‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 12 sur 179 · DU TRAITEMENT DE L ALCOOLISME PAR LA STRYCHNINE · texte numérisé non relu

DU TRAITEMENT DE L ALCOOLISME PAR LA STRYCHNINE

On sait que le professeur Luton a considéré le sulfate de strychnine comme le remède de l’alcoolisme : cela est vrai en thèse générale ; mais souvent on est obligé d’y associer l’aconitine et la digitaline, afin de calmer à la fois — comme nous l’avons dit — le cerveau etlecœur. Le professeur de Reims, dans le delirium Iremens, fait deux à trois injections par jour de 5 milligrammes de sulfate de strychnine ; ce qui peut offrir du danger au point de vue des idiosyncrasies, puisque ce qui caractérise les alcooliques, c’est la résistance aux remèdes. C’est ainsi qu’on leur donne souvent des doses énormes d’opium, qui ont pour effet de les hébéter et même d’augmenter leur délire. On sait que les soldats turcs sont dangereux, lorsqu’ils ont pris de l’opium en grande quantité au moment de l’attaque. Les Russes l’ont appris à leurs dépens au siège de Pleunna. C’est de la même manière aussi que la coque du Levant, dont les brasseurs se servent pour relever leurs bières, rend celles-ci très enivrantes. Quand M. Dejardin-Baumetz dit que la strychnine.(sulfate) doit rester dans la thérapeutique comme un puissant moyen de combattre le delirium Iremens , mais nullement l’alcoolisme, il se trompe, puisque c’est le moyen de corriger les tremblements musculaires auxquels les alcooliques sont en proie et auxquels ils cherchent à se soustraire par les spiritueux. C’est ainsi que bien souvent, on est obligé de leur rendre leur stimulus habituel. — Par contre, nous avons remarqué chez beaucoup d’ivrognes soumis à l’usage de la strychnine qu’ils perdent le goût des boissons spiritueuses. Mais M. Dujardin-Baumetz a le délire du magister dixit — quelquefois tout aussi enivrant que l’alcool.

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

Page 1