne crois pas pouvoir mieux y répondre que par le

mépris La nation est trop sage ^mur ajouter foi aux

rapports indignes de lâches déserteurs, qui, abandonnant leur poste, j^rétendent couvrir leur honte m calomniant les braves citoyens, qui, fidèles à leur devoir, défendent glorieusement leur patrie. J'espère que vous ferez connaître ces sentbnens à la nation.

Le corps de l'armée et ses officiers se conduisent généi'alement avec patriotisme, subordination et respect» et je ne connois que la gendarmerie nationale [et particulièrement la trente-deuxième division] qui tient des propos scandaleux et très-criminels sous tous les rapports, selon qu'il m'a été dénoncé par différens officiers supérieurs de l'armée.

La punition sévère de ce corps seroit un acte de justice et de nécessité dans ce moment-ci. Je le fais renvoyer sur les frontières de la France, et j'envoie l'ordre ci-jointe aux Généraux Lamarlière et Champmoriu, pour prévenir les mauvais effets qu'une pareille conduite pourroit produire dans l'armée.

* La copie ci-jointe de la lettre du G-éuéral d'Angbest, et la délibération des chefs d'artillene, avec ma vépouse, sont soumises à votre considératiou.

[Signé] JIlKANDA.

Le Général Dumouries au Général Miramla.

Moerdiek, le f> JlavH 1793, l'an second de la Eépublii]iie- Il n'y a que vons, mon digue ami, et Thowmiot, qui me donniez cousolatiou et espérance. La prise de Oertruydenberg m'a eurichi de cent cinquante bouches à feu superbes, et de plus de cent quarante milliers do poudre, ainsi que d'une cinquantaine de bâtimeus de transport. La retraite de Champmorin et Lamarlii^re est fort heureuse; mais il devient infiniment essentiel que rous les poussiez, l'un sur Herenthals, l'autre sui' Lier ; ot je vous annonce que je porto sur Turnhout le Colonel Westermaun, aveo sa légion et la trente-unième brigade de gendarmerie, dont jo ne suis pas extrOmemeut content; ce petit corps, d'environ 2.500 hommes, servira à éclairer la Campine, où il seroit possible que l'ennemi voulût pénétrer, pour me prendre à dos, si nous restions aussi séparés que nous allons l'Otre. Je remettrai au Général Marassé, en passant ù Au vers, une instruction pour le Général Champmorin, qui commandera le petit corps d'armée dont le corps deWestermanu fera partie. Je me décide à aller vons rejoindre, car les lettres de Valence sont du plus mauvais ^m*e, et notamment celle que je reçois aujourd'hui

de lui par votre courrier. Je serai demain matin à Anvers, demain soir à Bnixelles, et tout de suite avec vous.

Aussitôt ma lettre rei;ue, faites partir Champmoriu pour Lier, et Lamarliî've pour Herenthals. Jetez dans Diest un commandant vigoureux, avec un bataillon et trente chevaux. Il faut fortifier ce point, ainsi que Lier.

Un motif m'engage ù partir : c'est de rassurer les belges, et de les ramener à nous par la confiance qu'ils ont en moi, et surtout eu diminuant ta tyrannie et les injustices qu'ils ont éprouvées jusqu'à présent. Moti parti est pris à cet e'rjardf quelque chose qu?en j;«tsse dire Camboii et ses satellites. J'envoie ordre au Général d'Anghest do se rendre de sa personue à Douay. Je punirai pareillement le Général.... pour avoir abandonné Huy, que je veux que l'on reprenne.

Mou passage du Moerdick est prêt à s'exécuter en mou absence, par le Général Deflers et par Thowenot le cadet. Faites-vous rejoindre jîar l'artillerie de position. J'aurui grand plaisir, mou ami, à vous embrasser. Le siège de AVilliamstadt se continue toujours; cette place se défeud bien, paï'co qu'elle a été mollement attaquée. Je causerai avec vous dans deux jours; ainsi je no vous dis rien de plus. Mes chevaux m'arriveront dans quatre jours, ou cinq au plus tard, à Louvaiu. J'en empninterai en passaut à Bruxelles. Adieu [en espar/nol], mon ami.

Le Général en Chef,

[Signé] BuKouRiEZ.

P. S. Faites sur-le-champ mettre à l'ordre ma proclamation à. l'armée, et faites-là imprimer.

Le Général Miranda au Général Ditmouries.

Tirlemont, le 9 Mars 1793.

Mon cher Général.

Je vous ai mandé hier l'état de la position de l'armée et toutes les nouvelles relatives à notre situation actuelle. Le corps du Général Lamarlière partira demain, et celui de Ohampmorin le 12, poiir se rendre sur Anvers, où ils attendront vos ordres. L'état cijoint vous fera voir la force et la qualité de ces deux corps, qui ù tous égards, ne peuvent pas ("tre meilleurs.

Le capitaine du génie Damhaiyere, avec le capitain Marescot, du mOme corps, .sont chargés de Malincs, pour le mettre en état do défense.

La position générale de l'armée est am"tée ainsi que tous les accessoires, comme vous le verrez par la minute ci-jointe. Toutes nos troupes marchent gaies et fermement à leurs postes. Les provisions et effets de campement sont arrivés suffisamment.

Adieu, mon bravo et digue Général.

[Signé] MiitANDA.

Le Ministre de la Chterre au citoyen Miranda, Général de Vamu'e de la Belgique.

Paris, le 19 Mars 1793.

l'an second de la République.

Je me suis empressé de soumettre au Couseil Exécutif la demande que vous lui avez faite, daus voti-e lettre du S de ce mois, de la prompte et sévère punition de la geudarmerie nationale employée à l'armée de la Belgique, et notamment de la treote-deuxièmo division. Le Couseil Exécutif a applaudi au parti que vous avez pris de faire retirer cette division sur les frontières, et de soustraire par là les antres corps de l'armée h sa dangereuse influence. Il vous engage à étendre cette mesure aux autres divisions dont vous vous plaignez, si vous croyez que leur présence à l'armée compromette la sûreté publique.

Qnei que soit la détermination que vous dictera à cet égard uue justice éclairée, vous voudrez bien m'en faire part aussitôt.

Quant à la trente-deuxième division, elle renferme évidemment des coupables que le Couseil Exécutif vous autorise à faire juger par une cour martiale.

Pour les autres divisions de gendarmerie, soit que vous les renvoyiez .sur les frontières, soit que vous en disposiez auti-emeut, vous êtes également autorisé à faire prononcer par des cours martiales la peine due à la sédition dentelles ont donné l'exemple. Il sera nécessaire

eu tont cas, que vous donniez communication an Général Dumouriez des mesui-es que vous aurez prises pour rétablir l'ordre et la discipline dans les corps de gendarmerie nationale.

[Signé] Beuknonville.

Le Mliiistre de la Guerre au Général Miranda. Paris, le 23 Mars 1793, l'an second de la République.

La Convention Nationale, par son décret du 22 du courant, m'ordonne de lui rendre compte, sous le plus court délai possible, des bataillons ou régimens sous vos ordres, qui dans l'affaire du 18 ont lâchement fui devant l'ennemi et compromis, par cette lâcheté, le salut de la patrie.

Je vous recommande expressément, Général, de m'en envoyer promptement l'état, afin qu'aussitôt je le mette sons les yeux de la Convention, pour qu'elle ordonne la punition de ces traîtres.

[Signé] Beuenonville.

Paris, le 13 Mars 1793, l'an second de la République Françoise.

Mon ami, je crois qu'il y a trahison dans nos armées, et que cette trahison est liée à un grand complot contre

— isola Eépublique. Dites-moi franchement ce que vous pensez des officiers généraux qui commaudoient l'avantgarde de Valence. Dites-moi ce que vous pensez de tout ce qui arrive; n'y mettez, je vous en prie, aucune réserve : j'ai besoin de le savoir pour la chose publiqu.

