MÉDECINE DES ENFANTS
Nous sommes encore loin de voir la dosimétrie se généraliser, à en juger par les citations suivantes :
Le docteur Castells-Balleps, professeur à la maternité de Ni vida, par rapporté la digitale, la belladone, l’opium, leurs indications générales, donne les instructions suivantes :
« La digitale occupe un rang important dans la thérapeutique infantile, mais c’est avec une prudence extrême qu’il faut l’administrer. La forme préférable est une infusion de 30 centigrammes de feuilles pour 100 grammes d’eau. On peut encore se servir de l’extrait dilué, étendu d’eau ; mais il ne doit se prescrire qu’à doses minimes. Ces deux formes otfrent plus de sécurité que la teinture alcoolique. Le sirop préparé avec cette dernière offre l’avantage de pouvoir être associé avec des médicaments auxiliaires : bromures, chlorure de sodium, etc. Jamais on ne doit employer la digitaline chez les enfants.
La digitale, d’après l’opinion de M. J. Simon, remplit, mieux que tout autre médicament, certaines indications spéciales chez eux; par exemple, elle convient dans les cas de vices de conformation du cœur ; dans les palpitations douloureuses ; l’endocardite, la péricardite, l’hypertrophie passagère, les affections organiques du cœur, en en exceptant toutefois l’asystolie extrême. La digitale, dans la pneumonie, la pleurésie et le rhumatisme articulaire aigu, abaisse la température et détermine la diurèse, de même que dans toutes les pyrexies.
La belladone est encore un médicament dont l’emploi est fréquent dans la thérapeutique infantile ; mais comme elle est rapidement éliminée par l’appareil urinaire, on peut arriver à en donner sans inconvénient des quantités considérables, à la condition de commencer par de faibles doses qu’on augmentera progressivement. La forme la plus commode est la teinture alcoolique. On peut cependant la remplacer par une solution de sulfate d’atropine au milligramme. M. le professeur Simon regarde la belladone comme excellente pour rémédier aux affections des voies respitoires qui affectent un caractère spasmodique; dans la laryngite striduleuse, l’asthme nerveux, le spasme de la glotte, l’adénopathie des
bronches et la coqueluche, qui réclame surtout 1 emploi de ce médicament. La belladone trouve encore son utilité dans la constipation douloureuse, les fissures de l’anus, les douleurs qui accompagnent l’apparition des premières époques, l’incontinence d’urine, les abus delà masturbation-et autres infirmités.
L’opium est un agent thérapeutique qui, en certains cas, rend encore les plus grands services dans les maladies de 1 enfance. Quelques-uns de ses principaux alcaloïdes, de même que ses préparations les plus concentrées, ne doivent—comme la digitale et la belladone — être presciites qu’à des doses faibles et avec tant de prudence quil vaut autant ne pas les ordonner. Le docteur Brochard, le médecin des nourrissons, s est maintes fois élevé contre les abus et le danger des préparatives opiacées. Il vaudrait mieux ne s’en servir qu’à l’extérieur, et si on veut les donner à l’intérieur, n’employer que le laudanum de Sydenham, à la dose d une goutte en dilution, toutes les trois à quatre heures, jusqu à effet chez les enfants au-dessus de un an. Chez ceux de deux ans et au-dessus, on peut conseiller le sirop de codéine, diacode ou la poudre de Dower.
Quant à la morphine, l’extrait thébaïque, le sirop diacode et le laudanum de Rousseau, on ne peut se hasarder à les conseiller dans les maladies des enfants.
Les maladies principales où sont indiquées les préparations opiacées sont : les maladies des voies digestives, les diarrhées bilieuses, les entérites et entéro-colites dépendant ou non du travail de la dentition, les affections spasmodiques de l’appareil respiratoire, conjointement avec la belladone et l’aconit. M. Simon conseille le mélange suivant :
Teinture de belladone. .
Alcoolature d’aconit . .
