DE LA COLLECTION DE CAZIK
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[eux ouvrages du format très petit m-i8 ou in*24, imprimés avec caractères minuscules : i^ ^2- Horatii Flacci poemata, scholiis sive annotât instar commentaiii illustr. a Joa. Bond. Âurelianis typis Couret de Villeneuve 1767 et 2^ Phadri Fabula^ TAnnaei Serecsb ac publii syri sententiae, Aurelix, Couret de Villeneuve, 1773 ; se rattachent tant bien que mal, c'est-à-dire d'une façon plus ou
moins suivie, à la série assez variée, en petits formats soit
in-i8 soit in-24, sortie en l'espace d'une trentaine d'années des presses du même imprimeur. Mais la seconde de ces deux publications se considère en quelque sorte, comme une copie, assez imitative pour être qualifiée aussi de reproduction sinon réimpression, de la remarquable édition in-24 en très petits caractères : Phadri fabula et Publii Syri Sentmtia. ParisiiSf ex typographia regia, 172^; et l'on serait peut-être téméraire en mettant en ligne leur éditeur, autant qu'injuste en le regardant comme un des propagateurs principaux digne d'être placé sur le premier rang, parmi les imprimeurs et les libraires auxquels, sans la moindre incertitude, il faut attribuer l'introduction du petit format eu France. Après ces éditions d'ouvrages latins, ses autres
iœpfessions semblables, successives, se trouvèrent bornées à peu près dans un même format in-24^ à la contrefaçon d'une charmante et curieuse petite collection, imprimée à Lyon et publiée avec cette rubrique : Genève. M.DCC.LXXVn , au titre de la plus grande partie, on pourrait presque dire de la généralité des volumes.
Cette contrefaçon fut avouée ainsi dans son ams de l'imprimeur, en tête de V Hymne au Soleil ^ par M. l'abbé de Reyrac, censeur royal, correspondant de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres de Paris, etc., quatrième édition. A Orléans, chez Couret de Villeneuve, imprimeur du
roi. M.DCC.LXXK pages vm et suivantes « On a
choisi parmi les divers formats, celui du petit Phèdre que nous publiâmes^ il y a quelques années, comme le plus portatif et le plus agréable. Du reste, on n'a rien négligé pour rendre l'exécution typographique digne d'un poëme comblé d'éloges et généralement estimé.
« Nous avons donc lieu d'espérer que les gens de lettres et les curieux, qui conservent dans leurs cabinets les meilleurs auteurs anciens et modernes que nous avons imprimés depuis vingt ans, tels que V Horace^ le Phèdre, le Boileau, le Gressety les Œuvres de M. L. C. D. J5. etc., ne seront pas moins satisfaits de cette petite édition de VHymne au Soleil »
Quelques ouvrages italiens publiés ensuite à la date de 1783 et 1784, se confondent encore, également avoués, par leur même format in-24 et par leur même caractère typographique, avec cette contrefaçon de la collection des imprimeurs-libraires lyonnais. Seules les trois ou quatre dernières publications de Couret de Villeneuve ont quelque supériorité sur la plupart de ses précédentes, par leur tirage in- 18
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sur le papier teinté bleuâtre. Outre le volume De imitatione Christi qu'il imprima en 1784, il faut remarquer les Opuscules poàiques^ du chevalier de Cubières, 1786, et le Tbiâtrt d'un poète de Sybaris, 1788. Ce dernier ouvrage^ en trois volumes ornés de titres gravés^ se trouve annoncé dans les deux catalogues de la collection de Cazin datés de 1789, faisant ainsi partie de cette collection.
D'autres ouvrages, portant le nom de plusieurs éditeurs, s'imprimèrent en Angleterre avec des caractères semblables. Mais l'on ne peut, bien moins encore, prendre pour une petite collection commencée : i« Itf Pucelle d'Orléans^ poème héroï-comique en dix-huit chants. Nouvelle édition augmentée d'une Epître du père Grisbourdon... — A Londres, chez les héritiers des Elzevirs, Blacw et Vascosan, M.DCC.LXXni; 2° Contes et nouvelles en verSy par monsieur de La Fontaine. A Londres, chez G. Owen, Fleet-Street, et T. Cadell, dans le Strand. 1778; et tels autres petits volumes sans doute édités pour y joindre ces sortes de figures libres ou obscènes, semblables à celles pour la Pucelle en dix-huit chants, que l'on indique ordinairement sous le nom de suite anglaise,
La Henriade en dix chants. Genève, 1773, commence une collection dont la priorité s'établit d'une manière incontestable, et qui, conséquemment, marche en tête de toutes celles de petit format, édoses en France, au dernier quart du XVIII* siècle. Unanimes sur la question de sa priorité, quelques bibliophiles pensèrent pouvoir rattacher aux éditions de Cazin cette petite publication, point de départ de tant de collections si curieuses, si recherchées, si rares aujourd'hui. Dans un excellent travail manuscrit, très judicieux sur ces petits formats attribués sans réserve au
marchand-libraire rémois ; Tun de ses compatriotes, ancien secrétaire en chef de la mairie de Reims, formule au sujet de cette édition qu'il considère aussi comme primordiale, les suppositions bibliographiques suivantes :
« La Henriade, en dix chants. (Fleuron : Un glaive et un bouclier croisés avec une couronne de feuillage). Genève, 1773. Un vol. in-24, grand papier, de 161 pages.