Votre ami,

[Signé] Petion.

Miranda au dtoyen Pétion, membre de la Convention Nationale.

Louvain, 21 Mars 1793. Mou cher et digne ami.

Dans le moment où j'allois répondre à votre lettre du 13 de ce mois, les attaques jounialières de l'ennemi sur nos avant-postes m'empOebèrent de continuer à vous donner les renseignemens que vous désirez sur les affaires de l'avant-gavde à A ix-la -Chapelle, etc. Depuis lors je n'ai pas eu un moment de tranquillité pour le faire, ot vous en jugerez quand vous aurez appris les couséquenees fâcheuses de nos opérations ultérieures combinées et dirigées par le Général Dumouriez et sou conseil iotime, Thowenot. Votre ami n'a pas eu la moindre part dans toutes ces dispositions, qui, loin d'être conformes à mes idées, ont toujours eu ma désapprobatiou, et s'il eût été en mou pouvoir de les empêcher, je l'aurois fait certainement sans hésiter

Dans la conduite des généraux et officiers supérieurs à Aix-la-Chapelle, je ne crois pas qu'il y ait eu de trahison

comme on l'a soup<;onné; mais je crois bien qu'il y a eu descégligenceset des fautes graves dans le service du corps qui étoit cliargé de la défense de la Mocr. Une, eutf'autres, la présence du Général Valence, qui, devant se trouver à sou poste, se tenoit à Liège depuis le 23 Février.

L'affaire postérieure de Nerwinde, qui est d'une bien plus grande importance, n'est pas dans le même cas, et je soupvoune fort le conseil du Général, qui ue possède ni les principes ni le républicanisme nécessaires pour le mettre à l'abri du blàme. J'ai trouvé fort étrange que le Général Dumouriez, qui me consultoit toujours sur toutes les affaires militaires et politiques de l'armée, ne m'ait pas dit nu mot dans celle-ci: à onze heures du matin j'ai reçu mon ordre par écrit, et j'appris verbalement de lui que nous allions donner bataille et attaquer nos ennemis au nombre de ciuquante-uu mille hommes postés trôs-avantageusement et avec une artillerie redoutable, avec un corps de troupes inférieur en nombre de notre part, et avec tous les désavantages du terrain, etc., sans avoir fait aucune reconuoissanoe du teri'aiu ni de la position précise de nos ennemis; enfin je n'ai eu le temps que de dire: Comptez mir moly et }ious ne liuinqmrons pas d'exécuter ros ordres eu uttanuant vigoureusement par cinq colonnes différentes, et dont trois furent conduites par moi personnellement. A l'attaque nons trouvâmes sur le chemin des difficultés à surmonter, faute de connoissauees locales; mais cependant nous parvînmes h l'attaquer vigoureusement sur cinq points diiïéreus vers trois heures du soir, et nous étant battus jusqu'à six, avec un succès varié, les troupes furent obligées de replier sous le nombre très-considérable d'ouuemis très-supérieure •

ment postés, et gous le feu excessif et fort bien suivi de leur nombreitse artillerie ; les autres parties de l'armée essuyèrput plus ou moins le même sort, en proportion de la proximité de leurs attaques aux ligues et aux batteries des enuemis, quoiqu'on dise la proclamation peu exacte du Général Dumouriez qui ne parviendra jamais à obscurcir las faits et la vérité. Notre perte est considérable; dans ma division seule, il y a eu uu ofEicier-général tué et plus de trente autres morts ou blessés, entr'autres mou premier aide-de-camp, que vous couuoissiez, tué à mon côté, et deux mille hommes à peu près tant morts que blessés ; par celle-ci vous pourrez computer la perte des deux autres divisions.

L'ennemi nous a attaqués le lendemain avec vigueur en nous obligoaut à nous retirer derrière Tirlemont et successivement jusqu'à Louvain, où j'ai reconduit sur les trois heures de cette après-midi le centre et la division de gauche de l'armée. Cet échec doit produire de ti'ès-fatales conséquences pour le sort do la Belgique et pour nos affaires politiques en général. Je suis étonné comme Dumourks a été capable iVune pareille erreur.

Voici, mon cher ami, ce que je peux vous dire dans le moment sur la situation do nos affaires militaires dans cette partie-ci, et dont vous pouvez être assuré, comme étant l'exacte vérité, malgré toutes les tergiversations et tom les sophismes dont ceux qui sont la cause de notre calamité peuvent faire usage pour l'obscurcir.

Il y a bien d'autres choses 2)his hniiortantes que je serois charmé de pouvoir vous communiquer, et que je

ne peux pas faire à la plume. Quand j'ai lu votre lettre par laquelle vous mo disiez que la ramification dû complot, dernièrement découvert coutre notre chère liherté, tfétendoit jusqu'à l'armée, je vous ai cru exagéré et trop timide: aujoui'd'hui, je suis convaincu qu'il y a motif fondé pour le croire, et j'en soupçonne phis cTun tÊidividu, agent principal de nos revers actuels. Je vous dirai plus, mon arai : j'ai entendu ces propres personnes faire des propositions indirectes, avec adresse, qui ont alarmé mon patriotisme et mou amour intègre pour la liberté ; enfin, je vois que nous sommes agités par des intrigants infâmes, qui t'ont déjà beaucoup de mal, et qui peuvent finir par nous perdre et ruiner la liberté. S'il étoit possible de nous ménager une entre- Tue, soit en venant vous-même à l'armée, [ce que je crois de la pins haute importance dans ce moment-ci], soit en me faisant permettre de vous aller trouver quelque part, je pouiTais vous communiquer des choses que je crois du plus grand intérêt pour le salut de la République, et qu'il n'y a qu'à vous, dont je connois l'intégrité, les principes et l'amour pur de la liberté, que je puisse franchement et ouvertement communiquer; je crois même qu'il y a une cabale pour se défaire de moi, comme on vouloit se défaire de vous avant le 10 Août. Je n'écris pas un mot, ni au Ministre, ni à personne. Je laisse Dumouries et les autres faire leurs rapports comme ils l'entendent ; je crois que la ■vertu et la vérité percent irrésistiblement, et que le masque de l'intrigue ne peut leur résister.

Faites sagement usage de cette lettre, et donnez-moi

Éi&àt,.

réponse par le courrier qui la porte, et que je vous envoie expressément îi cet effet.

[Signé] MraANDA.

P. S. du 22. Notre retraite sur la France et l'évaenatiou de la Belgique sont décidées, à ce que m'a dit aujourd'hui le Général Dumouriez, en me faisant lire la lettre qu'il a écrite au Ministre h ce sujet, me faisant voir eu même temps la position militaire que notre armée avoit aujourd'hui. C'est la première fois, depuis son retour, qu'il me fait de pareilles commanioations; il me paroît qu'il a voulu par là que je prisse part au désastre qui uous est arrivé par de mauvaises combinaisons ; ainsi vous sentez bien que je ne m'en suis pas mêlé ; cependant je ue me refuserai jamais à contribuer de tons mes efforts à la conservation de l'armée, et au support de la Eépublique à laquelle je me suis dévoué sincèrement jusqu'à la mort.

[Signé] MiEANDA.

Pour copie conforme.

[Signé] MiRANDA.

Ordres du Général Dumourîe.'s ait Général Miranda.

Au camp de Grutzeuhoven, à 9 heures du matin, le 17 Mars.

