‹ Miroirs et miragesChapitre 5 sur 12 · SIMPLE REGIT · texte numérisé non relu

SIMPLE REGIT

mon idée; dans les journaux des échoppes, je ramassais des fragments, des pièces de vers; comme autrefois chez les sœurs je déclamais des chansons, des cantiques; et je crois bien que ça m'a sauvée d'un tas de vilaines choses, le perpétuel montage de tête qui me faisait traiter de folle par mes camarades d'atelier; ça et puis le lyrisme qu'il y a dans l'émeute, et la misère et les colères de la faim, et les batailles dans la rue. Mon ami, vous n'avez jamais eu froid, froid dès le matin dans la chambre glacée qui ne vit jamais le feu, froid dehors où Je vent gèle le dos à travers l'étoffe insuffisante, froid le soir dans un lit qui est un châssis de bois garni de chiffons.

« Vous n'avez jamais redouté la mort des pauvres, dans l'abondance d'une grande ville, Festomac creux devant la boutique du rôtisseur odorante et ardente, et devant le fourneau du marchand de marrons qui les tourne et retourne de ses gros doigts échaudés, en montrant leur entaille qui rit comme une bouche enfanline; oui, souvent pas même un sou pour

les « frites » dans leur cornet de papier jaune!

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« Y0U8 n'avez jamais redouté cette mort à bout de privations et d'injustices de vie, et qui fait hausser les épaules des médecins devant les lits où agonisent des poitrinaires de vingt ans. Us n'y peuvent rien^ et ce haussement d'épaules signifie que ces malades-là étaient condamnés ^

depuis leur naissance, que c'était fatal, que l'existence les sacrifie, comme on arrache des pousses dans un plant trop serré.

« Si vous aviez ressenti toutes ces angoisses^ mon ami, vous comprendriez bien ce qui me reste à vous dire et vous arrêteriez au passage mes confidences comme inutiles et trop nâ- .

vrantes. £t puis, à quoi bon vous faire de la ^

peine ? J'ai pensé tout haut depuis une heure i

parce qu'il pleut dehors, que cela tinte aux ,

vitres les souvenirs tristes et que, si je lève un rideau, voyez, la rue n'est que boue liquide sous les pieds des chevaux et rillumination du gaz. »

La route dt Griadelwaid aa Grand Glacier^ ou plutôt ce chemin, tantôt en (acis dans les pâturages, tantôt poursuivi parmi les rocs, à peine recouyerts de terre végétale, et qui parfois se tFensforme en un pont étroit jeté sur de bouillonnants ruisseaux, restes des torrents en été.

Sur cette route, à égale distance du village et de la montagne, se trouve un hameau de quelques chalets ; une vieille conduisant une chèvre, des enfants pieds nus dans la pous-

sière de la route, des poules noires parmi Tépaisse verdure, annoncent la réunion, si minime, qu'elle soit, d'êtres vivant en communauté de la même eau puisée à ces réservoirs creusés dans la moitié d'un tronc d'arbre, et du même pain sans doute fabriqué sur place.

Mais en cette région sauvage, ces quelques ^ demeures assez distancées Tune de l'autre affirment encore l'impression de solitude par le silence et l'espace si loin épandu jusque vers les massifs étincelanls du Vetterhorn et du Faulhorn. C'est de ce côté que disparait chaque soir le soleil, rougissant, à mesure qu'il remonte, les creux des Alpes que l'ombre opaque emplit sitôt son départ, quand ses rayons glissent aux cimes, avec la régularité de mouvement d'écharpes traînantes qu'on enlèverait par saccades métronomiques. Cette belle, cette superbe nature est désespérée par sa grandeur même, car elle justifie toutes les plaintes des poètes sur l'indifférence consacrée de la splendeur impassible et inaccessible, a nos maux, à nos misères, à nos plus cruels déchirements.

Après le dernier chalet, le plus haut situé, subsiste comme un enclos de planches, entourant des vestiges d'escalier, c'est-à-dire deux marches entièrement noircies, des fragments de toits et de palissades calcinées; le feu a passé par là, le feu si fréquent dans les villages suisses qu'il anéantit toute une rangée de cha^ lets fragiles, vite consumés, vite reconstruits, et que les propriétaires embellissent d'une nouvelle date sous la lucarne du milieu. Mais ici le terrain est resté désert, la place inoccupée comme après une catastrophe, et c'est bien une catastrophe en effet que les rares habitants se détaillent avec un air de mystère.

