DE LHYSTÉRIE DANS LE JEUNE AGE
La femme est dans la jeune fille; il faufila préparer de bonne heure par un régime et une thérapeutique appropriés à l’état de cette dernière.
M. le docteur Huchard, dans la séance du 8 mars 1882, delà Société de thérapeutique de Paris, a signalé une modification spéciale du caractère, un état mental particulier des petites filles, permettant de discerner chez elles, dès le jeune âge, et de combattre d’avance, les dispositions à l’hystérie. Il s’agit, en général, d’enfants de huit à douze ans, d’une physionomie éveillée, douées d’une intelligence et d’une imagination vives, chez lesquelles les rires et les pleurs sont déterminés par la cause la plus futile, qui offrent une aptitude marquée pour le dessin et la musique, et, d’instinct, savent mentir et jouer la comédie. Elles se plaignent souvent de maux de tête persistants, de gastralgie, d’entéralgie, et parfois se révèlent à l’observateur comme de véritables hypocondriaques.
L’hypocondrie ne doit certes pas être confondue avec l’hystérie; mais, à cet âge, elle constitue un indice d’une grande valeur pour l’apparition ultérieure de la névrose hystérique. Ces petites filles sont turbulentes, susceptibles, querelleuses ; elles ne peuvent s’astreindre à des études sérieuses, se laissant parfois dominer par une tristesse profonde et sans cause; elles sont coquettes, maniérées, désirent appeler sur elles l’attention ; elles ont parfois des hallucinations et des terreurs nocturnes. On voit souvent se développer chez elles des hyperesthésies ovariennes dès l’époque de la puberté, ou de la toux rauque, convulsive, à l’occasion du moindre rhume; elles ressentent des palpitations, des étouffements, des pertes de connaissance incomplètes, trop souvent prises pour de l’épilepsie. La plupart des auteurs ont signalé la propension de ces enfants à exagérer leurs souffrances, à simuler même des affections quelles n’ont pas, et l’heureuse influence que peut avoir dans ces cas un traitement moral bien dirigé. M. le docteur Huchard insiste particulièrement sur une certaine perversion de la volonté chez les hystériques, une sorte d 'atonie cérébrale qui les empêche de vouloir ; il rapporte, à ce sujet, l’histoire d’une malade soignée par MM. Charcot et Féréol, et chez laquelle une paralysie spasmodique de nature hystérique avait résisté à tous les traitements mis en œuvre. Elle guérit assez rapide-
ment à la suite d’une menace énergiquement exprimée de la séparer de sa famille.
Toutes ces remarques sont d’un bon observateur; mais il manque ici le traitement. Comme il s’agit d’une réceptivité très grande du système nerveux, il conviendra de la dominer par la brucine et l’acide phosphorique, et, en cas de spasme, la cicutine et le camphre monobromé : 1 granule de chaque, deux ou trois fois par jour ; un régime somatique bien réglé, l’hydrothérapie, les bains de mer, une bonne alimentation. Dans la phase nouvelle où la loi du divorce va faire entrer la France, il importe pour le pays d’avoir des femmes et non des femmelettes obéissant à leur système nerveux, comme des pantins à leurs ficelles. La précocité de la femme, en France, esï plutôt le fait de l’éducation que du climat. La femme est également propre au bien et au mal ; il convient donc de bien diriger son physique : Mens sana in corpore sano.