‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 144 sur 179 · DES INCERTITUDES DU DIAGNOSTIC, AU POINT DE VUE DU TRAITEMENT · texte numérisé non relu

DES INCERTITUDES DU DIAGNOSTIC, AU POINT DE VUE DU TRAITEMENT

Dans la séance du 20 mars 1882 de la Société médicale des hôpitaux, M. Woillez a lu un travail en réponse aux diverses communications du docteur Grancher sur le tympanisme sous-claviculaire au point de vue du diagnostic et du pronostic des épanchements pleurétiques. Il dit que le diagnostic à la première période, est un problème difficile et qu’il n’y a aucun signe pathognomonique pour faire reconnaître cet état d’une manière précise. Il faut donc, avant tout, tenir compte de l’état général du sujet — car certains signes physiques, dits spéciaux, peuvent se manifester au sommet du poumon sans que des tubercules existent dans cet organe. C’est ce qui a lieu lorsque le poumon est refoulé, ou bien qu’il est hyperémié (congestion pulmonaire); soit encore lorsqu’il y a emphysème ou dilatation des bronches au sommet. Dans ce dernier cas le diagnostic est d’autant plus difficile que l’hémoptysie est aussi fréquente dans la dilatation que dans la tuberculose. « Je regrette, a-t-il dit, de ne pouvoir partager l’interprétation de M. Grancher, relative aux signes physiques de la respiration supplémentaire. Celle-ci n’a pas lieu parce qu’il pénètre plus d’air dans le poumon, mais bien parce que cet organe est congestionné et que, par suite, il se dilate davantage. Contrairement à notre collègue, je crois que si la pleurésie sèche est si fréquente comme début de la phtisie, la pleurésie avec épanchement l’est beaucoup moins. » M. Grancher a répondu ; « qu’en effet il est difficile d’établir au début un diagnostic certain. Il faut alors faire une étude exacte des rapports de tous les signes physiques. Pour lui, il n’a voulu parler que des cas exceptionnels, de ceux où la guérison est apparente, les sujets portant en eux le germe de l’affection. Si on interroge les malades, ils ont eu souvent une pleurésie antérieure simple; l’épanchement s’est résorbé ; mais la respiration du sommet du poumon n’est pas revenue, et il y a eu, consécutivement, de la tuberculose. Chez les sujets sains les tubercules n’évoluent pas d’un seul trait ; c’est ce qui lui fait croire à la guérison de l’affection dans certaines périodes. »

Nous le demandons, si le diagnostic est si incertain et si difficile lorsqu’il existe des signes physiques accessibles à l’oreille, que doit-il en. être

quand ces signes ou n'existent point ou sont masqués par des troubles généraux? Le meilleur diagnostic est alors l’état général du malade, ainsi que le dit M. Woillez. Que m’importe qu’il y aura ou non méningite, si je parviens à combattre la fièvre et l’état de prostration cérébrale qui en est la conséquence? Que m’importe s’il y aura ou non tuberculose, si je parviens à arrêter dans leur évolution les germes qui existent à l’état latent? La preuve qu’on s’attache trop au diagnostic matériel et trop peu au diagnostic vital, c’est la fréquence de ce que le docteur Amédée Latour a nommé « une inutile histoire naturelle «.

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