‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 108 sur 179 · centigrammes · texte numérisé non relu

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des battements comme des coups de bélier qui nous forcent de changer à chaque instant de position sur l’oreiller. Sans avoir disparu, ces symptômes se sont considérablement amendés. Il est évident que c’est la sédation du cœur qui amène le calme du cerveau. Nous avons également essayé de prendre l’hyosciamine à raison de 2 à 3 granules au 1/2 milligramme, mais la sécheresse de la gorge et la mydriase nous ont obligé de la suspendre. Le valérianate d’atropine nous a servi dans d’autres cas. Chez les aliénés, il faut admettre un spasme douloureux du cerveau qui est cause de l’insomnie et des sensations anormales qui font aller leur raison à la dérive. On comprend que l’hyosciamine et l’atropine leur soient très utiles. Quant à l’extrait (alcoolique) de noix vomique donné par le docteur Gray, il faut se garder —■ à la longue — des secousses et tremblements nerveux, comme il est arrivé au docteur Schmidtmann sur lui-même : « Ayant pris 2 grains (12 centigrammes) d’extrait alcoolique de noix vomique, à sept heures du matin et autant à dix heures, et étant sorti peu de temps après pour aller visiter ses malades, je me sentis saisi, au milieu de la rue, d’une telle faiblesse et d’une telle rigidité dans les membres inférieurs, qu’il me devint impossible de les mouvoir volontairement ; je commençai à chanceler et me crus sur le point de tomber. Les muscles de la face étaient le siège de la même tension et de la même raideur — comme si tout l’influx nerveux s’y fût porté. » — « J’étais pris, ajoute-t-il, d’une ébriété et de vertiges si forts, que je fus forcé de m’appuyer durant un quart d’heure contre le mur d’une maison voisine. Au bout de ce temps tous les symptômes s’étaient évanouis. » Les mêmes accidents se montrèrent, avec une intensité qui lui donna de vives inquiétudes, chez un hypocondriaque à qui il avait prescrit l’extrait de noix vomique en pilules, avec d’autres médicaments. Ces accidents, selon lui, provenaient de ce que le mélange de la masse pilulaire n’avait pas été bien effectué.

En effet, on ne peut jamais compter avec les pilules de noix vomique insolubles, qui s’amassent dans l’estomac ou l’intestin et peuvent ainsi donner lieu à des explosions ou décharges — comme avec une bouteille de Leyde. Bien avant que nous nous occupassions de dosimétrie, nous avions donné, dans un cas de paralysie traumatique des membres inférieurs, des pilules d’extrait de noix vomique au 16 e de grain ; comme nous n’en obtenions pas d’effet, nous avions augmenté graduellement jusqu’à 12 pilules par jour. Une nuit, le malade fut lancé, d’un bond, hors de son lit. Il est évident qu’il eût pu être foudroyé.

On doit donc prendre de grandes précautions avec des substances aussi énergiques que la noix vomique qui, par cela même quelles sont

insolubles, ne sont pas absorbées immédiatement et peuvent ainsi —à un moment donné — donner lieu à des explosions redoutables. Avec la strychnine on n’a rien à craindre de semblable, parce que les granules sont dissous et absorbés fait à fait de leur introduction dans l’estomac.

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