‹ Miscellanées bibliographiques (volume 2)Chapitre 29 sur 101 · IIS · texte numérisé non relu

IIS

des arrests contradiaoires de ma Cour de Parlement de Toulouse, ne fassent leur debuoir.... A quoy ayant esgard, )e vous escrits cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous ayez à prendre cognaissance du subject de plainte de lad. dam*"^. de Roquette» et qu'en cas qu'elle soit bien fondée, vous teniez la main en tout ce qui dépendra de vous, à ce que les arrests qu'elle a obtenus soient exécutés sans difficulté , en sorte que la force en demeure à la justice* »

« 24 juillet 1671. — Transaction de MM. de Veye, frères, avec la dame de Roquette, leur mère ; Lalbie, notaire royal à Toulouse.

« Ladite dame repliquoit à ses dits enfans .... que

pour conseruer leurs biens et patrimoine, elle auoit esté forcée de soutenir multiplicité de procès, desquels elle a toujours eu bon issue .... pour subuenir aux fraix desquels elle a consomfné les 4.000 1. de reste de son dot et qui luy ont esté payez puis le décez de M. son père; elle y a encore

employé ses pensions annuelles de i .500 1 et les terres

ne luy ont donné grands fruicts et reuenus, n'aiant elle peu séjourner sur les lieux, parce que les susdits procez Tobligeoint de résider à Toulouse. . . . Transigé à la somme de 26.000 1., sans préjudice de sa pension, dot et augment à elle deub par ses dits enfans. »

Ses fils, contre qui elle plaidait avec tant d'acharnement, étaient des hommes remarquables; l'un d'eux se distingua au passage du Rhin, en 1672, et fut à cette occasion pourvu de la chaîne d'ayde de camp des armées du Roy. Cette action d'éclat fut annoncée à M^^ de Fontaresche par la lettre suivante :

« Madame, — Je nous écris au nom de Monseigneur

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(le prince de Condé), pour uous apprendre que M. de Veye se porte fort bien, quoyqu'il ait esté dans des actions trèspérilleuses, car il a eu son cheual tué sous luy de quatre coups de mousquets, et les habits percés en trois ou quatre endroits, sans qu'il aye esté blessé, par la miséricorde de Dieu. U passa, luy cinquième, le Rhin, à la nage, et ensuite il se distingua parmy cent mille hommes, en tuant un des plus braues des ennemys ; c'est apparement l'action la plus périlleuse qu'il y aura de cette campagne, et M. uostre fils y a acquis tant de gloire et de réputation, que M. Le Tellier enuoya un homme exprès à Monseigneur (l'évêque d' Autun) pour l'en congratuler et luy dire que M, l'Archeuesque de Rheims avoit eu ordre de Monseigneur le Prince, de luy écrire ce que M. de Veye auoit fait à ce passage, où il s'étoit si fort signalé : c'est ce que iay ordre de uous écrire ; mais auant de finir, uous me permettrès de uous demander la continuation de nos bones grâces, et celle de pouuoir me dire, auec toute sorte de respect, uostre très-humble et très-obéissant seruiteur et cousin. — De Senaux. »

En post-scriptum d'une autre main (l'évêque d' Autun).

« Ce que mon cher cousin uous mande est très-vray. Je croy que mon firère uous a escrit qu'enfin uous aurés l'arrest de renuoy; je croy que nos prières l'ont obtenu, et la considération de ùre cher fils. Je salue l'aisné, et suis tout à uous, accablé d'affaires. — De Paris, ce 25 iuin 1672.

Ainsi les procès de cette étemelle plaideuse n'étaient point finis ; il ne fallut pas moins que sa mort pour y mettre un terme,

J. Oldbook.

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