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CONTRIBUTION A LA PHYSIOLOGIE DES NERFS VASO-MOTEURS

Nous empruntons au travail des docteurs Dastre et Morat les considérations suivantes qui sont nécessaires pour asseoir la thérapeutique. Non que les nerfs ne soient simplement que des conducteurs, et que c’est toujours à la cellule vivante qu’il faut en arriver, mais parce qu’ils sont au corps ce que les fils télégraphiques et téléphoniques sont à nos chemins de fer. Le médecin est l’enregistreur et il donne ses ordres en conséquence. Voici l’article que nous empruntons au Lyon médical :

Les nerfs vaso-moteurs sont les instruments nerveux des circulations locales, dont la dépouverte ou plutôt la démonstration scientifique appartient à notre époque. Grâce à eux, ces circulations ont fine autonomie relative. Cette autonomie se manifeste surtout lorsqu’il y a vaso-dilatation : d’où déjà une présomption en faveur de l’existencè des nerfs vaso-dilatateurs. Mais la vaso-dilatation a une importance encore plus générale. Entre le cœur et les vaisseaux il existe un antagonisme fonctionnel : ici encore la vaso-dilatation l’emporte en importance immédiate sur la vaso-constriction , puisque cet antagonisme s’accuse surtout d’une manière utile en cas d’action cardiaque insuffisante. Dans les cordons mixtes du sympathique il faut admettre que les filets vasodilatateurs et vaso-constricteurs sont mélangés; dans le cordon cervical sympathique, dans le centre cilio-spinal, aux origines du sciatique, etc. Mais quel est le mècanismé de la vaso-dilatation ? Un arrêt d’inhibition rappelant les phénomènes d’interférence exercée par le nerf vaso-moteur : 1° soit à son

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extrémité, sur l’extrémité du vaso-dilatateur et ayant pour résultat un arrêt de 1 action vaso constnctive—une cellule nerveuse terminale est le trait d’union entre les deux extrémités; 2° soit dans les ganglions sympathiques, dont le véritable rôle est d’être, à la fois, tonique (vaso-constricteur) et mhibitoire (vasodilatateur). La loi de Magendie : que les filets sensitifs (influx nerveux afferents) passent dans les racines postérieures — les filets moteurs —se vérifie pour les deux ordres de nerfs vasculaires : les uns et les autres sont contenus dans les racines antérieures exclusivement. S’il est vrai que grâce au système vasomoteur, chaque organe possède sa circulation propre, d’autre part, toutes les circulations locales se groupent comme en deux vastes associations ou confédérations, s’opposant, se faisant échec et maintenant ainsi l’équilibre circulatoire . circulation cutanée, circulation viscérale. L’asphyxie dilate les vaisseaux viscéraux ; il existe donc un balancement entre le système cutané et celui des muqueuses, balancement qui se manifeste encore dans le cas de forte excitation des nerfs de la sensibilité générale, et lorsque le nerf dépresseur de Ludwig et Lyon est en activité. Il faut donc en revenir aux idées de Bordeu et de Bichat sur cette dichotomie anatomique, et physiologique,(qui fait présider le système cérébro-spinal à la vie animale ou de relation; tandis qu’à la nutrition et à tous les actes de la vie végétative, est préposé le système du grand sympathique en y comprenant le pneumo-gastrique ou sympathique moyen , et le facial ou petit sympathique. Le système Sympathique comprend des nerfs d activité et de fonctions différentes : nerfs sudoripares , nerfs viscéraux , peut-être des nerfs trophiques; mais les nerfs vaso-moteurs prédominent. MM. Dastre et Morat ont une tendance à croire que la division : 1° en nerfs moteurs ou d in nervation directe, et 2° en nerfs modérateurs (nerfs d’arrêt, frénateurs,inhibitoires) ou d’innervation indirecte, appartient non seulement aux nerfs vasculaires, mais est la caractéristique du système sympathique général. La division du système nerveux en deux grands systèmes, paraît se vérifier dans la moelle elle-même, d’après les recherches anatomiques les plus récentes. Au sympathique appartiendrait le tractus intermédio-lateralis, qui s’incurve au niveau de l’entrecroisement des pyramides (Pierret) et peut être suivi plus haut. Le système sympathique et le système cérébro-spinal sont d’ailleurs plutôt distincts qu’indépendants, car sans cesse, par voie réflexe, ils réagissent l’un sur l’autre.

Ces considérations anatomo-physiologiques sont très importantes — ainsi que nous le disions en commençant — pour asseoir la thérapeutique, qui autrement n’est que de l’empirisme— à la manière de l’allopathie. Ainsi s’explique — ce que les allopathes ne comprennent pas — qu’il faut agir, à la fois, sur les nerfs vaso-constricteurs et les nerfs vaso-dilatateurs si l’on veut obtenir un effet d’équilibration ; pourquoi, par exemple, on associe la strychnine à l’hyosciamine, la morphine à la digitaline, dans les cas de névrose soit viscérales, soit cutanées. La maladie en tant qp Entité n’existe point ; il n’y a que des troubles fonctionnels : qu’ils soient idiopathiques ou organiques. C’est au médecin à ne pas laisser

naître ces derniers. C’est-à-dire à empêcher les désordres matériels en calmant ou jugulant les troubles vitaux. C’est ce que fait la dosimétrie et ce que l’allopathie ne fait pas ou ne sait pas faire.

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