TRAITEMENT DE LA PNEUMONIE FIBRINEUSE
Résumant son traitement de la pneumonie, dans une de ses dernières leçons, M. le professeur Picot donne sous forme d’aphorismes les conclusions suivantes :
1° Pas d’abstention dans la pneumonie;
2° Pas de tartre stibié ;
3° Pas de saignée/excepté chez les sujets très robustes ou dans les cas urgents d’asphyxie ;
4° Au début, souvent digitale et ventouses scarifiées;
5° Plus tard, alcool et quinquina;
6° Chez les sujets faibles — quels qu'ils soient — alcool et quinquina dès le début, parfois digitale concurremment ;
7° A la fin, vésicatoires s’il est nécessaire.
On voit que petit à petit on y arrive : Pas d’abstention dans la pneumonie! C’est ce que les médecins dosimétristes font; seulement ils sont moins exclusifs que M. Picot : ils ne condamnent pas le contro-stimulisme, mais le provoquent avec l’émétine dont l’emploi est moins brutal et peut être mieux réglé que celui du tartre stibié (ou stygié, selon Guy Patin).
La saignée n’est pas également condamnée, mais restreinte aux cas indiqués par l’honorable professeur.
Quant à la digitale, ils (les dosimétristes) s’en méfient à cause des accidents cardiaques et l’incertitude du remède.
L’alcool et le quinquina, ils le remplacent par la strychnine, et ils ont soin d’abattre la fièvre par l’aconitine, la vératrine, la digitaline.
Quant aux vésicatoires, ils (toujours les médecins dosimétristes) sont d’avis que mieux vaut les appliquer au commencement qu’à la fin (qui est souvent la fin de la fin).
Le thapsia est un excellent rubéfiant à cause de son action rapide. Les accidents néphrétiques seront conjurés en saupoudrant la partie de camphre.
Nous ajouterons que du moment où le thermomètre indique des oscillations de température il faut recourir à la quinine (arséniate- ou hydroferro-cyanate).
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.