‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 115 sur 179 · SON TRAITEMENT, PAR LE DOCTEUR OCTAVIUS STURGES (DE LONDRES · texte numérisé non relu

SON TRAITEMENT, PAR LE DOCTEUR OCTAVIUS STURGES (DE LONDRES

Le dernier Congrès médical international de Londres fournit quelques rares échos — comme une voix qui s éteint. M. le docteur Octavius Sturges, en traitant de la chorée infantile, est arrivé aux conclusions suivantes :

« 1° Les muscles qui sont principalement atteints dans la chorée sont précisément ceux qui sont affectés aux usages intellectuels les plus élevés ; ceux aussi dont les enfants (que cette maladie frappe de préférence) n ont qu’imparfaitement acquis l’usage ; 2° les parties qui sont le siège d élection de la chorée, ne sont pas celles qui dépendent dun centre commun, mais celles dont la combinaison aboutit ordinairement à des mouvements intentionnels et émotifs (1) ; 3° les troubles psychiques surpassent .en

(1) C’est le cas de répéter : « Voilà pourquoi votre fille est muette. » Quand les grands médecins

importance toutes les autres causes immédiates de chorée réunies ; 4° les symptômes cardiaques propres à la chorée, sont probablement dus à ce que le coeur est impliqué en même temps que les autres muscles dans le désordre émotionnel ; 5° la chorée chez l’enfant —bien qu’elle puisse récidiver plusieurs fois chez le même sujet — guérit presque toujours sans le secours de médicaments ; les services que peuvent rendre les agents thérapeutiques se bornent, par conséquent, à la possibilité d’abréger les attaques etne sauraient être justement appréciés que lorsqu’on aura déterminé ce qu’il convient d’appeler une durée longue ou une durée courte dans une affection dont la durée est si variable ; 6° les points principaux de l’histoire de la chorée : ceux qui concernent les sujets atteints, l’origine, les symptômes du côté de la motricité, la confiance dans la guérison spontanée, plaident tous en faveur de l’hypothèse qui fait de cette maladie un trouble fonctionnel. «

Les médecins dosimètres ne sont pas de l’avis du docteur Octavius Sturges, quant à l’inutilité de la thérapeutique dans la chorée.

Partant des mouvements intentionnels et émotifs , ils administrent : la brucine, le phosphure de zinc, les arséniates, le camphre monohromé, etc., précisément afin de venir en aide à l’impuissance de l’intention et de donner plus de fixité aux muscles.

C’est précisément quand la chorée n’est encore qu’un trouble fonctionnel qu’il faut agir ; car, comme l’a fait remarquer un autre membre du Congrès, M. le docteur John Beyers (Belfast), dans beaucoup de cas de chorées à terminaison fatale — qu’il y ait eu ou non des bruits anormaux du coeur — on a trouvé à l’autopsie un état morbide de la valvule mitrale. C’est donc surtout sur le cœur que l’attention doit se porter, car cet organe est très impressionnable chez l’enfant; de là, la nécessité de donner, aux moindres signes d’irrégularités cardiaques : la brucine, l’aconitine, la digitaline, les arséniates, les mercuriaux, quand il y a diathèse rhumatismale arthritique.

Les allopathes n’ont pas confiance dans la thérapeutique parce que leur matière médicale est grossière, entachée de vieux galénisme. Ils craignent de nuire. C’est leur seule excuse de laisser mourir leurs malades.

P. S. Le Congrès a entendu beaucoup de communications sur l’angine diphthéritique(le croup). Inutile de dire que le nom du docteur Fon-

qui prennent part aüx Congrès sortiront-ils des nuages dont’ ils enveloppent leurs théories ? On i saurait les assimiler cependant aux dieux d’Homère. D r B.

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

taine,de Bar-sur-Seine,n’a pas été prononcé. Un dosimètre! C’est-à-dire la pire des engeances ! Des médecins qui ont la prétention de guérir leurs malades !

traitement des cavernes pulmonaires par l’incision et le drainage

Autant la médecine allopathique s’est faite, aujourd’hui, indécise, expectante, autant la chirurgie est devenue osée; on pourrait dire téméraire si le succès ne venait souvent couronner ses tentatives. La timidité de l’une a occasionné la hardiesse de l’autre.

Le The American Journal o f Science du mois d’octobre dernier (1882) rapporte l’observation d’une caverne gangreneuse du poumon traitée avec succès par l’incision et le drainage que pratiquèrent les docteurs Fonger et Holbester, de Chicago ; et il cite quatre cas où ce traitement a été employé.

On sait que c’est le professeur Mosler, de Greefswald, qui, le premier, a osé mettre à découvert et drainer une caverne pulmonaire. Ce premier essai" n’avait pas été couronné de succès ; et l’opération semblait définitivement condamnée — mais les chirurgiens américains ne se laissent pas arrêter pour si peu. Le malade des docteurs de Chicago était un homme de trente-quatre ans, ayant dans le lobe moyen du poumon droit un vaste abcès fétide, provoqué par la suppuration dun kyste hydatique datant de douze ans. L’orifice qui faisait communiquer les bronches et la cavité pulmonaire n’était pas suffisant pour évacuer cette dernière, à cause de sa position même. Tout le reste du poumon était le siège d’une bronchite purulente diffuse; le malade avait beaucoup de fièvre, s’épuisait et maigrissait. Après une ponction exploratrice, on fit une ouverture dans le troisième intervalle intercostal, à deux pouces à droite du sternum. La caverne fut alors explorée avec le doigt et on fit une contre-ouverture dans le cinquième espace, sur le trajet de la ligne axillaire. Le sac du kyste fut retiré par la première ouverture ; on passa par les deux orifices un gros tube en caoutchouc et on lava cette cavité avec une solution phéniquée. Les deux incisions furent couvertes dun pansement antiseptique. Pendant les six semaines qui suivirent l’opération, il y eut une amélioration très nette par la disparition de la fétidité de l’haleine et des crachats. La septième semaine, comme on avait retiré

trop tôt le tube de drainage, il y eut une violente crise de bronchite purulente diffuse de tout le poumon droit et du lobe inférieur du poumon gauche. La guérison fut enfin complète. La caverne ainsi traitée était bien dans le poumon lui-même, car on sentait le tissu du poumon sur tout son pourtour.

« Tout est tien qui finit tien » : il n’y a donc rien à redire à cette opération; et dans des cas semblables— c’est-à-dire de cavité nettement circonscrite — on pourrait suivre l’exemple des chirurgiens américains. Mais nous y voyons également la preuve de l’absence de toute thérapeutique interne — comme cela a lieu malheureusement en allopathie, après qu’on a brûlé ses vaisseaux. Qu’un malade ait une bronchopneumonie, on le saigne — généralement ou localement — puis on lui donne une potion contro-stimulante au tartre émétique ou au kermès, on applique un vésicatoire, etc.; mais quant à la fièvre, comme on la croit la conséquence de la lésion pulmonaire, on ne fait rien pour la combattre. Des alcaloïdes défervescents : strychnine, aconitine, vératrine, digitaline, il n’en est pas question ; au contraire, on les a dans une sainte horreur. C’eût été cependant par là qu’il eût fallu commencer.

Page 1