Laudanum de Sydenham
5 grammes.
5 gouttes.
Commencer par 5 gouttes le matin, 5 gouttes le soir, et donner progressivement une goutte en plus par jour, jusqu’à ce qu’on arrive à \2 ou 16 gouttes par jour.
L’opium est encore indiqué au début des fièvres éruptives ; mais dans les formes graves il vaut mieux le remplacer par les bromures, la quinine et le chloral. L’opium est absolument contre-indiqué dans les affections infectieuses adynamiques et diphthéritiques, la gangrène de la vulve, les maladies prurigineuses. «
Nous allons prendre une à une chacune de ces propositions, en mettant en regard les indications dosimétriques.
Et d abord la digitale. — S’il y a un remède incertain, et dangereux, cest, sans doute, la Digitalis purpurea, pour la raison fort simple qu’on ne sait si celle qu’on a dans les pharmacies est sauvage ou cultivée. Autant cette dernière est inerte, autant la première est paralysante pour le cœur; et l’on a vu maints et maints malades être foudroyés du coup par 1 administration d une potion ou infusé de feuilles de digitale. Avec la digitaline, au contraire, on obtient tous les effets physiologiques de la plante et jamais les effets toxiques. Nous ne voyons donc pas pourquoi sa proscription dans les maladies des enfants. Pour plus de sécurité, on combine la digitaline avec la brucine, et on obtient ainsi des effets toniques et calmants.
Nous en dirons autant de la belladone,, médicament extrêmement dangereux quand la plante qui a servi à la potion est sauvage — ce qu’on ne peut savoir a priori. —» Nous avons vu se produire un formidable empoisonnement par un lavement avec une pincée de feuilles de belladone. — Avec l’atropine, jamais pareil accident n’est à craindre ; aussi M. J. Simon, qui est si contraire à l’emploi des alcaloïdes chez les enfants, préconise le sulfate d’atropine en potion.
Quant à 1 opium, on sait combien son action diffère selon les malades et dans les diverses maladies. Depuis que Cl. Bernard a fait connaître 1 action de ses divers alcaloïdes, c’est à ces derniers qu’il faut s’adresser, selon les indications. Le laudanum de Sydenham, le sirop diacode, donnent lieu à des symptômes convulsifs et comateux, et, par conséquent, doivent être rejetés de la thérapeutique infantile. La narcéine est le véritable calmant des enfants . on écrase 1 granule dans un peu d’eau sucrée, qu’on donne par cuillerées à café. L’aconitine est le défervescent par excellence et convient dans toutes les fièvres éruptives; la vératrme est un contro-stimulant qu’il faut préférer au tartre émétique. Au besoin, on aura recours à l’émétine dans la diphthérie : le croup, par exemple. Mais on ne manquera pas d’empêcher les accès fébriles par la quinine, surtout l’hydro-ferro-cyanate.
En somme, l’allopathie est mauvaise conseillère — comme la faim : male suada famés — qu’il faut également éviter chez les malades, parce qu’elle donne lieu à une foule d’accidents par agacement nerveux.
Malheureusement, nous sommes loin d’en avoir fini avec les médicaments composés, qui font trop bien l'affaire des pharmaciens, pour que ceux-ci ne prénnent sous leur protection les médecins qui s’attardent dans la voie du progrès. Ces représentants du pilon ont une manière redoutable de démolir les jeunes médecins qui ne marchent point dans leurs
eaux : un simple haussement d’épaules, un froncement de sourcils, comme le Jupiter antique :
Nutuit et totum trepidavit Olimpum !
NOTE SUR UN PARASITE VÉGÉTAL DU GENRE OÏDIUM OBSERVÉ A LA SURFACE DE QUELQUES AFFECTIONS PUSTULEUSES CHEZ LES ENFANTS, PAR LE DOCTEUR BOYER, DAUTUN.
