‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 10 sur 179 · DE L’EXACERBATION VESPÉRALE DE LA TEMPÉRATURE PHYSIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

DE L’EXACERBATION VESPÉRALE DE LA TEMPÉRATURE PHYSIOLOGIQUE

M le docteur Maurel, médecin de première classe delà manne, a soumis à l’Académie de médecine de Paris un mémoire manuscrit, dans lequel il expose ses recherches pour reconnaître les causes de l’exacerbation vespérale de la température physiologique. Comme ces observations concordent avec notre système de longévité, nous allons le reproduire ici, en y ajoutant quelques réflexions qui nous sont personnelles.

Trois causes, au moins : l’alimentation, la lumière et les mouvements, agissent pour produire cette exacerbation que l’on observe dans la marche nycthémérale de la température physiologique. La première est la plus importante car si l’on fait manger un animal la nuit et jeûner pendant le joui, le maximum de température s’observe le matin. Toutefois, il est necessaire de poursuivre l’expérience pendant plusieurs jours ; et une fois que ce maximum est obtenu, la température suit une marche matinale régulièrement constante. Cette différence étant de 0°8 à 1 degré centigrade, cinq à six dixièmes reviennent à l’alimentation, et le reste, par parties égales, à peu près, au mouvement et à la lumière. Les autres influences capables de contribuer à ces résultats paraissent n’avoir qu’une action secondaire.

Il y a plusieurs années déjà, que nous prenons le soir, au coucher, 4 granules arséniate de strychnine et autant d’aconitine et de digitaline dans le but d’équilibrer notre budget physiologique, c’est-àdire de combattre cette exacerbation vespérale dont parle M. le docteur Maurel. Non seulement nous abaissons ainsi notre calorique animal, mais nous modérons les mouvements du cœur et rendons ainsi nos nuits bonnes, tandis qu’avant, elles étaient agitées et interrompues. Le cerveau -comme l’animal qui se couche-ne trouve le repos quelorsque le sang s’y porte en moindre abondance ou n’y stagne point. Nous avons ainsi deux sortes de rêves : les uns légers, artériels, pourrait-on dire, les autres lourds ou veineux. Ce sont ces derniers qui constituent le sommeil du matin lorsque la vessie et le rectum distendus, compriment les veines du bassin et déterminent ainsi un recul dans les sinus de la moelle épinière et du cerveau. Il se produit alors une sorte d’asphyxie carbonique qui pousse au cauchemar. On comprend qu’il doit en être de

même dans la fièvre typhoïde où Ton observe l’exacerbation vespérale et la lourdeur matinale. Il importe de combattre l’une et l’autre par les alcaloïdes défervescents et le lavage du tube intestinal au moyen du sedlitz Chanteaud.

Nous ne préjugons pas le rapport qui sera fait sur le mémoire du docteur Maurel par la commission à laquelle il a été renvoyé, mais il nous a paru d’une importance majeure, au double point de vue de la physiologie et de la thérapeutique. Au point de vue de la longévité, il est également important, puisque, empêcher sa montre organique d’avancer c’est retarder le moment où sonnera, pour nous, l’heure, du suprême repos. Le chancelier Bacon avait entrevu ce fait quand il conseillait de prendre de l’opium pour retarder le mouvement vital. Les hommes qui brûlent l’existence, sont ceux qui font delà nuit le jour, c’est-à-dire qui se livrent à des veilles prolongées. Ils ont ainsi la fièvre matinale dont parle le docteur Maurel : c’est-à-dire que cette fièvre s’accroît encore par la lumière et les occupations actives de la journée. Dans les régions polaires où les nuits sont à peu près nulles, les habitants sont frappés d’insomnie. Même .les enfants s’agitent dans leur berceau; et tous : hommes, femmes, enfants sont chloro-anémiques. Il ne faut pas confondre cette décoloration du sang avec celle provenant de l’absence de la lumière. Ainsi les mineurs sont pâles, mais comme ils respirent un air très condensé il leur offre la plasticité voulue et même ils sont sujets aux inflammations — notamment des voies respiratoires.

DE LANTISEPSIE INTESTINALE.

[La Semaine médicale, 21 août 1884.)

