‹ Miscellanées bibliographiques (volume 2)Chapitre 67 sur 101 · MERCIER DE SAINT-LÉGER · texte numérisé non relu

MERCIER DE SAINT-LÉGER

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l'iKFATiGABLE et regretté baron de Reiffenberg, un des célèbres bibliographes belges, a reproduit dans VAnnuaire de la Bibliothèque royale de Belgique (1848), des notes fort curieuses et fort intéressantes de Mercier de Saint- Léger. Ces notes sont inscrites d'une écriture nette, fine et serrée, sur des cartes, de petits carrés de papier, de simples chiflfons, ou sur les signets d'un exemplaire de VOnotnas" ticon de Saxius. Pour ne point les laisser égarer, on les y a collées dans le meilleur ordre possible.

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Le duc de Charost a acheté la bibliothèque de Goujet, dont le catalogue manuscrit de sa main, en 6 vol. in-fol., contient une multitude d'anecdotes curieuses. Les 19' et 20* volumes de sa Bibliothèque française, tous prêts à imprimer, y sont aussi. On ne peut rien avoir de là.

Item les œuvres de Racine fils sont chez M"** de... On ne peut pas les avoir *.

Degli archiatri pontifia^ da Gaétan Marini, in Roma, 1784, in-4*'^ 2 vol.

* On remarquera ce double cri de désespoir d'un bibliophile désappointé i

On y corrige XtTheatrum archicUrorum summarum pontifia cumy publié par Prosper Mandosius à Rome, en 1696, m-4®, que Ton réimprime dans le second volume, après avoir donné beaucoup de corrections sur cet ouvrage dans le premier.

Le médecin du pape actuel Pie VI est M. Natale Saliceti, homme savant et qui a une riche bibliothèque.

Bon extrait de cet excellent ouvrage de M. Marini dans le Giomale de' letterati^ de Pise, in-8°, t. lxi, de 1786, pp. 3 et suiv. M. Marini a communiqué au journaliste de Pise des pièces qu'il n'a pu faire imprimer, les ayant reçu trop tard; ce sont des lettres-anecdotes d'Hercule d'Est, duc de Ferrare, à Jules m et au cardinal du Mont, qili apprennent que le fameux Brasavola fut médecin extraordinaire de ce pape, et que le duc lui envoya Cananus, chirurgien et non médecin. Le journaliste publie ces lettres, pp. 26-33. Elles sont de 1552.

Dans le tome i*% M. Marini parle de Jean-Philippc de LignaminCy écuyer et imprimeur, dont quelques-uns ont fait un médecin. Comme Âudif&edi a paru un an avant, il n'a pu en profiter.

Le second volume contient des pièces. Sous le n** 60, il produit Gasp. Veronensis de Gestis Pauli II, ouvrage que n'avaient pu trouver ni le cardinal Qiiirini ni Muratori. Sous le n° 63 : IJisirotnento per la siamperia aperfa in Milano dal Valdarfer l'anw 1473.

Première pierte de l'église Sainte-Geneviève, le 6 septembre 1764.

Médaille frappée en Hollande en 1747, représentant Saxe et Lovendal (Lœwendahl), et au milieu d'eux un diable avec ces vers :

Tous deux vaillants. Tous deux paillards,

Tous deux prudents, Tous deux pillards.

Tous deux constants ; Tous deux bavards :

Tous deux sans loi, Tous deux sans foi, Tous deux à moi.

Au revers de la médaille, le diable les tient tous deux à la gorge.

Dans les Discorsi accademici du comte de La Tour Rezzonico, Parme, impr. royale, 1772, in-8®, fig., est une dissertation SulV origine délia stampa in legno.

Poètes latins modernes. — Prose rimée, 1625, 1638. — Totius Sumnue theologica S. Thomœ Aquinatis compendium rhytmicutn, F. Dominico Gravina^ ord. prad. S. Theol^ mU" gistrOf auctore ; hac tUtima editione a mendis per F. Thomam de Sarria, ^'usd. ordinis TheoL doctorem, purgatum. Colonial, sumptibus Andreae Wilich, 1638, in-i6 de 269 pages.