Nous reproduisons cette note parce qu’elle permet d’arriver â une. généralisation de traitement dans la plupart des maladies éruptives et exsudatives de l’enfance. Nous voulons parler de la destruction de l’oïdium par le sulfure dé calcium Déjà, comme on sait, le docteur Fontaine, de Bar-sur-Seine, a ouvert la marche pour l’angine couenneuse et le croup. A Oporto (Portugal), M. le docteur Olivera Castro a suivi le même chemin pour l’avortement de la variole; il en sera de même poui la rougeole, la scarlatine, la fièvre typhoïde, affections auxquelles les enfants payent un si large tribut. Voici donc cette note :
« Nous soumettons à l'examen de la Société (d’anatomie pathologique) des préparations de peau provenant d’autopsies faites à 1 Hospice des enfants assistés, dans le service de M. Parrot. Ces recherches exécutées au laboratoire du Collège de France, nous ont montré nettement — dans certaines de ces coupes — l’existence des pores et de tubes de mycélium groupés dans les parties les plus superficielles du revêtement épithélial, et dont la nature nous a semblé intéressante à déterminer. Un de nous avait eu l’occasion d’observer un enfant de quinze jours, atteint dune affection pustuleuse de la peau dont les caractères étaient anormaux , il s’agissait d’une affection pustuleuse discrète, limitée aux membres inférieurs, isolée — rappelant les boutons de vaccine, chez un enfant vacciné — au lieu d’élection et de date plus récente que les pustules vaccinales d’inoculation. Au nombre de 5 ou 6, ces pustules parfaitement circonscrites — avaient un diamètre de 0 ra 00ô, en moyenne ; elles reposaient sur une base indurée, étaient plutôt déprimées qu’ombiliquées, contenant un liquide trouble et peu abondant, sous une croûte molle à la périphérie, assez épaisse et brune, n’ayant ni l’aspect, ni la couleur, ni
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l’odeur des godets faviques. L’enfant avait une température normale, mais il était cachectique, et succombait le lendemain même de son entrée à l’infirmerie. Il n’avait ni érythème, ni muguet; ne présentait aucune des marques caractéristiques de la syphilis héréditaire.
Après durcissement dans l’alcool, et coloration au picro-carmen ou à la purpérine, des coupes avaient montré des pustules formées de vacuoles irrégulières dans le derme, et l’on constatait dans les couches les plus superficielles de la croûte — et surtout à la périphérie — l’existence de masses irrégulières, agglomérées, finement granuleuses, se colorant mal, siégeant au même point dans les coupes successives. Retrouvant ces caractères sur une seconde pustule, puis sur une troisième, il nous parut intéressant de mieux déterminer les caractères de cette croûte parasitaire. Nous avons, dans ce but, employé la méthode de Cohn, que M. Hansen a appliquée avec succès à la recherche des bactéridies de la lèpre, et sur laquelle MM. Cornil, Suchard et Mallassez viennent d’attirer de nouveau l’attention.
