ACTION DE LA STRYCHNINE SUR LA DILATATION DU CŒUR
Le docteur Moraglione, de Genève, dit que chez les malades atteints de dilatation du cœur dont il avait soigneusement délimité les contours, au moyen de la percussion, et les avait marqués au moyen du crayon de nitrate d’argent — il traita au moyen du sulfate de strychnine à la dose quotidienne de 2 à 3 milligrammes. Après deux jours de ce traitement, la dilatation du cœur diminua, si bien qu’au bout de cinq à six jours il obtint des résultats très apparents. L’auteur fait remarquer que si l’on arrête trop vite le traitement, souvent la maladie reparaît.
Voilà, sans doute, de quoi convaincre les sceptiques en dosimétrie ; car, là aussi, on constate de nombreux succès dans le traitement des maladies du cœur par l’arséniate de strychnine. Nous ferons remarquer que, dans ces cas, nous associons la digitaline à la strychnine ; et, dans les dégénérescences graisseuses, l’arséniate de soude.
TRAITEMENT DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE CHEZ LES ENFANTS PAR LE SULFATE DE QUININE A HAUTE DOSE.
(Académie de médecine, 5 décembre 1882.)
M. le docteur Barthez explique les mobiles qui l’ont amené à employer le sulfate de quinine à hautes doses chez les enfants atteints de fièvre typhoïde. Il y a une trentaine d’années, il donnait ses soins à un petit malade affecté de dothiénenterie, au dixième jour, et extrêmement grave. Le lendemain matin il constata une amélioration sensible, et il apprit qu’on avait fait appeler un médecin qui avait prescrit 1 gramme de sulfate de quinine dans une infusion de café noir, moitié le matin, moitié dans l’après-midi, et cela pendant trois jours. L’enfant guérit.— A quelque temps de là, M. Barthez reçut dans son service un enfant présen-
tant les mêmes symptômes morbides : il prescrivit le même traitement, à même dose, et l’enfant guérit.
M. Barthez formule de la manière suivante les indications du sulfate de quinine : Lorsque chez un enfant la fièvre typhoïde, à partir de son premier septénaire, se présente avec des caractères tels qu’il y- a lieu de poser le diagnostic avec la méningite tuberculeuse, alors existe l’indication du sulfate de quinine à haute dose.
Nous ferons remarquer que dans la fièvre typhoïde chez les enfants, il ne faut pas attendre qu’il y ait lieu de poser le diagnostic de la méningite tuberculeuse, mais agir dès l’apparition des symptômes généraux. L’association du sulfate de quinine au café noir, à 1.20 gramme par jour, est un non-sens pharmacodynamique, le café neutralisant les alcaloïdes ; voilà pourquoi l’empirisme dont il est ici question, n’a pas été mortel. En dosimétrie on donne de préférence l’arséniate de caféine contre la torpeur cérébrale, et l’hydro-ferro-cyanate de quinine contre les accès fébriles : de chaque, 1 granule tous les quarts d’heure ou toutes les demi-heures, selon l’intensité et la marche des symptômes. — Si la température excède 40° c., on y ajoute l’aconitine. Voilà ce qu’on nomme une thérapeutique rationnelle et non empirique.