NÉVROSE STOMACALE. — GASTRALGIE
Les journaux de médecine qui sont muets comme des carpes vis-à-vis de la dosimétrie, n’hésitent pas d’ouvrir leurs colonnes à dés traitements renouvelés des Grecs. C'est ainsi que la Gazette des Hôpitaux donne le traitement du docteur Hardy, lequel traitement consiste : 1° à calmer la douleur par les narcotiques : 1 pilule d’extrait d’opium de 1 centigramme deux ou trois fois par jour, quelques minutes avant le repas, ou bien
I centigramme de codéine ; ou bien encore le laudanum, à la dose de 2, 3, 4 gouttes matin et soir : toujours avant le repas. On calmera encore les douleurs par les narcotiques âcres : par la belladone sous forme d’extrait, à la dose de 5 milligrammes répétés trois ou quatre fois par jour. Enfin si l’opium est mal supporté, on pourra le remplacer par des injections de chlorhydrate de morphine; 2° faciliter la digestion,l’assimilation et empêcher le développement des gaz par les alcalins, tels que la magnésie, le bicarbonate de soude, l’eau de chaux ; ou bien l’acide chlorhydrique, si l’on a affaire à une dyspepsie neutre ; la poudre de charbon et la magnésie contre les gaz ; les préparations de pepsine pour faciliter les digestions. Enfin, l’hydrothérapie, surtout les douches en place. Ici encore il ne s’agit pas d’une méthode, mais d’un traitement purement symptomatique. On ne tient pas compte de l’atonie de l’estomac et de la rupture d’équilibre entre le corps et les ouvertures du viscère. Les opiacés ne font que masquer la douleur, mais ne remédient pas au mal.
II en est de même des poudres absorbantes et neutralisantes. Faut-il s’étonner que tant de gastralgies restent rebelles au traitement allopathique?
En dosimétrie on associe la strychnine (sulfate ou arséniate), l’hyosciamine et la morphine : 1 granule de chaque toutes les demi-heures pendant l’accès Au repas principal, 3 granules quassine et 5 à 6 gouttes acide chlorhydrique. Lavage intestinal au sel Chanteaud tous les matins, Régime réconfortant mais adoucissant.
Le malheur de l’allopathie c’est quelle ne voit que l’entité morbide, et non l’état physiologique troublé. Voilà pourquoi elle a recours aux spécifiques.
DIPHTHÉRIE MALIGNE TRAITÉE PAR LA PILOCARPINE (NITRATE) EN INJECTIONS SOUS-CUTANÉES.
« Il s’agit d’une jeune fille de onze ans, lymphatique, d’un tempérament herpétique,qui, le 20 avril dernier (1881), fut prise subitement d’une fièvre vive, avec angine et adénite sous-maxillaire et cervicale. Quelques heures à peine après le début de la maladie, on constatait déjà sous
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
l’amygdale droite trois plaques pseudo-membraneuses ; et le diagnostic de l’angine diphthéritique, que la rapidité du début et les antécédents devaient faire admettre, se trouvait confirmé d’emblée par la consistance, l’aspect, la disposition des fausses membranes, ainsi que par l’engorgement, si considérable, des ganglions sous-maxillaires.
Le traitement consista dans l’usage permanent de pulvérisations et de gargarismes à l’eau de chaux phéniquée. On essaya en même temps d’enlever les fausses membranes à l’aide d’un pinceau imbibé de perchlorure de fer, et de faire prendre à l’intérieur ce médicament, très dilué dans de l’eau sucrée ; cependant, dès le lendemain, les fausses membranes envahissaient tout le pharynx et gagnaient les fosses nasales ; leur coloration grisâtre et leur odeur fétide accusaient la gravité de la maladie. On recommanda l’administration du lait et des boissons alcoolisées, l’alimentation la plus variée et la plus réconfortante — tout en continuant l’usage permanent des pulvérisations phéniquées, des gargarismes à l’eau de chaux phéniquée et des gouttes de perchlorure de fer.