On nous permettra de rappeler succinctement ce procédé : La pièce est durcie — de préférence avec l’alcool absolu — et débitée en coupes fines. Ces coupes sont plongées pendant vingt-quatre heures dans un bain de violet de méthyloniline (de la marque 5 B, au titre de 1 millième). Au sortir du violet, les coupes sont fortement teintes en bleu foncé, et opaques ; leur coloration est uniforme. On les met alors dans une solution de carbonate de soude à 2 centièmes ; elles y restent une demi-heure au moins; puis, on les décolore dans des bains d’alcool de titre de plus en plus élevé — où elles se déshydratent eh même temps ; on les passe à l’alcool absolu; elles sont alors verdâtres, limitées par un liséré épithélial bleu vif. On met ensuite les coupes dans l’essence de girofle, qui se colore fortement en bleu et que l’on doit renouveler, en surveillant l’action du réactif. On saisit ainsi le moment où la coloration du parasite est nette, tandis que le fond de la préparation est devenu incolore et que les contours des éléments sont comme noyés dans une gelée translucide. On monte ensuite la coupe dans du baume de canada ordinaire non chloroformé - tel que le fournit le commerce. C’est la condition nécessaire pour obtenir une préparation persistante. En employant ce procédé nous avons constaté dans la peau du premier malade l’existence de spores abondantes, peu volumineuses, d’une grande netteté, faciles à voir avec l’objectif 7 Verick et un oculaire faible. Ces spores étaient accompagnées d’un mycélium abondant, dont le chevelu pénétrait à une profondeur variable dans l’épaisseur de l’épiderme. Un caractère des plus importants nous avait frappé dès le premier examen : c’est que les
spores étaient à la périphérie de la coupe et que l’accroissement du végétal avait paru se faire de dehors en dedans, de la surface de la peau vers sa profondeur, â travers une croûte épaisse de la périphérie de la pustule ou dans les anfractuosités qui séparaient la croûte des parties sous-jacentes. Ces préparations ont été répétées nombre de fois sur chacune des pustules ; toutes ont montré des spores nombreuses ; certaines ont présenté un mycélium distingable et s’enfonçant jusque dans le corps muqueux. Sur quelques points les spores sont tellement nombreuses qu’elles forment des plaques opaques, recouvrant une infiltration profonde du mycélium dont les filaments serrés et fortement colorés forment une masse confuse difficile à analyser. Nous avons dès lors pensé à rechercher ces caractères sur un assez grand nombre d’affections cutanées de nature diverse. Les pièces ont été recueillies dans des conditions différentes : tantôt de suite après la mort, tantôt quarante-huit heures après, de façon à voir s’il s’agissait d’un parasite particulier propre à une affection cutanée spéciale, ou, au contraire, d’une végétation banale, se développant sur les croûtes dans certaines conditions favorables d’humidité, de mollesse de l’épiderme, et dans un certain milieu, tel que celui des crèches. C’est à cette dernière conclusion que nous nous sommes rattaché, comme le montrera l’exposé des faits qui suivent.
Sur une pustule vaccinale devenue ecthymateuse, la surface de la coupe se compose de trois régions qui sont nettement limitées par une ligne bleu foncé. La première zone comprend la partie superficielle du corps muqueux ou couche granuleuse ; à ce niveau l’épiderme est décollé et soulevé; et on trouve là une première couche de parasites, consistant en des groupes de micrococcus qui forment des nébuleuses. La seconde zone comprend la couche cornée assez épaisse, très altérée, mais reconnaissable à la disposition ondulée de sa surface et aux poils qui la traversent et entourées de leur gaine ; elle contient dans toute son épais-, seur des nébuleuses analogues ; la limite supérieure de cette couche est indiquée par une ligne bleue continue, qui correspond aux cellules cornées en voie d’exfoliation. Enfin, au-dessus de ces zones on trouve une croûte d’exsudat concrété, dans l’épaisseur de laquelle on aperçoit des débris de toute sorte : grains de fécule, poils, etc., et enfin quelques groupes de micrococcus. Çà et là nous constatons de rares bâtonnets, que nous croyons devoir rattacher au genre Bacellus.
Une ulcération syphilitique, recouverte d’une mince croûtelle, nous a offert le même parasite, sous le même aspect, à une profondeur de quatre centièmes de millimètre de la surface. Sur cette môme préparation nous
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le trouvons encore disséminé à la surface du derme dénudé, dans une petite anfractuosité produite par l’arrachement de la croûte. Certains groupes circonscrits, arrondis, nous ont paru être des globules blancs remplis de ces granulations. Nous avons constaté ces caractères et ces micrococcus dans une ulcération impétigineuse du cuir chevelu, et même dans les produits de desquamation d’un érysipèle et d’une scarlatine, tout à fait à la surface et dans les dépressions de l’épiderme. Par contre, des pustules de variole, non ulcérées, nous ont donné un résultat négatif ; et môme une coupe de langue portant une ulcération variolique, ne nous a montré des micrococcus et quelques bâtonnets de leptotrix, qu’à la partie tout à fait superficielle ; dans les parties voisines, non ulcérées, infiltrées d’éléments inflammatoires, il n’y avait pas trace de parasites.