Il y a environ vingt ans venait s'installer, dans cette pauvre habitation maintenant détruite, une femme complètement seule, et qui, dès son arrivée, ne demanda aide ni secours à personne. Quelques caisses renfermant ses effets, d'autres, ses meubles les plus strictement nécessaires, furent déposées à l'entrée du chalet dont elle referma la porte ensuite avec une sauvagerie farouche. Et jamais cette porte ne

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se rouvrit devant personne, que pour la propriétaire elle-même, au cas très rare d'une promenade au jour tombant, au delà des maisons habitées, et la tête encapuchonnée d'épais voiles. Jeune? elle le paraissait encore par sa. démarche. Jolie? elle avait dû l'être. Une épaisse chevelure blonde s'était laissée voir à la femme qui apportait chaque jour du lait, des œufs, du pain : le rudiment d'une nourriture dont les préparatifs n'occasionnaient qu'une bien mince fumée au-dessus des pierres du toit.

La recluse avait, au dire de la même personne, des yeux couleur des glaciers au matin, bleus, givrés de cils clairs; à l'accent de sa voix rarement entendue, on la croyait Anglaise et puis c'est tout, tout ce que l'on sut d'elle, jusqu'à ce que le facteur révélât qu'elle recevait chaque mois une lettre américaine chargée, adressée à Mrs Annie, dont elle signait illisiblement le reçu.

Ni la petite chapelle évangélique distante d'une lieue, ni l'église catholique un peu plus lointaine, n'attirèrent jamais cette inconnue dont les déboires, les déceptions n'eurent pas,

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semble-t-il, le désir de la prière en commun où les âmes pourtant se sentent soulevées plus fortement, soutenues par l'élan collectif et par cette parole de Jésus : « A chaque fois que vous serez réunis je serai au milieu de vous. "» En parlant de déceptions et de déboires, nous essayons de donner une explication à ce refuge dans la solitude, à ce retrait d'un être humain loin de ses pareils dont il s^abritait dans un invincible éloignement. Quel autre motif qu'un grand malheur, à ce désii* d'isolement que ne satisfait pas toujours le cloître qui est encore la communauté^ c'est-à-dire la vie mêlée à d'autres vies, si absorbées soientelles dans la prière et l'anéantissement personnel. Aussi, dans l'entourage pourtant si restreint et si primitif de l'humble chalet, formait-on les conjectures les plus diverses sur l'isolement de la personne mystérieuse : elle se cachait d'un mari trompé et jaloux, dont elle redoutait la vengeance ; criminelle dans son pays, elle échappait par son séjour en Suisse au juste châtiment! Qui sait de quelles infamies elle avait dû se rendr/e coupable, pour

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vivre cloîtrée dans ce chalet, ne saluant âme qui vive, ne souriant même pas aux enfants sur la route, quand la vue seule de Tenfance a ce privilège d'attendrir, d'épanouir les plus durs visages! puis s'ensevelir d'un voile quand on est belle ! puis sortir à la nuit quand c'est si bon le soleil !...

Celle qui excitait si fort la curiosité, devenue méprisante autour d'elle, devait avoir une expérience totale du monde et de ses semblables. Jamais elle ne se retourna au balbutiement d'une injure, jamais elle ne dévia son pas du chemin droit, même à une rencontre trop visiblement dirigée pour lui faire obstacle, et jamais elle n'adressa la moindre question h lafemmequilaservaitjsi rapidement il est vrai, si sommairement. Mais parfois dans la nuit, quand s'éteignaient les lumières clignotantes des pauvres maisons voisines, elle aspirait, buvait l'air glacé venu des montagnes et dont la pureté garde un goût de- neige; longtemps accoudée au balcon de bois, elle assimilait à la nuit montante les obscurités de son destin, respirant la sauvagerie des menthes foi-

sonnant près des ruisseaux et la douceur, éparse dans Tair, de ces fleurs à miel dont la Suisse est semée. Et ceci ferait croire que nul remords ne se mêlait à son chagrin; car Je criminel a la peur de Fpmbre, et plutôt quelque I déboire amoureux avait dû rejeter à la solitude, dans la seule nature, la dame au voile, comme ou la désignait dans le pays : car les amoureux parlent aux étoiles et confient à la lune voyageuse les peines qu'elle doit transmettre dans la magie de ses rayons.