C'est la Somme entière de saint Thomas, mise en prose rimée de même mesure que la prose Lauda, Sion^ Salyatoreniy qui se chante à la Fête-Dieu et qui est de saint Thomas d'Aquin. L'idée seule de mettre en rimes la Somme de saint Thomas paraît d'abord plus que singulière. Gravina la justifie par des raisons assez plausibles dans sa préface. Les vers où la prose rimée se fixent plus aisément dans la mémoire que la prose ; par cette raison encore Sedulius, Juvencus, Arator, Prudence, Prosper, Paulin et^îrégoire de Nazianze ont écrit en vers sur les dogmes de la religion chrétienne; les luthériens eux-mêmes et les modernes hérétiques ont versifié sur les mêmes matières ; De Bèze, après avoir chanté son amour pour Candide, mit en vers le Cantique des cantiques; Thomas Naogeorgus a déclamé en vers contre l'eucharistie, les images et le culte catholique*. « Opportunum ergo antidotum, dît le P. Gravina, et uni- « versale remedium S. Thomae doctrinam in Ecclesise dog-

* Ces divers ouvrages didactiques en vers nous rappellent une brochure de M. C. Faider, intitulée : Jurisprudence scandée, Bruxelles, Wouters, 1847. în-8<», 21 p. (D. R.)

tt n^ita, quse S. Thomas défendit... métro quoque cou- « clusa. . . praeparare, eademque adversus eosdem fidei hos- « tes, soluta oratione in nostris pr^tscriptûmibus * scripta, « stricto pugione metrici carminis propugnare. »

Gravina observe encore qu'il n'est pas le premier à qui l'idée de versifier la Somme de saint Thomas soit venue, puisque Jean de Ochoa, dominicain espagnol du xvi^ siècle, l'avait déjà mise en vers hexamètres (dans un vol. in-8^, imprimé à Rome en 1565, sous ce titre : Omnes primarûe conclusiones omnium et singulorum articulorum Summa D. Thoma, additionutnque in carmen redacta, quofacilius memaria mandari possint). Il répond encore à ceux qui lui demanderaient pourquoi il n'a pas préféré les vers hendécasyllabes ou tout autre vers lyrique, à cette prose rimée dont le style est humilis et pueriliSy il répond, dis-je, que le style employé par saint Bernard ** et par saint Thomas n'est point humilis; et à l'égard du puerilisy que c'est afin que et ex ore infantium et lactentium perficiatur Dei lauSy destruantur inimici et rebelles Ecclesia hostes. Enfin l'auteur, à la fin de sa préface, avertit qu'il a écrit son ouvrage en soixante jours, pour se délasser, dans la belle saison, de travaux plus importants. Cette préface est datée de Naples, 1625, qui est précisément la date de la première édition in- 12 du livre; in quo plus salis desideres et acuminis, disent les PP. Quetif et Echard; uhi infrà, et qui fut pourtant réimprimé à Barcelone en 1640, in-i6; indépendamment de notre édition de Cologne, 1638, que n'ont pas connue les bibliothécaires dominicains.

Très anciennement on avait mis en vers rimes la Somme

* Titre d'un ouvrage de notre Gravina, dont il y a eu 4 vol. in fol. publiés à Naples de 1619a lôSg. Les Catholicof prescrip^ tiones devaient avoir 12 vol- in-fol.

** Il y a de saint Bernard des proses rimées sur la nativité, la passion de J. G. et sur d'autres sujets semblables.

de saim Raimond de Pennafort, mort général des dominicains en 1275.

Dominique Gravina, Sicilien, né à Naples, mourut à Rome, au couvent de la Minerve, en 1643, après avoir rempli des postes honorables, et composé divers ouvrages dont on peut voir le détail dans les Scriptores ord. Pradicatorumy des PP. Qpetif et Echard, t. n, page 532 et suiv.