La recherche des parasites de la peau au moyen du violet de méthylanilline exposerait à des erreurs si l’on n’était prévenu que ce réactif colore vivement les granulations d’éléidine contenues dans le stratum granulosum — d’autant plus que cette substance est produite en grande quantité au niveau des pustules de variole, comme la montré le professeur Rouvier. Ces granulations descendent beaucoup plus bas, au niveau des canaux excréteurs des glandes sudoripares ; et, plus bas encore, dans la gaine épithéliale externe des follicules pileux. Il n’est pas étonnant que cette matière soit ainsi colorée, car elle est la substance kératogène de la peau : sous l’influence du violet .elle se colore vivement — comme les productions cornées (poils, couche cornée de l’épiderme) — et résiste ensuite à la décoloration graduelle — comme le font aussi les organismes parasitaires. Certaines graisses pathologiques se colorent aussi en violet ; il en est de même de certaines parois vasculaires ; mais ces colorations se distinguent facilement de celles que l’on obtient sur les spores et les bactéridies.
Il nous resterait maintenant à déterminer la nature de ces organismes parasitaires : l’un est formé de spores et d’un mycélium ; l’autre beaucoup plus fin ; nous n’y avons pas constaté de mycélium, mais nous trouvions parfois sur les coupes des spores comparables à celles du premier type. Ces spores nous servent donc de liaison entre le parasite à mycélium et celui qui ne nous en a pas encore montré; aussi sommes-nous disposé à rattacher ensemble les différents aspects d’un même végétal ; d’autant plus que sur certaines coupes, nous avons pu constater les trois aspects de spores, mycélium et micrococus (zooglées). Il s’agit tout d’abord d’un oïdium comparable à Yoïdium alhicans et à Y oïdium lactis (Neumann), mais qui cependant nous a paru en différer par quelques caractères. On sait que dans les crèches le muguet est endémique, et M. le professeur
Parrot a démontré depuis longtemps l’existence du muguet dans l’œsophage, l’estomac et à la surface de la peau. Si l’oïdium contenu dans nos préparations est le même—étiologiquement — que l’ albicans, il nous semble cependant en différer par quelques particularités pour l’étude desquelles nous avons eu recours à un excellent objectif du laboratoire de M. Rouvier, au 1/12 de Zeiss, à immersion homogène ; à l’aide du condensateur spécial de cet instrument nous avons pu facilement discerner les contours du végétal parasitaire, bien coloré, tranchant sur le fond de la préparation, noyé dans la lumière diffuse. On peut voir alors : 1° que notre parasite est plus petit que le muguet, comme spores, comme granulations, comme mycéliums ; 2° qu’ils se terminent par des connidies effilées en poires, comme une sorte de cil terminal ; 3° que les bifurcations du mycélium se font parfois à angle droit ; 4° quelles sont beaucoup moins nombreuses que celles de Y oïdium albicans ; 5° que les articles du mycélium paraissent plus courtes dans celui du muguet — qui a un aspect plus moniliforme et paraît plus cylindrique et présente une quantité beaucoup plus abondante de spores dans son intérieur. Nous ne voudrions cependant pas conclure qu’il ne s’agisse pas là d’une variété du muguet, car on sait combien les organismes végétaux parasitaires sont modifiables dans leur volume et même dans leur forme, selon les conditions de nutrition diverses, des milieux de culture, et selon les résistances que ces parasites éprouvent, selon qu’ils se développent dans tel ou tel tissu. Il est même probable que grâce à une sorte de sélection naturelle le développement de Y oïdium albicans se trouve prédominer à tel point dans le milieu parasitaire des crèches, qu’il puisse empêcher le développement de toute autre végétation cryptogamique isomorphe, et