Malgré tout le soin apporté à empêcher la reproduction des fausses membranes, celles ci devenaient de plus en plus épaisses et de plus en plus envahissantes. Le badigeonnage du fond de la gorge provoquait des hémorragies fort pénibles. La respiration par les fosses nasales était presque impossible.
Le 25 avril, M. Archambault, appelé en consultation, ne peut que confirmer le diagnostic de la diphthérie maligne ; le pronostic fut des plus sérieux. Le traitement fut approuvé, mais, ainsi que l’avait prévu et annoncé M. Archambault, l’inappétence devint bientôt absolue, la déglutition impossible. Toute médication interne dut forcément être supprimée, et les urines très rares devinrent albumineuses. Enfin, le 27, se produisit le premier accès de croup. La situation paraissait désespérée lorsque M. Archambault eut recours à la médication suivante : tout en continuant incessamment — nuit et jour — les pulvérisations phéniquées, soit à distance avec un pulvérisateur à air chaud, soit de. près dans la gorge et les narines avec un pulvérisateur automatique, il fit entourer le cou de l’enfant d’une cravate de glace, laver et frictionner énergiquement la peau — toutes les deux ou trois heures — avec de l’eau éthérée ou alcoolisée. Il prescrivit deux fois par jour des lavements de peptone et, dans l’intervalle, un lavement phéniqué. Enfin, dans la journée du 27, il fit deux injections sous-cutanées de 5 milligrammes de nitrate de pilocarpine chaque. Deux accès de croup s’étaient déjà manifestés et l’asphyxie était imminente, lorsque, six heures après la première injection, une salivation assez abondante se manifesta, avec expectoration de nombreuses
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et épaisses membranes, en même temps qu’avec les doigts il en retirait de très épaisses et de très adhérentes, des narines. La nuit du 27 au 28 fut assez calme. Le lendemain et les jours suivants, la médication fut continuée, et 3 injections, à 15 milligrammes chacune, pratiquées dans la journée. Le second jour du traitement par la pilocarpine, la petite malade, qui depuis trois jours n’avait rien pu avaler jusque-la, se mit a croquer à pleines dents des morceaux de glace. On recommença immédiatement l’alimentation : on fît prendre des glaces, des bouillies a la farine lactée, des laits de poule au café, des gelées de viande, etc On continua en même temps les lavements de peptone. Peu a peu les bac igeonnages au perchlorure de fer et la médication ferrugineuse purent être repris. L’albuminurie, qui avait atteint des proportions considérables, diminua, puis disparut. Enfin le vingtième jour tous les accidents parurent conjurés. »
Voici maintenant le traitement qu’eût institué un médecin dosimétriste. Une foisda nature de la maladie reconnue, il eût administré le sulfure de calcium comme dominante, jusqu’à production de gaz sulfhydnques : 3 a 4 granules toutes les demi-heures, et, entretemps, un lavage intestinal au moyen du Sedlitz Chanteaud. Contre la prostration nerveuse et la paralysie qui devait en être la conséquence, il eût donné la strychnine (arséniate) : 1 granule toutes les heures, et contre la fièvre, l’aconitme, la vératrine, la digitaline, la quinine, en suivant les périodes daugment, d’état et de décroissance. Contre les rougeurs et plaques muqueuses, il eût fait des attouchements avec le suc de limon pur. Enfin la diphtherie tendant à dégénérer en croup, il eût donné l’émétine pour détacher es fausses membranes. Qu’on compare les deux traitements — qu’on consulte surtout le beau mémoire de M. le docteur Fontaine, de Bar-sur-Seme -
et on verra de quel côté est la supériorité.
Nous n’entendons infirmer en rien les résultats obtenus par les mjections de pilocarpine ; nous croyons même que c’est un précieux auxiliaire, mais ce n’est qu’un moyen et non une méthode de traitement. Or, cette dernière, pour mériter cette dénomination, doit s’attacher a tous les symptômes de la maladie et non à un seul. Malheureusement le nom seul de dosimétrie sera, pendant longtemps encore, un épouvantail ou une abomination pour l’École. Il suffit qu’un homme occupe une position officielle pour qu aussitôt il se croie impeccable. Pauvres professeurs, Pauvres papes ! pourrait-on dire !
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.