« Ce volume qui est bien un in-24, ^^^^^ 4^^ l'indique la position horizontale des pontuseaux et les signatures, mais qui, à raison de la grandeur du papier, pourrait aussi être considéré comme un très petit in-12, a-t-il été édité par Cazin ? Les caractères sont beaux et d'une assez grande netteté, surtout ceux des arguments et des notes en petite italique ; mais ces caractères diffèrent de ceux de la plupart des éditions authentiques de Cazin. Les fleurons sur bois ne se trouvent également reproduits dans aucune des éditions Cazin que nous avons pu consulter : toutefois l'avertissement placé en tête du volume porte que : « Cette édition « de la Henriade est entièrement conforme à celle in-4° qui « vient de paraître sous le titre de Genève. On espère « qu'elle sera favorablement reçue ; le format en est tout à « la fois commode et agréable. On se propose de donner « quelques autres poèmes dans le même goût. » Ces dernières expressions ne donneraient-elles pas à penser que cette édition de la Henriade serait un essai et l'une des premières tentatives faites par Cazin pour introduire ces petits formats qu'il mit si fort à la mode vers le milieu du xviu* siècle ? S'il en était ainsi, ce petit volume, au point de vue bibliographique, aurait son prix. Cette édition ne figure pas, et nous le comprenons, au catalogue de Ferdinand Denis, dans son Manuel de Bibliographie universelle.
— Il8 — Pwii, Rofct, i8s7, I vol. in-S" ou ; vol. in-iS. Les pre- Ildièvn èdtùoDS citées par Ferdinand Donis sous la rubrique de GMfcft, dateraient seulemetii de 1777. Ce bibliographe dJMÎflgnè n'enregistre que deux ouvrages publiiïs par Cadn ta I77)« tous la rubrique de Paris : « Œuvres de Cdardwi, •tdf Grigtiott ", et il n'indique aucune autre publication de Cuin ïJMiïricurc i I77î- Mais il n'est pas douteux que ttabo^Martin Cazin, ni: le 22 mai 1724, fils de libraire, dont la soeur avait Lgalcmcoi épousé un libraire, et qui t^itait fiit libraire de bonne heure, n'ait édité des livres bien «Tant 177;- L'arriït du roi en Conseil d'Etat qui leàiftilm 4t M (jualiti de marchàttd-librairc et le condamne à trois MtUt Uvm d'amende, comme étant dam l'babilude de se charger dt tivns prcéibés aussi mauvais que dangereux, est du iSdAcembre 1764. Cazin était alors âgé de 40 ans, et il est pomis.dc penser que depuis quelques années déjh, il édi- CÛt des livres. Remarquons d'ailleurs qu'en 1764, Cazîo, libraire à Reims, devait avoir \ Paris un dépôt de ses livres ou, du moins, des commissionnaires ou des correspondants pour en faciliter l'écoulement, car nous voyons dans TarTSt du Conseil ci-dessus daté qu'i7 est enjoint non seulement eu sieur commissaire départi en la généralité de Champagne, mais encore au sieur lieutenant-général de police de la ville de Paris, chacun en ce qui peut les regarder, de tenir la main à l'exicutim de l'arrest. »
Ces conjectures si douteuses, ces déductions très incertiùnes présentées par M. A. Maille, ont été reprises, adoptées par Brissart-Binet qui dans sa notice les cite en n'indiquant pas leur provenance, et par M. L. de Laubrière, aux catalogues duquel les premiers essais de Cazin seraient, sous la rubrique de Genève, 1773 : d'abord la Henriade ;
ensuite le Recueil de différents poèmes de Voltaire, ayant paru presqu'aussitôt après le petit volume d'un si grand intérêt bibliographique, à la fois point de départ d^une première collection de petits formats français et première édition de la Henriade en format de poche.