Pour donner une idée de notre opuscule en prose rimée, j'en copie ici le premier article de sacra doctrina, qualis sit et

ad qtue se extendat.

Doctrina hœc necessaria, Praxi praestat theoria,

Scientia sectaria Dignissima e; sophia,

Unitatem retinens. Summum ans aspiciens.

Sed non caret argumentis, Sacra celât velamentis, Plures sensus explicans.

On a vu, plus haut, que Gravina s'autorisait, pour le choix par lui fait de la prose rimée, de l'exemple de saint Thomas. d'Aquin : il a fait plus que s'en autoriser; car dans sa traduction de la troisième partie de la Somme du saint docteur, pour les questions 73 et suivantes sur le sacrement de l'Eucharistie, il a inséré parmi ces lignes rimées, plusieurs de celles de la prose de saint Thomas : Lauda, Sion, Salvatorem, sans y rien changer.

Plume, — Lion Allatius s'était servi de la même pendant 48 ans, et il fut fort chagrin de l'avoir perdue. On dit qu'il écrivait avec une très grande rapidité, et qu'en une seule nuit il copia le Diarium Romanor. Pontificum que lui avait prêté un cistercien. — Jean Henri Acker publia en i726,àAltenbourg, une Historiapennarum in-8°, où il est question des plumes de Jacques Baldus, de Juste Lipse qui l'offrit à la Vierge, de Uon Allatius, etc. Je n'ai pas vu ce livre d' Acker que je ne connais que par les citations de Jean Chhistophe Kcecher qui, dans son livre De idolatria litteraria, Hanoverae, 1738, ^1-8*", se moque pp. 142 et 143) des plumes à^Ovide, de

Melanchtan,. du cardinal Baranius, regardées par des firas comme de précieuses reliques de ces savants. Acker les compare aux sectateurs de Tanchdin ou Tanddin, qui buvaient ruririe de cet hérétique et la gardaient sur eux comme on objet précieux.

— Christophe Saxitis, auteur de VOnomasticariy est né à Eppendorfy village situé à deux lieues de Friberg en Misnie, ce qui l'a porté à publier un mémoire très curieux sur le fameux adversaire d'Érasme, Henri d'Eppendorf, à Leipzig, en 1745, in-4**; mémoire que l'auteur m'a donné lui-même à Utrecht, où il demeure, avec des notes et corrections de sa main. Voyez ce qu'il dit de ce Henri d'Eppendorf à U page 594, t. III de son Ononiasticouy où il avance à tort que David Clément a donné un abrégé de ce mémoire dam sa Bibliothèque curieuse^ t. vm, puisque Clément, après avoir dit un mot de ce mémoire, se borne à en extraire les titres des traductions et autres ouvrages allemands de ce Henri, imprimés de 1533 à 1551.

Klotzius parle avec éloge de notre auteur, dans la pré&ce de ses Lectiones Vcnusiiue,

Dans les Acta litteraria societatis Rhcno-Trajectina, impd' mes à Leyde, chez uchtmans, en 1793, in-S**, il y a ^^ Chr. Saxius:

Scholia Literario-critica ad L, A. ï\Curaîorii novum TK^^ sauriwi Inscriplioîwtn, p. 1-72 du t. i""; et au t. 11, it^ primé en 1795 (pp. 169-290), la suite de cet excelle^ morceau de critique archéologique.

Dans le même tome second, il y a encore de Chr. Saxius^ pag. 1-18 : Nufîcius et admonitio de Richardi Bcntleii Epistoli^ qua Chishulliana inscriptionis Sigea interpretatio cxpenditur.

Jérémie -Nicolas Eusing y professeur à Gœttingue, adonné' un abrégé de VOfwmasticon, sous ce titre: Synopsis Instoria^ litteraria, qua Orientis, graca, romana, item aliarum litigmirumscriptis cultarufH literatura tabulis synchronisticis exhibeiur.

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