‹ Miscellanées bibliographiques (volume 2)Chapitre 48 sur 101 · LIVRES COMMENCÉS ET NON ACHEVÉS · texte numérisé non relu

LIVRES COMMENCÉS ET NON ACHEVÉS

^L a paru (c'est je crois, dans Vlntermidiairè) quelques détails curieux à l'égard d'ouvrages annoncés et qui n'ont jamais vu le jour. Les livres entrepris, et dont il a été publié quelques fragments mais que leurs auteurs ont abandonnés en chemin, pourraient, de leur côté, fournir le sujet d'un intéressant chapitre d'histoire littéraire.

Nous nous bornerons pour le moment, à deux exemples, en recommandant les recherches de ce genre, aux amis des particularités de la science des livres.

Un écrivain anglais doué d'un talent réel, -William Godwin l'auteur de Caleb William et 'de Mandevilk avait été frappé d'une idée que lui avait suggérée la légende

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des Sept Dormants (voir la Légende darie de Jacques de Viragine) ; il songea à écrire i*histoire d'un homme qui resterait livré au sommeil pendant cinquante ans ou même pendant un siècle entier ; en se réveillant, il trouverait tout changé autour de lui. Ce thème est susceptible de mettre en scène bien des personnages^de faire naître une foule d'incidents touchants ou comiques.

Mais l'étendue de ce plan eSraya Codwin ; il craignit de voir son imagination se lasser, et il se borna à écrire quelques pages où il laisse la parole à son héros qu'il fait naître vers le milieu duXII' siècle, en Espagne, dans un vieux château près de Talavera. Ce fragment a été inséré en 1833 dans le New Mpnthly AIaga:i;tne, tome XXXVII, p. 32.C'est tout ce qui a paru d'un roman qui aurait probablement été une oeuvre, remarquable, Jules Janin avait dans sa jeunesse commencé un roman : Le marquis de Rosemonde qu'il n'acheva pas. Nous en avons rencontré deux fragments dans une publication périodique fort oubliée aujourd'hui : LEurope littéraire^ tom. I. de 183 1, p. 28 et 141 ; ils sontprécédés dequelques lignes du rédacteur, destinées à stimuler vivement la curiosité d'un certain public.

« L'auteur de VAne mort et de Barnave a composé dans « un moment d'inconcevable caprice long et brûlant, un « roman dont on ne peut pas dire même le sujet. Jamais a imagination de romancier n'a été plus loin. L'auteur luî- « même qui Dieu merci, n'est pas timide, a reculé devant a sa hardiesse quand elle a été achevée. Son livre est là, a comme le canot de Robinson Crusoé qui ne peut être lancé « à la mer ; c'est un livre perdu dont personne ne saura rien « excepté pour des confidents et des amis. Nous ne parlecc rons pas de ce livre ; seulement nous avons obtenu quel-

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a qoes fragments très-simples et très-chaleureux que nous « donnerons à nos lecteurs ; après quoi ce sera un roman à « jeter au feu. C'est grand dommage quand un homme d'un « esprit si ardent et si ingénieux et d'un style si nouveau et « si français, s'abandonne trop entièrement à l'imagination « cette folle du logis qui ne sait jamais où elle doit s*ar- « fêter. »

Le premier de ces fragments montre le duel jugé et approfondi sous un aspect nouveau; l'un et l'autre sont un récit fait par un jeune homme campagnard perverti par la voie parisienne et qui écrit le journal de son éducation.

Nous serons heureux si quelque bibliophile veut bien nous transmettre à Tégard du Marquis de %psem(mde des détails à compléter ce que nous apprend VEuropc littéraire.

G. Brunet.

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