INTOXICATIONS PALUSTRES : DIARRHÉE ; GLYCOSURIE
albuminurie; somnose.
Pour M. Jules Simon, la diarrhée est quelquefois un des principaux symptômes de l’intoxication palustre chez les enfants. On sait que chez les jeunes enfants il est assez difficile de diagnostiquer la fièvre intermittente. On ne trouve pas toujours des accès bien nets, soit diurnes, soit nocturnes, et le plus souvent — surtout dans les premières années — on ne peut guère la soupçonner que par l’aspect extérieur de l’enfant, la pâleur, le refroidissement des extrémités, les mains glaciales, les soubresauts, les bâillements. S’il y a diarrhée, on donnera 20 centigrammes de sulfate de quinine, divisés en dix petites pilules, que l’on administrera d’heure en heure. Quelquefois on donne des lavements de sulfate de quinine, 25 centigrammes; laudanum, une goutte; acide sulfurique dilué au tiers, une goutte; eau, 50 à 100 grammes. [Moniteur thérapeutique.)
Nous ferons remarquer que cette manière d’agir — par doses fractionnées — est fort louable. Nous avons eu souvent à traiter des enfants. atteints d’intoxication palustre, dans nos polders, où l’arséniate de strychnine, combiné avec le sulfate de quinine, réussit admirablement :
1 granule d’arséniate pour 2 de quinine, toutes les demi-heures. Cette combinaison réussit également chez les adultes à une dose double ou triple, dans l’intervalle des accès. Si la fièvre s’allume, on la combat par l’aconitine et la vératrine : 1 ou 2 granules de chaque jusqu’à transpiration. Les fortes doses de quinine vont au delà du but, puisqu’elles produisent la fièvre quinique, avec ses accès nettement tranchés. C’est à Bruges que Broussais conçut son système médical : voyant tant de malades atteints de diarrhée, avec une langue blanche, inappétence, céphalalgie, bourdonnements d’oreilles, il conclut à l’existence d’une entéro-gastro-encéphalite ; et comme les malades avaient abusé de la quinine, il suffisait de les laisser en repos et de leur donner uniquement des adoucissants, pour les voir revenir à la santé.
Il en est de même quand un homœopathe succède à un allopathe pour des irritations que ce dernier n’a fait qu’aggraver par des remèdes grossiers.
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
La question est de savoir si la diarrhée palustre doit être coupée. Nous pensons que le laudanum ne peut être que nuisible. Il eh a été de même dans la diarrhée du choléra. On ne peut l’arrêter impunément que par le remède antiparasitaire, c’est-à-dire la quinine à petites doses, et quelquefois l’arséniate de strychnine combinée à la codéine.
Il n’est pas râre de voir dans les hôpitaux des malades qui reviennent de la Cochinchine avec un flux intestinal particulièrement rebelle, reste de la dysenterie qu’ils ont contractée là-bas. Il est souvent difficile de l’arrêter ; et on emploie contre cette affection les médicaments les plus divers : eau de chaux, bismuth, vésicatoires sur le ventre; viande hachée crue, comme régime. On voit que c'est de l’allopathie en plein ; c’est-à-dire sans raisonner la cause du mal. La strychnine, la quinine réussissent parfaitement dans ces cas.
Il en est de même de la néphrite albuminurique, qui est aux reins ce que la diarrhée est à l'intestin, car il ne faut pas perdre de vue que ces pertes sont également épuisantes et qu’il faut avant tout tonifier l'économie.
Quant à la glycosurie, que M. Verneuil donne également comme un effet d’impaludation, il faut y voir plutôt une insuffisance de l’action combustive du foie et des poumons. La strychnine et la quinine sont également indiquées.
Reste la somnose par atonie cérébrale, qui exige l’emploi de la caféine et delà strychnine. Nous avons eu occasion d’obsêrver cet état de somnolence à Toulon, chez des marins revenus des pays chauds. Leur pouls ' était lent et les veines fort dilatées, manifestement par stase sanguine.
QCXIII