Baudens, dans son beau livre : La Guerre de Crimée, insiste particulièrement sur l’infection autochtone intestinale ou ce qu’il nomme le miasme humain. C’est dans le même sens que M. le professeur Bouchard, de Paris, applique Yantisepsie au traitement des complications qui surviennent au cours de la fièvre typhoïde par le fait des putréfactions intestinales. Nous devons donc encore dire un mot de sa méthode que nous avons rapportée plus haut, per- transeunans.

M. Bouchard s’est préoccupé, non seulement d’empêcher l’absorption des

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' produits putrides, mais encore de s’opposer aux putréfactions dans L-estif Pour cela il lui fallait une substance antiseptique insoluble, ou peu. soluble afin que n’étant pas absorbée, elle pût arriver jusqu a 1 extrémité de l’intestin et n’étant pas absorbable ne pût produire, maigre , '. élévation des ST-^icatil générale. Il a donné la préférence à l’iodoforme sur le salicylate de bismuth : associé au charbon, l’iodoforme présente une surface "Sn énorme, et grâce à son extrême division est,en quelque sorte pre nt partout : à la surface de la muqueuse et dans l’épaisseur des mato»; intest - Lies. 60 centigrammes d’iode dissous dans 100 furique sont mélangés à 100 grammes de poudre

l’évaporation de l’éther, le charbon iodoforme est mélangé a ^ « de

glycérine, et une cuillerée à bouche de ce mélangé, delayee dans un demi verre d’eau de boisson, est administrée toutes les deux heures, la fièvre typhoïde, à la dose de 100 grammes par jour, en dnJT* n’ao-it point sur l’agent typhique; ne s oppose meme pas aux putréfaction infra-intestinales, mais il éméché l'absorption des produits «ou en le filant - pour une part au moins - sur ce charbon, dont la dose quotidienne représente une surface qui n'est pas moindre de 60 métrés carres L matières fécales, non seulement perdent leur fétidité, mais sont absolument inodores et donnent, par filtration, un produit incolore. U seulement les matières odorantes, mais encore les ptomaimes, dont 1 existence dans l’intestin n’est pas douteuse et dont l’action toxique vient s ajoutai, à celle d’autres produits putrides. Les effets de cette médication sont même temps que la désinfection absolue des selles, la diminution des matières ' colorantes et des ptomaïmes des urines, la coloration claire de la peau succédant au teint terreux du malade. Il faut veiller à la régularité des évacuations pour empêcher Vaccumulation du charbon, et purger quand on a cesse la médication. Après l’emploi du charbon simple, M. Bouchard a vu la mortalité hospitalière par fièvre typhoïde, tomber de 20 à 15 p. c. Le même procédé d antisepsie intestinale peut être appliquée dans d’autres maladies qui s accompagnent de fermentations exagérées du tube digestif : dans la dilatation de l’estomac, par exemple.

L’action désinfectante et décolorante du charbon végétal déjà connue, est encore augmentée par l’iodoforme. Ce n’est donc pas sur ce point que doivent porter nos remarques, mais sur la difficulté à faire prendre aux malades un mélange aussi repoussant.

Nous doutons que M. Bouchard lui-même veuille s’y soumettre. A l’époque où le charbon de Belloc était très en usage, nous avons vu fréquemment.se former dans l’intestin — vers la cæcum —des boules tellement condensées que jetées sur le feu, elles prenaient flamme. Ces boules i ncommodaient fortement les malades en produisant la colique iléocœcale. Il est donc beaucoup plus simple de procéder au lavage du tube intestinal par le Sedlitz Chanteaud. Mais ce qui nous a particulièrement

frappé dans la note de M. Bouchard, c’est quand il dit qu’il a vu la mortalité hospitalière par fièvre typhoïde tomber de 20 à 15 p. c. — et même 10 p. c. — après l’emploi du charbon simple ou iodoformé. Cela prouve que la médecine est pour beaucoup dans cette léthalité, selon les méthodes qu’elle met en usage. Avec les alcaloïdes défervescents administrés dosimétriquement la fièvre typhoïde donne à peine une mortalité de 2 p. c., et la durée de la maladie, par conséquent ses dangers ainsi que là convalescence sont diminués de plus des trois quarts. M. Bouchard ne' nous croira peut-être pas, lui qui n’a fait que de l’antisepsie : mais qu’il expérimente la dosimétrie, il pourra comparer les résultats des deux méthodes.

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