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TRAITEMENT DOSIMÉTRIQUE DU RHUMATISME MUSCULAIRE

Aujourd’hui, il en est des entités morbides comme des dieux d’autrefois ; elles s’en vont pour céder la place aux lois de la physiologie : c est-àdire qu’on y voit des troubles fonctionnels avant de dégénérer en lésions organiques. Quant aux affections humorales proprement dites, elles sont dues à l’accumulation des produits d’une combustion incomplète — comme dans les foyers sans tirage. — Les expériences d’Andral et Gavarret ont fait voir que la santé dépend du dégagement d’acide carbonique et de matières azotés ou sudoriques. Si la combustion organique est insuffisante, il se forme des oxydations ou des acidifications, auxquelles sont dues un grand nombre de nos affections — notamment le rhumatisme musculaire. Selon le docteur Maclagan, auteur d’un ouvrage sur le rhumatisme, dont le docteur Brachet, médecin consultant aux Bainsd’Aix (Savoie), vient de donner une traduction, « les poisons du sang peuvent se diviser en deux classes : a. ceux qui se produisent dans l’organisme; et b. ceux qui viennent du dehors. »

Le poison rhumatismal est généralement regardé comme appartenant à la première de ces classes et comme étant le produit d’une assimilation viciée ou d’une métamorphose imparfaite des tissus. Un des caractères du rhumatisme aigu consiste dans la production d’une transpiration acide abondante. Cette acidité excessive a naturellement conduit à l’hypothèse que l’acidité du sang était pour quelque chose dans la production des symptômes du rhumatisme. Le docteur Prout met en avant, d’une manière précise, que le materies morbi c’était l’acide lactique et que les symptômes rhumatismaux provenaient de son accumulation dans le sang. Cette idée, développée par Todd, Fuller et d’autres médecins, a été acceptée par la plupart des praticiens, comme donnant une explication plus complète de la cause première du rhumatisme que ne le

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faisaient toutes les théories antérieurement admises. Elle a aussi l’avantage de préciser la base d’un traitement rationnel.

Cette théorie a cependant rencontré — dans ces derniers temps — des objections, et on a commencé à exprimer des doutes sur l’efficacité de la médication alcaline. Les insuccès des traitements alcalins contribuèrent à discréditer la théorie de l’acide lactique. L’acide lactique est un produit de la décomposition des tissus ; c’est un composé instable, qui subit facilement des changements et qui est éliminé par les poumons — ainsi que par la peau — sous forme d’acide carbonique et d’eau. La présence d’un excès d’acide lactique dans l’organisme peut être due,, soit à sa formation excessive, soit à une élimination insuffisante, ou même à une combinaison de ces deux circonstances. Cette combinaison elle-même représente'l’interprétation la plus exacte de la théorie de l’acide lactique. Cet acide se forme pendant les échanges moléculaires qui s’accomplissent dans les muscles ; il se forme en plus grande quantité durant l’exercice que pendant le repos; et quand on cesse l’exercice, il y a un excès de cet acide dans l’organisme. Mais l’exercice occasionnant une plus grande formation d’acide lactique, il est accompagné d’une suractivité des poumons et de la peau — qui sont les voies d’élimination — sous forme d’aride carbonique et d’eau. Une formation excessive est balancée par une élimination plus forte, et aucune accumulation n’a lieu. Si, à ce moment, l’action de la peau est arrêtée, la métamorphose et l’élimination de l’acide lactique s’arrêtent aussi ; il s’en accumule dans l’organisme, et les symptômes du rhumatisme aigu en sont la conséquence. L’action de la peau est suspendue par tout ce qui refroidit la surface du corps.

Telle est l’explication la plus plausible de la théorie moderne de l’acide lactique, qui relie ainsi les vieilles idées humorales aux principes de la physiologie moderne. Cette théorie — ingénieuse et séduisante — ne manque pas de certains fondements ; mais elle ne doit pas être acceptée sans examen sérieux. Quant à la présence d’un excès d’acide lactique, on a déjà objecté qu’il n’a pas été possible de démontrer que cet excès pouvait exister; mais ceci n’est pas un argument contre la théorie. L’existence (1 un excès d’acide est démontrée par la réaction chimique de la transpiration et de la salive, et par l’hyperacidité des urines. En second lieu, la difficulté de découvrir l’acide spécial auquel ce phénomène est dû, indique que c’est un acide qui subit aisément des modifications et échappe ainsi aux recherches des chimistes. Or, l’acide lactique entre dans cette catégorie. C’est un produit normal de la décomposition des tissus et qui peut ainsi exister en trop grande proportion dans l’orga-

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nisme. D’ailleurs, on a constaté la présence de l’acide lactique dans la sueur.

Nous avons dit, plus haut, que ces acidifications normales sont le résultat d’une combustion incomplète ; il ne suffit donc pas de donner des alcalins comme moyen de neutralisation de ces acides, mais il faut stimuler le foyer organique par les moyens vitaux : par conséquent, les alcaloïdes. C’est pourquoi le rhumatisme musculaire doit être attaqué par la strychnine, l’aconitine, la digitaline, la colchicine, et enfin par les salicylates de soude et de potasse.

Le but du présent article est donc de faire voir que l’iatro-chimie est impuissante par elle-même tant qu’on ne la combine point à 1 iatro-physiologie.

CCYI

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