TRAITEMENT DE LA CHORÉE
Nous parlions dans un précédent article d’antagonisme pathologique. Cet état n’est jamais plus marqué que dans la chorée des enfants. Nous ne disons pas tant la chorée symptomatique que la chorée essentielle. Le motif pour lequel celle-ci est si souvent rebelle au traitement, c’est qu’on n’en attaque pas les deux éléments : l’un spasmodique, l’autre paralytique.- En effet, il y a dans la chorée, à la. fois ces deux états qu’il faut lever par la brucine combinée à l’hyosciamine. Les narcotiques et les anesthésiques doivent être rejetés comme dangereux. L’ésérinequi avait été préconisée par M. Bouchut, n’a donné aucun résultat entre les mains de M. Cadet de Gassicourt. Trousseau était plus dans le vrai quand, en vue de combattre la clonicité par la tonicité, il donnait le sulfate de strychnine. Il commençait par 2 1/2 milligrammes et atteignait avec hardiesse 3 et même 6 centigrammes par jour, chez des
(1) Cette méfiance ou cette indifférence avant d'avoir essayé, prouve un esprit étroit, dont M. le professeur Semmola s’est bien gardé. Nous voudrions pouvoir en dire autant de bon nombre de médecins qui repoussent la dosimétrie systématiquement, c est-à-dire en fermant les yeux et se bouchant les oreilles.
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
enfants de cinq à dix ans. Cette méthode a été délaissée à cause de ses dangers. Mais — ainsi que nous le disions — ces dangers sont nuis avec la brucine et l’hyosciamine administrées dosimétriquement.
Avec le traitement antinévrosique il faut également avoir égard aux diathèses, qui ne sont jamais plus marquées que chez les enfants ; aussi il faut employer les ferrugineux, les antimoniaux, les sulfureux, les mercureux, s’il y a chlorose, rhumatose, dartrose, syphilose. Mais ce n’est pas toujours le cas de dire : Cessante causa cessât effectus. Au contraire, la névrose subsiste après que la diathèse a été détruite. Il faut donc attaquer l’une et l’autre simultanément.