ACTE II
Une pièce simple et à l'écart.
Au crépuscule. Deux flambeaux, d'abord noyés dans la lumière du jour, dominent par la suite de plus en plus la scène de leur lumière rougeoyante au fur et à mesure que la nuit
tombe.
- Scène 1 Oh malheureux, oh misérable Peréo ! Amant trop véritable!... Ah ! si j'étais arrivé plus
Al giunger era, il crudo acciaro forse
Tu non vibravi entro al tuo petto. - Oh cielo! Che dirà l'orbo padre? ei lo attendeva
Sposo, e felice; ed or di propria mano Estinto, esangue corpo, innanzi agli occhi
El recar sel vedrà. - Ma, son' io padre
Men di lui torse addolorato? è vita
Quella, a cui resta, infra sue furie atroci, La disperata Mirra? è vita quella,
À cui l'orrido suo stato noi lascia? -
CINIRO
Eccola al fine. - Oimè! come s'avanza
À passi tardi, e sforzati! Par, ch'ella Al mio aspetto a morire sen venga.
— Mirra, che nulla tu il mio onor curassi, Creduto io mai, no, non l'avrei; convinto Me n'hai (pur troppo!) in questo di fatale À tutti noi: ma, che ai comandi espressi, E replicati del tuo padre, or tarda All'obbedir tu sii, più nuovo ancora Questo a me giunge.
Del mio viver sei Signor, tu solo... Io de' miei gravi,... e tanti Falli... la pena... a te chiedeva,... io stessa,... Or dianzi... qui... - Presente era la madre.
Deh! perché allor... non m'uccidevi?...
CINIRO
Ë tempo.
Tempo ormai, si, di cangiar modi, o Mirra.
Disperate parole indarno muovi;
E disperati, e in un tremanti, sqguardi
Al suolo affissi indarno. Assai ben chiara In mezzo al tuo dolor traluce l'onta;
Rea ti senti tu stessa. Il tuo più grave Fallo, è il tacer col padre tuo: lo sdegno Quindi appien tu ne merti; e che in me cessi L'immenso amor, che all'unica mia figlia
lo già portai. - Ma che? tu piangi? e tremi?
E inorridisci?... e taci? - A te fia dunque L'ira del padre insopportabil pena?
Ah! ... peggior... d'ogni morte...
CINIRO
Odimi. -Al mondo
Favola hai fatto i genitori tuoi,
Quanto te stessa, coll'infausto fine
Che alle da te volute nozze hai posto.
Già l'oltraggio tuo crudo i giorni ha tronchi Del misero Pereo...
MIRRA Che ascolto? Oh cielo!
CINIRO
Pereo, si, muore; e tu lo uccidi. Uscito Dal nostro aspetto appena, alle sue stanze Solo, e sepolto in un muto dolore,
Ei si ritrae: null'uomo osa seqguirlo.
10, (lasso me!) tardi pur troppo io giungo... Dal propria acciaro trafitto, ei giacea Entro un mare di sangue: a me gli squardi Pregni di pianto e di morte inalzava;...
E, fra i singulti estremi, dal suo labro Usciva ancor di Mirra il nome. - Ingrata...
Deh! più non dirmi...
10 sola, io degna sono,
Di morte... E ancor respiro?
CINIRO 11 duolo orrendo Dell'infelice padre di Pereo,
lo che son padre ed infelice, io solo sentir lo posso:
tôt, tu n'aurais peut-être point fait vibrer cet acier cruel dans ta poitrine. Oh ciel 1 que dira
son père en deuil? Il l'attendait marié et
heureux; et maintenant il verra comparaître
à ses yeux un corps exsangue qui s'est tué
de sa propre main. Mais moi, suis-je peut-être
un père moins affligé que lui? Est-ce la vie, ce qui reste à Mirra désespérée, déchirée par des furies atroces? Est-ce la vie, ce à quoi nous
réduit son horrible état? -
- Scène 2 Ciniro, Mirra
CINIRO
La voici enfin. —- Hélas, comme elle
s'approche, lente et contrainte. On dirait qu'en venant vers moi c'est la mort qu'elle affronte. — Mirra, que tu ne respecterais en rien
mon honneur, non, cela, jamais je ne
l'aurais cru ; (hélas !) en ce jour fatal,
tu m'en as convaincu, moi et nous tous;
mais que maintenant tu tardes à obéir
aux ordres répétés et impérieux de ton père, c'est pour moi une nouveauté encore plus grande.
MIRRA De ma vie tu es, Seigneur, toi seul...
Moi, de mes graves... et si nombreuses fautes... c'est à toi que je demandais, ...Moi-même tantôt... le châtiment... — Ma mère était présente; ah! pourquoi
alors... ne m'as-tu pas tuée 7...
CINIRO
Il est temps. Mirra, il est temps désormais,
de changer de comportement. Tes mots
désespérés sont vains; et tu jettes des
regards sur le sol à la fois désespérés et tremblants. La honte est assez claire, elle transparaît dans ta douleur; tu te sens
toi-même coupable. Ta faute la plus grave
est de te taire avec ton père: tu mérites
donc vraiment sa colère; que l'amour cesse en moi, l'immense amour que j'ai jadis éprouvé pour ma fille unique.- Mais quoi? tu pleures? et tu trembles? et tu frémis d'horreur?... et tu te tais? Pour toi la colère de ton père est donc une souffrance insupportable?
Ah! ... pire... que toute mort...
CINIRO
Ecoute-moi. - Tu as fait de tes parents
comme de toi-même la risée du monde,
avec cette fin funeste que tu as mise aux noces que tu avais pourtant voulues.
Ton cruel outrage a déjà tronqué les jours du pauvre Peréo...
Qu'entends-je? Oh ciel!
CINIRO
Oui, Peréo se meurt et c'est toi qui le tues. Nous ayant tout juste quittés, dans ses appartements, seul et enseveli dans une douleur muette, il se retire: personne
n'ose le suivre. Moi-même (malheur à
moi!) j'arrive trop tard... Il gisait dans une mare de sang: il levait vers moi des yeux pleins de pleurs et de mort, ... Et, dans
ses extrêmes sanglots, de ses lèvres
sortait encore le nom de Mirra. - Ingrate...
Ah! ne m'en dis pas davantage...
Moi seule, suis digne de mort...
Et je respire encore?...
CINIRO
La douleur horrible du malheureux père de Peréo, moi qui suis père et malheureux, moi seul je peux l'éprouver
MIRRA Morte! Morte!
E il so, quanto esser debba
Lo sdegno in lui, l'odio, il desio di farne Aspra su noi giusta vendetta. -—
MIRRA Morte! Morte!
CINIRO
1o quindi,
Voglio, quai de' padre ingannato e offeso, Da te sapere
La cagion vera di si orribil danno. -
Morte, Morte,
Cui tanto invoco, al mio dolor tu sorda Sempre sarai?...
CINIRO Mirra, invan me l'ascondi: ah! ti tradisce Ogni tuo menom'atto. — Il parlar rotto;
L'impallidire, e l'arrossire; il muto Sospirar grave; il consumarsi a lento
Fuoco il tuo corpo; e il sogquardar tremante; E il confonderti incerta; e il vergognarti, Che mai da te non si scompagna: ah! tutto,
Si tutto in te me] dice, e invan tu il nieghi;...
Son figlie in te le furie tue... d'amore.