Avec ces deux ouvrages plusieurs fois réimprimés suivis d'un certain nombre d'autres, aux éditions multiples semblables, s'y rattachant tout à fait par les caractères d'impression et les fleurons coçime par le format et le papier; rechercher dans leur commune origine après plus d'un siè- ' de écoulé, la solution de leur provenance, était peut-être une tentative assez hardie , insensée en apparence. On n'a cependant pas regardé comme trop téméraire, alors qu'une attribution à Cazin contre laquelle il fallait protester restait seule en question, l'espoir en quelque sorte hasardeux de les restituer à leur éditeur réel, libraire ou imprimeur, resté jusqu'à ce jour à l'écart, trop peu connu, pour ne pas dire oublié. Si le résultat certain ne parut plus improbable et si la conviction ne tarda pas à venir en aide à cette entreprise en compulsant par milliers ces petits formats du siècle dernier ; ce ne fut qu'au moyen de leur analyse aussi minutieuse que patiente et persévérante ; et l'on ne put néanmoins classer, réunir dans une petite collection primitive, entre les dates 1773 à 1779, que :
i* Qpatre éditions distinctes de la Henriade reliées successivement l'une à l'autre, autant par les caractères d'impression que par le fleuron du titre, avec la même vignette sur bois en tête du poème et la même gravure, portrait de Henri IV, dont la planche est retouchée à différentes reprises, sans doute au tirage de chaque édition publiée en 1773» I77S> 1776 et 1779:
2^ Deux éditions, également distinctes^ des omTages
suivants
Recueil de diffirerUs poèmes^ etc., par M. de Voltaire. — Genève, 1773, 1777 ; La Pticelle d'Orléans^ par M. de Voluire. — Genève,
Contes et nouvelles en vers, par M. de La Fontaine. — A Londres, 1776, 1777; Lart d^ aimer, et poésies diverses de M. Bernard. — A Paris,
Œuvres complètes de M. le C. de fi**. — A Londres, 1777, - 1778;
3^ Une édition de chacun de ces deux derniers :
Œuvres de M, Boileau-Despriaux. — A Paris, J778 ;
Le Pot-Pourriy ou préservatif de la mélancolie, etc. — A Genève, 1778.
Guide principal pour rechercher l'origine de cette collection, non moins précieuse que rarissime, et difficile à réunir bien complète ; une sorte d'estampille avec la date de
1777, fut remarquée, apparenmient apposée au bas de la première page en général et parfois du titre, dans quelquesuns de ces petits volumes, par les inspecteurs ou les syndics de la librairie, à Lille et à Rouen. Ne portant exclusivement que le nom de l'une ou l'autre de ces deux villes, cette marque à mettre en relief ferait très probablement retrouver les origines de l'estampillage, ou les commencements, sinon la naissance, du colportage de ces petits livres. Sa présence sur des ouvrages appartenant à la première collection portative éditée en France, indiquait deux localités pour retrouver soit l'imprimeur, soit l'éditeiu:, rouennais ou lillois ; sa fréquence au nom de Lille, à pro-
ximité de l'Angleterre où depuis si longtemps la vogue était attachée aux petits formats de Brindley, suffit pour diriger en principe vers le chef-lieu des Flandres, plutôt que vers celui de la Normandie» les investigations qui devaient conduire à«ce résultat, deviné plus que prévu, que vint corroborer la rubrique, avec le nom de l'éditeur sur le titre ainsi que celui de Timprimeur à la fin du volume^ à la quatrième et dernière des éditions ci-dessus mentionnées de La Hen- RiADE.... A Lille, chesi CF. J. Lehoucq, libraire^ rue de Saint-Nicolas y M.DCC.LXXIX, que termine une permission simple au bas de laquelle on lit : A Lille, dé l'imprimerie de J. B. Henry.
Par raffinement bibliographique exagéré peut-être, on voulut tenter une autre confirmation possible au moyen de divers ouvrages. De longues et laborieuses recherches firent retrouver encore un bien rare et bien curieux volume in-8°, intitulé : Botanographie Belgique... . A Lille^ de Vimpri^ merie de J.-B. Henry, rue d'Amiens, imprimeur de MM. les Magistrats, 178 1, sous le même fleuron que la généralité des éditions indiquées ci-dessus, de la première collection d'ouvrages poétiques en petit-format; dans lequel, en dehors des caractères, se rencontrent les fleuron du titre et culsde-lampe à la fin des chants du petit volume princeps La Henrude... Genève, 1773. ^^ ^^^ ^^^^ ^^^^ certain, bien incontestable, que tous ces premiers petits formats sont d'origine Lilloise, introduits et propagés en France par l'éditeur Lehoucq qui publia, jusqu'à la fin du xvm^ siècle, un certain noihbre d'autres ouvrages suivant ceux-là, portant quelquefois sur leur titre en rubrique : Collection de J. F. Lehoucq.
Quatre ans plus tard, des imprimeurs et libraires lyonui 0
nais (sans doute Aimé de La Roche et 0% fondèrent aussi leur collection que l'on attribue encore à tort à Cazin. Publiée en petit format in-24 avec la rubrique Genève, M.DCC.LXXVn sur la plus grande partie de ses volumes contrefaits par ce marchand-libraire rémois; cette charmante collection de Lyon eut toutes ses gravures (portraits comme figures) copiées à l'inverse dans celle fondée à Paris sur la fin de 1779, imprimée par Valade, et connue universellement sous le nom de Collection Caaiin.
A. CORROËKNE, BMiùgraphf det petitt-formatt Ca\int.