Aussitôt ma lettre reçue, mon cher Miranda, vous donnerez au Général Champmorin vos instiiietions pour

charge de garder tout le rideau d'OpIiuter et er. Si vous croyez qu'il ait besoin d'une brigaanterie de plus, vous la lui laisserez. Il seroit possible que le Prince de Cobourg voulût avoir sa revanche; et, comme dan.s ce cas je désirerois que le corps d'armée du Général Champmorin ne devînt pas mutile, vous le chargerez d'examiner lui-même les déboaehés on avant de ses ponts sur la Gheete, par lesquels, en cas d'attaque, il pourroit venir tomber sur le flanc de la droite de l'ennemi, en se portant sur la hauteur en avant de Wommersom. Si ces ponts sont coupés, il faut qu'il se charge de les l'établir dans la journée, pour avoir sa communication libre avec nous. Quant à vous, mon cher Général, je vous prie de mettre sur-le-ehamp votre division toute enticre en marche. Vous passerez au travers de Tirlemout, et vous viendrez par le grand chemin pavé, en colonne, et uous allons vous désigner votre plaee de camp, ou bivouac. Si Champmorin n'a pas de canon do douze, \'ous lui en laisserez deux piôees. Je compte au moins sur douze bataillons de votre divisiou, en supposant que vous laissiez une brigade à Champmorin. Je vous embrasse.

[Signé] DuuooRiEZ.

A Hautmarre, 17 Mars 1793.

Les troupes aux ordres du Général Mirauda se porteront sur la hauteur entre Wommersom et la route de

St.-Trond. Elles y prendi-oot une positioa. Les bois de Walabergen et du château de "Wommersom seront occupés. Un poste considérable sera établi à Ortsmael, un autre poste à Heeleu, et une garde au pont de la chapelle de Béthanie-

Le Général Mirauda enverra l'ordre au Général Cbampmorin de prendre une position à la gauche do Neerliuter, en faisant occuper les trois villages de Driescho et ceux de Vissecot, Terhaegen et Roere- S'il est possible de donner des tentes aux bataillons destinés à occuper les hauteurs, elles pourront camper. Le corps d'armée occupe une position sur la droite.

Le lieu pour les distributions sera fixé par l'étatmajor de la division, et envoyé nu commissaire des guerres, à Tirlemont, pour qu'il puisse assurer le service.

Le Général, etc.

[Signé] DuMOURiEZ.

Du 18 Mars.

Le Général Mirauda attaquera par la gauche, entre Ortsmael et la chapelle de Béthanie, tant avec ses troupes qu'avec celles du Général Champmorin. Il passera la rivièi'e sur tous les ponts, et attaquera sur autant do colonnes et vigoureusement l'ennemi dans sa position. Il est prévenu que l'attaque est générale depuis Overwinden jusqu'à la chapelle de Béthanie.

La totalité lie Vattaque de gauche est ahaoliiment à ses ordres.

liQ Général Cliampinorin doit Décessai remeot faire garder le pont de Budingen, et y employer uue force assez imposante pour pouvoir, au besoin, menacer l'ennemi d'une attaque de flanc vers la partie de Leau, où cette force marcheroit en colonne.

[Signé] Ddmodbiez.

Ordre du Général Miranda aux Généraux lîuaiiU et Cliampmorin.

Tirlemont, 18 Mars, à sept heures du soir.

Les Généraux Ruault et Champmorin occuperont la même position, derrière la petite Glieete, qu'ils avoient ee matin avant l'action de Nerwinde, la droite appuyée à "Wommersom.

Ils feront couper et garder les ponts sur la petite Gheete, et dans cette position attendront de nouveaux ordres.

[SigoéJ Général jMiuanda.

Ordre du Général Miranda au Général Yhïer.

Tirlemoiit, 18 Mars, à onze heures et demie du soir.

Il est ordonné au Géoéral Yhler, sous sa responsabilité, de garder la position d'Haeckendover et de Wommersom, comme il lui a été prescrit par l'ordre antérieur douné par moi sur les sept heures du soir.

[Signé] AIiRANDA.

Ordre du Général Miranda au Général MiacsinakL

Tirlemont, 18 Mars, à onze heures et demie du soir.

Il est ordonné au G-énéral Miacsiuski, sous sa responsabilité, que du moment où les troupes sous ses ordres auront pris deux heures de repos, de leur faire prendre la position qu'elles occupoient ce matin, entre Haeckendover et Wommersom, la cavalerie en avant.

[Signé] Général Miranda.

Les Gétéraîtx MuaitU et Cham])monn au Général Miranda.

De la censé de l'Abbaye, eotre Oplinter et Neerlinter, le 18 Mars, à onze Iienres du soir. Mou Général.

La retraite de la division du Général Ruault et de la mienne s'est faite sous le feu de l'ennemi, saus avoir été entamés pendant notre marche. Elles se sont réanies dans la position que j'occupai hier, la droite à Oplinter, la gauehe ù Neerlinter. Les difEérens ponts de la grande Gheete, depuis Budingen jusqu'à l'Abbaye de Macblendal, ont été coupés, et sont soigneusement gardés et défendus par des troupes et du canon. Les troupes sont excédées de fatigue, elles attendent des vivres et de l'eau-do-vie, dont elles ont le plus grand besoin.

Les bataillons de ligne et quelques bataillons de gardes nationaux se sont bien conduits; mais le plus grand nombre des volontaires ou fédérés uous a lâchement abandonnés, quelqu'effort que nous ayons fait pour les rallier.

Nous irons demain occuper la position que vous venez de nous indiquer en deçà de Tirlemont.

L'adjoint Dnlac est chargé de vous reudre compte, ainsi qu'au Général Dumouriez, des détails de cotte journée.

[Signé] les Maréchaux de Camp.

Ruault. Champmoiïin.

Mot d'ordre: Gaton, vengeance. Ralliement: Patriotisme. Au Quartier Général de Tirlemont, le 19 Mara 1793, l'an second de la République.

Toute la division du Général Miranda qui se trouve placée sur Wommersoui, et en avant de Haeckendover, fera sa retraite en bon ordre, au moment où le mouvement Général de l'armée commencera ; elle traversera Tirlemont, et ira prendre une position sur les bauteurs de Cumptich, la droite appuyant à la grande route.

Le Général, etc.

[Signé] DuMOuaiEz .

Du 20 Mars.

Le Général Miranda fera sa retraite par le grand chemin de Louvain, jusqu'à la croix du chemin, entre la hauteur de Bautersem et le bois de Struys Block- Bosch. Il Jettera toute son infanterie, et placera ses pièces de cauon à la tête du bois et dans le bois. Il y fera sur-le-champ des abattis. Son arrière-garde sen» faite par le Général Lamai-ehe ; et dès que toute l'avantgarde de ce Général sera passée, on embarrassera le chemin avec les mêmes abattis. Il est prévenu que le Général Egalité occupera, avec son infanterie, la hauteur de Bautersem, et que les Généraux Champmorin et Ruault se retireront, le premier par Wever, le deuxiô-

me par Kerekhem, pouv garnir le bois des Lii'vree les hauteurs dd Biakom.

Le Général en Chef, etc.

[Signé] Ddmoohiez.

(A onze heures et demie cet ordre a été reçu.) Certifié, l'Adjudant Général, [Signé] Ahnaudin-

Le corps d'armée aux ordres des Généraux Mir-iuda, Chancel, Stetenhoff et Egalité, se formera sur deux colonnes ; une colonne passera par la chaussée et se retirera sur les hauteiu's en arrière de Louvain, où le camp a été placé ; l'autre marchera par Lovenjoul, Corbeeck- Overloo et Heverlé, où elle prendra une position en arrière de Louvain, la droite appuyée à la rivière de Voer, et la gauche vers le bois de la communauté.

Le Général, etc.

[Signé] DuMOURiEz.

Louvain, 21 Mars, l'an second de la République.

Ce mouvement se fera à onze heures précises. Le Général Miranda prendra le commandement des deux colonnes pour y maintenir Vordre.

âàte^:-- V

Mot d'ordre: François, courage. Ralliement: Constance,

Au Quartier Géoéral, à Louvain, 22 Mars 1793, l'an second de la Itépublique.

Le Général a été très-satisfait de la confiance que les soldats de l'armée, auxquels il a individuellement parlé, lui ont témoignée. C'est de l'armée entière qu'il attend cette confiance ; c'est par elle seule que nous pouvons espérer de montrer aux ennemis, défaire voir à toutes les nations qui observent notre attitude, que nous sommes les mOmes françois qui ont vaincu à Jeminappes, à Andei'lecht, à Liège, et qui ont repoussé les ennemis do l'intérieur de la France par une patience et un oouragu héroïques.