Mais se figure-t-on ce que durent être les expansions solitaires, le duo avec la nature, d'un être qui n'a parlé de tout le jour à âme qui vive, qui a conceniré ces souvenirs dont on étouflfe parfois, et qui en est réduit à monologuer tous ses sentiments?

Alors l'Alpe lointaine devait lui sembler une amie, et l'étoile une confidente; le gazouillis du ruisseau put se confondre souvent pour elle, avec cet épanchement dans un cqeur sans expansion, de la pitié, du remords, ou même de la simple poésie que porte inexprimée eja soi l'humanité pensante.

Encore la solitaire n'avaiUeile pas choisi un de ces sites familiers qu'emplit vite la pensée» qu'elle comprend et domine; rien devant elle que les Alpes blanches au sommet, blanches à leur pied, mais d'aride et rébarbatif accès.

Figées comme les énormes vagues d'une mer immobile, elles ne lui mettaient même pas sous les yeux le reflet, le mouvement d'une mer véritable, ces houles agitées et receleuses de vie. C'était la nuit, le morne désert au delà des plaines vertes dont restaient alors invisibles les floraisons abondantes.

Deux ou trois ans s'écoulèrent depuis l'arrivée de l'étrangère ; des gens moururent qui l'avaient vue s'installer, d'autres naquirent inconscients encore des voisinages, et ce personnage muet, ce rouage inutile qu'était la femme mystérieuse, finit par n'inqi^iéter et n'intéresser plus personne; elle circula librement, toujours dans le même incognito, et put rester des nuits entières à contempler les Alpes blêmes sans le moindre guetteur autour d'elle;

on Toubliait, on l'ignorait, derrière les palissades grandies de ses lierres.

Un matin d'automne, au jour pointant, une épaisse fumée noircit le toit du chalet, puis tout à coup on entendit ce roulement de tonnerre que fait la flamme folle dans un endroit clos; les vitres éclatèrent, la balustrade consumée tomba ; des gens s'élancèrent, vite découragés par Tintensité du feu qui grondait, . crépitait aux quatre coins dû pauvre chalet.

. Pas un cri à l'intérieur, pas la moindre apparition d'un être affolé par le danger; on eût dit la demeure vide : l'était-ell^ en effet? Toute construite en bois, quand elle eut fini de se consumer, ce fut un tas de cendres où l'on ne put jamais découvrir un débris, un ossement, cette parcelle de métal argent ou or, qui se liquéfie ou résiste au feu, reforme le mince lingot d'où vint la pièce ou le bijou.

Et ce ne furent pas les explorations qui manquèrent, mais nul indice ne survécut à la femme qui sans doute mourut là, à moins qu'adroite et dissimulée elle soit partie avant que d'incendier, anéantissant ainsi tout vestige

de son séjour dans le chalet perdu. Aux dates fixées, deux ou trois fois ensuite, les lettres chargées arrivèrent au nom de Mrs Annie; renvoyées à leur adresse^ elles ne furent plus suivies d^aucune autre, et, vivante ou morte, rinconnue resta Tinconnue, et son souvenir seul demeura devant un des plus beaux décors du monde, en vue de montagnes, qui chaque année engloutissent aussi, dans Tinsondable mystère des glaciers, des malheureux tentés, par la mort anonyme.