qu’il suffise à lui seul — tout en différenciant légèrement — à la production de tous les épidermophytes cutanés et muqueux. Nous avons pensé qu’il était utile d’attirer de nouveau l’attention sur des parasites dont l’existence au sein des lésions si diverses de la peau, exclut toute idée de spécificité; nous ne doutons pas, en effet, que le produit de raclage des pustules n’ait été capable de fertiliser un milieu de culture en produisant des spores et un mycélium. On voit quelle erreur on pourrait ainsi commettre en rapportant, ipso facto, un tel parasite banal à une affection spéciale, alors qu’il ne s’agit que d’une manifestation toute contingente cependant, et des conditions de contage propres à un milieu déterminé, et des chances de réceptivité d’un organisme affaibli, chances qui viennent augmenter encore toutes les lésions irritatives de l’épiderme. » •
Ces réflexions sont fort sages, et nous nous y rallions entièrement. Dans les affections parasitaires il ne faut pas négliger l’élément vital ;
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mais une fois le parasite produit (c’est-à-dire le terrain organique ensemencé), il se multiplie indéfiniment et se transmet par contagion, médiate ou immédiate. C’est donc toujours à améliorer les conditions de milieu et à mettre l’organisme en état de résister à l’invasion des germes contagieux qu’il faut s’attacher. Les enfants sont plus- sujets aux maladies parasitaires que les adultes, parce qu’ils sont plus délicats. La fièvre qui précède l’évolution des germes *doit être combattue par les alcaloïdes défervescents. Quant au sulfure de calcium, son action est directe, c'est-àdire qu’il tue l’oïdium animal, comme le soufre Y oïdium végétal. Là est le point culminant de la question, c’est-à-dire lajugulation des maladies éruptives avant l’éruption. En effet, le contage est dans le sang avant de se porter à la peau ou aux muqueuses ; la preuve, c’est que la fièvre est d’autant plus forte que l’éruption se fait plus difficilement. « Pourquoi l’empêcher, dira-t-on? » Parce que l’éruption elle-même est une source de dangers, c’est-à-dire d’une fièvre secondaire, souvent de mauvaise nature. Or, il ne saurait être indifférent qu’on tue les germes contagieux dans le sang ou dans la peau et les muqueuses où ils se sont déjà reproduits à l’infini et où ils ont déterminé des lésions qui, à leur tour, donnent lieu à des symptômes graves, comme dans le muguet, l’angine couenneuse, le croup, la dothinentérite, etc.
La jugulation de la fièvre zymotique typhoïde s’explique de la même façon, car, comme il n’y a pas d’effet sans cause, il n’y a pas de fièvre sans un agent producteur. Ce sont toujours les proto-organismes — de nature végétale ou animale — qui s’introduisent par voie d’inhalation ou d’absorption, se mêlent au sang, le vicient, et sont ensuite transportés à la périphérie par un effort de la nature, effort le plus souvent impuissant si on ne lui vient en aide. Or, c’est la nature elle-même qui nous en fournit les moyens et c’est à l’art à les mettre en œuvre, sans cela le médecin n’est plus qu’un « inutile naturaliste. »
Il nous reste à féliciter l’auteur de la note que nous venons de reproduire, de la sagacité avec laquelle il a conduit ses investigations. La science ainsi faite est une merveille de précision — nous ajouterons une source d’indications pour le médecin qui ne marche plus alors comme l’aveugle de Barthez, frappant autour de lui avec son bâton, au risque d’atteindre les passants. Les vains mots demiasme, contage, disparaissent, et les médecins ne perdent plus leur temps à s’embarquer dans des discussions stériles. Il n’appartient plus alors à quelques gros bonnets d’imposer leur opinion, et le magister dixü va rejoindre tous les ridicules, c’est-à-dire dans la risée publique.