L'armée soufEre, sans doute, quels que soient les soins que se donnent les généraux pour pourvoir à ses besoins en tout genre; mais les ennemis, malgré quelques succès qui leur ont coûté fort cher, souffrent encore davantage. Ils sont répandus dans un pays épuisé par le séjour des armées : ils n'y ont plus de magasins, et nous devons espérer de prendre bientôt notre revanche.

L'Adjudant Général,

[Signé] BiiMoxKOT.

Extrait de f ordre f/cné-al fin 2:î Mars 1793, Pan second de

la RépuhliqKe.

Mot d'ordre: Patrie, fermeté. Rallioment: Dnmomies.

Les troupes aux ordres des Généraux Miranda et Champraorin se mettront en mouvement ce soir, à sept heui'es; elles traverseront la ville de Bruxelles, eu entrant par la porte de Scbaerebeoek, et sortiront par la porta qui conduit à. Hal, aussitôt aprt's que les divisions commandées par les Généraux Steteuhoff, Chancel et Champollou auront défilé; elles suivront la grande route de Hal et d'Enghien jusqu'à la hauteur du village de Saintes où elles prendront une position, la droite appuyée aux divisions qui les précèdent dans la marche, et la gauche au bois de Strie- Houx. Les généraux sont iiirt-venus que les flanqueurs de gauche occupent les hauteurs de Haute-Croix et Bogaerden. Il ordonne formellement à tous les généraux de ne point quitter les troupes, lorsqu'elles auront pris leurs positions.

Le Général en Chef,

[Signé] DuMOURiEz.

Extrait de l'ordre f/nu'ral de Vannée, du 1\ Mars. Mot d'oi'dro : République, fjonvemcment. Ralliement : Pair intérieure.

Au (Quartier Général, à Enghien, 2-1 Mars 17i)3, l'au second de la République.

Le corps d'armée aux ordres des Crénéraux Jliranda et Champmorin partira à quatre heures du matin. De-

main il se portera par la route d'Eughien jusqu'à cette ville; de là la colonne se dirigera par les villages de Marck, Mouliu-du-Chêue, Rombeek, Hellbecq, Mesliul'Evêque, Bonaier, l'Hermïtage, Roux, et passera le pont de la Dendre, au-dessus de Ath et du village de Braatignies; il preudra uue position sur la hauteur, en arrière de ce village, la droite appuyée au grand chemin de Leuze, et la gauche eu s'étendant le long du coteau dervit'Ve la Croix-de-Bilhée.

Le Général en Chef,

[Signé] Ddmodkiez.

P. S. Les géuéraux resteront avec leurs troupes et enverront des ordonnances au Quartier Général, qui sera demain à Ath.

Le Général Miranda est prévenu que le Lieutenant- Général Eozières et le Maréchal de Camp Kermorvan vont servir à la division de gauche, chacun selon son grade.

Le Général de Brigade, Chef de l'Etat-Major de l'armée du Nord,

[Signé] Thowenot.

in

Lettre du Général Dimiouriez an Miuisti-e de lu Guerre, sur la i)erte do la bataille de Nerwinde. — AiTcstatioii de Miranda sur l'ordi-e des commissaires de la Convention Nationale. — InteiTOgotoirc de ^liranda Plaidoytn' de Clinn-

vcau-Lagarde pour Mirnada.— Bulletin du Tribunal Criminel Kévohitionunire, et opinion favorable des jun's. — Acquittement de Miranda. — Manifeste de Chauveau-Lagaitle îi ses concitoyens.

Lettre du Général Dummtriez au Ministre de la Gueire.

Tii-lemont, le ],9 Mai-s 1793.

C'est avec bien de la douleur, citoyen Ministre, que Je vous rends compte de l'échec funeste que je viens de recevoir; vous aurez vu dans ma lettre d'hier, que mes pressentimens il cet égard ne se sont que trop justifiés. Sur la nouvelle que j'ai rei^ue des dangers de Namur, et de celle de l'approche d'un corps de 10 mille hommes qui se dirigeoit sur Bruxelles et Louvain, j^ai pensé que je ne pou);ois saurcr la chose publique qiC&n dépostant Vennemi de sou camp de Nencinde; j'ai fait vn plan d'attaque sur la gauche de Vennenii ; la division dti centre attaquait sur Kericimle, la (fauche commaitde'e par Miranda et Champniorin, sur le village de ; la droite

et le centre out eu quelques succès, quoique l'infanterie se soit repliée deux fois et qu'elle ait été chassée dîi village de Nenvinde; Pattaqiie de gauche a été malheureuse; la retraite s'est faite dans la co7ifitsio-n, jusque derrière TirleiHOnt^^ et peut-être plus loin encoie. Le Maréchal de Camp Mikliû, [•] commandant l'artillerie, a été tué, et deux officiers généraux ont été blessés. Nous avons perdu dans cette retraite ou plutôt dans cette fuite, beaucoup de monde et plusieure pièces de canon, dont trois de 12. J'ignorois cette déroute, et je eomptois attaquer le lendemain, pour compléter la victoire, lorsqu'inquiet de ne recevoii" aucune nouvelle de Miranda, et entendant dire qu'il s'étoit retiré, j'ai quitté à la nuit tombante la partie victorieuse de l'armée pour venir avoir des nouvelles de la gauche. Je fus étonné de venir jusqu'à Tirlemont sans trouver le corps d'armée. >Pai donné ordre à Miranda de reprendre son poste sur les hauteurs de Ste. Marguerite pour y couvrir la retraite. Je vous envoie une lettre de Valence qui a été blessé et qui vient de partir pour Bruxelles. Je vais reprendre le camp de Louvain, pour couvrir Bruxelles et Matines, et y attendre des secours.

Soyez s?îr, citoyeu Ministre, que le mal et la désorganisation sont à leur comble. Je crains les suites funestes de cette retraite, dans un pays dout nous avons soulevé contre nous les habitans, par le pillage et l'indiscipline. Je ferai tout ce que je pourrai pour sauver l'armée qui m'a témoigné beaucoup de confiance. Je m'en l'apporte à son jugement, je me soumettrai très-franchement à

[•] C'étoit le Général (riiisciu-d.

l'examen le plus sévère, et je demanderai moi-même Tin conseil de guerre pour juger ma conduite : tn>p heureux, si le sacrifice de ma vie peut être utile h la liberté ! Que je la perde en combattant pour la patrie, ou condamné par elle, je ne crains ni le jugement de mes concitoyens ni celui de la postérité.

Vous jugez, citoyen Ministre, que la perte a dû être considérable : je la porte à 2.000 hommes. Je dois rendre justice aux soldats les plus braves de l'univers ; mais ils manquent d'officiers, et surtout d'officiers expérimentés. Je propose la suppression du mode d'élection: l'élection ne donne pas le talent, ne commande pas la confiance, n'obtient pas la subordination.

[Signé] DuMOURiEz.

Arrestation de Mimnda.

Au nom de la République Françoise,

Nous, Membres de la Convention îfationale, ses Commissaires près l'armée et dans les pays de la Bel^- ■que, de Liège, etc.,

Délibérant sur les plaintes qui nous ont été portées contre le Géuéral Mirauda, sur sa conduite tant au siège de Maëstricht qu'à la journée du 19 de ce mois, et -considérant, d'une part, que les faits imputés à ce général ne paroissent pas moins graves que ceux qui ont

motivé ]e discret par lequel la Convention î! fait traduire à ea baiTe les générauix Lanoue et Stingel ; de l'autre, qu'il seroit dangereux pour le succès des armes do la République qu'un général inculpé conservât le commandement des troupes, tant qu'il ne se fût pas justiâé:

Arrêtons, vu l'urgence, que le Général Miranda se rendra, sans aucun délai, à la barre de la Convention Nationale jjour y rendre compte de sa conduite ; et chargeons le Général eu Chef Dumouriez de pourvoir provisoirement à son remplacement.