BIBLIOTHEQUES PRIVILEGIEES

Un soir d'automne à la campagne; la vérandah d'où l'on voyait si bien les ciels d'élé, la ronde des étoiles étincelante et silencieuse, pendant que les parfums des orangers montalent dans l'air, est soigneusement close, et cet emprisonnement par le froid qui commence, ce resserrement autour des lampes, sinon autour du feu allumé, ramène la pensée vers les travaux sédentaires, le bonheur d'écrire ou de lire. Tous ceux qui sont là rassemblés vivent de leur esprit, j'entends de leur spiritualité; et

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comme ils discutent ensemble les mérites des écrivains, les bienfaits de la lecture, comme tous sont gens de bibliothèque, ils en viennent à dire leur choix, leurs prédilections, et tout à coup une voix de femme pose cette question bien féminine parce qu'elle parle d'exclusions, de préférences : « Si Ton vous accordait à chacun seulement vingt livres, pour y concentrer vos études, vos loisirs, vingt volumes, lesquels choisiriez-vous? » Après des exclamations, des rires, Tidée parait amusante; vite des crayons, des plumes, et s'accumulent des listes, qu'il est intéressant même à dix ans de distance <Ie regarder, de comparer, car elles nous disent bien les tendances de ceux qui les signèrent et dont les esprits demeurèrent imprégnés des auteurs cités et privilégiés.

Voici d'abord celle du grand doyen de lettres qui se trouvait ce soir-là dans le salon de campagne de ses amis; elle s'ouvre sur l^s noms de Tacite et de Plutarque où se trahit l'historien ; continue avec les Pensées de Pascal, les Caractères de Labruyère, les Maximes, et Portraits de Chamfort, les Maximes de Laro-

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chefoucauld, et là se révèle le preneur de notes, le peintre de ses contemporains que fut si glorieusement Edmond de Goncourt dont les prédilections pour le xviii® siècle éclatent avec Diderot et Beaumarchais; le penseur inscrit Pascal et Jouffroy, le romancier prend un livre à couverture surannée, Paul et Virginie^ auquel il adjoint Balzac, Hugo, Flaubert et Daudet, et ces Mémoires d^ outre-tombe dont tous les stylistes présents voudront au moins un volume, comme si chacun retenait une pierre de ce portique imposant du xvm® au xix* siècle, qu'est le grand nom de Chateaubriand.

Le maître du logis se ressent en son choix de ce goût de rhumanité qu'il eut toute sa vie, de cette préoccupation des êtres qui lui fait j)référer Montaigne à Beaumarchais et Rousseau à Chamfort. Il prend les Evangiles qui le résignèrent plus tard à ses souJŒrances, comme la iecture de Platon, comme celle de Pascal dont il rapprochait des siennes les cruelles épreuves de santé; puis, toujours par cette prédilection humaine, Robinson Cn^^oe qu'il admirait depuis l'enfance avec la même fougue communicative,

ensuite trois romans de Balzac. Le poète saisit Goethe et Shakespeare; puisi un volume de Flaubert, Goncourt, Michelet, Taine, Chateaubriand, et pour finir V Origine des espèces de Darwin qui répondait chez lui à une inlassable et admirable curiosité d*esprit.

Ici, j'ai une réponse d'un absent convié par lettre à cette distraction automnale et qui y répondit de la façon la plus courtoise et la plus spirituelle, de Mandres, où il était alors en villégiature : « Je mettrais d'abord de côté avec soin : les Evangiles^ Vlmitation, pour rester, autant que possible bon et humble de cœur; les Contes de Perrault, pour revivre mon enfance. » Il inscrit en poète les noms d'Hugo, d'Henri Heine, de Gautier, « celui-ci pour me prouver que la perfection existe». La Fontçiine, Bossuet, Diderot cités ensuite, sont bien dans la tradition française de l'écrivain en question. Il y joint du Flaubert, un volume de Balzac et de Daudet; toujours Chateaubriand, le Mémorial de Sainte-Hélène et « le volume de Michelet où il y a Jeanne d'Arc, parce que, dit l'auteur de la lettre, je ne pourrais emporter tout son

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prodigieux moyen âge », et là se révèle le patriote éloquent et vaillant, qui dix ans plus tard sera Tun des iniliateurs du nationalisme, l'un des fondateurs acclamés de la Patrie française : c'est François Goppée que je veux dire.

