‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 113 sur 179 · RHUMATISME ARTICULAIRE AIOU CHEZ UN ENFANT DE NEUF MOIS · texte numérisé non relu

RHUMATISME ARTICULAIRE AIOU CHEZ UN ENFANT DE NEUF MOIS

Le Practitionner relate le cas d’un rhumatisme articulaire aigu chez un enfant de neuf mois, apporté à l’hôpital d’Aberdeen. La mère apprend que le petit malade a eu la fièvre et a été agité pendant quatre ou cinq jours, qu’il a crié beaucoup, surtout la nuit. Au bout de deux jours elle avait remarqué que l’enfant criait quand on remuait la jambe gauche. Elle ne pouvait pas dire s’il avait reçu quelque coup. L’enfant était pâle, la peau chaude. En le couchant sur le dos, on remarque qu’il hésite davantage à mouvoir le membre gauche que le droit ; et si on le remue il crie vivement. La douleur paraît siéger à la fois dans les articulations du genou et du cou-de-pied. On s’arrêta à l’idée d’un traumatisme et on se contenta de soins externes. Le lendemain, même état ; l’enfant est plus pâle ; il n’a pas dormi la nuit et refuse de manger. Le surlendemain le

cou-de-pied va mieux, mais le tarse du côté droit est rouge, tendu, douloureux. On ne peut plus douter alors de l’arthritisme : et, en effet, la mère déclara que l’enfant avait été plongé à diverses reprises dans de l’eau froide. On administra la salicine : 3 granules, trois fois par jour. L’affection disparut progressivement. La durée a été de quinze jours. Ou ne constata rien du côté du cœur.

Cette observation fait voir que leâ jeunes enfants peuvent être atteints d’arthritisme tout aussi bien que les grandes personnes. Le danger, ce sont les complications du côté du cœur. West en parle dans ce sens; et Vogel a vu un enfant âgé de trois ans ét neuf mois atteint d un rhumatisme articulaire aigu qui entraîna la mort, survenue par suite d’endocardite. Il faut donc traiter ces affections avec une grande énergie : hrucine, digitaline, aconitine, dans la période aiguë ; quinine, benzoate de lithine dans la période de décroissance. Dans le cas que nous venons de rapporter, la salicine a été insuffisante, puisque la maladie s’est éteinte progressivement endéans les quatorze jours. Il ne s est donc pas agi de jugulation.

DES AFFECTIONS PRURIGINEUSES.

S’il y a quelque chose d’agaçant, c’est le prurit : à force de se gratter, on détermine des désordres à la peau qui étant pris et traités pour tels, complètent ce cercle de souffrance que Dante a oublié dans son Enfer.

Le docteur Pardon dans le The Practitionner, a donné un excellent article dont nous tirons ici la quintessence. Nous ferons nos remarques après.

« Une démangeaison portant sur toute l’étendue de la peau est généralement due à une affection de foie liée à l’abus de 1 alcool, de la bière, ou à l’ictère. Une affection de courte durée du foie ou de l’utérus est une cause assez commune de démangeaisons : on y remédie généralement au moyen de petites doses de calomel et de poudre de sedlitz. Le point principal, dans ce cas, est de stimuler les fonctions du foie. Comme traitement local, on a les bains turcs et le spons bath des Anglais : on passe sur tout le corps une éponge imbibée de vinaigre ou d’une solution

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

de borax. Ce traitement soulage pendant plusieurs heures. Parmi les prurits localisés vient d’abord le prurit anal, dû à des ascarides, ou bien à un trouble de la circulation de la veine porte, fréquemment associé à des hémorroïdes. A force de se gratter, il survient des rougeurs et l’eczéma anal. Le prurit de la vulve est souvent dû à la grossesse; la leucorrhée en est une autre cause ; ou bien des ascarides allant de l’anus aux parties sexuelles. On rencontre également ce prurit dans le diabète, où il est formé par les champignons d’oïdium albicans, comme il s’en produit dans le muguet. Le docteur Pardon conseille les applications locales d’acide sulfureux, des injections d’eau chaude et l’acide lactique à l’intérieur. Quant au prurit du scrotum, l’auteur pense qu’il est généralement dû à un rétrécissement de l’urètre.

» En résumé, le prurit général ou local est dû soit à une affection locale, soit à un état constitutionnel, comme une affection du foie. »

Nous dirons que le prurit est dû tantôt au sang, tantôt aux nerfs : au sang quand il n’est pas suffisamment dépuré : comme dans toutes les affections exanthématiques; aux nerfs, quand ceux-ci sont trop excitables. Il est vrai que ces deux causes se donnent souvent la main. Quant au traitement, le Sedlitz Chanteaud suffit le plus souvent : on y joindra la vératrine pour combattre l’hyperesthésie cutanée. Il est bien entendu que les causes locales doivent être levées : ascarides, matières exsudées, par conséquent les soins de l’hygiène.

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