Fait i\ Bruxelles, le 21 Mars 1793, 2= de la République. [Sigué] GossuiN, Danton, Teeilhabd,

Meeli» de Douai, Delacroix et Robeet.

Interrogatoire du Général Miranda. (•]

Premicre question.

Pourquoi avez-vous attaqué Maestrichtî

Eépmise.

Par ordre par écrit du Général Dumoariez.

Dciixiàiie question.

Quelles étoient vos instructions à ce sujet.

\'\ Extrait (lu pi-oofVverbal des dùlibératione duComitéde a Guerre. Séance du Luodi 8 Avril, huit huures du soir.

"Réponse.

Il me dit expressément que par les renseignemeus qu'il avoit, que Maëstricht se rendroit à la troisième bombe; que la garaison ne vouloit pas se défendre; que les bourgeois oblîgeroient le Gouverneur à rendre la place ; qu'ainsi il falloit brusquer cette attaque, car œ n'étoit ni le temps ui la saison d'ouvrir nu siège régulier; que tout dépendoit d'ailleurs de la célérité avec laquelle je me débarrasserois de ce siège pour marcber ■nr-le-champ à Nimôgue avec un corps de viugt-ciuq mille hommes; qu'il falloit que l'attaque do Maëstricht fût très-brusque, et que c'étoit de ma célérité à le seeonder que dépendoit lo salut non-seulement de la Hollande, mais de la République et de la liberté des peuples, et qu'il espéroit d'ailleurs que la place ne tieu- ' droit pas plus de deux ou trois jours; que si la place tenoit plus longtemps, il falloit laisser la continuation de l'attaque à l'armée des Ardennes et de la Belgique, et moi avec celle du Nord, qui étoit sous mes ordres, marcher immédiatement sur Nimègue, pour empêcher que les prussiens, qui étoient dans la Gueldre, ne pénétrassent dans la Hollande, et ne tombassent sur lui ; en exécution duquel ordre l'avaut-garde do l'armée du Kord tenoit la rive gauche de la Meuse, depuis le Port- Baint-Michel jusqu'à Véseme.

Troisième question.

Avez-vous cette instraetion par écrit du Générât Dnmonriez f

Réponse.

Oui.

Quatrième question.

Vous y êtes- vous exactement cooformé?

Si parfaitement conformô, que le Géaéral m'a donné sou aiipi'obatiou ; et que pour les ordres que J'ai donnés, d'après les sieus, aux autres généraux, il me dit en termes exprès : tous vos ordres envers différens généraux

me paroisseut très -clairs et ti'ès-bien faits.

Cinquième question.

Etiez-vous autorisé à prendre sur vous de faire toutes le dispositions que vous croiriez convenables pour assurer et accélérer le succès de votre opération î

Réponse.

Je n'étois pas autorisé à faire autre chose que ce que mes ordres me pveserivoient, et j'avois ceux do Conseil Exécutif pour exécuter tout ce que le Général en Cnef Dumouriez m'ordonueroit, comme étant lui seul chargé de conduire les opérations militaires.

Sicihne question.

Avez-voiis trouvé, lors de l'exécution, les ordres qui vous ont été donnés sufiisans pour enlever Maëstricht 1

Béponsc.

Si les renseignemeus qui m'avoient été donnés par le Général Dumouriez étoient vrais, je crois que oui;

maia que s'ils n'étoient pas viais, je crois que nou: la ville de Maëstricht exigeant un siège en règle, et uue attaque vigoureuse, si elle étoit proprement défendue par sa garnison.

SeiHihue question.

Avant d'arriver devant Maëstricht, aviez-vous pris toutes les précautions d'usage pour une opération de cette nature î

Méponse.

J'ai fait venir l'artillerie de siège des trois armées réunies ; et avec toutes les pièces capables de jeter les bombes, j'ai exécuté le bombardement, faisant encore venir toute la grosse artillerie des trois armées, pour continuer le bombardement, eu tirant à boulets rouges anr la place, si le bombardement u'étoit pas suffisant.

Huitihne question.

Etiez-vons suf&samment pourvu de bouches à feu, de munitions et de vivres pour toute la durée de votre opération?

Réponse.

J'étois pourvu de tous les approvisionnemeus nécessaires pour le bombardement de cinq îi six Jours, ainsi que le Général le supposoit dans ses ordres; et pour la continuation du bombardement, et ensuite tirer & boulets rouges, toutes les pièces et toutes les mu- DÎtions nécessaires étoient dans les dépôts do Tougros,

Liège, Tirlemont, Saint-Trond, Louvain et Malii aiTÏvei" à fur et à mesure, pour la continuation par les armées des Ardennee et de la Belgique, puisque celle du Nord, qui étoit sous mes ordres, devoit partir, sous ma conduite, pour la Hollande. Son avant garde étoit déjà sur Grave.

Neuvième question.

A quel uombre se montoieut les troupes sous votre commandement, pour votre opération sur Maëstricht T

Méj)onse.

Les troupes qui formoîent l'investissement de Maëstricht, étoient environ de quatorze à quinze mille hommes, lesquels, dans le cours du siège, furent diminués de trois à quatre mille hommes, qui marchèrent sur les frontières de la Hollande, d'après quelques mouvemens des ennemi.?.

Dixième question.

Etoît-îl en votre pouvoir de les augmenter î

Réponse.

Nou, il n'étoit pas en mou pouvoir, sans désobéir aux ordres du Général en Chef.

Oiizil-me question.

Quel jour êtes- vous arrivé devant Maëstricht t

Béponse

Du 21 au 22 Février.

Douzième question.

Quelles sont les dispositions que vous avez faites en arrivant!

Ouvrir la tranchée, y étant eu personne avec tous les chefs du génie et de l'artillerie.

Treizième question.

Pourquoi vous êtes-vous décidé à bombarder la ville de préférence à en faire te siège en règle f

Parce que mon ordre défendoit l'un et m'ordonnoit l'autre.

Quatorzième question.

Quelle raison aviez-vous pour croire que vous pouj^ riez réduire la ville k se rendre par un simple bom bardement î

Réponse.

Je ne l'ai jamais cru personnellement ; mais le Général le eroyoit, et me donna des ordres en conséquence.

Quinzième question.

Quelles précautions aviez-vous prises pour couvrir votre bombardement et garantir votre armée de toutes surprises t

Réponse.

Faire exécuter les ordres que le Gén^'ral en Chef Dumoui'iez m'avoit données, qui étoient de faire passer la Meuse à toutes les troupes de l'armée des Ardennes, pouv se joindre à. celle de la Belgique qui gardoit la Eoëv, formant avec ces deux corps une armée d'observation, qui sous les ordres des Généraux Valence, Ijanoue, Stingel, Miaczinski, Dampierre, Lamarche etNeuilly, devoit couvrir l'attaque de Maëstricht.

Semème questloii.

A quelle distance de la place avez-vous établi vos batteries pouv le bombardement et combien de jours a-t-il duré ?

Sépame.

A peu près à cinq cents toises de l'enceinte de la ville; le bombardement a duré cinq à six jours.

Dtx-septihne qiœstion.

Pourquoi vous ètes-vous absenté et vous êtes-vons fai) demander pendant vingt-deux heures, lors de l'attaque?

I{épo7ise.

Je n'ai jamais été absent du Quartier Général pendant le siège, que pour aller à la tranchée, excepté l'avaut dernier jour de la levée du siège, que je suis allé à onze heures du matin sur les hauteurs de ia Hombergue ot Willeré pour établir des batteries de vingt-quatre qui dévoient tirer à boulets rouges sur

la place, et pour faire uue reconnoissance sur le fort Saint-Pierre, et voir si uos troupes se tenoient en ordre, in'étant rendu au parc d'artillerie au coucher du soleil.