Ce Mémorial de Sainte-Hélène^ je le retrouve tout de suite sur la liste d'un historien très particulier, très spécial, et qui inscrit à la file : Coignet, Souvenirs^ Lejeune, Souvenirs^ Mémoires du colonel Combe, la Société française sous la Révolution des Concourt. Cela c'est de son travail, de sa préoccupation constante. Il accumule documents sur renseignements, notes et fiches, et sera l'historien de Napoléon, de l'époque napoléonienne, si bien que son œuvre servira désormais de répertoire et d'encyclopédie et que l'on ne pourra plus toucher à l'époque impériale sans citer Frédéric Masson; les Mille et une Nuits, les Mémoires d'outretombe, Paul- Louis Courier, les Mémoires de Lauzun, les Lettres de Mirabeau à Sophie seront les distractions de ce grand travail où se trouveront deux poètes seulement : Hugo, avec la

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Légende des siècles^ de Vigny, avec ses Dernières poésies^ un unique romancier, Alphonse Daudet, de par la grande amitié et toutes les sympathies de Tesprit.

Parmi ces écritures viriles, voici des caractères féminins, au tracé déjà ancien, et dont les lignes sont bien révélatrices d'un temps et d'un tempérament. L'énumération commence par les Evangiles^ les Pensées de Pascal, les Pensées de Marc-Aurèle : esprit mystique tôt révélé mais dont la tendance en s'affirmant se déforme, car je vois après Samte-Thérèse, la Recherche sur les faits de Cruch ; de Balzac seulement deux livres : Louis Lambert^ Séraphitus SeraphitsB, de Swedenborg Ciel et Terre. Le surnaturel flotte sur ces lectures avec ses ailes impalpables de papillon nocturne, éclairées dans les ténèbres par des yeux de poudre colorée. Mais cette femme distinguée, dont la jeunesse avoue sa date par le choix de George Sand, fut un charmant poète et s'en souvient en inscrivant les noms de Victor Ougo, Lamartine, Sully-Prud homme, François Coppée. Parmi ses lectures romanesques, les Rois en exil com-

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mencent la série, vite finie avec Madame Gervalsais où se retrouve encore le tourment mystique dans une âme aussi croyante que superstitieuse et dont les résignations ne furent jamais sans révoltes.

Une autre femme (elles ne sont que deux parmi une dou'^aine d'auteurs) met tout de •suite après les Evangiles qu'elle choisirait si toute une bibliothèque se réduisait à un seul livre, Pascal et Saint-Simoii ; l'un pour ses portraits inimitables, son évocation du grand siècle en ses somptuosités royales et ses misères humaines, Tautre pour le souci divin qui nulle part ne développe sa beauté et son inquiétude comme dans les Pensées, Aux poètes choisis précédemment : La Fontaine, Vigny, Coppée, SuUy-Prudhomme, elle ajoute Baudelaire et Leconte de Lisle, ce qui marque bien la différence avec la précédente génération féminine, l'écart normal de mère et fille. Les Lettres de Diderot à M*** Volland^ les Mémoires d' outre^tombe^ VEdtication sentimentale, Af""® Ger^ valsais, la Fauslin, de Goncourt, les Choses vues, de, Victor Hugo sont là pour le style.

Dickens et Balzac pour Tagrément romanesque et les Lettres et le délicieux Journal d Eugénie de Guérin pour la confession si pure d'un cœur de femme.

Encore un historien composant sa bibliothèque de choix, d'abord avec la Bible, origine de toutes les études historiques, V Imitation^ car c'est un catholique du Midi, puis Suétone, les Césars, Saint-Simon, le Mémorial, Michelet, \b. Ré forme, les Mémoires (T outre-tombe', Ernest Daudet faisant de la Restauration son étude préférée. La Cousine Bette, les Rois en exil, Madame Bovary, Manon Lescaut, les Confes^ 520/15 de J.-J. Rousseau témoignent de l'imagination romancière de cet historien. Deux poètes seulement, après Servitude et grandeur militaires et les Récits des temps mérovingiens d'Augustin Thierry, La Fontaine avec les Fables et Racine dans Britannicus.

Les travaux et les tendances diffèrent de ces hommes de lettres réunis pour l'amour des lettres, et voici le choix de l'un d'eux si érudit des poètes ilaliens qu'il nomme 4'abord Dante, Machiavel, saint François d'Assise pour les

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