Dix-huitième question.

Aviez-vous counoissance de la position des armées ennemies!

Séponse.

Pas autres que celles que les officiers de l'avant-gardo me communiquoieut, et qu'ils recevoient des espions qu'ils employoient à cet effet.

Dix-neuvième question.

Quelles sont celles que vous ont communiquées ces espions T

Que les forces de l'ennemi augmentoient considérablement, et par les différons rapports, je pourrois former l'opinion que ses forces étoieut de trente, ou tout aa plus de quarante mille hommes.

Vingtième question.

Quel jour avez-vous retju ces rapports î

Je ne pourrois pas fixer le jour; mais les derniers me sont venus, à ce que Je crois, du 20 au "213.

Vingt-îinième question.

Par quel général vous ont été donnés ces avis ; est-ce verbalement ou par écrit?

Béponse.

Ces avis m'ont été donnés par écrit par les différeus généraux qui eommandoient successivement l'avantgarde et l'armée d'observation, et je les ai toujours fait parvenir au Général en Chef.

Vingt-dcitzibm question.

Avez- vous gardé état de ces avis?

La coutume est de former un état général de tous les diSérens rapports qui viennent de différens endroits, de déposer les pièces à l'état-major de l'armée, lesquels états je les ai renvoyés régulièrement au Général en Chef, et au Ministre de la Guerre.

Vingt-troisième question.

Quelles précautions avez-vous prises sur les avis qui vous ont été donnés?

Réponse.

Je ne pouvois en prendre aucune, puisque toutes les troupes disponibles étoient envoyées à l'armée d'observation, d'après les ordres du Général en Chef et les Généraux Valence et Lanoue, chargés particalièremeut de cette défense, tandis que je m'ocenpois de l'attaque de Maastricht et de la marche sur la Hollande à une distance fort considérable.

Vinr/t-'jttatnhne question.

Quelles dispositious avez-vous faites pour conuoître les mouvemeua dos années ennemies .*

Bq^oiisc.

Je n'en pouvois faire aucune, étant occupé au siège de Malistrieht et les armées eanemies à nue distauce très-éloignée.

Vintfi'Chtqu'ù'me questiou.

Quand avez-vons été instruit qu'elles maiohoieut sur vons !

Réponse.

Le joui" mOmo que nous avons levé le siège, par un officier du génie qui est arrivé îi onze heures du matin à mon quartier général de l'abbaye d'HocIiteu, et qui m'a apporté une lettre des généraux de l'avantgarde, m'informant qu'un corps de 30 à 35.000 hommes avoit pénétré dans nos cautouuemens sur la lîoér, battu nos troupes, et marchoit sur Maastricht pour secourir la place.

l'iiiffl-sirirmc question.

Qu'avez-^'ous fait pour vous y ojijioser 1

Ucponse.

N'ayant en tout qu'un corps de 12.000 hommes auprès de Maëstrieht à leur opposer, je les ai rassemblés, fait retirer l'artillerie sur Tongrcs, quû j'ai cou- -vert par un corps de 5 â G.OOO liommes, mettant le reste

des troupes sur les hauteurs de Visé, pour couvrir ôgaloment la place de Liège, et donnant avis au Général A'^aleuce pour nous réunir et former uu corps assez considérable pour nous opposer aux entreprises de la garnison de Maostricht et du corps emiemi qui marchoit sur cette place ; ce que nous exéeutîimes avec succès.

Vînfit-septihiie question.

Etiez-vous maître de vos communications avec le G^éuéral Lanoue !

Réponse.

Mes communications u'étoient libres avec le Général Lanoue quo par Liège: le corps ennemi étant entre lui et moi, et les ponts de bateaux de Visé et de Kekeni étaut brûlés.

Vingt-hiliticme question.

Les troupes confiées au commaudement du Général Lauoue étoint-eltes sous vos ordres?

Réponse.

Elles étoient sous les ordres du Général Valence depuis sou arrivée, j)ar les dispositions du Général en Chef Dumouriez, et parce que le Géupral Valence étoît mon ancien; j'ai, néanmoins, dans un cas d'urgence, donné uu ordre au Général Lanoue, qui a été consenti du Géuéral Valence.

Vingt-veucihme question.

Ce général vous a-t-il donné avis de la marche des

eunomis sur lui ?

Itéponse.

Comme il (-toit sous les ordres immédiats du Général Valence, il a communiqué tous ses avis ii ce (xéuéral ; m^ayant prévenu, seulement au commencement, de l'attaque des ennemis et de la marche d'un gros corps Bor Maëstricht.

Trentième question.

Qu'avez-vous fait lorsque vous avez été instruit que les postes avancés du Général Lauoue avoient été forcés, et qu'une colonne ennemie s'avan^oit sur vous î

Réponse.

J'ai rassemblé toutes mes forces pour protéger la retraite de toute mon artillerie, et je me suis posté sur Tongres et sur Visé pour empêcher les progrès dos ennemis sur Liège et Saiut-Trond, comme je l'ai dit ci-

Trcnte-imième question Avez-vous fait tirer à boulets rouges t

Réponse.

Non.

Trente-dettxihnC'inicstion.

Avez-vous donné des ordres pour chauffer des boulets afin de tirer à boulets rouges ?

Réponse-

Oui, mais comme les grilles, charbons et clioses ué-

SâttîD^»

eessaiies à cette opération ne se trouvoient pas prêts, le Général d'artillerie m'a fait observer que cela ne pourroit avoir lieu aussi vite que je le désirois et l'a remis au lendemain; et comme le siège a été levé dans la nuit, il est arrivé qu'on n'a pas tiré des boulets rouges.

Trente-troisibme fjuestion.

Avez-vous donné des ordies pour faire éprouver le charbon de terre et les grilles qui dévoient aei-vir à rougir les boulets, avant de donner des ordres précis pour ce service ?

Béponse.

Le Général en Chef do l'artillerie étant chargé pour sa partie de tout ce qui concernoit le bombardement et l'artillerie, étoit le chef sous la responsabilité duquel pesoiont les épreuves de tous ces objets.

Trente-ipiatriàfiic question.

Observé au Général que sa réponse est évasive, en ce qu'il ne dit pas directement, s'il a donné lui-même les ordres au Général d'artillerie pour les épreuves.

Réponse.

J'ai donné des ordres très-précis au Général d'artillerie pour tenir prêt tout ce qui pouvoit être nécessaire dans l'artillerie, conformément aux loix et règlemens militaires, sans croire devoir lui particulariser le charbon plutôt que la poudre et autres objets concernant la partie d'artillerie.

Trente-cinquième question.

Avez-vous eu connoissance que le charbon s'est trouvé d'une qualité si défectueuse, que les boulets n'ont pu être rougis î

Bé2)onse.

On m'a dit d'abord que le charbon qui avoit été porté au parc d'artillerie n'avoit pas la force nécossaire pour rougir les boulets; sur quoi ayant fait appeler le chef d'artillerie pour lui en demander la raison, il m'a observé que les fourneaux étoient un peu défectaeax ainsi que le charbon, mais qu'il feroit corriger ce défaut et venir du meilleur charbon avec lequel il œpéroit tirer parfaitement bien le lendemain à boulets rouges, comme je l'ai déjà observé.

Trente-sixième question.

Avez-vous connoissance que les grilles n'ont pu soutenir le service auquel elles étoient destinées I

Eéponse.

Cette plainte n'est point arrivée à ma connoissance et les grilles que j'ai fait préparer pour tirer à boulets rouges avec l'artillerie de vingt-quatre, sur les hauteurs de la Hombery et de "Willeré, m'ont paru parfaitement bonnes comme celles dont j'ai fait usage en pareille occasion ; d'ailleurs les offlciei's d'artillerie qui étoient présens m'assuroient qu'ils l'épondoient de la réussite.

■^ik

Trente-septième question.

Avez-vous connoissanee que dans la plupart des canons de douze, seize et vingt-quatre, les boulets étoient d'un calibre absolument inférieur à la bouche à feu pour laquelle ils étoient destinés!

Bépmise.

C'est la première fois que je l'euteuds dire, et m'étant trouvé présent à plus de vingt actions avec la même artillerie et les mêmes officiers, je n'ai jamais pu m'empêclier d'admirer la bonne direction de notre feu dans toutes les occasions.

Trente-huitième question.

Avez-vous fait dresser procès-verbal de la défection du charbon et des fourneaux destinés à rougir les boulets t

Réponse.

Non, je ne l'ai pas fait, et je n'ai jamais vu ni enteudu dire qu'on fasse dresser des procès-verbaux dans de pareilles occasions.

Trente-neueihme question-

Avez-vous fait punir ou arrêter les personnes qni avoieut la direction immédiate de ces fournitures f

Réponse.

J'ai réprimandé le chef de l'artillerie, responsable de toutes ces fautes ; j'ai donné plainte au Général on Chef, qui a puni le chef d'artillerie.

Quarantième question.

Quels sout les chefs qui ont été puais, et quels genres de punitions ont été exercés contre eux î

Le Lieutenant-Grénôral D'Anghest, queleGéoéral Dumouriez me dit avoir puni, et qui fut eflEectivement renvoyé à Douai.

Quarmite-unième question.

Avez-vous gardé copie do la plainte que vouz avez dirigé contre ces officiers d'artillerie î

Réponse.

Si la copie de ces papiers n'est pas perdue, avec dix ou douze autres qui se sont égarés dans la retraite, «lie sera parmi les miens sûrement.

Quarante-deuzihne question .

Quel jour avez-vous donné ces plaintes, et quel jour ces officiers ont-ils été punis ?

La plainte je l'ai donnée du même Quartier Général de Hochteu, et le Général Dumouriez me marque dans les lettres que j'ai déposées ici, le jour qu'il a renvoyé le Général D'Aughest.

Quarante-trois i'' me question.

Qnels sont les noms et surnoms des deux aides-de-

camp qui raccompagnèrent à Paris, et quel étoit leur état avant qu'ils fussent auprès de lui î

Réponse.

Mes deux aides-de-camp ayant été, l'un tué ou resté sur le champ de bataille à l'affaire de Nerwinde, et l'autre blessé, le G-énéral en Chef nomma pour rester aupit'S de moi, comme suppléans à ces deux aides-decamp, les deux adjoints aux adjudans généraux de l'armée du Nord, placés par les commissaires de la Convention Nationale, Nicolas- Charles-G-régoire Dulac et Charles Dulae, l'un ci-devant sergent au bataillon du Pny-de-Dôme, et l'autre lieutenant au même bataillon, tous les deux ensuite aides-de-camp du Général Chasot.

Quarante-quairihne question.

N'avez-vous pas reçu avis par un capitaine chasseur tyrolien, déserteur, vers la mi-février, que les ennemis se formoient eu corps pour forcer les cautonnemens françois le long de la Roër î

J'ai reçu avis par difEérens déserteurs, que j'ai examinés à Liège, et parmi eux il y en avoit un qui se disoit officier, qui coufii'moit à peu près le rapport de nos espions. Ils s'accordoient tous à dire que la forée des ennemis s'augmentoit sur la Rocr; et ce sont ces différons rapports qui m'ont formé l'opinion que la force des ennemis étoit de trente à quarante mille hommes, ainsi que je l'ai dit ci-dessus.

Quarante-cinquième question.

N'avez-vous pas reçu avis par ce mûme capitaine tyrolien déserteur, que les troupes autriohienuGs qui étoient au delà de la Eoër, recevoient habituellement des vivres et fourrages de uos magasins pour leur subsistance ?

Non, et c'est une chose que je n'ai jamais entendu dire jusqu'à présent ; d'ailleurs cet officier déserteur n'a jamais parlé avec moi, puisque je n'entends pas sa langue ; mais je sais bien que la déposition a été mise, traduite par écrit, et renvoyée dans l'état général au Commandant en Chef, et aux officiers généraux à qui il appartient. '

Quarante-sixième question.

Pourquoi n'avez-vous pas tenté d'aiTêter l'ennemi dans sa marche ?

Réponse.

Parce qu'il étoit trois fois plus fort que moi.

Quarante-septième question.

Quelles dispositions avez-vous faites pour «ouvrir votre arrière-garde, retirer vos magasins et vos approvisionnemens f

Réponse.

J'ai retiré l'artillerie et presque tout ce qui étoit relatif au siège, aux environs de Maëstricht, ainsi qn'à

Tongres ; les magasins de Liège, d'Aix-la-C — ^ —

autres, étoient sous la protection des armées des Ardeniies et de la Belgique, commandées par le Général Valeucîe, à qui je me suis réuni après ; et d'accord avoo lui, qui étoit mou ancien, nous avons fait la retraite depuis Liège jusqu'à Louvain.

Qnarante-hititihue guestim.

Sur quel point avez- vous dirigé votre l'etraiteî

lîéponse.

8ur Louvain, dans In forme indiquée oi-dessuB.

Quarante-neucuime question.

Dépendoit-il de vous de faire une jonction aveu le8 troupes du Général Lanoue, de manière à couvrir Liège î

Uvponse.

Nou, sans quitter les postes de Visé et de Toagres, par lesquels les ennemis auroient pénétré, et noua auroient coupés.

Cinquantime question.

Quelles ont été vos opérations depuis votre jonction avec le Général Lanoue ?

Béponse.

Celle de continuer notre retraite depuis Liège juaqii'4 Louvain, sous les ordres du Général Valence, qui, comme le plus ancien, commandoit toutes les forces réunies.

Cinqitante-nmhiie question.

<^uels ordres avez-vous remues du Géaéral DumoHriez le jour de la bataille de Nerwiudef

Réimise.

Ceax-ci du 18 mars:

**Le Général Miranda attaquera par la gauche entre •* Ortsmael et la chapelle do Béthaiiie, tant avec ses trou- •* pea qu'avec celles du Géuéral Champmoria; il passe- " râla rivière sur tous les ponts, et attaquera sur autant " de colonnes et vigoureusement l'eunemi dans sa posi- ** tiou. Il est prévenu que l'attaque est géuérale de- ** puis Ovenviuden JHsqu'à la chapelle de Béthanie; la *• totalité de l'attaque de gauche est absolument à ses * ordres. Le Général Champmorin doit nécessairement " faire garder le pont de Budingen et y employer une " force assez imposante pour pouvoir, au besoin, ineua- *• eer l'enuemi d'une attaque de flanc vers la partie de " Leau, oh cette force marcheroit ou colonne.

" Signé, le Générai eu Chef, Ddmouriez." Cin'juaiitc-dciixihne question.

Lee avez-vous exactement exécutés î

Hvponsc.

Si exactement, que j'ai rassemblé tous les officiers généraux et chefs de brigade qui eommandoient les diffàrens corps de troupes que j'ai t'orméos sur sept colonnes oommandées par les généraux Rnault, Ghampmoriu, Miac-

ziHski, Ylher, et les colonels, chefs de brigade, ChampolloD, Duménil et Kaeting, auxquels j'ai lu l'ordre du Général en Chef ; ces différentes colounes ont passé la petite Oheete par les pouts d'Ortsmael, Hellen et Leau, et out attaqué vigoureusement l'ennemi avant aucune autre division. Les tolonues sous les ordres de Champmoriu, Kuault et Duménil ayant été conduites à l'attaque par moi personnellement.

Cmqiiante-troisièiiie fjuestion.

Qui peut avoir occasionné le désordre qui a eu lien dans l'aile que vous commandiez, et la retraite précipitée qui en a été la suite ?

liépoiise.

La position très-avantageuse que l'ennemi occupoit sur sa droite, que notre gauche avoit ordre d'attaquer; la nombreuse artillerie qui aioutoit aux avantages da terrain ; le nombre presque double des troupes ennemies qui la défendoit; et enfin la grande difficulté que nos troupes îrouvoient à chercher les chemins pour approcher l'ennemi et faire usage de leur artillerie, ont été les causes des pertes considérables que tous les corps ont essuyées en faisant l'attaque, de manière qu'an bout de trois heures du combat le plus vigoureux et le plus meurtrier que des troupes aient jamais essuyé, les nôtres furent obligées do se retirer, ayant laissé sur le champ de bataille deux mille braves défenseurs de la liberté, témoignage illustre de la vertu républicaine; et la plus lâche action peut-être du Général en Chef

Dumouriez est celle d'enlever cette gloire îi la Patrie et l'honneur aux soldats qui ont su mourir à leur poste eu remplissant le plus sacré de leurs devoirs. S'ils ont perdu quelque artillerie, c'est parce que les chevaux ont été tués et les pièces démoutées sous le feu dominant de l'ennemi : la seule brigade que commandoit le colonel Champollon a eu en quatre minutes de temps, pendant qu'elle se déployoit devant les lignes de l'ennemi, dix-sept chevaux do tués et quatre pièces démontées, selon le rapport de cet officier; quand on la perd de

cette manière, on la perd avec honneur La troupe

avoit une rivière à dos et deux on trois ponts seulement sur une grande distance pour passer, puisque le Général en Chef n'avoit ordonné aucune disposition pour jeter des ponts; ainsi il n'est pas étrange, qu'ayant tant souffert dans le combat et étant vivement poursuivie par un ennemi tros-superieur en nombre et qui avoit de son côté tous les avantages que le terrain et les situations peuvent donner en pareil cas, la troupe se fût . retirée, une partie en confusion ; mais je le répète, ce n'étoit que le petit nombre, et le leste de la division s'etoit comporté en bravos et digues défenseuris de la liberté. Les fautes les plus essentielles n'ont pas été certainement celles du soldat, qui, quand on l'a bien conduit, s'est comblé de gloire, comme ceux do cette même division l'ont fait le jour suivant et le 22 mars à Pellemberg, de l'aveu même de ses ennemis. Je ne prétends pas couvrir la honte des lâches ni le désoi'dre infâme des pillages aux quels s'est livrée une partie des troupes commandées par de mauvais chefs et qui a pu jeter quelques nuages

8ur la i-éputatioD glorieuse que l'armée s'étoit acquise à si juste titre jusqu'à, cette époque; mais la source principale de ce désordre étoit dans l'état-major et le Général ou Chef qui n'appliquait pas les remèdes nécessaires, ou du moins ceux que nous avions employés jusqu'alors pour les prévenir.

Cinquante-quatrième question.

Pourquoi n'avez-vous pas fait prévenir aussitôt le Général en Chef do votre retraite?

Répoiise.

J'ai envoyé un aide-de-eamp immédiatement et deux ordonnances pour le prévenir, tandis que je recevois le même rapport de la retraite des autres divisions par des ofRciers de l'état-major et des ordonnances ; immédiatement que je pus avoir une lumière pour écrire, je lui fis mou rapport très-détaillé, que je lui ai envoyé par un courrier, accompagné de nos ordonnances de l'armée, pour qu'il pût lui parvenir le plus tôt possible.

Cinquante-cUiquième question.

Qu'avez-vous fait pour i-allier vos troupes dispersées» et où avez-vous porté votre division î

Los troupes qui ôtoient eu confusion, je leur ai donné l'ordre de se rallier demère la ville de Tirlemont, où les premiers corps débandés étoient déjà. Par ce moyen, ils se sont tous arrêtés à l'endroit que je leur avois indiqué. Les divisions sons les ordres des généraux

Champmorin et Ruault, ont reçu l'ordre de venir prendre la position de Wommersom, et cinq bataillons qui arrivoient de Louvain, de prendre la même posî^ tien sons les ordres du Général Ylher, ainsi que toute la cavalerie qui étoit sous mes ordres.

Cinqitante-sicième question.

Quel jour avez-vous rejoint le Général Dumouriez campé près Louvain î

Réponse.

Le 21 Mars, après avoir reçu l'ordre qui suit: " Le corps d'armée aux ordres des Généi'aux Miran- "da, Chancel, Stetenhoff et Egalité se formera sur deux "colonnes; une colonne passera par la chaussée, et se " retirera sur les hauteurs, en arrière de Louvain, où " le camp a été placé ; l'autre marchera par Loveujoul, " Corbeeck et Heverlé, où elle prendra une position en " arrière de Louvain, la droite appuyée à la rivière de " Voer, et la gauche vers le bois de la communauté.

" Louvain, 21 Mars 1793, deuxième de la République, etc.

" [Signé] le Général en Chef, Dumoueiez.

" P. S. Ce mouvement se fera à onze heures pré- "cises. Le Général Miranda prendra le commandement " des deux colonnes, pour y maintenir l'ordre.

" [Signé] Dumoueiez." J'obseiTe que le même jour, 21 Mars, que ce Général m'a confié la conduite de tous ces diiïéreus corps,

il m'inculpoit auprès des commissaires de la Convention Nationale, et leai- faisoit prendre un ai'rêté ponr m'euvoyer sur-le-champ ù la barre de la Convention, y rendre compte de ma conduite, et que l'ordre ne m'a été signifié que le 25 au soir, quand la retraite des troupes a été effectuée sous mes ordres.

Chiquante-septième question.

Qu'avez-vous fait depuis votre jonction avec le Géuéral Dumouriez jusqu'au moment où vous avez été requis de vous rendre à la barre de la Conventio n ï

Rcponse.

J'ai suivi jour par jour les ordres du Général en Chef, dont je dépose les originaux au Comité, ayant toujours commandé l'arrière-garde dans la retraite de l'armée jusqu'au 25, à dix heures du soir, que le Général m'envoya au camp de Bouvigui, sous Ath, l'arrêté du 21 Mars, fait à Bruxelles par les commissaires de la Convention Nationale dans la Belgique, pour me rendre à la barre de la Convention.

Cinquante-huitième question.

Aviez-vous counoissance des opinions du Général Dumouriez, sur les travaux de l'Assemblée î

Réponse.

Oui, je lui avois entendu dire souvent que la moitié étoieut des imbéciles et l'autre des scélérats, ce qui produisit mou inimitié et ma séparation de liaison ; ce qui joint à d'autres observations et d'autres faits sur-

■Tenus depuis sou retour do la Hollande, a motivé la lettre que j'écrivis eu date du 21 AEars, au eitoyeu Pétion, dont je dépose copie au Comité, laquelle Icttro j'envoyai par dtipUcata en deux courriers au citoyen Pétion.

Cinfjuantc-ncimhm ijiœstioii.

Le citoyen Pétion a-t-il répondu h cette lettre.'

Iic2)onse.

Etant parti le 25 mars, je n'ai rec.-u ancuuo réponse.

Sotxnntihne ipiestimi.

Quel jour Otes-vous arrivé à Paris, et ce jour-là avez-vous fait part à quelques membres de la Couveution des sentimous inciviques de Dumouriez ,'

Réponse.

Je suis arrivé à Paris lo 2H mars, à neuf heures du soir ; j'ai envoyé inimédiatomeut prier le citoyen Pétion de venir nie trouver pour un objet de la plus g^nde importance ; il s'est rendu chez moi, a(;eomp!i',^ué du citoyen Bancal, membre de la Convention Nationale; je leur ai dit que Dumouriez étoit un traître, qne je croyois qu'il vouloU marcher siu" Pari.s avec l'armée et qu'ils eussent à prévenir les Pouvoirs constitués pour prévenir le mal <im meua(;oit la République; qui' je craignois fort que dans le moment oii je ]>arlois il n'eût déjà levé le masque et fait éehiter la conspira-

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